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vendredi 19 janvier 2018

LA FIN D'UN LONG FEUILLETON . AH AYRAULT NOTE HIC !




Jadis, un avion qui s’appelait Concorde rêvait de décoller du Nord de Nantes pour gagner les Amériques. L’aménagement d’un aéroport du grand ouest était alors dans la tête de certains politiciens et, dès 1970, le site de Notre-Dame-des-Landes était retenu par l’Oream, (l’organisme régional d’étude et d’aménagement d’aire métropolitaine), parce qu’il le vaut bien.

C’était un beau petit terrain, bien plat, terre agricole en partie sillons, jolis champs qu’évoqua Lise, une ancienne paysanne dépossédée de sa terre.

Car, en 1974, une ZAD (zone d’aménagement différé) est créée. Elle permet au conseil général de la Loire-Atlantique d’acquérir, par droit de préemption, de la réserve foncière ! Le département acquiert ainsi, jusqu’en 1988, 850 hectares sur les quelque 1.250 prévus (et qui deviendront ensuite 1.600 ha).  Dura lex sed lex : la loi rate l’antique ! L’ancien décor perd une belle occasion de rester ce qu’il est.

C’est d’autant plus vrai qu’en 2000, sous le gouvernement Jospin, le projet ressort de la plus belle manière. La ministre écolo de l’époque, Mme Voynet, voit né..cessairement  (sans ses errements) l’urgence de rééquilibrer territorialement l’implantation des dessertes aériennes. Pour ne pas rendre l’ouest sinistré,  il semble urgent de déplacer l’aéroport de Nantes-Atlantique (créé au début des années 60) sur le site de Notre-Dame-des-Landes ». 

Mais c’est surtout Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes,  qui poussera à relancer cet aménagement dont il veut se faire le héraut. Il est, en effet, aux héritiers « Dumont* » peu lié.

La déclaration d’utilité publique est signée en 2008, en plein sarkozysme flamboyant, pour un aéroport qui accueillerait à terme neuf millions de passagers (pour un coût estimé à 581 millions d’euros). En 2010, l’Etat signe avec Vinci un contrat de construction et de concession du futur aéroport pour 50 ans. Couper les aulnes : art de Vinci !

Alors la révolte verte gronde. Une chaîne humaine se compose et scande « Aéroport Non ! ». On dirait actuellement #balancetonaéroport !  En 2009, un premier camp d’opposants s’installe sur les lieux, avides de militer, d’humilité en humidité (les terres le sont). Bientôt se crée la ZAD : la Zone à défendre. Le terrain devient belliqueux, ZAD y guerroie car il faut vols taire (Zadig est roi, car il faut Voltaire).

A l’automne 2012, c’est l’opération « César ». L’état tente, avec plus de 1000 gendarmes et policiers, d’évacuer les « zadistes » spécialiste de l’are ZAC (Zone à Conserver) et qu’ils veulent réduire à plat tôt en faisant sonner La Cavalerie. S’ensuit une guérilla bocagère : beaux cageots, boques âgées, bacs à joncs, sont lancés sur la tranche des représentants des forces de l’ordre. C’est la croix-ZAD visant à mettre une croix sur ce lieu de résistance et réduire à l’échec les chouans.

Mais César est contreproductif en voulant reconquérir ces ares avec tant de brutes us ! La lutte s’érige en symbole. Des soutiens viennent du monde entier pour encourager la ZAD. On ne regarde plus les rebelles comme des animaux curieux. On est loin des « ZAD : hommes à zoo » !

Le 16 novembre 2012, François Hollande réaffirme son soutien au projet et ne fait que remettre de l’huile sur le feu ! Le lendemain, une manifestation de « réoccupation » rassemble quelque 40 000 personnes dans la ZAD qui gênent Ayrault, génèrent râles ! Le premier ministre propose alors une commission de dialogue comme unique entame, communicante âme mais qui ne sert à rien.

A moult reprises, entre 2013 et 2015, le gouvernement tergiversera, attentant les décisions de justice pour lancer les travaux et permettre à Vinci, évincé, de vivre enfin lents travaux têtus avec l’entrave ôtée, tue…

En octobre 2015 des procédures d’expulsion reprennent et redoublent avec l’arrivée de Bruno Retailleau (LR) à la tête de la région des Pays de la Loire. L’homme heureux taille haut et aimerait que les bas-bas coulent.

-         Otez moi ces gueux de la ZAD, lance-t-il, en voulant leur faire boire le calice jusqu’à l’hallali ! Re-taïaut, taïaut !

Ces expulsions sont confirmées en janvier 2016 par le TGI de Nantes et provoquent un regain de tensions à Notre-Dame-des-Landes ! Pour calmer le jeu François Hollande propose un référendum local.

-         Si c’est oui à la question « Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? » alors le projet sera entériné.

En terrine est cette décision tant elle sent le pâté ! Les opposants désapprouvent le périmètre électoral retenu (le département) et la formulation de la question ! Comment en aimant autant leurrer faire un dogme ?

Il n’empêche ! La consultation a lieu et pond un 55,17 % de votes « OUI ». Donc, logiquement, l’aéroport aurait dû voir le jour mais les Zadistes n’en démordent pas et s’engouffrent dans une brèche gouvernementale : Ségolène Royal voudrait « arrêter les frais » et fait son show qui sème l’effroi chez Valls qui confirme une évacuation imminente de la ZAD !

Quand sur une case neuve se pose le remplaçant de Valls, il n’est plus question d’évacuer si ce n’est l’idée d’évacuation. Cela peut attendre ! Le nouveau premier ministre invoque un conte-en-cieux européen, une jolie fable étoilée qui vêt de l’habit du grand méchant loup l’Etat français pour sa mauvaise gestion du dossier !

Puis Macron devient Président et ravale sa position de campagne. Initialement il suivait le verdict populaire, celui du référendum. In fine, pour plaire à son Ministre Nicolas car toute situation qui sourit aime Hulot (souris et mulots ? Qu’est-ce-que cela vient foutre dans cette histoire ?). Par ailleurs, Emmanuel ne veut pas se trouver en porte à faux (de paysan) avec les engagements de la Cop 21 : l’avion ça pollue et fait qu’erre haut zen ! Lui, il a besoin d’être zen ! Pas de troubles ! Pas d’aéroport ! Il ne peut imaginer les bords d’ailes !

Notre Jupiter finit par jeter l’éponge !

Le projet tombe à l’eau : plouf ! Les Zadistes lèvent leurs verres, dans un même élan vert et crient victoire. Ayrault tique ! Retailleau pleurniche autant qu’après l’Affaire Fillon. La maire de Nantes, Johanna Rolland se demande ce que cet Etat ronce vaut et hurle à la « trahison ».

Il faudra négocier avec Vinci pour limiter les coûts de rupture de contrat car comme dirait un rocker mort : « les coûts, quand ils vous arrivent, oh oui, ça fait mal ! » et proposer d’élargir l’actuel aéroport de Nantes pour ne pas donner l’impression qu’on abandonne l’Ouest !

Et puis, il faudra engager la réallocation des parcelles agricoles. Les terres devraient revenir aux agriculteurs expropriés en 2012, contre restitution de l’argent obtenu lors de la cession. Encore faudra-t-il que les Zadistes évacuent les lieux sans broncher ! Or j’ai cru comprendre que certains n’en avaient pas l’intention et étaient prêts à en découdre avec les forces de l’ordre !


Affaire à suivre…

jeudi 18 janvier 2018

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS


UN FILM NOURRISSANT






On pensait qu’elle avait tourné définitivement la page du septième art mais c’était sans compter sur l’obstination de Marc Hélezespris. Le jeune réalisateur a su convaincre notre BB nationale de se remettre devant la caméra, pour le plus grand bonheur de ses fans (chiens de tous poils, bébés phoques et même quelques humains nostalgiques…).

Le film est insipide comme le goût des plats que tente de savourer Aubin Marie (Brigitte Bardot), boulimique frappée d’agueusie.

Le scénario est bien plat, mal cuisiné et ne tient pas la distance avec le modèle du genre « la grande bouffe » de Marco Ferreri (1973).

Marie ne peut s’empêcher de manger, de se perdre dans la nourriture pour oublier le mal qui la ronge : un passé glorieux d’actrice vénérée la rattrape dans ses nuits. Elle se lève (long passage nocturne où on devine vaguement une silhouette empâtée qui pourrait tout aussi bien être celle de Maïté évoluant dans une galerie minière, houilles ouille ouille !) et descend à la cuisine pour vider le réfrigérateur.

Pour l’accompagner dans cette déchéance  elle écoute un tango d’art (et non pas « elle écoute un temps Godard »). Ça lui donne un rythme soutenu et permet surtout de donner à ce film son unique support musical.

Elle mange, engloutit tout en vitupérant contre ces jeunes artistes allumeuses qui balancent leur porc sur les ondes et les réseaux sociaux. Et en parlant de porc, eh bien, elle en reprend. Et pas qu’un peu ! Avec de la mayonnaise mélangée à la Chantilly !

Mais le goût n’est pas au rendez-vous. Elle consulte un spécialiste, le Docteur Sam Etausne (joué par un jeune peu prometteur, Michel Picolloli, dont le nom n’est même pas inscrit sur le générique). Le spécialiste s’avère charlatan et, comble d’ironie, se vautre également dans l’abondance alimentaire.

Les deux êtres vont fatalement se retrouver dans la bombance orgasmique. Les morphales évoluent de concert, ignorant les maux des rations. Aucun des deux ne relèvera l’autre.

La fin suicidaire sous le miaulement strident des chats et l’aboiement douloureux des chiens constitue le point d’orgue de ce court métrage quelque peu navrant.

On se demande encore pourquoi BB s’est lancée dans cette aventure dans laquelle Hélezespris jouait gros (il aurait hypothéqué son mas « Scarpe-Aulne », belle résidence douaisienne où il a planté l’alnus).


Jouer gros pour un résultat qui risque d’être maigre…

mercredi 17 janvier 2018

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DRAME SOUS UN TOIT




En Californie, alertée par une adolescente échappée de l’enfer, la Police a découvert une nouvelle maison de l’horreur. Un lieu sordide se révéla aux yeux des policiers : treize frères et sœurs enfermés, dont un bébé de 2 ans, certains enchaînés à leur lit, affamés par leurs propres parents !
L’incommensurable ! Comment de telles situations sont-elles possibles ?
Le couple de bourreaux a été mis sous les verrous pour cas de torture et mise en danger d'enfants. Une caution de 9 millions de dollars chacun a été fixée pour leur éventuelle remise en liberté, a annoncé lundi la police du comté de Riverside, où est située la maison à Perris, à deux heures au sud-est de Los Angeles.
David Turpin, 57 ans, et son épouse Louise, 49 ans, n'ont, pour l'heure, pas expliqué pourquoi plusieurs de leurs enfants ont été retrouvés enchaînés à leur lit, en pleine obscurité et dans un environnement pestilentiel.
C'est l'une des sœurs, âgée de 17 ans, échappée de la géhenne, qui aura réussi à appeler le numéro d’urgence 911 depuis un appareil portable trouvé dans la maison.
Les services de protection de l'enfance ont ouvert une enquête.
Le plus surprenant voire le plus incroyable est que David Turpin est cité comme directeur d'une école privée à Perris, Sandcastle Day School, par un site internet du département de l'Education !
Autre fait insensé : l’inertie des voisins. Comment un couple a-t-il pu durablement séquestré une telle progéniture sans que cela n’attire l’attention ?
Une voisine, Kimberly Milligan, aura bien confié au quotidien Los Angeles Times que beaucoup de choses sur cette famille semblaient étranges, que les enfants étaient pâles, qu’ils avaient le regard vide, qu’ils ne sortaient jamais jouer, que peut-être ils suivaient des cours à domicile, sans pour autant chercher à en savoir plus.

Nous ne sommes pas dans ces pays déshérités où l’enfant sert d’esclave ou de petit soldat. Nous sommes en Californie, dans l’assèchement de cœurs parentaux et baignant dans les eaux troubles d’un voisinage aveugle.


Deux et deux feront treize
C’était plus qu’il ne faut
Quand on n’est pas à l’aise
Pour aimer ses marmots.

Un papa, une maman
Lançaient les anti-gay
A quel prix cependant
Quand le cœur s’est vidé

Quand la chair de la chair
Ne suscite qu’ennuis
Frelatés en colères
Dans le froid de la nuit

Treize enfants dévastés
Par ces jours innommables
Sans moindre humanité
Dans les yeux des coupables

Dans le noir, enchaînés
Sans mobile apparent
Une enfance brisée
Cents maux, biles, ah parents !

Ah parents sans statut
Sans dignité, sans âme !
Un univers s’est tu
Sous vos rites infâmes

La maison des souffrances
N’émut pas tant le doute
Des soupçons sous silence
Marchaient au long des routes

Treize vies sacrifiées
Le futur douloureux
Apprendre à retrouver
La passion d’être heureux…


mardi 16 janvier 2018

LES TRIBULATIONS D'UN MACRON EN CHINE





Emmanuel Macron avait souvent chiné dans sa vie, s’était échiné à trouver l’objet rare : la queue de lézard dans un bocal de formol qui complèterait sa collection.

Il en avait vu des chineurs, mais pas de Chinois. Et pourtant, la Chine il en rêvait depuis qu’il avait dévoré, à 4 ans et toutes ses dents, le livre d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine s’éveillera…le monde tremblera », paru en 1973.

Le manque vient d’être comblé sous l’effet d’un superbe voyage en Chine où notre Jupiter national prit plaisir à discuter avec des dirigeants toujours disposés à parler d’hommes en marche. On n’oubliera pas la longue marche de 1934 que la Chine aime à honorer, vénérer  (La Chine et Mao : nos rêves aînés raient !).

Oui, Emmanuel a atterri à Xian en gommant toute trace de moue à l’endroit de l’Empire du milieu qui propose à tout temps pire d’humilier. Oui, cette moue réprobatrice, seul indice de mécontentement, ce lundi s’éteint, ce lundi 7-01.

Il ne s’agit pas de fâcher l’hôte à riz, cantonné dans son mauvais rôle. Alors notre Président déploie un grand sourire en visitant  Xian, la cité millénaire sans ressentir qu’on y ait mis les nerfs de l’insupportable. Xian est le point de départ de l’ancienne route de la Soie. C’est donc tout un symbole qui va de soi, et pour lequel on doit lever nos vers, dirait Virgile.

Le Président chinois Xi Jinping n’est pas d’ailleurs le dernier à apprécier cette route qui menait, jadis, à Antioche et s’assoit, rit, en levant son verre tout en martelant gaiement qu’il va créer de nouvelles routes :

-      Soyons soyeux, et construisons des nouvelles routes, des ports, des lignes de chemins de fer qui impliqueront 65 pays et nous feront débourser plus de 1.000 milliards de dollars.

Emmanuel approuve car la France pourrait bien profiter de cette manne. D’ailleurs il va en reparler ce soir, au dîner. S’il pouvait placer quelques contrats juteux pour Areva, Airbus, Thalès…

Effectivement, le soir, dîne avec Xi Jinping et sa femme. Brigitte est là également et ne tarit pas d’éloges sur le petit panda du zoo de Beauval dont elle est la marraine.

-      Il est trop mignon, lance-t-elle, tout en mastiquant un nem récalcitrant. Merci pour ce cadeau !

Oui, rappelons que la mère du Panda est un présent (enfin un prêt) fait par les Chinois en 2012. Mais le centre de la discussion s’oriente surtout vers la continuité des relations économiques entre les deux pays : tout arrêt valide heurts et presse anti-Paris ! Et donc tout Areva, leader est pressentie ; pari !

La grande entreprise française gagne le gros lot : la construction d’une usine de retraitement de combustibles nucléaires en Chine. Le contrat pourrait faire gagner 12 milliards d’euros à la société dirigée par Philippe Varin.

-      Vous verrez, lance Macron, Areva maîtrise parfaitement, comme à la Hague, chez nous ! Hague y chante l’attrait ! Tous les pays nous envoient leurs déchets ! Ils en profitent aussi, parfois, pour nous acheter du vin. C’est l’heure des chais ! Vous aussi, Chinois, n’utiliserez pas en vain l’atome ! Vous honorerez la Cop 21 du début à la fin : production et retraitement. Une véritable transformation, loin des énergies fossiles mais si certains, en voyant la mue, raille !


-      Vous voulez parler de Trump, le climato-sceptique ! Bah, ne gâchons pas notre repas avec cet individu raciste qui compare certains pays à de la merde et de ce fait cale dans son honneur, sans compter qu’il a des propres problèmes avec ses amis et se voit haïs siens !

-      Oui, évitons de parler de ce psychopathe. Tiens à propos de fou furieux, que devient votre voisin, le Coréen Kim Jong Un ?

-     Il a l’air de se calmer et j’ai même entendu dire que Pyongyang pourrait participer aux JO d’hiver de Pyengchang. Nord et Sud se rapprochent, apparemment.

-      Ah, ah, c’est bien ! Rien de tel que le sport pour ressouder un peuple. Espérons qu’ils auront des médailles en étant des Corées.

-      Hi, hi, très bon humour, me glisse mon interprète. Je pense que Kim va s’assagir. Actuellement, sa menace nucléaire s’estompe car il veut faire l’exquis, et pour c’là l’omet !

Les agapes se poursuivent et sont l’occasion d’autres discussions à caractère économique.

Avec la levée de l’interdiction pour les couples de n’avoir qu’un seul enfant notre natalité décolle et nous pose des colles et pas mal d’écoles. Le lait infantile pourrait nous manquer ! Cher Emmanuel, la France pourrait-elle nous livrer ce genre de denrée, lance Xi ?

Et bien, heu, c’est-à-dire, mon cher Xi Jinping, la conjoncture est assez défavorable. Notre groupe Lactalis a, disons, quelques problèmes. Mais que faire alors que l’absence de probité ne devrait pas atteindre un grand groupe mais que la sale monnaie l’ose ?

Le repas s’achève sur une boisson que Brigitte ne peut saquer tant elle fait des cauchemars la nuit.

Le lendemain, elle est tout juste « frais et dispo » pour visiter la cité interdite. Elle admire les pavillons de l’harmonie suprême, de l’harmonie parfaite, de l’harmonie préservée en se disant que ce mot d’harmonie, lui va droit au cœur, et à celui de son mari, si loin de larmes honnies. Emmanuel, lui, tout en devisant de la beauté architecturale, place de ci de là, cahin caha, quelques dithyrambes sur les joyaux de l’industrie française.

Une cérémonie d’accueil a lieu au Palais du Peuple, érigé du côté ouest de la place Tian’anmen et Jupiter pense, inévitablement, aux évènements de 1989. Il ressent l’envie de parler des droits de l’homme mais, une petite voix l’en dissuade et il retire cette pulsion de la même façon qu’une jeune servante, pour ne pas salir le mas, ôte ses tongs.

Vient la grande cérémonie des accords et des contrats. Outre le mirifique marché pour Areva, on notera une superbe bouffée d’oxygène (il vaut mieux car l’occis gène) pour Airbus : 184 moyen-courriers A320 ont été commandés par les Chinois. Dans un grand élan de reconnaissance, pour tant de bontés, notre Jupiter offre à son hôte un superbe cheval de la garde républicaine.

-      Je vous offre cette ombre gaie, heu, cet hongre bai, brun, de 8 ans. Voilà, je vous le montre en photo. Il se nomme Vésuve de Brekka et vient d’un haras de la Manche. Il est très propre, jamais de Brekka sent, en revanche, heu Debré cassant…mais, heu, je ne vais pas vous parler de politique française. Par contre, heu, en n’étant pas trop à cheval sur la diplomatie de Bonn-à-lois, pour évoquer la rigueur de la chancelière, j’aimerais vous parler des droits de…

-      Oui Emmanuel ?


-      Des droits de..de hauteur, heu, des droits d’auteur ! Je voudrais exporter mon livre « Révolution » vers votre beau pays. Je pense que le titre vous paraît déjà très culturel !

-      Nous verrons cela plus tard, cher Emmanuel. Allez, trinquons encore.


Mercredi, Brigitte et Emmanuel quittent le sol chinois. L’homme en marche voit se dérober les contours d’un pays dont il est devenu un gros fournisseur. Un petit pincement l’étreint dès qu’il songe à la veuve du dissident Liu Xiaobo (Prix Nobel de la Paix – 2010), placée en résidence surveillée. Il pense à Liu, l’écrivain qui ne laissera pas l’écrit vain après sa mort par cancer. C’est sûr, la prochaine fois qu’il verra Xi Jinping, il parlera franchement des droits de l’homme…

samedi 13 janvier 2018

MARINE EN PERM' A NANTERRE, PERD MANNES, ENTERRE...SES ILLUSIONS



Depuis son débat raté qui n’était pas débat racé (de toute idéologie) Marine Le Pen broie du noir (remarquez que ça ne change pas trop ses habitudes) et voit des envahisseurs partout. Elle a consulté son médecin qui lui a dit, parodiant notre chère France, récemment disparue :

Débranche ! Ou bien résiste !

Marine n’a jamais su trancher. Elle aurait bien envie de tout débrancher, de tout lâcher. Mais qui pour la remplacer ? Elle ne voit pas de successeurs et ne verraient pas briller avec succès ses sœurs. Marion ? La nièce a décroché et on ne peut dire que le poste de la tante la tente. On est dans l’attente ! Que faire ?

Résister ! Oui, pourquoi pas ? Changer de nom pour le parti ? Le FN n’a que trop vécu et il véhicule une réputation sulfureuse ! Élan souffre ! Ne dit-on pas régulièrement F-haine ? Mais quel nouveau nom ?

Elle a conscience que près de 80 % des adhérents sont contre tout changement de nom ! Un sondage le rapporte et elle a fini par croire autant aux sondages qu’elle n’espère plus rien des banquiers. La Société Générale lui a fermé ses comptes et ça l’empreint ! Pour trouver de l’argent elle a dû vendre le Paquebot, son siège, et ça lui fait mal aux oreilles comme l’otite à niques ! Elle a des à-coups-FN et c’est particulièrement désagréable.

Elle a retrouvé le siège du mouvement, la mort dans l’âme, enfer blanc. Le fameux siège de Nanterre où FN enterre ses illusions dans un sol minant, terrien (sol mis nantérrien).


Elle est fatiguée et repense à cette vie de politicienne de guingois. Elle aurait tant voulu être actrice. Sa blondeur, après tout, aurait bien donné le change à celle de Marina Vlady. Ah, la pauvre Marina. Avoir eu tant de gloire et terminer misérable avec une retraite de 600 euros par mois. Bah, finalement elle lui ressemble. Elle aussi, Marine, n’a plus rien à Smet et jaunit à l’idée de vendre des bijoux de famille. Mais enfin, à choisir, elle préférerait être impécunieuse mais avoir le passé glorieux de la blonde cinématographique !


D’une princesse de Clèves elle aurait eu l’aura
Loin des affres du père, la gégène à Papa
Elle aurait su jouer l’adorable menteuse
Un rôle conçu pour, sans se dire prétentieuse

Devant la caméra que la fête commence !
Sa blondeur, son sourire auraient crevé, immense
L’écran des salles sombres ! Elle eût été sorcière
De ce grand septième art, sous l’éclat des lumières !

Marine est Marina et sa robe erre aux scènes
Elle reçoit des oscars, des trésors de mécènes
Et pour les bonnes causes donne un peu de sa vie

Mais voilà, tout se meurt dans la nuit des espions
Liberté surveillée, l’héritage d’un nom
Fait qu’elle ne fut pas elle : La Marine, hâve, l’a dit !



jeudi 11 janvier 2018

ET JEAN-JACQUES DE TEMPÊTER !




C’était en 2014, en février. La tempête Andréa avait frappé le littoral atlantique et la plage de Lacanau, en Gironde, avait perdu cinq à dix mètres sous les assauts de l’océan.

C’est à cette époque que Catherine Ceylac, après avoir hésité entre thé et café, s’était concocté, in fine, un chocolat chaud avant que de sortir prendre l’air et d'être en jetée (et d'étranges thés ?). Elle avait quitté ce petit meublé loué sur place et, la tempête s’étant essoufflée, avait profité d’un rayon de soleil pour se faire une cure d’iode.

Sur la plage gît rondin. De ce tableau déborde laid, sinistre le sentiment d’abandon.

Qu’elle ne fut pas sa surprise de croiser Jean Jacques Annaud. Le cinéaste ne la reconnut  pas. Elle avait l’impression qu’il rasait les murs à défaut de sa chevelure blanche de plus en plus impressionnante. Catherine crut d’abord qu’il faisait l’ours mal léché sortant de sept ans au Tibet sur un coup de tête ! Elle l’interpella :

-      Hé, Jean Jacques, c’est moi, Catherine Ceylac !

L’homme ne réagit pas et il n’y avait guère du feu dans son regard fatigué.

-      Catherine Ceylac, de France 2 ! L’émission « thé ou café » !

L’homme la dévisagea, hébété, puis se risqua :

-      Désolé, je ne connais pas tout le monde ! Je ne vais pas vous faire du cinéma : votre tête ne me dit rien !

Catherine s’enflamma :

Ma tête non ! Mais ma bouche oui ! Elle vous dit que je suis Mme Ceylac ! Vous ne m’avez jamais vue à la télé ?

L’homme lui tournait le dos, hypnotisé par le désastre de la tempête :

Qui que vous soyez, Madame, vous n’êtes qu’un grain de sable dans cet univers en colère. Regardez-moi cette apocalypse. Les éléments se sont déchaînes. La nature reprend ses droits ! Érosion, tempête, montée des eaux seront le lot de l’humanité dans les années futures. Ici même on construira une digue. Mais elle ne durera pas. D’autres tempêtes afflueront, à qui on donnera de jolis prénoms comme Carmen ou, je ne sais quoi d’autre encore, peut-être Eléanor. Ce genre de vain combat, belle illustration du mythe de Sisyphe, pourrait bien faire l’objet de mon prochain long métrage. C’est pourquoi je suis venu ici ! Trouver mon inspiration.

Catherine se piqua de curiosité :

Mais c’est  un cas fait récent, heu un thé récent, heu… intéressant ! Vous aimeriez qu’on en parle en face à face lors de mon émission ?

Le cinéaste se retourna, la fixa dans les yeux :

Je n’en vois pas l’intérêt !

La dame cathodique, d’un ton catholique, fit preuve de courtoisie :

Allez, on en parle autour d’un pot !

Un pot ! Le mot résonna dans sa tête et devint impôt. Il se sentit mal dans son assiette ! Une autre tempête souffla dans son crâne, dont il ne pouvait se vanter. Il se vit, sous le vent, soulevant des remords d’avoir placé sa richesse aux paradis et aux liens éoliens des îles Caïman.

Il sortit de sa torpeur, esquissa un sourire et finit par dire, laconique :

Ok !

C’est à ce moment-là qu’un touriste prit une photo à la dérobée, utilisant un smartphone scélérat. Jean-Jacques le somma d’arrêter mais il était déjà trop tard. L’homme avait pris jambes à son cou comme le dernier loup échappant à une meute de chasseurs mongols fiers.


Et c’est cette dernière image qui influença le metteur en scène…

mardi 9 janvier 2018

FRANCE DÉBRANCHE ET REJOINT MICHEL DANS LE PARADIS BLANC


C’est le 9 octobre 1947 que naît à Paris, Isabelle Geneviève Marie Anne GALL  qui se fera connaître sous le nom de France-Gall pour faire un clin d’œil à une rencontre du tournoi des cinq nations durant laquelle un coq se bat contre le poireau, sans qu’aucun des deux n’ergote ou ne poireaute.

A l’image d’Obélix qui est plongé petit dans le chaudron de potion magique, France baigne dans la musique, dès son enfance. Son père est Robert GALL (RG mais à ne pas confondre avec le père de Tintin). Il est chanteur et auteur mais, musicalement, il ne joue pas de scie, Gall. Sa plume est brillante. Il écrit notamment « la Mamma » pour Charles Aznavour. Du côté maternel, France est gâtée aussi. Cécile Berthier, sa mère, n’est autre que la fille de Paul Berthier, cofondateur des petits chanteurs à la gueule de bois, mais également nièce de Jacques Berthier, compositeur et organiste.

Toutes les bonnes fées musicales se penchent donc sur son berceau et de brillants trouvères sont invités par ses parents : Hugues Aufray, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud…

Avec une méthode à 6000 (partitions) et une grande facilité, Isabelle (oui elle s’appelle encore Isabelle)  commence le piano à 5 ans. Puis la guitare la démange, alors elle gratte un p’tit peu.

Avec ce petit bagage musical elle rejoint ses frères jumeaux pour former un groupe « les martin-gall » car les deux frangins sont baryton martin. La formation fait son petit bonhomme de chemin de Gall-à-pas gosses...

En 1963, elle enregistre ses premiers titres sous l’impulsion de son père, qui remettra les enregistrements à Denis BOURGEOIS, éditeur de musique. Et Bourgeois, gentilhomme, qui la trouvait très molle hier, jugera qu’elle a beaucoup plus d’entrain.

Rapidement France est appelée à auditionner au Théâtre des Champs-Elysées, et signe alors un contrat chez Philips qui ne trouve pas rasoir sa musique. Hélas, c’est  à ce moment-là  qu’elle se voit acculée d’abandonner son prénom, à cause d’une certaine Isabelle Aubret :

De ce prénom j’en fais ras, tant pis, je prends donc le pseudo de France Gall !  

Le 9 Octobre 1963, le jour de ses 16 ans, France entend pour la première fois une de ses chansons à la radio. C’est « ne soit pas si bête », un tube pour les idiots qui, bien ancré, tint.

Denis BOURGEOIS a la chance de veiller à la carrière de Gainsbourg. Aussi, demande-t-il à l’homme à la tête de chou d’écrire quelques feuilles, aux petits oignons, pour France. Ainsi naîtra, entre autres, "N'écoute pas les idoles" qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964 et qui énerve Johnny, notamment lorsque l’idole déjeune.

L’époque est aux artistes qui pillent allègrement dans le répertoire américain ! Johnny va revisiter le pénitencier des animaux (The animals) et Cloclo utilise le marteau (pas la faucille) des Weavers.

France, elle, souhaite chanter des titres originaux et, pour ce faire, s’entoure de brillants paroliers : Gérard Bourgeois, Pierre Cour, Joe Dassin, Pierre Delanoë, Alain Goraguer et même Guy Magenta qui verra rouge en écrivant « on t’avait prévenue »

On l’avait prévenue, mais de quoi ? Qu’elle serait sélectionnée pour représenter le Luxembourg, ce paradis fiscal, pour le grand prix de l’Eurovision ! Attention aux conflits d’intérêt. C’est encore Serge qui s’y colle en pondant une « poupée de cire » (nullement enregistré dans les studio de l’abeille-rôde), quelque peu controversée, et qui permettra à France de remporter le grand prix (1965). La chanteuse décroche le gros lot en dépit d'une prestation moyenne au gré d'un filet de voix mal posé dont la justesse laisse à désirer. Par la suite, France gagnera en exactitude, en souffle, en maîtrise de ses cordes mélodieusement vocales.

L’année suivante, l’homme qui ne souhaite pas que gains s’barrent,  sort un nouveau tube pour la blonde candide « Baby pop », initialement prévu « Bée bis pope » et qui aurait dû évoquer un religieux orthodoxe entrain de bayer aux corneilles mais, là, franchement, c’eût été peu vendeur. Dans la foulée, le cynique personnage sort « les sucettes » une chanson à double sens que la plus que jamais innocente interprète comprendra comme une gentille ballade évoquant une jeune femme, Annie, qui aime les sucettes…à l’anis. France se rendra compte, mais trop tard, que Serge lui avait fait interpréter une œuvre plus qu’ambiguë.

En 1968, alors que les pavés volent bas, France a quitté Serge et enregistre des titres qui n’iront pas à la poste hériter du sésame de longévité. Cette année-là, elle devient majeure et décide de ne pas renouveler le contrat avec Philips. Elle signe avec La compagnie, une nouvelle maison de disques fondée par des artistes comme Hugues aux frais de gestion, Nicole croise-îles pour rester dans la nouvelle vague et Michel Colombier qui laisse les piges aux niais et préfère la chanson française.

Cet attelage ne fonctionnera pas bien. Et le désert avance…

Finalement, la révélation aura lieu en 1973 ! France entend Michel Berger à la radio. C’est comme un coup de foudre radiophonique.

Ce qu’il chante c’est exactement ce que je ressens, dit France, on dirait que c’est moi ! Oui, c’est vraiment moi, ça se sent, ça se sent, ça se sent que c’est moi !

France veut connaître ce Berger qui progresse sans mous tons. Les deux chanteurs se rencontrent lors d’une émission de radio. France demande à Michel :

J’aimerais avoir ton avis sur les chansons que mon producteur voudrait me faire interpréter.

Devant la moue ineffable de Michel, France comprend que « ça va pas l’faire ». Le bon Berger propose alors d’écrire pour celle qui sera sa future femme.

C’est ainsi que naît en 1974 « La déclaration d'amour", premier succès d'une longue liste. La carrière de la chanteuse sort d’une longue léthargie et prend un nouvel essor.

En 1976, 
Michel BERGER écrit une comédie musicale inspirée de La petite sirène, dont l’héroïne est, comme il se doit, France Gall. 

Les deux tourtereaux révèlent, à cette occasion, le duo mythique "Ça balance pas mal à Paris" qui n’a rien à voir avec la vague de délations que connut la capitale durant les heures sombres de l’occupation.

Un couple est formé. Le mariage est consacré et donnera naissance à  Pauline Isabelle le 14 novembre 1978  et  à Raphaël Michel  le 2 avril 1981, en plein tontonmania.

L’année suivante, France  accepte le rôle de Cristal (sans hash) dans l'opéra rock Starmania. Cette œuvre est, bien sûr, composée par son mari et écrit par le québécois Luc Plamondon qui, compte tenu du succès du spectacle, dira :

Il n’est pas si plat mon don !

En 1982, France se donne entièrement, elle donne "Tout pour la musique", et se produit au Palais des Spores de Paris (elle a par ses chants pignon sur rue). C’est un ravissement sur une scène électrisée que nourrissent des titres comme « Résiste" et "Il jouait du piano  Debout", évoquant, même si c’est un détail pour vous, l’inclination touchant  le compagnon de Chantal Goya, à ne pas s’asseoir quand il est au clavier.

Mais, bien au-delà de la musique, c’est sur le terrain humanitaire que le couple va se distinguer. Durant les années 80, France et Michel filent en tropiques pour mener des combats du même nom.

Ces implications  n’empiètent pas sur la carrière solo de France, puisqu’elle se trouve au Zénith de Paris ! Elle y interprète des titres comme « Débranche », chanson avant-gardiste traitant de la nécessité de ne pas gaspiller l’énergie électrique, ou encore « Cézanne peint » en hommage au roi du pinceau de la Sainte Victoire.

En 1987, la gorge un peu nouée, France chantera l'émouvant "Évidemment"  en hommage à Daniel Balavoine, l’ami disparu un an plus tôt dans un Paris-Dakar meurtrier. La vie ne sera plus comme avant…

Suite à cette disparition, France décide de prendre du recul. Elle ne reviendra en studio que si la démarche débouche sur un album avec Michel. Le projet aboutira. En 1992 sort l’album « double jeu », prometteur et annonciateur de futurs concerts.

Hélas, la camarde qui n’a jamais pardonné à Brassens de lui avoir semé des fleurs dans les trous de son nez, va poursuivre d’un zèle imbécile le pauvre Berger, qui trépassera d’une crise cardiaque, le 2 août 1992.

C’est un déchirement pour France. Elle perd brutalement l’amour de sa vie, son compagnon de musique, son génie créateur, le père de ses enfants.

Elle entame alors une retraite de la vie artistique juste entrecoupée de quelques passages à Bercy (1993) ou à l’Olympia (1996).

La mort de sa fille, le 15 décembre 1997, d’une mucoviscidose, ne fait qu’altérer davantage sa santé, déjà bien émoussée par un cancer qu’elle traîne depuis 1993.

Trop faible pour assister aux obsèques de Johnny, elle finira par rejoindre le rocker dans le paradis blanc, ce 7 janvier 2018, à l’âge de 70 ans.



France nous laisse l’image d’une jeune femme joyeuse et combative, le cœur sur la main. Sortie comme un produit de lessive à l’époque du yéyé flamboyant, elle aura su trouver sa véritable place dans le panthéon de la chanson française, à la faveur d’une lumineuse rencontre avec Michel, l’homme de sa vie qui savait chanter en elle et faire vibrer les mots qu’elle pensait si fort.

lundi 8 janvier 2018

EN MARCHE TURQUE





Ce n’est pas sous un ciel bleu turquoise que le Sultan Erdogan-Le-Cynique est arrivé à Paris pour chercher une légitimité aux yeux de Jupiter.
Le temps était plutôt médiocre et les médias ne faisaient que relayer les affres de nos sympathiques tempêtes, Carmen, Bruno et Eleanor qui, à elles trois, remplaçaient le traditionnel trio Gaspard, Melchior et Balthazar, les rois mages, en dépit fané.
Le maître de Turquie eut droit à une conférence de presse conjointe à l’Elysée. Ce fut l’occasion pour lui de présenter cet air dogue-âne qu’on lui connaît bien. Dogue car prêt à mordre ce qui s’oppose à lui et âne selon le bon vieil adage : « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Et qui incarne le mieux la bêtise, dans l’imagerie animal, qu’Aliboron ?
Le chien a mordu, se montrant un sultan et en mettant un point döner à ne pas rester trop sur le grill. A une journaliste d’Envoyé spécial qui le titillait sur son « double jeu » mené lors du conflit syrien, par l’entremise de fournitures d’armes aux salafistes, Recep Tayyip répondit :
« Toi tu parles comme quelqu’un du Feto [le surnom de l’organisation de l’imam Fetullah Gulen, accusée d’être derrière le coup d’Etat manqué de juillet 2016] ! Il n’y a pas en face de vous quelqu’un qui va avaler ces couleuvres.  Les Américains ont envoyé 4 000 camions d’armes en Syrie ! Tu devrais le savoir. » 
Ambiance.
Évidemment, c’est ce fameux coup d’état de juillet 2016 qui va durablement mettre une épine dans le pied de celui qui voudrait tant voir son pays entrer enfin dans la communauté européenne.
En réprimant sauvagement l’opposition, en phagocytant la presse, l’homme s’est coupé de l’Europe, de ses valeurs démocratiques et en premier lieu a consommé le divorce avec Mme Merkel. Cette dernière avait interdit ses meetings de campagne en Allemagne et l’homme, excédé, avait alors évoqué des « pratiques nazies ». Depuis, Erdogan a rompu, lâchant ce lierre qui l’attachait à cette femme de Bonn, à lois. Pourtant il ne voulait que faire de simples discours. Contre la menace de son rival Gulen, il souhaitait simplement qu’on formatât Turcs (conforme Atatürk) ; qu’est mal ?
Macron, lui, ne veut pas trop se brouiller avec Erdogan mais sans vouloir l’aider en carats (comme le ferait un pays dit amant) et lui signer un blanc-seing d’intronisation européenne. Il préfère parler de coopération avec ce grand pays riche de 80 millions d’habitants sans parler de sa diaspora qui s’établit sur moult pays de l’UE et qu’Erdogan appelle de ses vœux ! Il souhaite qu’elle s’accroisse par l’entremise de familles nombreuses à même d’inverser le rapport de force démographique dans les pays d’accueil. C’est la politique de la nat’ au lit.
D’une autre manière, le Sultan place des pions sur le grand échiquier et notre quiétude chancelle. Erdogan n’ignore pas qu’il représente une force, qu’il peut ne plus respecter ses engagements pour lesquels l’Europe l’a rémunéré (3 milliards d’euros) : arrêter le flot de réfugiés qui passent en Grèce pour se répandre, ensuite, en Europe. L’homme fort de Turquie peut, de mauvaise foi, justifier ses dérives autocratiques : il lutte contre le terrorisme, à sa façon. Il combat, sur ses terres, les « jardiniers du terrorisme » dont l’âme erre, noire…
Dans ce petit jeu de chantage, l’autocrate semble vouloir dire à l’Europe :
Intégrez mon pays sinon j’ouvre mes frontières, fais s’égailler les migrants, même s’ils restent tristes, et continue à susciter la natalité au cœur de ma diaspora.
Pas facile pour notre jeune Président de se frotter à un tel homme. Difficile de rire sous cape, tant cape a d’os !