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dimanche 13 mai 2018

DIVERTISSEMENT XXVI


Cette 26ème planche s'invite sur le tapis rouge du festival de Cannes 2018. Ressurgi de nulle part, Molinaro y fait une descente de marches en évoquant Maureen O'Hara pêchant dans la vallée (qu'elle était verte !) un poisson magique.

Ce délire allitératif est aussi l'occasion d'évoquer la chanson française, une fois de plus ridiculisée au concours de l'eurovision, par la présence de la douce Mylène Farmer dont la rousseur renvoie celle du mulot en ligue 2 !

Un petit clin d'oeil, pour terminer, sur Nuro, petit véhicule sans conducteur et destiné à transporter des courses, plats à cuisiner voire des moules géantes tant prisées par Norah Jones !

Conçu par deux anciens ingénieurs de Google, Nuro est prêt à supprimer le métier de livreur à domicile !


vendredi 11 mai 2018

TRUMP DELIRANT OU COMMENT AIDER L'IRAN !






Le grand Satan iranien n’a jamais vraiment quitté les marais obsessionnels des conservateurs américains. Des enfants de l’Oncle Sam ressassent encore la chute du Shah, le protégé de la bannière étoilée, par le régime des ayatollahs (1979). Une certaine Amérique rumine toujours sa vengeance contre ceux qui, en 1983, ont supprimé 241 marines lors d’un attentat à Beyrouth.

Alors, quand, unilatéralement, Trump décide de déchirer l’accord sur le nucléaire iranien, il ne fait que respecter une promesse de campagne, chère à son électorat conservateur et fait bondir de joie son nouveau conseiller à la sécurité, un certain John Bolton, âme grise prônant la mort du « régime des mollahs » depuis le 11 septembre.

Le lobby juif applaudit discrètement mais l’écho de la victoire vibre jusqu’en Israël, où Netanyahu se félicite d’une décision qui porte le discrédit sur le régime de Téhéran, soupçonné de ne pas respecter un accord et de faire tourner des centrifugeuses clandestinement tout en maintenant un programme de missiles balistiques (non pris en compte par l’accord).

Cette réjouissance des faucons hébraïques se marie, étonnamment, avec celle des ennemis arabes : les Saoudiens ! L’Arabie Saoudite, gardienne du temple islamique et profondément sunnite, n’a jamais caché son aversion pour l’Iran chiite et sa volonté d’hégémonisme au Proche-Orient. Le prince héritier, Mohamed Ben Salmane ne peut que se féliciter de voir son allié américain tailler des croupières dans le régime de Téhéran !

Mais de quel régime parle-t-on ? Persépolis ne peut plus prétendre s’épanouir de noblesse par les velléités sirupeuses et démocratiques d’un Rohani, jugé modéré par les démocraties occidentales. Le Président iranien, signataire des accords sur le nucléaire, s’est toujours vu reprocher une décision, dictée sous l’impulsion d’Obama, par les gardiens de la révolution. Ces derniers, groupés autour de l’ayatollah Ali Khamenei, se féliciteraient presque de voir l’accord mourir de sa belle mort. Ils ont toujours estimé Hassan Rohani comme une colombe trop modérée, volant de ses ailes molles vers un compromis dicté par le grand noir, prix Nobel de la Paix !

Les conséquences ne sont pas moindres pour les autres pays signataires de l’accord. Elles se vêtent d’oripeaux économiques : le risque de ne plus pouvoir commerce avec l’Iran ! En dénonçant l’accord, Trump a choisi une version radicale : interdire de nouveau à toute société traitant avec Téhéran de faire des affaires avec les USA. Aussi, Airbus n’est plus aussi certain de pouvoir vendre 100 Airbus (19 milliards de dollars) à l’Iran et Total peut légitimement se poser des questions sur la faisabilité d’exploiter un champ gazier South Pars 11 !

Elles se drapent aussi dans des tissus d’hypothèses géostratégiques. Pour ne citer que deux préoccupations :

- L’accord dénoncé, on peut supposer que Téhéran va relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les activent diligemment au sein d’un bunker dissimulé dans les profondeurs de la terre. La menace atomique pourrait ressurgir, faisant trembler Israël et redistribuant les rapports de force au Proche-Orient !

- La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait sauter sur cette opportunité et sur le retrait unilatéral américain pour attaquer le nord d'Israël, aidé en cela par le Hezbollah, bras armé de l’Iran chiite !

On pourrait caresser l’espoir que Donald Trump se ravise, qu’il admette avoir sous estimé les conséquences de son choix !

Mais le comportement de l’ogre de la Maison Blanche n’est pas pour nous rassurer. L’homme reste droit dans ses bottes et s’imagine déjà traiter avec Rohani comme il va bientôt le faire avec Kim Jong Un, le Coréen : frapper fort, verbalement, pour intimider l’adversaire et finir par l’emmener à fumer le calumet de la paix !

Mais la situation est différente. La Corée du Nord, hermétique, a développé un programme nucléaire sans l’avis de quiconque ! Le dictateur de Pyongyang n’a pas eu à signer d’accord avec l’Occident mettant sous surveillance ses ambitions militaires !

Le régime des Ayatollah, lui, se voit traiter de menteur ou, pour le moins, de procureur de doutes dans l’esprit ombrageux de Mr Trump. Le patron des USA jette ainsi l’opprobre sur la confiance que portait son prédécesseur aux bonnes volontés de Téhéran en matière d’abandon de l’arme atomique.

Le coup de tonnerre de Mr Trump s’est déjà accompagné de frictions entre Israël et l’Iran. Tel-Aviv a pris prétexte de tirs sur le Golan, par les soldats de Téhéran,  pour mener une vaste opération contre les forces iraniennes en Syrie.

L’escalade est toujours possible même si Rohani, la colombe iranienne sous surveillance des Mollahs, vient de confirmer à son homologue français, notre Jupiter national, qu’il « ferait tout pour rester dans l’accord ». 

Mais cet accord pourra-t-il survivre sans les USA ? Comment les Européens pourront-ils continuer à aider économiquement l’Iran si ce dernier, sincèrement, s’engage à ôter durablement le spectre de l’arme atomique ?



L’ombrageux patenté dans sa veste martiale
Sous bannière étoilée a suivi le dédale
Qui le mena tout droit au sommet de l’errance
Sur le toit des Nations pris dans ses manigances.

A prêter à la Perse les dons de fourberie
A replacer la herse au pied du pont levis
Le petit Président qui se prend pour le roi
Vient de plonger la Terre dans le feu de l’émoi

Dénoncer un accord fait danser les démons
Des confiances blessées, des sombres vexations
A jeter le soupçon sur les fragiles voies
D’écoute à petits bons on nourrit mille effrois !

Téhéran n’y verra qu’une insulte suprême
Attisée par le vent de Sion. L’anathème
Insufflera l’envie de raviver le feu
D’auréoler la bombe en fatras  religieux.

Blessée dans son honneur une Perse chiite
Bombera sa fierté en traits de dynamite
Le brasier vit, latent, sous les choix compulsifs
D’un ténébreux géant au dépit maladif.

Pour des voix resurgies de profondes rancœurs
Pour bercer d’illusions le candide électeur
Le mal intronisé joue l’apprenti sorcier
Dans les cases inconnues du trop grand échiquier.

Les vautours iraniens lorgnent Jérusalem
En rapaces guerriers qu’une haine suprême
Aiguillonnent le soir, où se meurt la colombe.
Rohani, modéré, pleure déjà en sa tombe.

Le pari d’Obama gît comme un parchemin
Sur le bord poussiéreux d’un sinistre chemin
Que martèlent en chœur de cinglants bruits de bottes.
Le chaudron se noircit et la soupe mijote.

Un pavé dans l’étang et les ondes grimacent
Déformant le miroir où quelque état de grâce
Se rêvait, narcissique, en belle incarnation
D’une trêve alanguie au concert des Nations.

Un accord piétiné comme un carré d’orties
Sous les doigts du piteux frappé d’impérities
L’équilibre ténu d’une paix funambule
Tremblote dans le vent où les peurs se cumulent…
 


mercredi 9 mai 2018

LA VOIX DE MAURANE REJOINT LES ANGES

Maurane, chanteuse à la voix si expressive, belle âme lyrique, vient de s'éteindre, à l'âge de 57 ans. 
C'est une bien triste nouvelle !




Claudine Luypaerts, née à Ixelles (Belgique) le 12 novembre 1960, n’aurait pas pu envisager une carrière dans la chanson avec un nom pareil ! Alors elle décida de s’appeler Maurane comme un clin d’œil à Francis Morane, le metteur en scène de Starmania, la comédie musicale de Michel Berger, œuvre dans laquelle elle se révéla !

La jeune belge modifia l’orthographe et changea l’O en AU (tandis que Jésus changeait l’eau en vin) pour éviter l’amalgame avec un certain Bob, un aventurier égaré dans une vallée infernale et à la recherche d’une ombre jaune !

Car Maurane ne recherche aucune ombre. Elle est en quête de lumière musicale. Sa voix puissance et généreuse, enluminée de blues, va l’aider à se faire repérer. 

Aidée par un contexte familial favorable (mère pianiste et père directeur de l’académie de musique de Verviers), la jeune femme se lance dans des concours de chants. A 19 ans, elle fait partie du spectable « Brel à mille temps » mais Pierre Barouh, compositeur, n’a pas mis le temps pour l’apercevoir ! L’homme de chabadabada, et patron du label Saravah, lui fait signer ses premiers contrats.

Mais, comme dirait l’autre, les minables cachets ne lui permettent pas de se voir en haut de la fiche, en dix fois plus grand que n’importe qui. Alors Maurane joue la Piaf, chante dans les rues, les cafés-théâtres. Elle se rode devant un public parfois ingrat.

L’artiste sort vraiment de l’anonymat en 1986 avec son premier single, Danser. Son timbre exceptionnel devient son meilleur atout pour lui ouvrir les portes. Elle intègre la troupe de Starmania. Elle reprend le rôle de Marie-Jeanne, jadis tenu par Fabienne Thibaut.   

Son deuxième album, intitulé Maurane, sort en 1989. Le succès se confirme alors, avec des titres comme  Où es-tu ? Toutes les mama. L’artiste commence vraiment à se faire apprécier pour ses interprétations naviguant entre Blues et Jazz qui ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Nougaro, pour lequel son admiration est sans borne.

En 1991 sort l’album Ami ou ennemi ? qui confirme le succès déjà obtenu ! Il s’écoule à près de 450.000 exemplaires grâce à des titres comme Mentir et surtout la ballade Sur un prélude de Bach signée Jean-Claude Vannier et qui aura un impact retentissant sur sa carrière. Cette chanson est une pure merveille de poésie, d’amour pour Jean-Sébastien et son génial interprète, Glenn Gould.

Elle signe d’autres albums, remplit la scène de l’Olympia et reçoit le Prix de la meilleure interprète francophone aux Victoires de la musique, en 1994.

Généreuse et belle dans le dévouement, elle s’investit dans les actions caritatives, se mobilise contre le Sida (Sol en Si), contre la misère qui touche les déshérités (concert des Enfoirés).

En 2000, elle sort un album plus grave, inspiré de la disparition de son père, intitulé Toi du monde, et dans lequel elle signe l’un de ses plus beaux titres, L’Homme qui m’a le plus manqué

Puis, fortement liée d’amitié avec Lara Fabian, elle chante avec elle, Tu es mon autre, en 2003. Elle sort un album collectif avec des amis, Quand l’humain danse, et s’embarque pour une tournée triomphale de la France à la Belgique. 

Malheureusement la chanteuse connaît des problèmes de santé. Elle doit subir une opération destinée à sauver ses sublimes cordes vocales qu’un œdème vient infecter. L’intervention et la convalescence la tiendront éloigner de la scène jusqu’en 2018.

Alors, pleine de projets, elle prépare un album hommage à Brel, le grand Jacques, aussi cher en son cœur que le Toulousain en mal de ne pas être Armstrong.

Hélas, sans crier gare, la camarde l’arrache à la vie ! Ce cœur qui avait si longtemps nourri la profondeur de son chant, ce cœur si généreux entremêlé aux clartés de l’âme, ce cœur lâcha !

Maurane s’en est allée rejoindre Jacques, Claude pour combler la monotonie du ciel de son insondable lyrisme, au fil de cette voix tellement puissante et douce à la fois, comme les caresses d’une âme sur des silences de lumière que viennent transcender les vibrations d’une immense profondeur d’authenticité.




Les premières mesures du prélude de Bach
Et la voix de Maurane qui remplit mon silence
L’émotion dans le cœur en grise nitescence
Frissonnements de l’âme dans les vents élégiaques

Au plus profond du temps, tirée d’un doux secret
L’émouvante rivière de ses notes sauvages
Suit le cours d’un ruisseau préservé des ombrages
Et qu’ondule le vent de soupirs passionnés

Magie des vibrations dans l’écrin des prières
Comme le vol éphémère des longues libellules
Au-dessus de l’étang qu’étreint le crépuscule

Blanches méditations qu’une gorge sublime
Troublante mélopée de généreux  abîmes
Où nichent les oiseaux inondés de lumière...