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lundi 9 mai 2016

IL A FALLU POUR TANT DE SOUS MARINER !




Le feuilleton que d’autres feuilletaient a pris fin. On a appris, dans la nuit du mardi 26 avril, que le pays des kangourous et koalas allait nous acheter 12 sous-marins conventionnels et qu’on vend sillonnant les routes du marché des armes.

Le montant du contrat porterait sur 34 milliards d’euros et pourrait rendre insubmersible la DCNS, entreprise français productrice de  ces monstres des mers, qui, à défaut d’une telle manne, aurait pris le bouillon ! Les ouvriers, soulagés, voient quitter décès et naissent.

Pour remporter le programme baptisé « SEA 1000 » la méthode assimil n’eût été d’aucun secours. Le constructeur s’est inspiré du sous-marin nucléaire Suffren classe Barracuda, livrable à notre chère marine nationale (pas celle qui se prend pour Jeanne d’Arc !) à partir de 2017. Le barracuda, sans embarras codé et sans barrer cadeaux est exactement ce que voulaient les Australiens qui ont leur petites lubies et entassent manies.

Le cahier décharge (non nucléaire) de l’Amirauté australienne stipulait que le géant des mers puisse parcourir 10.000 miles nautiques (un mile = 1852 m) en immersion. La proposition d’un concurrent allemand, TKMS, étant de moindre autonomie, les autorités la mirent ôtée.

Le Shortfin Barracuda est le plus gros des sous-marins conventionnels européen. Il devient une boîte de conserve pour quelque 60 membres d’équipage, de préférence non claustrophobes, et paradoxalement, interdits d’être saouls, amers. Le monstre de 4700 tonnes, long de 97 mètres, est capable de plonger à plus de 350 mètres quand il se cache à l’eau en criant « où se planque-t-on ? »
Le grand cigare noir est doté d’un système de propulsion à pompes-hélices qui le rend particulièrement silencieux dans ce monde qui l’est déjà.
La DCNS (détenue à 62% par l’Etat et à 35% par Thalès), a prévu dans le contrat un tronçon de 8 mètres de long sur la partie centrale de la coque. Il pourra abriter des technologies futures : nouvelles piles à combustible de deuxième génération, réservoirs de carburant supplémentaires genre oxygène liquide, drones sous-marins…
Un boyau pour loger ce qu’on veut, à la carte, en fonction des besoins qui s’assoient et se faire au séant ! Et en étant sur piles on évitera de faire surface.
Le premier sous-marin Barracuda devrait être mise à l’eau en 2027 suivi de sa mise en service trois ans plus tard.
Petit bémol au contrat : les submersibles seront construits à Adélaïde (Australie Méridionale) avec de l’acier purement australien et il faudra s’y faire si on veut que les monstres se mettent à l’eau ! Les Australiens pourront faire tourner leur aciéries qui, jusqu’alors, vivotaient ayant des commandes vives ôtées dès qu’on déclarait : devis vaut tant ! Quant au nickel, la Nouvelle-Calédonie, voisine, voudrait bien le fourguer, à cette occasion. L’opportunité aura-t-elle l’occasion de sortir la tête de l’eau ?
Il est sûr que toutes les pièces ne pourront être conçues dans l’hémisphère sud. Aussi, la France a des belles cartes à jouer ! Certains économistes supputent une répercussion sur notre économie à hauteur de 8 milliards d’euros. Voilà de quoi maintenir quelque 4 mille emplois pendant 6 ans dans les arsenaux de Cherbourg et chez les sous-traitants de Nantes et Lorient à un moment où, parfois, périt SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production).
Le volet formation n’a pas été exclu !  
Alors, le capitaine de pédalos peut sortir le champagne ! Il vient d’enregistrer la grosse vente du siècle même si le moteur diesel (remplaçant le nucléaire) ce n’est pas au top niveau dans le cadre de la Cop 21.
Il peut glousser de joie même si le transfert de technologie montre, in fine, avoir un impact moindre sur l’emploi ! Son plongeon dans les sondages pourrait quelque peu remonter vers la surface, quittant le bal asthénique pour des ballasts uniques !
Il peut s’esbaudir, en sous mari niais, que la formation sera assurée par les Français même si l’armement et l’alarme seront américains (l'Australie n'a pas fait mystère du fait qu'elle préférait le système américain AN/BYG-1 ainsi que les torpilles australo-américaines Mark-48 comme armes principales).
Il peut dit que c’est dans la poche et qu’il peut redevenir pour son camp gourou. Il peut ressentir un frisson de reconquête d’avant 2017. Ils peuvent faire fi des échos de chute que les sots narrent !

Ah, le beau métier que de vendre des armes. J’en ai l’alarme à l’œil !