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dimanche 7 mai 2023

A QUOI REVAIT CHARLES ?

Tous les yeux de la planète (enfin, presque tous) étaient tournés vers Londres (Royaume-Uni) et l’intronisation de Charles III ce samedi 6 mai. La journée a été marquée par des fastes et des traditions, des protocoles interminables, mais aussi par l’émotion du roi.

Devant 2 200 invités, des chefs d'État et de gouvernement, des monarques du monde entier, il a prêté serment sur la Bible et a reçu la couronne de Saint Édouard. La solennité du moment n’a pas empêché l’émotion de pointer le bout de son nez lorsque William, l’héritier, est venu prêter allégeance à son père.  William, le fils fidèle ! Il a pensé à Harry, le rebelle, reparti aussitôt après le couronnement pour les Etats-Unis, retrouver sa Meghan et son fils Archie, dont il devait fêter l’anniversaire.

Charles devenu Charles III, encore endeuillé du départ de sa mère, a revu son enfance, ses amours incertaines, l’inanité de son combat pour sauver la planète.

La foule l’acclamait mais il vit aussi les hostiles, les antimonarchiques qui vilipendaient le ridicule de toute cette cérémonie coûteuse.

Il sentit peser sur ses vieilles épaules le poids innommable des responsabilités. Le ciel était gris, la pluie jouait aux trouble-fête. Charles venait de sortir de Westminster avec une couronne perlée d’incertitudes. Le Monde avait changé, il ne l’avait pas vu se métamorphoser.


A quoi pensait le roi sous sa couronne dense ?

A tout ce temps perdu dans ces cours inutiles ?

Au sourire de sa mère, à Diana, son silence ?

A quoi pensait donc Charles qui ne fût pas futile ?

 

Au loin, l’homme entendit le canon résonner

Pour la gloire de son règne. Et lui revint l’Ukraine

On se battait là-bas, les obus de la haine

S’attachaient à la mort, comme une éternité.

 

Autour de lui le monde, le Gotha et les clercs

Une chorégraphie de lenteur indicible

Protocole royal de sa douce Angleterre

Dont il devait porter le sceau indélébile.

 

Réapparut le Monde, au sommeil outragé

Les plaies d’une planète, qu’une chaleur condamne

Sur ses vieilles épaules il sentit s’affaisser

Les espoirs d’un meilleur, sous la fleur qui se fane.

 

Sœur Anne, ô ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Le long déclin des flores, et la montée des eaux.

Il entendait les chœurs, clamer jusqu’au soupir !

Il ne vit qu’une foi aux sanglots vespéraux.

 

Son sceptre s’érigeait comme un feu de détresse

Il sourit tristement, son trône vacillait

Sous le poids des remords, des froids de maladresse

Qui de son fils, Harry, avaient l’âme brouillée.

 

Il revit son chemin, ses errances lointaines

L’amour de Camilla dans les bras de Diana

Il rêva d’un soleil, et de plaines lunaires

D’un champ de plénitude, en ce lieu, il rêva.

 

Tout ce faste clinquant assourdissait son cœur

N’était-il donc sur Terre que pour devenir roi ?

Dieu gardait son silence, au sein de Westminster

Il fixa les statues aux pierres de désarroi.

 

Il repartit, carrosse, sous un ciel incertain

Quelques saluts fragiles, d’un geste de la main

Pour ce peuple fidèle au grand feu monarchique

Sous sa peau frissonna l'effroi mélancolique.


mercredi 4 janvier 2023

UNE ANNEE IMPAIRE DURANT LAQUELLE JE NE SOUHAITE PAS EN COMMETTRE



Ce blog, que je délaisse un peu, reprend du service à chaque début d'année pour annoncer les faits marquants qui se dérouleront au cours des 365 jours prévus par le calendrier.

Alors, à vos agendas.


L’année 2023 commencera par une adhésion d’un pays à la zone euro. Les Croates quitteront la Kuna lacunaire pour adopter la monnaie européenne en souhaitant qu’elle combatte l’inflation.

Le 11 janvier, ses fans pleureront Jacqueline Maillan qui aurait eu 100 ans. Pierre Palmade, Muriel Robin et Michèle Laroque achèteront un bouquet commun, en forme de pièce montée.

Le 17 janvier, François Damiens, qui n’est pas Amiénois, fêtera ses 50 ans dans une petite ville minière du Pas-de-Calais car il a Harnes à cœur.

Le 20 janvier, ce sera au tour de Benjamin Biolay de souffler 50 bougies, chez lui. Il invitera son ancienne compagne au paradis "gainsbourien" en chantant « initiales BB »        

Le 27 février, les habitants de Tréguier (Côtes-du-Nord) s’inclineront devant la maison natale d’Ernest Renan né en 1823, soit 200 ans déjà ! Laïcs, catholiques et athées cesseront leur querelle de clocher pour commémorer, en positivant, non comme chez Carrefour mais comme Auguste compte !

Le 6 mars, lecteurs et lectrices honoreront les 50 ans de la mort de l’écrivain(e) américaine Pearl Buck, prix Nobel de littérature en 1938. Une belle occasion pour réhabiliter la Chine, empêtrée dans ses innombrables problèmes de santé, cernée par les virus biologiques mais aussi martiaux, un regard menaçant porté sur Taïwan.

Le 26 mars, à Belle-Ile-en-mer, les inconditionnels de Sarah Bernhardt défileront devant sa maison de la pointe des Poulains et de façon chevaleresque. On honorera la grande comédienne pour les 100 ans de sa mort ! Ce jour là, se réveillera le coq tôt pour chanter à la gloire de ce « monstre sacré » !

Le 29 mars, des vétérans ayant connu bail de haine se souviendront, qu’il y a 50 ans, ils étaient les derniers soldats à quitter le sud-Vietnam, pour se désembourber d’un enfer sanglant ayant taché d’horribles sangs la bannière étoilée.

Le 8 avril, les admirateurs de Picasso auront une pensée pour le maître décédé il y a 50 ans. Le Maire de Mougins (Alpes-Maritimes), Richard Galy commencera son discours (exorde) par : - Respect à toi, ô grand maître, qui termina son brillant parcours sur Terre en cette ville, que tu aimas, là, gars ! Et hop, un petit verre avant la suite devant un parterre de riverains parmi lesquels un vieux guitariste, une femme qui pleure et un garçon à la pipe !

Le 10 avril, Guillaume Canet fêtera ses 50 ans en compagnie de sa gentille Marion. L’émotion fera sortir les petits mouchoirs. Marion lui offrira une copie d’un tableau de Cézanne mais lui évitera un plat de nouilles car Canet le honnit !

Le 25 mai, en se gavant de rillettes, on fêtera dûment les premiers 24 H de course automobile, apparus en 1923 (cela s'entend !). A l’époque, 33 véhicules étaient sur le départ, prêts à polluer inutilement l’air manceau, d’errements sots !

Le 27 mai, si Dieu lui prête vie, Henry Kissinger soufflera ses 100 bougies ! Un bel exploit de longévité pour ce Nobel de la Paix (en 1973) pour son action dans la résolution de la guerre du Viêt Nam. L'homme au passé mouillé de controverses aura l'occasion de parler de l'Ukraine et de la nécessité de l'intégrer à l'OTAN, autant que perce feu alors qu'il disait, quelques mois auparavant : - Ce n'était pas une politique américaine judicieuse que de tenter d'inclure l'Ukraine dans l'OTAN !

Le 29 mai, ses inconditionnels fêteront les 100 ans de la naissance de Bernard Clavel. A Lons-le-Saunier, sa ville natale, on lira à voix haute, des extraits des Fruits de l’hiver (Prix Goncourt 1968). Plus que jamais, l’auteur appelle à le lire et jamais on ne verra la cru s’tasser ! Clavel, encore hèle (Clavelle, anchorelle ?)

Le 31 mai, comme un ouragan, le vent du souvenir soufflera sur Monaco. On fêtera, en effet, les 100 ans de la naissance du Prince Rainier III, d’une grâce qu’élit son destin ! Son fils, Albert II, fera un beau discours, un peu bêlant. C’est Albert : Je ris (s’étale bergerie ?).

Le 5 juin, des économistes poussiéreux secoueront leur perruque et se découvriront devant le portrait d’Adam Smith né il y a 300 ans ! Une main invisible viendra serrer leur petite poigne toute veinée de sang libéraliste. Un grand moment d’émotion.

Le 10 juin, des pêcheurs d’Islande pleureront Pierre Loti, mort depuis 100 ans. En France aussi, on y pensera, en lisant ses mémoires, empreinte laissée aux futures générations car ce capitaine devait sceaux !           

Le 19 juin, donc le lendemain du 18 juin et de sa pelle, on aura mille pensées pour Blaise Pascal né il y a 400 ans ! Le Pape François reparlera de la possible béatification de ce mathématicien philosophe en arguant que c’est un bon calcul !

Le 2 juillet, quelques historiens farfelus lanceront des tweets pour évoquer la mémoire de Louis XI, né il y a 600 ans ! Ça fleurera le poussiéreux monarchique mais beaucoup d’historiens, longtemps, comme mon ami Charles, dans le thème errèrent !

Le 6 août, des historiens (les mêmes que ceux du 2 juillet) sortiront les mouchoirs de soie pour y déposer des larmes en souvenir de Louis VIII, couronné le 6 août 1223. Soit 800 ans ! Ce fils de Philippe Auguste n’aura régné que 3 ans et 3 mois ! Il meurt vite. Nos jours sont de durées inégales et la Camarde aura décaper siens, avec précocité.

Le 31 août, les accros du western pleureront John Ford mort depuis 50 ans. Certaines chaînes de télévision nous abreuveront de scènes mythiques, à la gloire des tuniques bleues qui n’arrivent pas à tourner l’apache !

Le 11 septembre, les Chiliens auront un souvenir néfaste du coup d’Etat militaire, instauré par Pinochet. Le commandant tortionnaire aura marqué de son empreinte sanglante la vie de son pays, à la lumière des idées libéralistes d’un certain Friedman, évoquant le « miracle chilien » !

Le 4 octobre, on rediffusera « Ben-Hur » pour commémorer les 100 ans de Charlton Eston (mort en 2008). Il n’y aura pas de surprise : à la fin Jésus ressuscite, la mère et la sœur de Ben-Hur ne sont plus lépreuses.

Le 6 octobre, on se demande dans quelles conditions seront commémorés les évènements de la guerre du Kippour (6 octobre au 24 octobre 1973). Il y a 50 ans, l’armée israélienne était ébranlée par une coalition arabe (Egypte, Syrie, Maroc, Libye,…) et cette victoire des pays arabes allait déclencher le futur choc pétrolier, le 17 octobre). Affaire à suivre…

Le 2 décembre, on honorera Maria Callas, la grande cantatrice grecque née il y a 100 ans. Des récitals remasterisés fleuriront de ci de là, cahin-caha. On louera son talent, de vers dits ! L’auréole de la diva fera encore marcher le commerce, halo paiera !

Le 27 décembre, la tour Eiffel portera le deuil. Son créateur sera mort 100 ans auparavant. La dame de fer évitera de trop pleurer pour ne pas rouiller ! Des lumières noires l’éclaireront, lui donnant des petits airs de violettes impériales dont les valeurs s’cotent haut ! Le tout étant d’aimer ces airs !

Voilà pour les principaux évènements qui attendent l’année 2023 au coin de la rue. Cette jolie rue qu’il nous faudra encore traverser pour trouver un travail et le garder suffisamment longtemps pour attendre les 65 ans, sans période de chômage, et goûter à une retraite bien méritée. Poil au nez !

 

Meilleurs vœux !


mardi 13 septembre 2022

GODARD, EN SA DERNIERE SALLE OBSCURE.

 


Il n’aura pas eu le temps de filmer les obsèques de Queen Elizabeth ! Il est mort dans la foulée du trépas monarchique.

Oui, Jean-Luc Godard est mort, à bout de souffle, ce 13 septembre.

Né le 3 décembre 1930, à Paris, le petit Jean-Luc va vite se retrouver en Helvétie, à Nyon plus exactement ! Dès lors Nyon lui ouvre les yeux sur la beauté suisse. Il y fait ses études et obtient le diplôme du collège. Puis, ses parents l’envoient à Paris pour décrocher le bac ! Mais ils divorcent, débordés par le mépris ! Il se retrouve abandonné et voit son bac à ras tant les crises talent ses fruits de recherche culturelle.

Il fréquente alors les cinémas. Puis, il va s’intégrer dans l’équipe de la gazette du cinéma et publie, à 19 ans, ses premiers textes critiques qui sont, pour lui, de haut vol !

En parlant de vol, c’est un adepte de la cleptomanie. Il vole à tout va. Ainsi, en 1953, il vole dans la caisse de la télévision suisse et se tape trois nuits en prison, dans le noir du temps (segment de Ten Minutes Olders, film collectif de 2002).

Pour éviter de partir en Indochine, jouer au petit soldat, Jean-Luc opte pour la nationalité suisse, à l’âge de sa majorité.

-         Genevois que cela à faire, lance-t-il !

Il réalise un documentaire sur le chantier du barrage de la Grande-Dixence, en Valais. Un film qui ne fera pas couler beaucoup d’eau.

Il est temps de passer aux choses sérieuses : réaliser des vrais films ! Avec des acteurs ! Il va donc s’y mettre et réaliser « à bout de souffle » (déjà cité en début de ce billet) et mettre en valeur un de ses acteurs préférés : Jean-Paul Belmondo !

Puis il tourne «Le petit soldat », un vrai coup de Massu pour l’armée française qui y voit une tentative de déstabilisation pour les pauvres types envoyés en Algérie. Cette œuvre n’est pas osée vainement !

Dans ce film, brille Anna Karina, une jeune femme talentueuse qu’il aura l’occasion de faire tourner dans moult films : Une femme est une femme (1961), Vivre sa vie (1962) Pierrot le fou (1965) Alphaville (1965) Made in Usa (1966).    

 

Complètement ancré dans la nouvelle vague, avec Truffaut ou encore Chabrol, il va chercher à réinventer la forme narrative du cinéma.

Ainsi, dans « le mépris » (oui, je sais, déjà cité au début de mon récit ! C’est décousu, mais c’est comme du Godard !), le réalisateur va transformer une histoire d’amour, somme toute banale, en transformant la narration classique et hollywoodienne. Il le fera en intellectualisant la rupture amoureuse et en donnant une dimension mythologique à l’homme, et humaine aux dieux, à travers la figure de Fritz Lang, metteur en scène cherchant à adapter Ulysse et l’Odyssée !

Dans ce film, Brigitte Bardot demande à Piccoli : - et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? Phrase culte qui ne devrait pas occulter le reste des séquences de ce grand film, un des plus romanesques de Godard. Je l’ai encore redit à mon petit voisin, Ali, qui y voit un film de cul ! C’est très réducteur ! Il faut bien qu’Ali pige !

Mais brusquement son moi s’accroche à Mao et il tourne « La chinoise et le Week-end » (1967) ! Un film finalement mal perçu par les maoïstes qui se voient représentés comme de jeunes bourgeois qui jouent aux révolutionnaires. Leur colère se livre, rouge !

Cette période maoïste ne dure pas pour éviter qu’en chie noise ! Jean-Luc entame alors une période vidéo, de 1973 à 1979 ! Il fera des films pour la télévision, comme « six fois deux » où il se met en scène en tant qu’interviewer d’un paysan, d’un journaliste, ou encore d’un horloger adepte du super 8, qui lui dit que son métier est passionnant mais que la caméra aussi l’est !

En 1980, il revient à un cinéma plus grand public qui attire des acteurs de renom. Il est sélectionné au Festival de Cannes trois fois pour Sauve qui peut la vie (1980), avec Isabelle Huppert, Passion (1982), avec la même Isabelle, et Détective (1985) avec Johnny Halliday et Nathalie Baye avant qu’ils ne se séparent en 1986 ! Il obtient le Lion d'or au Festival de Venise pour Prénom Carmen (1983) un film qui trompe son monde car la bande musicale ne vient pas de Bizet mais de Beethoven !

Dans les années 90 et 2000, Godard fait un retour à l'expérimentation avec Histoire(s) du cinéma (1998) et Eloge de l'amour (2001). Dans sa perpétuelle volonté de "peindre les choses qui sont derrière les choses", Jean-Luc Godard est un véritable novateur ! Sauf pour le clergé qui y voit un hérétique de première avec la sortie du film « Je vous salue Marie » (1985) ! Il faut dire que le réalisateur a la main lourde en transformant Marie en fiancée d’un chauffeur de taxi qui ignore qu’elle est enceinte. En matière d’apparition ironique le réalisateur ne tourne pas autour du Pau.

 

En 2010, il réalise Film Socialisme, qui suit des voyageurs sur une croisière en Méditerranée. C’est plutôt « la croisière s’amuse », en lieu de consommation ! Un socialisme où le mot rose n’a plus cours.

Le réalisateur s'intéresse ensuite à la 3D ; son film Adieu au langage est auréolé du Prix de Jury au Festival de Cannes en 2014 ! On y retrouve la patte de l’auteur : mouvements de caméra, son mal synchronisé, mise en abime…  C’est l’histoire filmée en 3D d’un chien qui parle à la place de ses maîtres ! On pourrait presque y voir un clin d’œil à Devos : - Mon chien c’est quelqu’un !

Voilà, caché derrière ses lunettes noires, le trublion du 7ème art français s’en est allé, de plein gré, parce qu’épuisé. Ballotant entre le cinéma populaire, voire mineur et la recherche de l’élitisme, naviguant entre dandysme de droite et gauchisme enflammé, le réalisateur en aura désorienté plus d’un !

Il laisse une œuvre polymorphe où se mêlent poésie, absurde, cheminements ésotériques et culture des paradoxes. Ses détracteurs en retirent des positions radicales, ses admirateurs aussi. Une œuvre riche qui parle beaucoup de l’évolution du cinéma et de la force des images, dans ce qu’elles disent et dans ce qu’elles ne disent pas.

Salut l’artiste !


samedi 10 septembre 2022

LA REINE A LACHE LES RENES ! GOD SAVE THE KING ♫

 Après un long silence, actualité oblige, mon blog reprend du service.

L'évènement est de taille : la mort d'Elizabeth II à l'issue de 70 ans de règne !

Son fils, le prince Charles, est désormais le roi : Charles III. L''anciennement dénommé Plum-pudding sait que ce ne sera pas du gâteau que de succéder à sa reine, lui qui va y plonger (dans l'arène). Les antimonarchistes l'attendent de pied ferme (et biologique !).

Voici donc un résumé (aussi résumé que possible, vu la longévité du monarque) de cette grande figure politique !




Le 21 avril 1926, la foule britannique se masse devant le 17 Bruton Street, à Londres pour voir le duc et la duchesse d’York présenter une petite fille aux boucles d’or. Elle se nomme Elizabeth et ne sait pas encore le destin qui lui est réservé.

Elizabeth grandit sous l’œil bienveillant de son grand-père, le vieux roi George V. Le vieil homme joue avec sa petite-fille à cheval sur son dos, en attendant qu’elle puisse, un jour, monter, un plus bel étalon, zain de préférence.

Le 20 janvier 1936, George V s’éteint et lui succède son fils sous le nom d’Edward VIII. Mais hélas, Edward qui parfois fume le cigare (comme le chantera Nino Ferrer) aime aussi une Américaine nommée Wallis Simpson. Une femme doublement divorcée, je vous demande un peu ! O my god ! Une telle femme ne peut être reine qu’on sort ! Edward renonce à la couronne, choisit Wallis et fut tu, na !! Affaire classée ! Au suivant !

Le suivant est le frère cadet ! Le père d’Elizabeth ! Il est bègue et cela n’arrange pas les choses lors des discours et des allocutions familiales. Roi, dès 1936, il voit monter les dangers du nazisme ! La période est trouble ! Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne hitlérienne.

Elizabeth grandit dans une ambiance de menace constante de l’invasion nazie. Mais elle veut résister à sa façon, et, à 14 ans, au micro de la BBC, elle prononce son premier discours à l’attention des enfants évacués de Londres pour fuir les bombardements !

Cinq ans plus tard, en février 1945, elle s’engage dans l’armée britannique avec l’accord paternel. Elle entre dans l'Auxiliary Territorial Service avec le grade honoraire de sous-lieutenant. Elle quitte le badminton pour un autre volant : celui d’une ambulance militaire. Son engagement d’acier galvanise les troupes plombées par six années de guerre.

Le 8 mai 1945, elle apparaît en uniforme militaire aux côtés de ses parents, de sa sœur et du Premier Ministre Winston Churchill (WC pour les intimes) au balcon de Buckingham pour fêter la fin de la Seconde guerre mondiale devant une foule en liesse, en fait qu’on délivre (en féconder livres, pas encore, car la monnaie anglaise doit se refaire une santé).

En 1939, George VI et sa famille visitent le célèbre collège de la Royal Navy. Elizabeth y rencontre son cousin germain qui ne semblent pas avoir légères manies. Elle en tombe amoureux. Il s’appelle Philip et sera l’homme de sa vie. Ce n’est pas pour lui déplaire qu’une image d’amoureux des chevaux Philip, haut, campe !

Le couple s’unit sous les voutes de l’abbaye de Westminster le 20 novembre 1947. Il met peu de temps pour avoir des enfants. Le 14 novembre 1948, Elizabeth donne naissance au prince Charles. Puis viendront Anne, Andrew et Edward.

En février 1952, le couple part pour une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Alors qu’ils séjournent au beau milieu des éléphants et des rhinocéros myopes, Elizabeth et Philip apprennent la mort de George VI ! Désormais, Elizabeth est reine d’Angleterre ! Trois lions se rapprochent d’elle et la saluent.

Après une année de deuil national, vient l’heure du couronnement. Elizabeth II est sacrée reine du Royaume-Uni le 2 juin 1953. Ce couronnement est une réelle exception dans l’histoire. Et pour cause, il est entièrement retransmis en direct à la télévision dans le monde entier. La mère d’Elizabeth est furieuse de toute cette rente télévisuelle : un côté plus qu’amer a manne !

En 1977, Elizabeth II fête son jubilé d’argent. Ses 25 ans de règne sont l’occasion de festivités grandioses pour une reine qui porte le chapeau rose tandis que la population est obérée (non basque). Deux ans plus tard, Margaret Thatcher est élue au 10 Downing Street. La première femme Premier Ministre de Grande-Bretagne n’a pas un caractère facile. C’est une dame de fer qui va redresser le pays par des saignées, enseignant le néo libéralisme et la fermeture des secteurs non rentables ! La gronde sociale monte face à celle qui soutient la fermeture des mines de charbon.

Entre Elizabeth et Margaret se noue un respect réciproque mais sans plus ! La Reine, qui ne prend jamais position se contentera de dire : - Le trône m’assied et sur d’autres sujets que la dame de fer je m’étale !

Le 29 juillet 1981, le prince Charles épouse Lady Diana Spencer, une jeune aristocrate de 19 ans qui cochait toutes les cases pour devenir une reine-consort. Retransmis en direct à la télévision, il attire des millions de téléspectateurs au point d’être surnommé « le mariage du siècle ».

Charles et Diana offrent à la reine deux héritiers, William et Harry. Hélas, Charles a continué sa relation avec une certaine Camilla Parker Bowles malgré son mariage. En adulte éreintée (en adultérin t’es !) Diana ne supporte pas cette relation. Elle tombe dans une profonde dépression. Elle commence alors à révéler aux médias le naufrage de son couple ! Elizabeth en voit des vertes et des pas mûres ! Passe au rouge ! Ris jaune ! Enfin, un véritable arc-en-ciel, à l’image de ses tenues de sortie.

1992 est l’Annus horribilis. En mars, le prince Andrew divorce de Sarah Ferguson. En avril, la princesse Anne divorce de Mark Philips. Et en décembre, Charles et Diana finissent par se séparer. La reine voit alors en une seule année, le mariage de ses enfants mis à bas.

Pour comble de malheur, la même année, un incendie détruit le château de Windsor. Celui-là même qui l’avait protégée de la barbarie nazie. Le château doit alors subir d’importants travaux et la population monte au créneau pour que la Reine paye elle-même la réfection ! Dès lors, la souveraine se voit assujettie à un impôt sur le revenu ! Une réalité qui était alors un rêve nu ! Une première dans le royaume !

Diana finit par critiquer ouvertement les capacités de Charles à devenir roi. Pour elle, King Charles reste une race de chien ! C’est de trop pour Elizabeth II qui ordonne au couple de divorcer. En 1996, le gouvernement annonce le divorce du couple héritier. Diana accumule, alors, les couvertures des tabloïds, aux bras d’hommes dont elle est l’amante, avec ou sans thé.  En août 1997, en compagnie de Dodi Al Fayed, elle est victime d’un accident de la route sous le pont de l’Alma à Paris suite à une course-poursuite avec les paparazzis. La princesse rend son dernier souffle quelques heures plus tard.

A ce moment-là, la reine est à Balmoral où l’écho s’est implanté (où l’Ecosse est un plan T ?)  entourée de sa famille. Pour protéger William et Harry, elle ordonne de supprimer toutes les télévisions et les radios de la demeure. Seul le palais de Buckingham ne voit pas son drapeau en berne ! Alors s’emballe morale ! Le peuple britannique s’indigne de ne pas voir d’hommages, dommage ! Pour calmer l’ire populaire, Tony Blair, premier ministre, réussit à convaincre la reine de rentrer à Londres. Trois jours plus tard, elle fait son entrée dans la capitale. Un drapeau est alors mis en berne sur Buckingham et la reine vient rencontrer son peuple apeuré devant les grilles. Elizabeth finit de rasséréner tout son monde par un discours où elle exprime son admiration pour Diana ! Il faut sauver les meubles !

En 2002, Elizabeth fête ses 50 ans de règne. Mais sans jubiler ! Car l’âme est ternie par les morts successives de sa sœur Margaret puis de sa mère Elizabeth Bowes-Lyon. Très attristée, elle sauvegarde malgré toutes les festivités qui ont un grand succès.

Pour être proche du peuple, Elizabeth joue la modernité. Elle utilise les outils modernes ! Elle est le premier chef d’Etat à envoyer un mail ! En 2019, elle arrivera sur Instagram alors que pic épique ses collègues rament !

Pour preuve de cette modernisation, Elizabeth II accepte l’union de son petit-fils William avec Kate Middleton, une roturière. Ce qui était rature, hier,  ne l’est plus ! Et puis, elle a tellement l’éclat, Kate ! On danserait presque avec elle ! Le couple se marie le 29 avril 2011 en l’abbaye de Westminster (encore ! Ça devient une manie !!) lors d’une cérémonie somptueuse retransmise en direct à la télévision.

En 2012, Elizabeth II fête ses 60 ans de règne. Le jubilé, cette fois-ci, est de Diamant, lequel est éternel comme le précise son fidèle agent secret, un certain 007, qui ne dit pas que des conneries !   La ferveur populaire est si grande qu’elle montre de nouveau une immense popularité accordée à la souveraine. Concert géant, cérémonie religieuse et parade navale sur la Tamise rythment le cours du jubilé.

Cette année-là, Londres organise les Jeux olympiques (voir mon billet). Pour la cérémonie d’ouverture, la reine a accepté de jouer son propre rôle dans un court-métrage au côté de Daniel Craig qui joue 007 ! Ce film est devenu culte aujourd’hui.

En mai 2018, son petit-fils Harry épouse Meghan Markle, une Afro-américaine divorcée. Ce qui eût été un scandale au paravent, heu auparavant, est accueilli comme le dernier signe de modernité. Mais à la fin de l’année 2019, le couple décide de quitter le noyau de la famille royale pour fuir aux Etats-Unis, se disant incapable de vivre avec les obligations et la couverture médiatique qui sent suie à force de cheminer ! Cette crise au sein des Windsor est vécue comme un ouragan. Les antimonarchistes, eux, ricanent (Hurricane).

En 2020, le monde est frappé par une crise sanitaire inédite. Le coronavirus né en Chine tue des millions d’individus, obligeant le confinement. En Angleterre le virus assombrit les jours et la vie rose biffe !  Avec leur grand âge, Elizabeth II et Philip sont considérés comme des individus à risque. La Reine lance ce discours :

« J’espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la façon dont [le peuple britannique] a répondu à ce défi. Ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que tous. Que les attributs de l’autodiscipline, de la bonne résolution tranquille et de la camaraderie caractérisent toujours ce pays. »

Ce discours est perçu comme l’un des plus importants de son règne. Jamais un discours de la reine n’avait été aussi repris par les nations européennes. Contrecoup du virus ou pas ? Toujours est-il que le 9 avril 2021, le prince Philip meurt à l'âge de 99 ans. Elizabeth devient veuve ! L’affection de ses chiens corgis et la beauté de ses chevaux sont, alors, de précieux trésors !

Elle a de plus en plus de problèmes de santé. Peut-être la vie devient-elle trop longue ?

Le 30 août 2022, elle apprend la mort d'un autre grand de ce monde : Mickael Gorbatchev, qu'elle avait rencontré jadis ! La roue tourne, le mur de Berlin est tombé, Poutine attaque l'Ukraine ! La roue tourne, inexorablement...

Le jubilé de platine n'aura pas lieu ! Le 8 septembre, la BBC annonce vers 19h40 (heure française) le décès de la reine Elizabeth II, à l'âge de 96 ans. La souveraine a rendu son dernier souffle au château de Balmoral, en Ecosse. Le prince Charles d'Angleterre lui succède sous le nom de Charles III, soit 337 ans après la mort de Charles II.

Ainsi se tourne une page d'histoire du Royaume-Uni, mais aussi de toute la planète. Car, qu'on soit monarchiste ou pas, cet évènement marque la fin d'une époque que je me suis limité à résumer.


vendredi 18 mars 2022

L'UKRAINE AU COEUR DE NOS PENSEES

 


Fabiano : Bonjour Professeur. Nous ne nous étions pas vus depuis juin 2020. A cette époque, nous évoquions l’émergence de la Covid et les problèmes sanitaires.

Prof Hitérole : Exact Fabiano ! Et depuis, que d’eaux vaccinales ont coulé sous les ponts ! Je me suis fait vacciner comme il se doit, ou plutôt comme il se doit d’obéir au laboratoire Pfizzer, avec qui j’avais déjà des relations eu égard à mes achats fréquents de Viagra

Fabiano : Ah, j’ignorais…

Prof Hitérole : Oui, enfin, je ne vais pas m’étaler sur ces petits problèmes de santé ! Je suis vacciné et j’ai mon pass sanitaire qui vit ses derniers instants ! Il devrait être suspendu à compter du 14 mars !

Fabiano : Oui, sauf pour les transports en commun et pas sans avoir créé des petits mouvements populaires, dignes successeurs des mouvances gilets jaunes !

Prof Hitérole : Oui, les gens ne voulant pas être vaccinés n’étaient pas sereins, gais ! Ils ont eu besoin de montrer leur acrimonie ! Enfin, ces petites guerres internes n’ont rien de commun avec la catastrophe qui nous tombe dessus ! C’est bien pour cela que nous nous rencontrons ?

Fabiano : Oui professeur ! J’aimerais discuter avec vous de cette guerre aux portes de l’Europe. Poutine attaque l’Ukraine. Que se passe-t-il dans sa tête ?

Prof Hitérole : Le Tsar, suivant le rêve de la grande Catherine, cherche à constituer une grande Russie qui engloberait l’Ukraine et possèderait toutes les façades maritimes de la mer Noire ! En transposant dans l’ère nouvelle, il veut reconstituer une partie de l’empire soviétique qui s’est écroulé avec la chute du mur de Berlin, en 1989. Ainsi que tu l’avais déjà écrit, Fabiano, dans un de tes articles, il a d’abord aidé les séparatistes du Donbass, pro-russes, à faire sécession. Il a toujours soutenu que l’Ukraine conservait en son sein un fascisme purulent qu’il fallait combattre ! C’est un argument récurrent chez lui ! Quasi obsessionnel !

Fabiano : C’est un argument pur Uhlan, comme le dirait un cavalier sale en Prusse, à la lumière de sa lampe russe.

Prof Hitérole : Joli ! Mais l’heure n’est pas à l’humour ! Poutine attaque l’Ukraine depuis le 24 février et ne cessera le combat que lorsqu’il contrôlera l’intégralité du pays et pas seulement les zones du Donbass et de Donietz, déjà à sa solde. Il entend « dénazifier » et « démilitariser » l’Ukraine afin que « jamais une menace quelconque visant la Russie n'émane de ce territoire » !

Fabiano : En réalité, il ne veut pas d’un voisin turbulent qui voudrait se rapprocher de l’Union Européenne ou adhérer à l’OTAN !

Prof Hitérole : Exact ! C’est sa hantise ! Il nourrit une paranoïa chronique ! Il a peur de voir s’implanter des missiles ukrainiens, made in USA, à sa frontière. Il reste donc droit dans ses bottes, en dépit d’un mécontentement croissant de sa population qui dit non à la guerre !

Fabiano : Et qui manifeste à ses risques et périls. Car les emprisonnements sont légion comme au bon temps du goulag !

Prof Hitérole : Oui, le peuple russe est très courageux de sortir ainsi pour manifester dans les rues ! Mais l’autocrate n’en a cure. Il gère sa répression malgré cette pression et celle de l’extérieur !

Fabiano : Celle de l’extérieur qui n’est pas militaire mais économique ! Les seules sanctions prévues contre le tyran sont d’ordre économique, c’est bien cela ?

Prof Hitérole : Oui, l’OTAN ne veut pas d’escalade ! Les USA rechignent à s’engager depuis pas mal de temps. Assez de voir des cercueils revenir chez l’Oncle Sam. L’Europe n’a pas d’armée et, quand bien même en disposerait-elle, elle ne l’engagerait pas sur ce théâtre guerrier. L’occident utilise donc l’arme économique : on réduit la Russie aux marchés européens des capitaux, on gèle les avoirs de Poutine, ceux qu’il possède en UE, on exclut les banques russes du système Swift qui facile les virements internationaux, on gèle les avoirs des oligarques, on ferme l’espace aérien européen à l’aviation russe…

Fabiano : On ressent les conséquences de ces dispositions ?

Prof Hitérole : Elles sont rapides et pleines de roublardise, si j’ose dire. En effet, le rouble, la monnaie nationale russe est en train de s’effondrer ! L’embargo va acculer la Russie à vivre en autarcie ! Elle pourrait tenir un an comme cela, selon les experts, mais pas plus ! Et un an de privation pour les Russes : pouvoir d’achat égratigné, pénurie et donc davantage de manifestations anti-Poutine !

Fabiano : Mais l’arme économique n’est-elle pas à double tranchant ?

Prof Hitérole : L’économie n’a que des cercles vicieux en temps de guerre, sauf pour les marchands d’arme ! Oui, cette arme est nid, comme dirait Aznavour, nid de boomerangs, de coups qui nous reviennent dans la tronche. Les entreprises qui exportent en Russie vont subir les conséquences : moins de débouchés. Et puis, il y a nos entreprises qui sont implantées en Russie et en Ukraine ! Pour ne citer qu’un exemple, le groupe LVMH, le n° 1 du luxe français, a annoncé fermer ses 124 boutiques en Russie ! Il y a du chômage dans l’air !

Fabiano : Oui, ça sent le gaz ! A propos de gaz, qu’en est-il de celui que l’Union Européenne achète à la Russie ?

Prof Hitérole : On fait comme si l’embargo n’existait pas ! En dépit de la crise actuelle et malgré la multiplication des sanctions occidentales, la Russie continue aujourd'hui d'injecter via des pipelines ce combustible fossile à l'Europe, qui ne se presse pas pour arrêter ces échanges ! En réalité, l’arme du gaz russe est terrible. L’UE est trop dépendante de cette énergie et donc continue à payer la Russie, laquelle récupère de l’argent pour s’acheter des armes !

Fabiano : Et continuer la guerre, à coups de bombardements contre les civils, destructions massives de villes et, conséquemment, exode des populations !

Prof Hitérole : Oui, c’est une des principales conséquences de ce conflit. Fin février, plus de 50.000 Ukrainiens avait fui les bombardements pour se réfugier en Pologne ou en Moldavie. Les secours s’organisent. L’aide internationale fait acheminer des vivres et médicaments. Mais en Russie, aussi, l’exode existe. Journalistes, intellectuels, artistes quittent leur pays pour ne pas être identifiés à un régime criminel sanctionnant toute critique de la guerre.

Fabiano : Quand cela va-t-il finir ?

Prof Hitérole : Nul ne le sait ! Il est possible que les armées russes s’enlisent dans le pays, par manque d’énergie pour les blindés ou parce que les Ukrainiens vont durablement pratiquer une guérilla urbaine dans les ruines des villes que les avions Mig auront bombardées dans le but de terroriser la population. Il est possible que la guerre perdure, voire qu’elle se propage ailleurs, en Pologne, en Moldavie, car Poutine est incontrôlable. Personne ne sait jusqu’où peut aller sa folie liée à une grande paranoïa !

Fabiano : Oui, il voit des nazis partout ! Il a l’impression que tout le monde lui en veut et se pose en victime. Dès lors, il a beau jeu d’utiliser la légitime défense !

Prof Hitérole : C’est exactement cela ! Et il agite la terreur, la menace nucléaire. Il multiplie les exercices d’intimidation, à proximité de la Pologne, notamment.

Fabiano : On ne peut rien faire pour l’annihiler ?

Prof Hitérole : Difficile. La Cour Pénale Internationale a ouvert une enquête sur les crimes de guerre perpétrés en Ukraine. Une lettre morte, car Poutine n’a que faire de ces procédures qui exigeraient qu’il soit arrêté par des membres de son propre gouvernement ! Or Poutine contrôle tout, il musèle la Presse, agite sa propagande sur les chaînes de TV qui lui sont inféodées !

Fabiano : Donc la guerre va continuer avec ces bombardements aveugles, ces victimes civiles, l’exode, et…la crise économique !

Prof Hitérole : Oui, et avec un président Zelenski, ancien clown devenu héros national dans ce pays au drapeau jaune et bleu ! Cette guerre nous montre, encore une fois, la complexité de notre humanité ! Il y a des héros, des salauds, des lâches, des résistants, des gens qui souffrent de pénurie, d’autres qui perdront leur emploi, par répercussion ! Il y a les vendeurs d’armes qui s’enrichissent, les politiciens frileux qui atermoient, et les va-t'en guerre, prêts à en découdre !

Fabiano : Et cette dramatique se déroule en pleine campagne électorale, chez nous !

Prof Hitérole : Oui, et elle l’éclipse ! Je pense que l’abstention sera forte ! Mais le phénomène n’est pas vraiment nouveau !

Fabiano : Ce n’est pas faux ! Bien, attendons la suite des évènements ! En attendant je vais aller aider des voisins qui organisent des collectes de vêtements et médicaments pour nos frères ukrainiens !

Prof Hitérole : Bravo Fabiano ! Je vais faire de même dans deux jours ! Au plaisir de se revoir !

             


mardi 18 janvier 2022

ALMATY SOUS LE METAL MATEE

 


Le Kazakhstan tel un volcan a déclenché son éruption. Dans sa plus grande ville, Almaty (qui n’est pas la capitale, laquelle se nomme Nour-Soultan) des soulèvements se sont multipliés dès le 2 janvier pour contester la hausse des prix de l’énergie.

La colère devient politique, mais au départ elle est toujours d’ordre économique ! En l’occurrence, l’augmentation du prix du gaz naturel liquéfié, carburant le plus utilisé pour les voitures kazakhes, a mis le feu aux poudres !

L’annonce du doublement de son prix a déclenché l’ire. Ce courroux est d’autant plus compréhensible que le sous-sol du pays regorge d’énergies naturelles, plus qu’il n’en faut ! Le pays en dispose tant qu’il en exporte : pétrole, gaz, et même de l’uranium dont se servent nos centrales nucléaires bien françaises !

La brutalité de cette hausse a donc entraîné un séisme révolutionnaire que le pouvoir en place s’est empressé de réprimer ! Officiellement, il y aurait 225 morts. La réalité se cache dans le silence gouvernemental ou aux fonds des geôles où le pouvoir fait pratiquer la torture pour dissuader les pauvres âmes à vouloir continuer la lutte !

Le pouvoir a réagi en utilisant à la fois la carotte et le bâton. D'un côté, il a procédé à un changement de gouvernement et a rétabli le prix d’origine du gaz ! D’un autre côté, il a géré une répression et instauré l’état d’urgence, comme il se doit dans toute bonne dictature qui se respecte !

 

Cette politique coercitive a trouvé son soutien dans l’intervention des forces russes venues à la rescousse pour aider le président Kassym-Jomart-Tokaïev à rester sur son trône. Il faut dire que ce « brave » homme s’est empressé de téléphoner au tsar Poutine dès que les émeutes ont surgi. Les forces russes sont intervenues, puis se sont retirées. La Russie orthodoxe avait intérêt à montrer qu’elle tenait au Kazakhstan (et à ses richesses) ! Ce voisin turbulent en serait davantage son vassal, comme à la bonne époque de l’URSS, plutôt que de vouloir se rapprocher de la Turquie musulmane (la Kazakhstan compte 19 millions d’habitants à majorité musulmane) !

 

Car les calculs géopolitiques continuent à fleurir dans cette région du monde depuis la désintégration de l’Ours soviétique dans les ruines du mur de Berlin.



Almaty se soulève dans les brumes kazakhes

L’hiver se fait volcan dans les rues échaudées

Devant elle un tyran ne tourne pas casaque

Son âme de démon conserve dureté

 

Les prix sont oppressants, qui tissent la disette

La paupérisation et les pleurs des enfants.

Un monde sous-terrain aux colères muettes

S’est soudain redressé, nu, pacifiquement !

 

On réprime, on torture, pour la raison d’Etat

On phagocyte l’âme en blindés de Russie

Pour mieux souffler l’éther d’un semblant d’éclaircie

 

Le carcan se maintient, cadenasse les cœurs

Les richesses minières et les chants du bonheur

Une rancœur abreuve l’horizon des combats...


mardi 14 septembre 2021

DESASTRE HUMANITAIRE ANNONCE

 


Les démons d’Allah sont désormais au pouvoir à Kaboul et dans tout l’Afghanistan. Les Talibans, enturbannés ou pas, mais généralement barbus, ont pris le contrôle du pays sans coup férir. Les troupes locales, mal formées par l’Oncle Sam, qui s’est retiré, ont fui devant l’ennemi à l’image de la déroute de l’armée française face au rouleau compresseur nazi.

Désormais les barbus instaurent leur loi, la charia. Les femmes doivent être voilées, les voleurs auront la main coupée. Il est hors de question d’être poète sauf à louer Allah et son prophète Mahomet pour ce qu’ils représentent en qualité de sauveur de la nation contre les apostats !

Après la panique sur l’aéroport de Kaboul où chacun essayait de prendre le premier avion venu pour sauver sa peau, la communauté internationale doit discuter avec l’ennemi pour éviter une catastrophe humanitaire !

La situation devient critique pour des millions d’Afghans, déjà affectés par une sécheresse aiguë, les conséquences de la pandémie de covid-19 et des décennies de guerre. Selon l’ONU, en l’absence de soutien, la quasi-totalité de la population afghane (97 %) risque de sombrer sous le seuil de pauvreté l’an prochain, contre 72 % aujourd’hui.

Lors d’une réunion ministérielle à Genève, l’ONU a demandé plus de 600 millions de dollars d’aide pour les organisations humanitaires dans ce pays. Paris a annoncé débloquer 100 millions d’euros dans ce cadre, quand Washington contribuera à hauteur de 64 millions d’euros.

Et nous sommes bien sûr très soucieux de faire en sorte que l’aide humanitaire serve de levier pour obtenir un réel engagement des talibans dans tous les autres aspects qui préoccupent la communauté internationale, a lancé Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies.

Il est vrai que l’Afghanistan est en partie à l’arrêt, notamment en raison de l’interruption des flux financiers avec l’étranger qui perfusaient une économie sinistrée par 40 ans de guerres.

La capacité des islamistes à relancer le trafic international à Kaboul sera un test pour leur régime, qui après avoir annoncé son gouvernement (sans aucunes femmes) consolide son emprise sur le pays.

Le monde attend de voir l’évolution de ce pouvoir qui ne peut se permettre de refuser l’aide humanitaire sauf à organiser la famine !

En attendant, beaucoup vivent cachés et reclus. Les femmes surtout. D’autres sortent pour quérir une maigre pitance payable en monnaie dévalorisée. Le ventre est creux, la peur s’installe…



Les barbus, fous d’Allah, ont investi les lieux

La bannière étoilée est sortie de la danse

Presque sans coup férir face aux soldats piteux

Le drapeau taliban impose sa démence.

 

Kaboul tisse une toile de craintes névrotiques

Face aux cris de charia des hyènes assoiffées

Pour éviter le voile, la femme famélique

Se terre entre les murs, le regard effacé.

 

La faim guette les corps, l’espérance quémande

Des mannes de nantis, l’occidentale offrande

Que les fous du Coran aimeront distiller.

 

Les souvenirs s’étalent sur ces années de rêve

Où la féminité jouissait d’une sève

Comme un arbre grandi au ciel des libertés...