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dimanche 18 octobre 2009

MOI LE PETIT PAYSAN, AVEC BRAVITUDE, J'AUDACE HEIN ?



Des syndicalistes agricoles ont manifesté leur désespoir en disposant des ballots de paille sur une grande surface de l’avenue des Champs Elysées ! Ils ont élevé des barrières à l’aide de grillages et brûlé des vieux pneus. Le lieu choisi pour édifier cette barricade : en face du Fouquet’s !! Hé oui, le restaurant de luxe où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire à l’élection présidentielle en compagnie de VIP «bling-bling».

La police n’est pas intervenue. Seuls, les pompiers ont pu éteindre les feux de pneus. La circulation a été détournée, provoquant des embouteillages massifs au centre de Paris.

Ailleurs, en France, des tracteurs ont mené des opérations escargots et bloqué des autoroutes. Des agriculteurs ont aspergé de lisiers des édifices publics (bonjour l'odeur !) quand d'autres ont laissé gambadé vaches et cochons sur les avenues.

Le Monde Rural gronde et n'en peut plus de produire des richesses qui se vendent à un prix inférieur au prix de revient ! Travailler à perte : voilà le dur leitmotiv du paysan qui ne peut plus entendre la petite musique sarkozienne "travailler plus pour gagner plus !!" La faute à qui ? La Mondialisation a sûrement sa part de responsabilité : des pays comme le Brésil ou l'Argentine peuvent exporter des denrées à bas prix car leurs charges sociales sont bien inférieures à celles de la France. Comment lutter contre une telle concurrence déloyale ? Les agriculteurs réclament 1,4 milliard d'euros pour sortir la tête de l'eau ! Après tout, petit Nicolas a bien su aider les banquiers et les producteurs d'automobiles, non ?

En attendant que tout rentre dans l'ordre (utopie ?), la chanson de Jo Dassin aurait eu une toute autre figure si le fils de son père (lui aussi !! Et oui ! Il est le fils de Jules Dassin, le metteur en scène !) avait arpenté la plus belle avenue du Monde en ce 16 octobre 2009.




Je me baladais sur l'avenue,
Quand soudain une odeur connue
De pneus brûlés me dit « bonjour »
Alors j’ai compris !
Oui j’ai compris
Quel émoi
L’incendie
Portait l’effroi
Le désespoir de ces fermiers super endettés !

Aux Champs-Elysées,
Aux Champs-Elysées,
Dans l’automne en furie
Les céréaliers meurtris
Ont changé pneus, paille en fumée aux Champs-Elysées.

L’un m'a dit: "J'ai rendez-vous
Avec mon banquier mais les sous
Me manquent pour rembourser l’emprunt
Je travaille en vain !
Alors je l’ai accompagné
On a brûlé
On a gueulé
Près du Fouquet’s les ballots venaient s'embraser.

Aux Champs-Elysées,
Aux Champs-Elysées,
En cet automne en furie
La ruralité a nui
A la légendaire majesté des Champs-Elysées.

Hier soir mille inconnus,
Mais ce matin sur l'avenue -
Mille cul terreux, tout enhardis
Ont poussé des cris !
Et de l'Étoile à la Concorde,
Des policiers qui s’accordent
A ne pas briser le recours
Des frères du labour.

Aux Champs-Elysées,
Aux Champs-Elysées,
Dans l’automne en furie
La ruralité s’est pris
Une colère carabinée aux Champs-Elysées.

Aux Champs-Elysées,
Aux Champs-Elysées,
Au nez de Sarkozy
Des bouseux, quelle infamie
Ont brûlé pneus, paille et fumier aux Champs-Elysées.