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mardi 30 août 2016

LES FARC QUI SE DISENT : QUITTONS LA GUERRE, DÉCOLLONS BIEN !

Des combattants des FARC. Quel avenir après le cessez-le-feu historique ?


Les hostilités ont officiellement rendu les armes la nuit dernière. La Colombie peut tourner une nouvelle page de son histoire : un conflit qui remonte aux années 60 vient de mourir. Les Farc (Forces armées révolutionnaires des Colombie) par la voix de leur chef, Rodrigo Londono, ont ordonné à leurs combattants de cesser le feu.

C'est la fin de 52 ans de conflit quand les guérilleros ont pris les armes pour défendre les paysans avant de s'allier aux narcotrafiquants beaucoup plus lucratifs.

La guérilla qui s’est aussi spécialisée dans les prises d’otages (n’est-ce pas Ingrid Betancourt ?) compte encore 20.000 hommes et contrôle de larges territoires.

La guérilla compterait encore 10 000 combattants et contrôlerait des régions entières.

Alors, que vont devenir ces hommes désormais démobilisés ? Comment le gouvernement colombien gérera-t-il leur réinsertion dans la vie civile ?

L’accord prévoit, dans un premier temps, la création de 23 zones de sécurité et de 8 camps, lieux d’accueil pour guérilleros sans objectifs et sous le contrôle de l’ONU. L’armement récupéré sera détruit.

Dans un second temps, il est prévu un programme d’aide à la santé et à l’éducation pour aider les anciens combattants à monter des projets économiques.

Sur le papier tout semble beau. Mais certains récalcitrants pourraient ne pas rendre les armes et rejoindre d’autres mouvements révolutionnaires, comme celui de l’Armée de Libération Nationale (Ejército de Liberación Nacional, ELN).

Car les rixes politiques demeurent une calamité en Colombie. Le pays reste empêtré dans les inégalités sociales qu’une réforme agraire tarde à dissiper. 

Aussi, les raisons d’en vouloir au gouvernement en place demeurent vives.
Réhabiliter les guérilleros ne sera pas une sinécure dans les régions où ils auront marqué de leur sauvagerie la mémoire collective. En Colombie, comme ailleurs, la vengeance et la loi du Talion s’enracinent aisément dans le terreau social.

Par ailleurs, nombre d’anciens rebelles pourraient avoir un mal intense à se débarrasser de leurs habitudes de narcotrafiquants. La culture de la coca a augmenté de 40% entre 2014 et 2015 et, en 2013, le pays accusait un taux de chômage de 9,7 % ! L’ancien combattant qui ne trouve pas de travail stable pourrait bien revenir à ses premières amours.


Aussi, pour toutes ses raisons, le chemin vers la paix pourrait se faire colombe-hyène !



La guerre vient de mourir et son enterrement
Fait tonner les clochers des hameaux colombiens
Autour de son cercueil des ombres d’armement
Tremblent sous le soleil et les chants éoliens.

Cinquante ans de combat dedans la sépulture
Sur le bois funéraire on a jeté l’œillet
Le rameau d’olivier, les années de blessures
En implorant le Ciel qu’il s’inonde de Paix

Mais dans l’air étouffant une brise furtive
Emporte dans ses fils quelques rouges pétales
Un pavot tournoyant, danses figuratives
Fantôme indélébile aux hardiesses vénales.

La guerre vient de mourir mais au cœur des obsèques
Les mouchoirs lacrymaux ont des tâches de sang
Plus tenaces qu’amour dans la voix de l’évêque
Plus vivaces qu’un jour de grands recueillements.

On rebouche le trou dans l’éclat des prières
L’inhumain inhumé repose désormais
Révélant dans sa mort l’indicible bannière
Du futur incertain dans ce rêve germé.

Guérie des guérillas Bogota s’interroge
Sur le chemin promis aux armes déposées
La mémoire vengeresse en diabolique horloge
Pourrait battre le temps d’échos désenchantés.