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samedi 18 novembre 2017

LE PATRIARCHE INDESIRABLE



Ancienne colonie anglaise, la Rhodésie du sud est devenue le Zimbabwe en 1980 mais cette totale indépendance ne l’a pas rendue forte économiquement.

A peine libérée de l’administration britannique, le Zimbabwe est tombé dans une guerre si vile qu’elle opposa deux mouvements nationalistes noirs : ZANU (shonas) contre ZAPU (Matabélés et Ndébélés).

En 1987, après avoir modifié la constitution, Robert Mugabe devient le président de ce pays voisin de l’Afrique du Sud (je vous dis cela en apartheid…)

Trente ans après, le même Mugabe se maintient au pouvoir. Il se veut pour son pays être Hérode aise-hyène, un monarque impitoyable qui redresse le pays.

De réformes agraires nourries de népotisme en élections truquées, l’homme s’accroche au trône. Il n’hésite pas à persécuter la minorité ndébélés pour jouer à fond la carte du bouc émissaire et asseoir sa légitimité.

Mais là, maintenant, ça suffit ! Le vieux lion âgé de 92 ans n’est plus en odeur de sainteté ! Il le sent et prépare sa succession ! Là encore le népotisme lui fait des yeux doux ! Le vieillard souhaite voir son épouse Grace lui succéder. Ça fait toujours bien d’avoir une Grace présidentielle !

Il fait pour écarter les potentiels rivaux. Le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa, le 6 novembre 2017, atteste de la féroce volonté de préparer le fauteuil à une épouse que d’aucuns vilipendent pour ses goûts de luxe et pour sa brutalité.

Car Grace sait parfois déplacer un nerf et devenir Garce !

Le 15 novembre, le général Sibusiso Moyo, prend l’antenne et annonce qu’il contrôle les rues pour « éliminer les criminels proches du président Mugabe ».

-       Mais c’est un coup d’état, s’insurge Mugabe !

Non, sire, répond Moyo mouillant l’maillot (et pour cela aussi but six eaux !) ; c’est une reprise en mains ! Nous vous mettons en résidence surveillée, vous et votre femme !

Ainsi se trouve le Zimbabwe : l’armée encadre gentiment une foule qui envahit les rues de Harrare, la capitale. Dans cette triste république où le chômage frappe 90 % de la population active on a visiblement du temps pour manifester !

Les soldats qui appuient pleinement cette plèbe revendicatrice se voient gratifier d’un « Merci l’armée ! » 

Fait rarissime, des Blancs, descendants des colons britanniques, se joignent aussi à ce fleuve populaire. Il faut dire que certains d’entre eux ont subi la dure réforme agraire voulue par le tyran et qui s’est soldée par l’expulsion de leurs terres au profit de pseudo-cultivateurs noirs, amis du régime et surtout incapables de se mettre aux champs donneurs !

Blancs en quête de veaux et de champs, noirs excédés, armée pro-manifestante, on pourrait croire que les jours de Mugabe sont comptés !

Mais le géronte ne lâche rien. Pour le moment ! Les négociations avec l’armée piétinent. L’homme excelle dans le rude art politique. Dans les rues d’Harare ont demandent au rude art arrêt !

La pression monte ; on a un certain niveau de bars atteint !


Pour une future mise en bière ?

vendredi 17 novembre 2017

HIRSCH OU LA PASSION DES PLANCHES




Robert Hirsch est né un 26 juillet 1925 à l’Isle-Adam et allie la dent du bonheur à une prédisposition pour la comédie.

Il faut dire que son père possède une salle de cinéma, l’Apollo. Le petit Robert, aime la rousse. Enfin il la croit rousse car comment savoir ? Le film en noir et blanc le trompe ! Il se prend de passion pour  la grande actrice ! Pour elle il se rend bête, dévisse, veut l’imiter ! Il dira que son égérie lui aura donné l’envie d’être acteur.

Pourtant il commence par la danse qui va lent ballet ! Mais comme le professeur Lifar cesse d’enseigner il jette l’éponge !

Il se dirige vers le théâtre et bientôt la Comédie Française lui ouvre les portes ! Il en sera sociétaire en 1952.

Il ne verra pas Micheline bouder sa prestation quand il incarnera, près d’elle, le rôle d’Arlequin dans la double inconstance de Marivaux.  Ce rôle le révèle au grand public : en terme de notoriété, il verra ce rôle d’art le quintupler (rôle d’Arlequin, tu plais !). Alors il enchaîne les grandes figures de Jean Baptiste Poquelin. On le voit dans le Bourgeois gentilhomme,     Le médecin malgré lui, Don Juan, Les fourberies de Scapin, les précieuses Ridicules !

Dans les années 60 il se laisse tenter par le cinéma et les comédies pour grand écran. Il évolue à côté de Bourvil (Les Cracks – De Joffé, 1968) ou de Michel Serrault (Appelez-moi Mathilde – De Mondy, 1969) mais le théâtre est plus fort que tout ! Il n’y a pas pire homme, Anne, pour brûler les planches.

Il se replonge dans Molière,  Feydeau sous la direction de son ami Jacques Charon, également de la Comédie Française, qui le pousse à la roue !

Mais les meilleures choses ont une fin. Même les grands rôles que lui attribue la maison de Molière l’essoufflent. Il quitte l’institution en 1973. Mais le théâtre l’appelle encore. Le voilà dirigé par Maurice Béjart dans « le malade imaginaire » en 1976.

A l’âge où beaucoup sucrent les fraises, Robert continue à faire le cabotin et à enchanter son public dans la pièce Le Gardien de Harold Pinter (2006-2007)

Vieillir sur scène, voilà sa devise. Il remporte encore un succès au début des années 2010 avec la pièce de Florian Zeller, Le Père, pour laquelle il obtient le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé.

Hélas, la mort lui fera jouer son plus vilain rôle, ce 16 novembre 2017, à l’âge de 92 ans.

Nous quitte une véritable bête de scène, un monstre sacré du théâtre dans un corps de jeunesse éternelle.

Un astre brillant dans le ciel des étoiles scéniques, ineffable marchand de rêves, facétieux dépositaire du patrimoine théâtral, comédien de génie à l’instinct débordant, Hirsch était tout cela, à la fois.


Sûr que là-haut il fait tordre de rire St Pierre !

Mon Dieu ! Ce sketch (1974)  MDR !!!


VALLS, RISS, PLENEL, V-R-P DE LA ZIZANIE





Au commencement était le verbe…Heu, non, ce n’est pas ça du tout !

Au commencement  il y a la couverture de Charlie Hebdo (N°1319) : on y voit Tariq Ramadan, penseur musulman controversé, affublé d’un très bel organe à faire pâlir tous les marquis de Sade.

C’est une conséquence de la libération des femmes et du fameux « balance ton porc » qui sévit sur les raisons sociaux ! Tariq est accusé « d’emprise mentale » par une première plaignante, Henda Ayari (ail à riz étant particulièrement aphrodisiaque).

Peu après, une autre femme accuse le petit-fils du fondateur des Frères musulmans de l’avoir violée dans un hôtel lyonnais.

Charlie Hebdo, qui a de vieux comptes à rendre avec les mouvements salafistes, met donc en couverture l’islamologue transformé en satyre de 1° classe.

C’est alors que réagit Edwy Plenel, le patron de Médiapart. L’homme voit une attaque contre l’islam. Il vilipende le journal satirique pour incitation à l’islamophobie ! Pour Plenel, Riss et ses amis dessinateurs de Charlie ne font que diaboliser tout ce qui tourne autour de l’Islam. Ils mettent de l’huile sur le feu !

Réponse du berger à la bergère : dans le numéro suivant (donc le 1320), Charlie met à sa une des caricatures de Plenel et titre : Affaire Ramadan, Médiapart révèle « on ne savait pas ». Pour le journal satirique il s’agit de pointer du doigt le journal de Plenel qui a réalisé une enquête sur le prédicateur sulfureux sans jamais évoquer le caractère « dragueur voire plus » du personnage !

Plenel rend coup sur coup ! Il dénonce une guerre contre les musulmans !

Riss réplique et sort l’artillerie lourde Pour lui, Plenel est trop complaisant avec les mouvances salafistes et le terrorisme ! Il surenchère : Plenel condamnerait à mort une deuxième fois son valeureux journal alors que, bon sang de bon soir, on est tous Charlie !

Oui, bon, mais de là à imaginer qu’Edwy va inspirer de nouveaux frères Kouachi ! Quand même !

Pourtant c’est une crainte qui fait dire à Manuel Valls, et oui, Valls, notre ancien premier ministre en parfaite déshérence gauchiste, que Plenel et ses sbires ont tort ! Et le tort tue (il aurait pu éviter ce calembour navrant !).  Et de rajouter : c’est un appel au meurtre ! Je veux qu’ils rendent gorge !

Ambiance !

Plenel renvoie le Catalan dans les cordes. Il voit l’ancien 1° Ministre comme un résidu d’une gauche qui ne sait plus où elle est à tel point qu’elle fricote avec une extrême droite identitaire ».

Bon, là, faut vraiment qu’on se calme !
Sinon vous êtes tous privés de Flamby pour le goûter et j’en connais un qui va s’en délecter !

Balance ton port d’armes !
Fais la paix avec ton ennemi !

Peace and Love !


Dans la cour de récréation
Ils vont bon train les gros jurons
Charlie Hebdo contre Plenel
Et l’Islam en fonds de querelle

Le vilain journal satirique
A présenté satyre Tariq
Alors cruelle sera ma dent
A dit Edwy le cœur saignant

Le moustachu de Médiapart
Veut que Riss dans l’immédiat parte
Se confesser à Dieu si probe
Pour ses excès d’islamophobe

Mais l’homme au crayon ravageur
Ne l’entend pas de cette horreur
Et à grand coup d’affiche rouge
Tire sur Plenel ; faut que ça bouge !

Balance ton porc fait des remous
Jusqu’au plus profond des égouts
Et des caniveaux médiatiques
Quand le cochon s’appelle Tariq

Car ça refoule du musulman
Hisse l’âme grise des jugements
On amalgame, on a mal : gomme
Ce dessin ou gare à ta pomme !

Voir le barbu comme le vicieux
Lui discrédite la vie ; cieux
Ne seront plus cléments pour lui
Le prédicateur sent la nuit…

L’obscurité tisse le voile
Sur les sourates et leurs étoiles
Tariq chute en décor à nique
Son corps en est toute panique !

Edwy en raillerie laide vit
L’illustration du père Charlie
Parla de guerre aux musulmans
Et fustigea le catalan !

Cet ancien chef à Matignon
Ayant troqué gauche opinion
Contre une barbiche fasciste !
Plenel se plaît en polémiste.

Et Manuel de s’indigner
Appel au meurtre, a-t-il lancé !
Mais qui sera l’assassiné !
Cessons le film ! Lassa ciné !

Dans la cour de récréation
L’offense d’enfance s’infuse à fond
L’état dure,  j’en sais quelque chose
Dit Marianne, le teint morose !

mercredi 15 novembre 2017

CETTE VIE FAITE DE DRAMES


C’est l’espèce humaine : elle vit de bonheur et de drames, de victoires et de défaites.
Monica Séles, native de Serbie, aura cru longtemps à son étoile de tenniswoman. Elle remportera tournoi sur tournoi, détrônant l’Allemande Steffi Graff, notamment en 1990, à Roland Garros.
Elle aura longtemps cru à la belle écriture de son histoire laissant Graff au logis de la seconde place.
Mais le drame frappa. En 1993 la jeune femme triomphe en Australie, aux dépens de Steffi, une fois de plus. Elle se présente au tournoi de Roland Garros, sur terre battue, avec  la ferme intention de conserver son titre pour la quatrième fois !
En quart de finale Monica, assise sur sa chaise, cherche la motivation pour emporter les deux prochains jeux contre sa rivale, la Bulgare Magdalena Maleeva. Après un 6-4, 4-2, ça devrait pouvoir le faire !
Tout à coup un cri déchire le silence du court central ! Monica vient d’être poignardée.
La championne se retourne et voit avec effroi son agresseur tenter de lui asséner un nouveau coup. Il n’en aura pas l’occasion. Le service de sécurité le neutralise.
Mais Monica s’effondre devant les yeux du public ! C’est la panique et la stupéfaction !
Monica, immédiatement véhiculée à l’hôpital, s’en sortira. Mais plus rien ne sera comme avant.
Son agresseur, Gunter Parche, un allemand de 39 ans, sans travail, déclarera avoir voulu poignardé Seles pour permettre à son idole germanique, Graf, de reconquérir le premier rang mondial.
Quelle aberration morbide s’écoute là !
Les rats quêtent le fait d’armes et menacent l’autre partie de l’humanité.
La violence aveugle se reverra demain

Ainsi va le monde, c’est l’espèce humaine…

dimanche 12 novembre 2017

LA POUDRIÈRE




Daech tombe peu à peu sous les coups de boutoirs des armées syriennes que viennent épauler les troupes iraniennes et le Hezbollah libanais, tous mêlés à la cause chiite. La guerre contre l’Etat Islamique semble prendre fin, en tous cas dans son aspect local (elle se poursuit ailleurs, à travers la bataille contre le terrorisme djihadiste). Mais une guerre finit quand une autre pointe son nez menaçant.
L’Arabie Saoudite, foncièrement sunnite, ne voit pas d’un bon œil la réussite iranienne et celle de son bras armé, le Hezbollah. Elle le voit d’un œil si mauvais qu’elle vient d’intercepter un missile qui visait son noble aéroport de Riyad. Le matériel américain a pu démontrer son efficacité en neutralisant ce sympathique projectile tiré sans nul doute du Yémen, à plus de 800 kilomètres.
Pourquoi le Yémen ? On n’en parle pas mais depuis 2015 le Yémen est en proie à une horrible guerre civile où s’affrontent les adeptes du zaydisme, religion s’inspirant d’un chiisme modéré, et les fervents du chaféisme, issu du sunnisme. Les combats ont déjà provoqué la mort de plus de 8000 personnes depuis le début de cette boucherie. Le choléra s’installe mais la rébellion houtie (Zaydiste) n’en a cure : elle ira jusqu’au bout pour renverser le régime sunnite en place quand bien même ce dernier reçoit le soutien des USA !
L’Oncle Sam, fournisseur d’armes de l’Arabie Saoudite, ne fait donc rien pour empêcher le royaume wahhabite d’intervenir au Yémen. L’Iran, de son côté, soutient les Houties et fait prolonger la guerre.
Le missile intercepté porte donc la marque iranienne. Le nouveau maître saoudien, Mohammed ben Salmane, voit rouge. Il va tout faire pour éradiquer la menace chiite ourdie par les ayatollahs iraniens.
Et pour commencer il a assigné à résidence le Premier Ministre libanais, Saad Hariri, venu le voir. Il lui a ordonné de lire un discours. L’allocution semblait directement liée aux volontés saoudiennes : Hariri a déclaré sa démission d’un gouvernement libanais tout en dénonçant violemment la main-mise du Hezbollah, qui participe pourtant à ce gouvernement mais dont le grand tort est d’être un allié de l’Iran !
Ainsi, alors que l’Etat Islamique perd ses fiefs, l’Iran place ses pièces sur l’échiquier au grand dam des Saoudiens.
Une guerre pourrait se profiler qui plonge déjà dans la psychose le pays du cèdre. Beyrouth se remet à peine d’une guerre que s’étaient livrée, il y a 11 ans, Israël et le Hezbollah.

Vêtu de ses oripeaux religieux, cette guerre latente se nourrit également de convoitises économiques et pourrait nous rejouer un scénario de guerre froide avec une armée iranienne équipée par les Russes et des troupes saoudiennes dotées d’armes américaines.

Hariri séquestré au pays wahhabite
Doit payer la rançon et reconnaître vite
Que son gouvernement sent le cèdre brulé
Tant le feu Ezbollah s’est joué des pompiers.

Son pays voit surgir une menace sourde
Les démons du passé dans leur démarche lourde
Véhiculent visions de ces combats de rue
Le Beyrouth éventré, ensanglanté, perdu…

Hariri subit l’ire du régent ben Salmane
Autocrate féroce envers tous ses rivaux
Purgeant la dynastie de ses suspects vassaux

Et cherchant à occire tous les hydres chiites
Du Yémen au désert de Bachar alaouite
Pour contrer Téhéran, l’hégémonie persane…


samedi 11 novembre 2017

CES ANIMAUX QUI ANIMENT MOTS - X


Cette nouvelle planche animalière suit le cours de mon imagination. Il n'y a pas vraiment de liens entre les situations mais libre à vous de trouver un fil conducteur...

mercredi 8 novembre 2017

LE DRAME DE LA PETITE EGLISE




6 Octobre 2017

Devin Kelley, le tireur de la fusillade au Texas, aura tué 26 personnes dans la petite église de Sutherland Springs, avant de se donner  la mort  après une course poursuite avec la police.
Le drame est survenu un peu plus d’un mois après la fusillade de Las Vegas. Ce jour-là, le 1° octobre, un tireur isolé situé au 32° étage de l’hôtel-casino Mandalay Bay Resort and Casino, avait ouvert le feu sur des spectateurs d’un festival de music country.  Cinquante-huit personnes étaient mortes sur le coup.
Une fois de plus le débat sur le port des armes est aux premières loges, chez l’oncle Sam. Le deuxième amendement de la constitution des USA garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes.
Cet amendement, nul ne pourrait y déroger ainsi que le clame haut et fort Donald Trump. Le Président n’en veut pas à l’arme mais à celui qui l’utilise. L’homme de la Maison Blanche ne tarit pas de colère en évoquant ce déséquilibré mental qui a ôté la vie à 26 fidèles au sein même d’une église.
Kelley a tué au bout d’une longue frustration,  d’une mauvaise digestion d’un renvoi de l’armée, d’une aigreur à s’être fait dégrader et juger en cour martiale pour violence sur sa femme et son enfant. Devin Kelley a longtemps refoulé cette frustration vers les réseaux sociaux mais cela ne devait pas suffire !
Oui, sans doute circulent moult détraqués de New-York à Los Angeles et les USA paient le prix d’un système qui prend peu soin des déshérités, assure une maigre protection sociale et encourage les riches à devenir plus opulents. Le détraqué mental se nourrit aussi de films violents, de jeux-vidéo apocalyptiques et de vieilles traditions de duel sublimées par les légendes de Jesse James ou de Billy the Kid.
Mais que dire de l’exemple qui nous vient de haut ? Donald Trump, depuis qu’il gouverne, s’érige en incompétent impulsif, limitant sa communication à twitter  plus vite que son ombre, éructant la haine contre les immigrés, érigeant des murs, stigmatisant les uns pour tenter de plaire à ceux qui l’ont élu, revendiquant la peine de mort pour ceux qui font allégeance à Daech ou, à moindre peine, leur promettant un séjour pérenne à Guantanamo, ce lieu de non droit, de tortures, qu’Obama n’a jamais vraiment su liquider !

Les USA tombent peu à peu dans la psychose de l’attentat islamique ou celle du tueur fou. L’amendement autorise l’armement et la légitime défense. Le grand retour au Far-West est juste, peu ou prou, encouragé par les attitudes erratiques d’un grand gourou à la mèche blonde qu’un petit oiseau bleu charme des ses attraits cybernétiques…



Il évoque à grands mots cette santé mentale
Que lui-même avilit en tweetant compulsif
Pour se navrer qu’une arme se révèle létale
En décimant la vie d’un éclair offensif

Donald est courroucé contre l’esprit dément
De ce Devin Kelley, le frustré massacreur
Qui tua de sang froid l’église et ses fervents
En ce coin du Texas ; homélie de terreur…

Donald ici ne peut ériger la potence
Car le fol assassin s’est déjà mort donné
Guantánamo n’aura pas de nouveau sujet

Mais les armes s’arriment au port de la psychose
Légitime défense en tragique nécrose
Mortifie le pays des droits en déshérence…



mardi 7 novembre 2017

ITINÉRAIRES SYMPAS - 7


Ma nouvelle planche d'itinéraires emprunte un peu à l'Italie (où Berlusconi se relance, via la Sicile) mais aussi à l'Espagne (en froid avec la Catalogne) puisque j'évoque l'Ibère qui se libère en travaillant en France d'une manière très détachée, voire taciturne.

Un petit clin d'oeil à Baudelaire pour le 5ème itinéraire après vous avoir évoqué cet homme en tant que traducteur d'Edgar Poe (voir article précédent).

Voilà, voilà...

samedi 4 novembre 2017

LES DAECH-PÈRES À DOS



Alors que Raqqa, le fief des djihadistes de l’Etat Islamique, vient de tomber, une question va se poser à nos pays occidentaux : que faire de ces femmes et de ces enfants, liés à Daech, et qui souhaitent revenir en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ?
Aveuglées par la propagande des barbus, des femmes françaises sont parties en Syrie ou en Irak pour rejoindre la cause de Daech. Certaines d’entre elles se sont mariées avec des combattants du drapeau noir et en ont eu des enfants.

Des enfants devenus orphelins car le père, en bon martyr, est mort sous les bombes, sous les balles ou en se faisant exploser !
Que faire de ces femmes et de ces enfants ?
Les mères désespérées écrivent aux dirigeants de leur pays d’origine en implorant le pardon et en alléguant qu’elles ne sont pas des terroristes. Elles n’ont, à leur yeux, que commis une erreur de jeunesse.
En France, une vingtaine de familles de femmes parties rejoindre le "califat" unilatéralement proclamé ont écrit à Emmanuel Macron pour lui demander de les rapatrier avec leurs enfants. Un vide juridique s’installe et fait redouter le pire à ces familles ! Si rien n’est fait leurs proches seront jugés en Syrie pour terrorisme ! La peine de mort s’avère alors inéluctable !
Nadia s’est fait arrêter près de Raqqa. Elle a beau avoir peint en lettres blanches au dos de son épouvantail noir que le père de ses enfants n’est qu’un con, qu’il est mort pour rien, elle craint le pire ! A quoi bon se mettre le Daech-père à dos ?
Comme Nadia tant de femmes aimerait rentrer en France. Elles savent qu’elles risquent la prison. Mais que faire des enfants ? Ils ne sont pas tous censés avoir subi des lavages de cerveau ! Certains, beaucoup trop jeunes, sont des victimes de la folie et des innocents en puissance. Comment les accueillir ? Doit-on les séparer d’une mère indigne qui a, peut-être, du sang sur les mains ?
Jusqu’à quel niveau de prévention et de coercition doit-on porter le retour des loups dans la bergerie ?
Une réponse au cas par cas apparaît semble émerger de la tête de nos dirigeants.

A suivre…

CONTES DE POE ET COMPTES DE POTS...



Edgar Allan Poe est né le 19 janvier 1809 dans le Massachusetts allant mal car très vite la mort comme masse a chu, s’étalant mal ! Elle se répand sur l’enfance du jeune Edgar et emporte ses parents, comédiens désargentés des arts gentils. L’orphelin rend Edgar sonné mais un négociant de Richmond aide garçonnet ! Il l’adopte et le fait voyager en Europe.

Edgar reçoit une éducation britannique dès 1815, l’année où l’aigle se fait bruler les ailes à Waterloo, morne plaine. Sa journée de travail le petit Poe l’emploie à ne pas chômer. Le goût de la littérature l’accroche et avec cet art Poe naît.

Pourquoi, dans ce cas, se retrouver à l’école militaire américaine de West-Point ? Un court instant son dessein s’est délité : rature ! Mais heureusement Poe paye de porter en épine art ! Oui, son art est un cactus imbibé d’alcool et il se fait vite renvoyer par l’armée s’étant alarmée de ce sale art, médisant l’arme à niaque mais pas l’eau de vie. Poe tance les gradés avec sa langue bien pendue ! Cela ne peut durer ! Le fait d’être un peu saoul aidera Poe !

Ouf, renvoyé ! Poe peut se lancer dans la carrière littéraire. Les débuts sont timides. En 1827, il publie Tamerlan et autres poèmes (à ne pas confondre avec t’as merlan et d’autres peaux, aime ! Un ouvrage de jeunesse jamais publié et qui terminait en queue de poisson).

Poe s’installe à Baltimore (Etat de Maryland) comme dans un bal timoré : que va-t-il faire ? La poésie lui fait peur ; tant de pieds à gérer ! Et parfois Poe d’omettre l’un d’eux ! Trop compliqué. Il se lance dans la prose ! Comme la prose, oh Poe, paie ! Il s’y plaît davantage. En 1835, il devient rédacteur-assistant au Southern Literary Messenger de Richmond où ses chroniques font mouche.

C’est la même année qu’il épouse sa cousine germaine mais dont le vrai prénom est Virginia. C’est Virginia Clemm, alors âgée de 13 ans, qui devient sa femme alors qu’elle est deux fois plus jeune que lui (il a 26 ans) ! Un mariage qui rend jalouse une certaine Line qui aimait en secret cet homme et qui, malgré une longue cour pleine de ressorts finira par s’avouer : comment être en Poe, Line ?

Les Poe emménagent et comme sa femme est avide de sous, Poe l’est ! Il doit vite gagner sa vie et se dépêche de publier son premier recueil d’histoires, les contes du Grotesque et de l’Arabesque (1839). On y voit déjà le style de Poe : le grotesque frise l’horreur où l’abject se revit gore ; l’arabesque évoque les méandres tortueux de l’âme saisie par la terreur. Les premiers lecteurs, ô miracle, sont attirés par ces ambiances Lourdes et se gavent de Poe !

Edgar se retrouve à Philadelphie en tant que rédacteur au Graham’s Magazine. C’est dans cette ville que nombre de ses œuvres          seront publiées. L’homme vit là, d’elle, vit ! Pourtant, en 1844, il déménage à New-York  où il travaille au Broadway Journal, magazine dont il est l’unique propriétaire.

Et c’est à New-York que paraît, pour la première fois, le corbeau (1845).


C’est un poème narratif où l’oiseau noir symbolise « l’éternel souvenir lugubre ». Sur une histoire de dévotion confrontée à un « Jamais plus » de corvidé, s’ancra Poe (sans crapauds !). L’histoire connaît un succès retentissant ! Dans les salons de lectures embrumés de fumée tabagique les admirateurs voient en Poe lueurs du surréalisme.  

Célèbre et sans le moindre dessous de table, Poe devint !

En revanche, les dessus de table s’avinent ! L’homme boit toujours et se range dans la série des poètes maudits. Sa violence casse, tord…et Poe luxe ! 

Les affaires ne s’arrangent pas quand Virginia meurt de tuberculose, en 1847. Poe, lent, skie sur les neiges éternelles de l’absence cruelle. Il demande à son corbeau s’il reverra Virginia mais la réponse demeure « nevermore »…

Il cherchera quand même une nouvelle flamme en la personne de Sarah Whitman, poétesse spiritualiste qui l’inspire. Sarah c’est reine, ça rassérène mais la belle ne l’épousera que s’il cesse de boire !

Mais la boisson l’emporte. Oh, amours déçues, combien de verres de Poe t’amochèrent, les cochons ! La rupture est consommée.

De vers en verres, chez le bistrotier, laissent une note, par dépit, Poe (une note part des pipeaux ?).

A descendre vers les abîmes de l’indigence la vie de Poe paie risées ! C’est laid, Poe : l’art s’est tassé ! (c’est l’épaulard cétacé ?). Que d’états gris, Poe !

Peux-tu encore écrire livres, l’ivre ? Non, tu termines en conférencier pour soutenir Le principe poétique ! C’est l’occasion, dans ces temps qu’on fait rances, d’évoquer des vers à citer, ceux de Willis, de Bryant, de Thomas Hood, de Lord Byron…

En 1849, alors que Charles entame la traduction de ses œuvres, Poe flirte de plus en plus avec les fleurs du mal aux parfums éthyliques qui ouvrent les tombeaux de l’ère…

Il en meurt, le 7 octobre de cette année-là même si d’autres causes sont avancées (tuberculose, épilepsie, congestion cérébrale…).

Il demeure, à ce jour, l’un des plus remarquables écrivains de la littérature du XIXème siècle.


Les beaux discours semés sur sa tombe sont encore beaux !



jeudi 2 novembre 2017

DIVERTISSEMENT XXII


Cette nouvelle planche allitérative nous conte les aventures de Cavani, un des joueurs du PSG qatarisé et qui est loin d'imaginer un monde frappé d'avanies, où des gens se mettent à boire pour oublier la misère. Une planche qui emprunte aussi à la chanson, la peinture, la littérature  et la sculpture...

Bonne lecture...

mercredi 1 novembre 2017

UN ROMAN DE CRISES EN THÈME




C'était à Lattes - Houssin

Le nouveau roman de Xavier Houssin a comme cadre principal un cimetière. C'est celui de Lattes, au sud de Montpellier où le croque-mort joue le Hérault en ne se faisant pas rémunérer pour aider les indigents à s'offrir une sépulture pour leur défunt.

C'est louche se disent les croquantes et les croquants dont les quolibets sortent des bouches à tombeau ouvert ! La femme de ce brave ouvrier des œuvres funéraires se fait montrer du doigt. Les Lattois la toisent !

Contre vents et marées, Séraphin, le brave préposé au cimetière, continue son oeuvre philanthropique. Les représailles tombent, fleuries de haine ! C'est vendetta que son attitude dans bien des cas vaut !

Saura-t-il aller jusqu'au bout de sa quête charitable, en dépit des menaces ?

Un roman haletant au fil des allées d'une nécropole transformée en zone de non-droit et de règlements de compte...

lundi 30 octobre 2017

PUB 126


Voilà une vieille pub que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Un chanteur français fait la promotion de feuilles de Marjolaine (Origanum Majorana) compilées et dont il se fait l'ami assez !

C'est un français, le produit est français et permet de conserver des Goûts Vieux (60270).

Mais la pub est allemande !

C'était il y a longtemps, à l'époque où le mark existait et valait 2,06 Francs !



dimanche 29 octobre 2017

LES MAUVAISES LESSIVES QUI TROMPENT ÉNORMÉMENT...


RAQQA NE VEUT PLUS AVOIR PEUR




Raqqa, la ville syrienne que les démons de Daech avait porté au statut de fief, vient d’être libérée.

L’Etat islamique n’y fera plus régner la terreur à coup de décapitations ou d’infinies tortures perpétrées dans les vestiaires du stade municipal.

La ville est libérée du drapeau noir, symbole de l’obscurantisme, des répressions et exécutions arbitraires. Les dernières poches de résistance ont fini par céder sous le pilonnage des forces coalisées et sous l’assaut des forces démocratiques syriennes (FDS), arabo-kurdes.

Oui la ville est libérée du djihadisme meurtrier mais son visage n’est que désolation. Le gris domine, celui de béton qui jonche les rues dans un amoncellement de gravats. Des squelettes d'immeubles présente leur béance éplorée. Des corps s’y putréfient, la pestilence s’installe. Il faudra des années pour redonner à la citer sa vitalité et son esthétisme d’antan.

Il n’empêche. La vie reprend ses droits. Dans la cour d'une maison de Jazra, quartier périphérique à l’ouest de la ville, hommes et femmes dansent et se trémoussent sur une musique folklorique pour célébrer le mariage d’Ahmad et de Heba.

Il pourrait bien s’agir là du premier mariage  célébré dans la ville ravagée depuis l'éviction du groupe ultra radical Etat islamique (EI) le 17 octobre, après trois ans de contrôle impitoyable.

Un vieillard entame un mawal, poème chanté sans musique, tandis que des femmes poussent des youyous d’allégresse.  Les danses folkloriques s’improvisent spontanément sous la rythmique des derbakés, instruments à percussion orientaux.
La vie reprend dans les visages souriants, dans le khôl qui noircit les paupières, dans les bracelets colorés, dans les déhanchements féminins enfin émancipés de la cruelle tutelle.

Raqqa, en jeune fiancée, vient de se marier avec la plus jolie page blanche de son histoire…


Raqqa à pas d’espoir reprend sa douche marche
Vers la résurrection au milieu des gravats
De l’enfant doucereux au noble patriarche
Le cœur de blanc s’habille et d’allégresse bat

La ville veut s’élever des oripeaux funèbres
Carcasses de béton où vit la pestilence
Corps en putréfaction au milieu des ténèbres
Les mouches ont seul accès à troubler le silence

Raqqa à pas d’amour reprend l’élan de vie
Mais dans les souvenirs flottent encore la noirceur
Les décapitations, la torture et la nuit
Qu’apportaient les démons en bouquets de terreur.

La ville aura payé sous les bombardements
La rançon des lauriers à chasser les bourreaux
Ces damnés de l’Islam épris de châtiments
Et qui laissent minés tant de quartiers vitaux.

Raqqa voit revenir les oiseaux du soleil
Dans le ciel dégagé de tout nuage gris
Une douce lumière dans les yeux qui s’éveillent
Des étoiles sereines dans les regards épris.

Heba, blanche mariée sourit à l’existence
Ahmad à ses côtés de fierté se grandit
Jazra n’est plus qu’amour au cœur de l’espérance
Les mawals et youyous se rapproprient la vie

Raqqa à pas de vie sort des nuits de l’immonde
Sur l’abîme infini vibrent les derbakés
Les chants qui se marient d’allégresse féconde
Le bonheur qui revient au fil des mélopées…


samedi 28 octobre 2017

POUR NE PLUS LAISSER LE RAPACE, LE SCÉLÉRAT PASSE !






Comme les rapaces importunaient
Une aire de jeux pour les mouflets
La mairie prit tous les moyens
Pour supprimer les importuns !

Elle vit venir à flot de frais
Un hôte hautain que Mallarmé
N’aurait pas mu de poésie
Tant l’homme adorait les fusils.

Un prédateur, en tant qu’loup né
Et un faux air d’homme à café
Tueur à gages il fit l’affaire !

Pan, pan, pan, et les trois autours
De palombes virent tomber le jour
En chute libre, mortifère.

vendredi 27 octobre 2017

FAURÉ : ÉLAN D'AISE !




Gabriel Fauré est né, le 12 mai 1845, au cœur de Pamiers (Ariège) et le petit gars tôt feuilletait déjà à 3 ans des livrets de partitions et forcément en mineur.
Le chérubin grandit chez une nourrice et, en 1854 (il n’a que 9 ans) quitte la maison familiale deux fois, non de Foix et en une seule (fois). Il se retrouve à Paris pour étudier la musique à l’Ecole Niedermeyer, institut fondé par un Suisse du même nom. Il étudie 11 années, sous la rigueur d’un métronome réglé comme une horloge helvétique. Il obtient un 1° prix de piano, un 1° grand prix de composition et un 2ème grand prix d’harmonie ce qui procure une joie sèche puisque larme honnie.
Un de ses maîtres se nomme Camille Saint-Saëns, voire six car il a une intuition surdimensionnée et pressent que l’avenir de Gabriel ne se transformera pas en danse macabre !
Hélas, la guerre éclate. En 1870, la France subit les âpres us de la Prusse : le goût pour la guerre que le chancelier Bismarck finance, casque, appointe…
Gabriel s’engage dans l’armée et prend part aux combats pour lever le siège de Paris
En 1870, Fauré s’engage dans l’armée et prend part aux combats pour lever le piège de sari, heu, le siège de Paris tel un oiseau de proie trouvant l’arme au nid. Viser l’ennemi et voir tomber l’ami : s’immiscent ici la mire et l’ami raide au sol (si mi si si la mi ré la mi ré do sol…) Pendant la Commune de Paris, il ne trouve pas le temps des cerises particulièrement Clément et préfère demeurer à Rambouillet puis en Suisse.
La guerre finie, il retrouve Paris et devient organiste à l’église Saint-Sulpice, le patron des vocations tardives, mais n’y voit aucun signe. Au contraire, le destin accélère les rencontres. En participant au salon de Saint-Saens il rencontre de sympathiques musiciens et forme avec eux la Société Nationale de Musique (César Frank, Jules Massenet, Jules Garcin…)

Fauré se voit refiler quelques tuyaux pour tenir les grands orgues, de ci de là, cahin, caha… Il est ainsi organiste à l’Eglise de La Madeleine et il pleurera comme celle-ci quand ses fiançailles avec Marianne Viardot  seront rompues !

Mais Marie Frémiet entre dans sa vie. C’est la fille d’un sculpteur animalier et en vogue, connu pour avoir inspiré Brassens avec ses « gare au gorille » : statue d’un gorille enlevant une négresse (1859), enlevant une femme (1887)…
Marie a repéré Fauré et lui chante : Gabriel, tu brules mon esprit, ton amour, ton amour étrangle ma vie.

Fauré hésite mais sa conscience lui dit : Marie-la Fauré ! Mais il tergiverse encore. Il aime tellement voyager. Après Weimar, où il a rencontré Listz (1877) il est allé voir l’ode-Cologne à savoir la représentation de l’or du Rhin et de la Walkyrie ! Alors dire « oui » à un mariage sera-t-il l’aval qui rit ? Ou ne faudra-t-il pas s’attendre à la corde au cou qui fait qu’un jour vague n’est rien.

Après moult cogitations, il se marie le 27 mars 1883 avec Marie et la bénédiction du prêtre ! Ils s'installent dans le XVIIe arrondissement de Paris, 93 avenue de Niel. Ils ont deux fils, Emmanuel (1883-1971) et Philippe (1889-1954). Il vaut mieux ainsi car ils eussent eu une fille qu’elle se serait appelée Zoé (un caprice de Marie) : vous imaginez le drame pour la gosse : Zoé Fauré !

La vie est dure pour le père Fauré qui fait son trou comme il peut en donnant des leçons de piano et d’harmonie !

Pour attraper la gloire faut rets ! Il lance des filets, va à la pèche aux éditeurs mais les partitions se vendent à 50 francs pièce. Une misère !

En 1885, cependant, l'Institut lui décerne le prix Chartier et le mauvais sort, qui se faisait lâche, arrête. Sa musique de chambre est enfin récompensée et c’est tant d’or mis !

Le 16 janvier 1888, à l’église de la Madeleine, il dirige des esquisses de son Requiem à l'occasion des obsèques de H. Lesoufaché, architecte portant le visage la vieillesse ravinant et disant : « mes rides étiolent» (Mairie d’Etiolles). Une grande première pour ce Requiem, œuvre majeure de Fauré qui n’aura plus, par la suite, le sou fâché.

Le premier juin 1892, il est nommé inspecteur des conservatoires nationaux en province. Il audite, auditionne, additionne les remarques, sent cent portées… Il trouve encore du temps pour se rendre chaque année à Londres pour rejoindre des amis qui organisent des concerts privés à même d’être anglais de plaisir…
Le 10 Janvier 1896, il tient le grand orgue pour les obsèques de Paul Verlaine, tandis que les violons de l’eau tonnent sous l’archer du déluge.

En octobre de la même année, il succède à Massenet à la classe de composition du Conservatoire de musique, un poste qui lui avait été refusé quatre ans auparavant pour motif que sa musique était trop révolutionnaire, trop pour la masse née ! Je vous demande un peu ! Il a parmi ses élèves un certain Ravel qu’il voit déjà comme un messager de la musique que la chance éclaire :
-      Crois en ton bol, héraut, lui lancera-t-il un jour.

En 1898, il compose une musique de scène pour la version anglaise de Pelléas et Mélisande de Maeterlinck tandis qu’ailleurs, au même moment, Alfred de Musset écrit un nouveau billet doux à son amour « Paix l’est à s’aimer » lit Sand. La romancière acquiesce !

Mais revenons à Fauré et l’art bravant (ah forêt et l’arbre à vent !).

Les 27 et 28 août 1900 il crée Prométhée à Béziers, dans un théâtre de plein-air devant 15.000 spectateurs (12.000 selon les Pandores qui voient en tant d’airs…messe mythologique[1]). Cette œuvre est conçue pour trois ensembles de cuivres, 100 cordes, 12 harpes, chœurs et solistes. Bref, une grosse machinerie qui promettait mais qui ne devient jamais populaire. Il n’empêche, c’est au cours de la première, à Béziers, qu’il rencontre la pianiste Marguerite Hasselsmans. Il effeuillera la Marguerite de 31 ans plus jeune que son cœur d’artichaut ; elle deviendra sa maîtresse. La jeune femme est un joli cœur qui l’encercle dans sa chambrette aux meubles résineux : Fauré dans ce décor de pins, sait, sent que cette enclave ceint (Fauré danse ! Des cordes pincées : sens que c’est en clavecin) !

De 1903 à 1921 il est critique musical au Figaro sous la direction de Gaston Calmette. Au Figaro, Fauré embaume archer qui lui plaît mais ne met pas aux noces qui maltraite le violon et met au carême hauts arts (Hé, mais, tocard hait Mozart !) …

Le 5 avril 1903 il est fait Officier de la Légion d'honneur pour tant de belles musicalités sorties de la fosse d’orchestre. Oui, être lumineux, comme il trouve dans la fosse, Fauré, sens !

Le 15 juin 1905, il succède à Théodore Dubois (Dubois puis Fauré, ça ne s’invente pas !) à la direction du conservatoire de musique de Paris. Il y entreprend quelques réformes qui lui valent le surnom de «Robespierre». Ah, cette étiquette de « révolutionnaire » que Fauré, si docile, assimila (si do si la si mi la...)

En 1910 il entreprend un tournée de concerts qui le mène à Saint-Petersburg, Helsinki et Moscou car parfois le paradis c’est l’est et dans le cœur du musicien, tel un bon vin revigorant, la liturgie de l’est ami naît.

Le 10 mai 1913, à Paris, c’est la première de Pénélope. Cet opéra en trois actes est un triomphe royal porteur du lys, ô mère ! Mais, hélas, la faillite du Théâtre des Champs-Élysées, en d'octobre, interrompt les représentations, et la première guerre mondiale sur les champs enlisés ne laisse pas envisager une reprise dans un autre théâtre.

Oui, la grande boucherie commence. Fauré reste en France, loin du front, en bon septuagénaire qu’il est devenu. Sa perte d’audition le rend moins productif mais il écrit quand même, notamment le jardin clos (1914-1915), cycle de mélodies sur des poèmes de Van Lerberghe, un belge qui cultive son petit jardin secret, mi- mystique, mi- loufoque : célestes raves à Gand !

En 1917 il est élu président de la Société Nationale de Musique. Le 26 avril il est fait Grand officier de la Légion d'honneur et dit « n’en jetez plus, la cour est pleine ».

Mais la mort pavane et sonne hâte. Bientôt l’oiseau musicien se meurt… L’ailé gît !

La pneumonie l’emporte le 4 novembre 1924. Des funérailles ont lieu à l’Eglise de la Madeleine où des pleureuses en proue s’tiennent. Il est inhumé au cimetière de Passy (« Faut ré, pas si ! » eût pu être son épitaphe).

Son œuvre est immortelle. Elle inspire même des jazzmen. Elle se retrouve dans moult bandes musicales cinématographiques (La vie moderne, de Depardon ou encore Thérèse de Cavalier…).



[1] Qui voient en temps d’Hermès mis tôt, logique !