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jeudi 13 juillet 2017

LOUCHE, LE CAS LAMBERT...




Jean-Michel Lambert aurait tellement voulu que l’affaire ne refît pas surface, qu’elle allât, à son tour, se noyer dans la Vologne pour y demeurer à tout jamais.
Mais voilà, plus de trente ans après les faits, le fantôme du petit Gregory a refait surface, replongeant les différents acteurs de ce triste mélodrame dans le trouble le plus anxiogène qui soit.
Lambert fut le premier juge dans l’affaire Grégory. Il avait 32 ans lorsque, le 16 octobre 1984, le cadavre du petit Grégory Villemin, quatre ans, est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges).
Seul juge d’instruction à Epinal (Vosges), sans le but de se forger une image (d’Epinal comme il se doit) mais pour simplement faire le job (comme disent les British) il assuma ses fonctions. L’envie de se saisir de l’affaire et de bien la mener monte à Lambert (Lamennais-Montalembert ? Ça sent le catholicisme libéral ?)
Dès les premiers jours de l’enquête, quelque peu sublimé par les caméras, Lambert se sent rugir de convictions, son état d’esprit, un peu tigre, égo, rit ! Rit de ce qu’en penseront les gens ! ll agit comme un magistrat notable et sonne le glas de Bernard Laroche qu’il croit coupable. Lambert, huile, sonne !
La culpabilité ne repose pourtant que sur les accusations de la jeune Murielle Bolle, 15 ans ! Des affirmations sibyllines mais qui lui plaisent : c’est l’apparat Bolle !
Puis Murielle se rétracte, elle serait tract à tous slogans, même les plus fallacieux. A 15 ans, on ne mesure pas le mal qu’on peut faire. Murielle marche seule, le long de la Vologne, des remords plein la tête ; de honte se languit Bolle (seule, en guiboles). Alors Lambert libère Laroche, trois mois après l’avoir mis en détention. Pour tant d’amateurisme ses détracteurs le qualifient de « petit ». C’est le petit juge qui engage une affaire sans professionnalisme.
« Là Petit vient emmanchant » raille un avocat boulimique vivant avec une anorexique pour un problème d’équilibre alimentaire.
Un autre opposant le considère trop mou et susceptible d’être trompé par de faux témoignages. Ce à quoi rétorque un de ses supporters : Jamais Lambert n’est lent berné !
Mais, le 29 mars 1985, alors que Laroche, aux faits des délices du yaourt retrouvé (son dessert favori),  pense reprendre le fil de sa vie,  le destin va frapper ! Il se fait tuer par Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, persuadé de la culpabilité de Laroche. Quand gens marient viles mains (la droite comme la gauche) pour manipuler l’arme le drame est conséquent !
Voilà Mr Villemin incarcéré, à son tour. Mais le 5 juillet 1985, Christine Villemin se voit inculpée en tant que corbeau (on devrait dire Corneille car c’est une femme mais ça fait un peu trop littérature à Cid !).  Un corbeau, en la circonstance, n’est pas un oiseau noir qui tient dans son bec un fromage en regardant couler la fontaine. Ici le corbeau est un homme ou une femme qui déguise sa voix pour la rendre masculine et qui profère des menaces de mort, par téléphone puis par écrit quand la facture téléphonique commence à coûter plus que le lot de 10 timbres postaux.
Puis Christine Villemin est innocentée (à ne pas confondre avec Line aux cent thés, une herboriste patentée qu’a connu un arrière grand-oncle que je n’ai jamais rencontré !). En revanche, Jean-Marie sera condamné à 5 ans d’emprisonnement dont un avec sursis, pour le meurtre de Laroche : tard paie hyène mais finit par payer pour son forfait.
Le 16 décembre 1993, Jean-Marie Villemin est condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche. Il sera libéré quelques jours après, ayant purgé l'essentiel de sa peine en détention préventive, de mars 1985 à décembre 1987. Mais là encore, la justice joue les fofolles et  au procès de Jean-Marie Villemin devant les assises de Dijon, la moutarde monte au nez de l’avocat général qui tacle Jean-Michel Lambert en le qualifiant de « mémorable funambule de la pensée », dont il espérait qu’il avait « conscience des catastrophes dont il avait été indirectement la cause » !
Pour tant de dysfonctionnement, l’Etat est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Gregory ! Ça creuse la dette, comme dirait une Sarthois qu’on n’entend plus tellement tant sa peine est l’opérante (entends sa Pénélope errante !).
En 2008 l’enquête est rouverte pour une nouvelle recherche d'ADN.
Le 24 avril 2013, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les résultats non concluants des dernières analyses ADN et annonce que le dossier n'est pas clos, mais que scientifiquement, "l'espoir" de trouver le coupable "s'éloigne".  
Enfin, le 14 juin 2017, l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, ainsi qu'une belle-soeur, sont interpellés dans les Vosges, et la grand-mère de Grégory, Monique Villemin, est également entendue, mais en audition libre en raison de son état de santé. L’affaire est relancée.
Pour Lambert c’est le cauchemar. Il ne s’est jamais pardonné la mort de Laroche. Il avait à peine cicatrisé quelques plaies pour retrouver la paix et penser l’épeler : P A I X…Hélas, ça fait « paix haïe, X… X, la plainte contre, le retour de jargon juridique, le retour de la Presse, les interviews…
Trop lourd pour lui.
Lambert juge qu’il ne pourra supporter tout cela. Dans la résignation du suicide le juge est parti.
Le corps du magistrat est retrouvé chez lui, dans son bureau, avec un sac plastique noué sur la tête à l’aide d’un foulard, selon une source proche du dossier.
La recherche éperdue de la vérité se montre parfois bien assassine.

Le petit juge s’en est allé, emportant peut-être dans sa tombe une part de vérité…

mercredi 12 juillet 2017

MOSSOUL LIBEREE





Neuf mois de combats pour libérer Mossoul et donner le goût de la victoire aux Irakiens, si longtemps sous le joug de l’État Islamique (Daech). Neuf mois de combats pour redonner à Mossoul, deuxième ville d’Irak, le goût de vivre, de respirer loin de la poudre et des menaces d’attentats ou d’explosion de kamikazes.

Les familles sortent des ruines, fantômes poussiéreux, les yeux hagards, le visage creusé par la faim et la peur, encore incrédules devant cette liberté qui paraît fragile.
Neufs mois de terreur, de vie sous terre ou, pour certains, le risque de l’exode sous des feux sporadiques, à la merci de la moindre mine, de la moindre déflagration déclenchée par les fous djihadistes.

Est-ce pour autant la fin de L’État Islamique ? Oui, selon certains spécialistes. Car le rêve d’un grand Califat situé entre la Syrie et l’Irak finira par tomber au fur et à mesure que tomberont Raqqa (fief de Daech assiégé par des forces soutenues par les USA), Tal Afar, Hawija ou encore la région d’Al-Qaïm.

Est-ce la fin du terrorisme ? Non hélas. Une guerre asymétrique va perdurer. Les soldats de Daech n’opéreront plus sur leur terrain de prédilection mais continueront à semer la mort en Europe, aux USA, en tout lieu où les valeurs démocratiques les irritent !

La libération de Mossoul, ville martyr, ne pourrait bien ne servir qu’à attiser le feu terroriste sur d’autres théâtres, là où fleurissent les promesses de liberté éternelle, là où l’humanité cherche à perpétuer l’héritage des lumières.

La haine des djihadistes, on le sait depuis quelques années, n’a pas de frontières...

Mossoul panse les plaies d’une guerre d’usure
Long sera le chemin des guérisons pérennes
Des lacis de gravats signent en chemin de peine
La mémoire dévastée et l’éclat des brisures.

Les fantômes errants de leur pas douloureux
Marchent en trébuchant sur cette paix fragile
Des menaces ombragées en ardeur nécrophile
Habitent dans les cœurs sous des plis nauséeux

Danse la femme kurde aux bras de son fusil
Étreint comme un héros dans les rues laminées
Chante la combattante sous le treillis fané
Quand dans ses yeux de braise naît la flamme de vie.     

La ville en un fruit mûr de torrides combats
Tombe enfin sur l’humus de la libération
Parsemé ça et là d’hostiles plantations
Hérissées et fatales pour le moindre faux pas.

Mossoul est libérée mais le sang de l’Irak
Coulera longuement sous la ronde des lunes
L’ennemi loin des murs couvrira d’infortune
D’autres coins du désert ; symphonie démoniaque…

Et quand viendra l’aurore sur les bords de l’Euphrate
Quand le soleil jouera de ses splendeurs d’éveil
Les fleurs du califat dans leur profond sommeil
S’enivreront de sève aux aigreurs scélérates

Pour essaimer au loin, en nos contrées dociles
Le pollen assassin, insondable tuerie
Sermons d’apocalypse, meurtrières scories
D’une guerre étrangère aux audaces mobiles.
 

samedi 8 juillet 2017

AH ZUT ! CA C'EST POUR PHILIPPE !



Discours de Macron devant le Congrès réuni (enfin presque !) le 3 juillet 2017


En l’espace de vingt-quatre heures, les deux poids-lourds de l’exécutif à la française se seront lancés dans le difficile exercice du discours.

Lundi, devant le Congrès réuni à Versailles, Jupiter-Macron, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés et compte tenu de la modification de la Constitution, a parlé de la France, de la Liberté (le mot 20 fois prononcé). Le lendemain, son premier Ministre, Edouard Philippe, eut droit à un public plus restreint (les sénateurs n’étaient plus là) pour le traditionnel discours de politique générale soumis au vote des députés !

Il ne s’agissait pas d’ânonner deux fois le même discours ! Je sais bien que le ridicule n’a jamais tué mais quand même ! Alors chacun a gardé son petit pré carré : au chef de l’Etat les grandes réformes politiques (réduction du tiers du nombre des parlementaires, dose de proportionnelle pour les législatives, non cumul des mandats, suppression de la cour de Justice de la République) et au chef du gouvernement la liste des réformettes économiques (hausse de la CSG, paquet de cigarettes à 10€, modification de l’ISF pour 2019, etc…)

Les deux hommes ont dû se concerter pour éviter ce genre de scénario :

Macron (à Versailles) : Mesdames et Messieurs, nous voici à Versailles le temple de Jupiter que j’incarne désormais. Je vais vous parler de la France, comment je la vois, comment je la sens !

D’abord, j’en appelle aux médias : un peu de retenue ! Le prix des journaux ne devrait pas augmenter de plus de 5% sur 5 ans…Heu, non, je veux dire, un peu de retenue dans l’éthique ! Pas de lynchage organisé ! Il faut veiller à la présomption d’innocence ! Si vous croyez que ça me fait plaisir de dézinguer des ministres à peine nommés, pour calmer le peuple que la presse excite ! Par exemple, Mr Ferrand ! Et bien il est ici, simple député, alors qu’il était ministre ! Et encore il a de la chance d’avoir été élu et qu’il y ait beaucoup de places chez les députés : 577 ! C’est trop ! Je vais vous réduire tout cela ! Je vais raboter mais pas avec un mi rabot, avec un tiers, oui d’un tiers le nombre des Parlementaires ! Ce sera le tiers payant ! Ils vont payer pour tant d’années d’incurie, à être payés à ne rien foutre ! Heu...non…, ah zut,  ça c’est pour Philippe !

Je veux dire que je veux un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c'est un Parlement où le travail devient plus fluide, où les parlementaires peuvent s'entourer de collaborateurs mieux formés et donc mieux payés et qui pourront bénéficier de soins gratuits, notamment pour la lunetterie car, je sais, je le mesure, on se fatigue les yeux à lire des textes de lois ! Donc pour les lunettes ainsi que pour les soins dentaires la gratuité va s’imposer et…heu….non, ah, zut ça c’est pour Philippe !

En parlant de dents, la France pourra aider mon dentier, heu, le monde entier un peu plus qu’elle ne le fait actuellement. En effet, nous ne pouvons pas continuer d'affirmer notre attachement aux principes de l'asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain ! Je prévoirai donc des logements dignes et les migrants seront comme les autres à bénéficier d’une baisse de la taxe d’habitation de 5,6589 %, enfin, pas tout de suite et, zut, ça c’est pour Philippe !

Ils logeront donc dignement mais ne pourront pas encore voter pour les législatives, sympathiques élections de 384,66 députés (2/3 x 577) car, quand même, ce sont des étrangers, donc des gens qui ne sont rien, enfin, heu.., je veux dire, des personnes qui doivent encore devenir Français pour pouvoir voter à cette élection pour laquelle j’injecterai une dose de proportionnelle ! C’est une réforme qui sera particulièrement fumante mais attention le paquet de cigarettes passera à 10€, contre 7€ actuellement et.. .ah, zut, ça c’est pour Philippe !

Cela dit, étranger ou pas, l’habitant de ce pays  aura  droit à Pétition ! Il en va de la représentativité de notre démocratie ! Il faut que la représentativité  ne vive pas seulement une fois tous les cinq ans mais au quotidien ! En plus, on peut lancer des pétitions par internet alors qu’il faut se déplacer pour aller voter ! Et parfois en utilisant la voiture ! Vous savez comme ça pollue ! J’en parlais encore hier avec Nicolas Hulot entre deux parties de baby-foot ! Il m’a proposé de ne plus faire de cadeaux aux diesels : même prix du litre à la pompe ! Oui le prix du litre de gasoil va…ah, zut, ça c’est pour Philippe !

Ah, ça me pompe ce discours, j’en perds les sens comme peuvent le perdre aussi certains ministres ! Ces derniers doivent devenir comptables des actes accomplis dans leurs fonctions ordinaires et c'est pour cette raison que je souhaite la suppression de la Cour de Justice de la République qui est aujourd'hui seule habilitée à juger l'action d'un ministre ! Nos concitoyens ne comprennent plus ; ils disent : « nous sommes jugés normalement mais les Ministres, hélas, pas » ! Et l’ASPA, à ce propos, et sans jeux de mots, sera revalorisé à la demande de ma femme ! Oui l’Allocation de solidarité aux personnes âgées sera dotée de quelques euros supplémentaires en lien avec le coût de la baguette aux sésames dont le prix a flambé en…mais, ah, zut, ça c’est pour Philippe !


Bien, heu, voilà, j’en termine en précisant que je ferai tout pour les pauvres, les gens qui ne sont rien, heu…je veux dire qui n’ont rien ! Mais protéger les faibles ne veut pas dire les assister ! Nous devons les aider à peser positivement sur leur destin, afin, qu’un jour, ils soient riches et qu’ils puissent se vanter de payer l’ISF, cet impôt sur la fortune, sésame de la réussite sociale et qu’on est fier d’honorer même s’il est appelé à être réformé ! En effet, je vais recentrer cet impôt sur les biens immobiliers car je pense que …ah, mais zut, ça c’est pour Philippe !


Discours de Politique Générale d'Edouard Philippe le 4 juillet 2017

lundi 3 juillet 2017

HAMON CRÉE SON CONCERTO (Ah, mon cresson qu'on sert tôt !)



Quand il est venu à mon micro,  Benoît Hamon était détendu. Mais je pense que ça bouillait intérieurement. Après tant de défaites ! Le petit caporal déchu a tenté de m’expliquer pourquoi  il créait son nouveau mouvement : le mouvement du 1° juillet !  Un mouvement lent, adagio ! Une nouvelle petite musique ...
 
Fabiano : Parlons d’abord de votre score à la Présidentielle : 6 % ! Ça signifie quoi ?

Hamon : C’est un massacre à la tronçonneuse : scie pour sang ! On m’a littéralement écharpé ! Tout ça parce que je parlais de revenus unis vers celle…vers celle qu’on appelle Marianne, notre chère République qui a bien du mal à nous trouver du travail vu qu’il se raréfie eu égard à la robotisation. Oui, je voulais que nous revenions, tous solidaires, vers Marianne généreuse, donnant du blé à ceux qui n’ont plus de pain sur la planche, donnant de l’oseille à qui n’a plus de bouleau !

Fabiano : Oui, on a dit que vous étiez le doux rêveur, un peu trop utopiste

Hamon : C’est vrai, je me voyais déjà en haut de l’affiche. Mais un jour viendra je leur prouverai que j’ai du talent ! En fait, j’ai raison avant les autres ! Mon revenu d’heures en placement pour transformer le temps libre en pécule et toutes  mes idées sur la transition écologique vont, tôt ou tard, remuer la gauche ! Déjà, je sens, elles gagnent… est-ce Hamon sel ?

Fabiano : Ah, ah (rires) le sel de la Terre. Mais pour l’instant les sels minent héros ! On vous sent miné, non ?

Hamon : Non, déterminé ! Je me lance dans une nouvelle bataille avec trois grands chapitres de réflexion : le changement de notre modèle de développement qui ne peut plus être indexé que sur l’unique croissance du PIB ; les mutations du travail, oui,  et la question démocratique qui nous interroge sur le pouvoir réel des citoyens à peser sur les choix les concernant ! Car, pour l’instant, ce sont plutôt des cons cernés par le Macronisme aigu !

Fabiano : Vous ne semblez pas aimer Macron !

Hamon : Ben, disons que…non ! Il nous prépare une loi travail qui va ressembler à une casse sociale ! Il se fait pigiste d’ordonnances mais piges à casse !  Il va nous détricoter le code du travail car il le juge trop frein à l’emploi ! Il veut faire vivre les gros poissons ! Il est profondément libéral, darwiniste ! Et Darwin aide à ruine ! Les petits acquis sociaux, ces petits plus, il va les raboter, il va le rab ôter !
Fabiano : Et vous, vous radotez ! Macron c’est vraiment le diable ?
Hamon : Je n’ai pas dit cela mais oui, en laissant ses talents faire s’étale enfer ! Une politique d’enfer a comme mots Dante, heu, accommodante pour le patronat et pour ceux qui rêvaient, cons, ces métaphores, heu, qui rêvaient qu’on sème état fort ! Macron est un libéral-autoritaire, mais il le montre en souriant ! Son maître es communication a dû lui dire : pour les prendre comme des rats dans la souricière il faudrait que vous sourissiez ! Oui, sa physionomie semble accorte, mais c’est l’accorte aux coûts : ça va casquer ! On sent déjà qu’il concentre tous les pouvoirs et joue le petit Napoléon !
Fabiano : Il n’est quand même pas aussi autoritaire que Valls ?
Hamon : Je ne sais pas ! Je ne suis pas là pour parler de Valls que son show peint en chat loupé ! Il n’a pas trouvé  les bonnes griffes pour se battre et reconstruire le PS. Il a perdu, en fait, l’idée !
Fabiano : Et vous, vous avez la bonne arme ?
Hamon : Oui, une arme qui ne craint pas l’eau : quelle étanche arme ! Je veux dire qu’elle est en charme car naît un 1° juillet, c’est féérique !
Fabiano : Je ne vois pas en quoi le 1° juillet, heu, c’est..
Hamon (il me coupe !) : Enfin, le 1° juillet : c’est la Saint Thierry ; tout à fées, tout à fées ! Et mon Mouvement du 1° juillet va s’inscrire sous de bons auspices, de bonnes ! Je vais repolitiser la gauche, je vais conscientiser les esprits. Je vais créer un site internet qui sera construit autour de 5 pôles…
Fabiano (je le coupe à mon tour, non mais !) : Cinq pôles happent autres, hôtes et sales, honnis,…siens !
Hamon : Je n’ai rien compris ! Je vous prierai de ne pas me couper. J’en étais où ?
Fabiano : A vos 5 pôles !
Hamon : Oui, il y aura l’écologie, le travail, la finance, la démocratie, et guerre et paix car en ce moment je lis Tolstoï. Ça m’inspire !
Fabiano : En parlant de guerre, heu, vous ne l’avez pas déclarée au PS ?
Hamon : Non, je ne suis pas belliqueux. Hamon hait Mars et réciproquement je pense que Mars hait l’Hamon. Non, franchement,  je ne vais pas jouer l’âpre au fond dément, là, profondément ! Je sors du PS mais PS : je suis toujours socialiste et j’aime les socialistes même si la rose s’est fanée, siphonnée par Macron, sous faux nés hollandais…
Fabiano : Et donc le Mouvement du 1° juillet s’inscrit dans la lignée socialiste ?
Hamon : Oui, un nouveau Monde socialiste naît sur les ruines de Solférino !  Il vaut mieux faire cela en Juillet car après le moi doute ! Je construis un vaste mouvement de restructuration et, par la suite, je mettrai en œuvre des états généraux, généreux, générant de la synergie pour fabriquer une maison commune en vue des élections municipales de 2020.

Fabiano : Merci Benoît ! Je te souhaite bien du courage !

samedi 1 juillet 2017

SIMONE VEIL, LA COMBATTANTE




Simone Veil vient de nous quitter, ce 30 juin 2017,  et un hommage national est déjà prévu, aux Invalides, pour mercredi 5 juillet.
Simone Veil est, d’abord, la femme qui permit l’interruption volontaire de grossesse (IVG) à une époque où beaucoup de femmes se faisaient avorter clandestinement avec des risques sanitaires énormes. L’avortement était alors condamné.
La loi qui porte son nom entre en vigueur le 17 janvier 1975 tandis que Valéry Giscard d’Estaing préside le pays assisté de son 1° ministre corrézien Jacques Chirac (qui claquera bientôt la porte !)
Devant le Parlement composé d’hommes Simone défend sa loi. Elle n’ignore pas que l’avortement c’est la mort d’un enfant à venir, mais elle défend d’abord le droit des femmes, celles qui ont été victimes d’un viol, celles qui ne savaient pas pour la contraception parce que pas encore bien enseignée, pas suffisamment vulgarisée…
Devant les députés elle se bat. On lui lance à la figure l’argument d’euthanasie légale. Ça la renvoie terriblement à son passé douloureux.
Car Simon Veil, née Jacob, a connu la déportation et s’est retrouvée au camp d’Auschwitz-Birkenau avec sa famille, en avril 1944. Elle a connu l’enfer. Ses deux sœurs, Madeleine et Denise, et elle-même ont été les seules survivantes !
Une blessure indélébile et sa marque sous la forme d’un matricule 78651 qui la suivront toute sa vie.
Après la Libé­ra­tion, elle reprend de brillantes études et décroche une Licence de droit. Puis elle intègre l'Insti­tut d'Etudes Poli­tiques de Paris. Elle entame alors une carrière dans la magis­tra­ture atta­chée à la direc­tion de l'admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire du minis­tère de la Justice. En 1970, elle devient secré­taire géné­ral du Conseil Supé­rieur de la magis­tra­ture.
Et puis Giscard d’Estaing est élu à la Présidence de la République ! Ministre de la Santé, elle obtiendra donc le vote d’une loi sur l’IVG,  qui ne fait toujours pas l’unanimité.
En juin 1979, elle est élue député au Parle­ment euro­péen et quitte le gouver­ne­ment. Elle devient la première femme à accé­der à la prési­dence du Parle­ment euro­péen (1979–1982). Mais, à l’époque, le Parlement n’est que représentatif, il n’a aucun pouvoir. Il faudra attendre le traité de Maastricht (1993) pour voir le Parlement se doter du droit de bloquer un texte, sous conditions !
En 1993, elle quitte l’Europe et rejoint à nouveau le gouver­ne­ment. Le 30 mars 1993, elle est nommée Ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville dans le gouver­ne­ment d'Edouard Balla­dur. En mai 1995, après l'élec­tion de Jacques Chirac à la prési­dence de la Répu­blique, elle quitte le gouver­ne­ment. 
Simone Veil rentre alors au Conseil Cons­ti­tu­tion­nel (1998–2007). Paral­lè­le­ment, elle pour­suit son devoir de mémoire et préside la Fonda­tion pour la mémoire de la Shoah (2000–2007). L’académie française lui ouvre les portes. Elle fera graver sur son épée le fameux matricule.
Elle décède à l’âge de 89 ans, laissant planer sur tout le pays un sentiment d’émotion forte tandis que quelques  esprits chagrins continuent à éructer sur sa dépouille encore fumante des anathèmes d’un autre temps.
Le droit à l’avortement n’a rien d’acquis. Beaucoup de pays voudraient le voir supprimer. L’esprit rétrograde souffle, l’ultra catholicisme attise des braises, en Pologne, au Portugal, en Espagne, aux USA...
Simone Veil est morte en nous laissant les perpétuelles questions sur la vie et la mort ! Son combat doit continuer : droit à la liberté, droit à décider de son corps, droit de considérer l’avortement comme l’unique solution dans les cas les plus désespérés sans imaginer qu’il puisse se qualifier « de confort ».
Et surtout : droit à vivre en paix dans une Europe réconciliée.
Une telle perspective se nourrit aussi d’un devoir de mémoire : ne pas oublier le passé, le silence des morts du génocide, pour construire le futur.

C’est cela aussi le message que nous devons hériter de Madame Veil.

Tu portes cette étoile jaune
Qui te conduit jusqu’à l’enfer
Les fétus de peur tourbillonnent
Autour des fours à ciel ouvert

Et sur ton bras le tatouage
Indélébiles cruautés
La mort des tiens en héritage
Les cendres vives en tes pensées

Par-dessus tout la vie reprend
Sur le brûlis de ta jeunesse
Dans le printemps des étudiants
D’un après-guerre plein de promesses

Magistrature et politique
De jolies portes t’ouvriront
Au sommet de la République
Tombent en chœur les échelons.

Le Corrézien met sa confiance
Dans tes énergies de combat
Tu affronteras la défiance
Les quolibets et les crachats

Pour avoir porté l’IVG
Sur les travées du Parlement
Au nom des femmes abandonnées
On t’agonit de jugements

Comment leur dire qu’avortement
Souvent pour femme n’est que souffrance
Le dramatique arrachement
Sous clandestinité d’errance ?

Comment leur dire qu’euthanasie
En leur bouche m’est insupportable ?
Mon corps souffrit des feux nazis
Ma mémoire vit d’abominable !

L’horizon ouvert à l’Europe
Tu présides son Parlement
Loin de ceux qui te crient « Salope »
Mais sans pouvoir assurément…

Le beau bateau navigue à vide
Le grand pouvoir est pour demain
Maastricht viendra, plus tard, en guide
Tu auras quitté les marins

Tu reviendras sous Balladur
Te pencher sur notre santé
Juste un passage, une aventure
Dans le pli de ta destinée.

Le Conseil Constitutionnel
Consacrera ton ascension
D’une montagne au cœur rebelle
A l’oubli ou aux révisions.

Pour la mémoire de la Shoah
Pour ne pas oublier les morts
Tous ces fantômes, tous ces convois
Leurs souvenirs qui te dévorent

Le sang séché des condamnés
Les cendres noires sous la Coupole
Ce nombre inscrit sur ton épée
En crépuscule de nécropole

Repose en paix, dame Simone
Loin de ceux qui t’abhorrent encore
Dans l’anathème monotone
Qui envenime leur décor

Repose en paix, dans ce silence
Au bout d’un long combat de femme
Essaimé de persévérance
Qu’attisent les brûlures de l’âme…