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jeudi 13 juillet 2017

LOUCHE, LE CAS LAMBERT...




Jean-Michel Lambert aurait tellement voulu que l’affaire ne refît pas surface, qu’elle allât, à son tour, se noyer dans la Vologne pour y demeurer à tout jamais.
Mais voilà, plus de trente ans après les faits, le fantôme du petit Gregory a refait surface, replongeant les différents acteurs de ce triste mélodrame dans le trouble le plus anxiogène qui soit.
Lambert fut le premier juge dans l’affaire Grégory. Il avait 32 ans lorsque, le 16 octobre 1984, le cadavre du petit Grégory Villemin, quatre ans, est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges).
Seul juge d’instruction à Epinal (Vosges), sans le but de se forger une image (d’Epinal comme il se doit) mais pour simplement faire le job (comme disent les British) il assuma ses fonctions. L’envie de se saisir de l’affaire et de bien la mener monte à Lambert (Lamennais-Montalembert ? Ça sent le catholicisme libéral ?)
Dès les premiers jours de l’enquête, quelque peu sublimé par les caméras, Lambert se sent rugir de convictions, son état d’esprit, un peu tigre, égo, rit ! Rit de ce qu’en penseront les gens ! ll agit comme un magistrat notable et sonne le glas de Bernard Laroche qu’il croit coupable. Lambert, huile, sonne !
La culpabilité ne repose pourtant que sur les accusations de la jeune Murielle Bolle, 15 ans ! Des affirmations sibyllines mais qui lui plaisent : c’est l’apparat Bolle !
Puis Murielle se rétracte, elle serait tract à tous slogans, même les plus fallacieux. A 15 ans, on ne mesure pas le mal qu’on peut faire. Murielle marche seule, le long de la Vologne, des remords plein la tête ; de honte se languit Bolle (seule, en guiboles). Alors Lambert libère Laroche, trois mois après l’avoir mis en détention. Pour tant d’amateurisme ses détracteurs le qualifient de « petit ». C’est le petit juge qui engage une affaire sans professionnalisme.
« Là Petit vient emmanchant » raille un avocat boulimique vivant avec une anorexique pour un problème d’équilibre alimentaire.
Un autre opposant le considère trop mou et susceptible d’être trompé par de faux témoignages. Ce à quoi rétorque un de ses supporters : Jamais Lambert n’est lent berné !
Mais, le 29 mars 1985, alors que Laroche, aux faits des délices du yaourt retrouvé (son dessert favori),  pense reprendre le fil de sa vie,  le destin va frapper ! Il se fait tuer par Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, persuadé de la culpabilité de Laroche. Quand gens marient viles mains (la droite comme la gauche) pour manipuler l’arme le drame est conséquent !
Voilà Mr Villemin incarcéré, à son tour. Mais le 5 juillet 1985, Christine Villemin se voit inculpée en tant que corbeau (on devrait dire Corneille car c’est une femme mais ça fait un peu trop littérature à Cid !).  Un corbeau, en la circonstance, n’est pas un oiseau noir qui tient dans son bec un fromage en regardant couler la fontaine. Ici le corbeau est un homme ou une femme qui déguise sa voix pour la rendre masculine et qui profère des menaces de mort, par téléphone puis par écrit quand la facture téléphonique commence à coûter plus que le lot de 10 timbres postaux.
Puis Christine Villemin est innocentée (à ne pas confondre avec Line aux cent thés, une herboriste patentée qu’a connu un arrière grand-oncle que je n’ai jamais rencontré !). En revanche, Jean-Marie sera condamné à 5 ans d’emprisonnement dont un avec sursis, pour le meurtre de Laroche : tard paie hyène mais finit par payer pour son forfait.
Le 16 décembre 1993, Jean-Marie Villemin est condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche. Il sera libéré quelques jours après, ayant purgé l'essentiel de sa peine en détention préventive, de mars 1985 à décembre 1987. Mais là encore, la justice joue les fofolles et  au procès de Jean-Marie Villemin devant les assises de Dijon, la moutarde monte au nez de l’avocat général qui tacle Jean-Michel Lambert en le qualifiant de « mémorable funambule de la pensée », dont il espérait qu’il avait « conscience des catastrophes dont il avait été indirectement la cause » !
Pour tant de dysfonctionnement, l’Etat est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Gregory ! Ça creuse la dette, comme dirait une Sarthois qu’on n’entend plus tellement tant sa peine est l’opérante (entends sa Pénélope errante !).
En 2008 l’enquête est rouverte pour une nouvelle recherche d'ADN.
Le 24 avril 2013, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les résultats non concluants des dernières analyses ADN et annonce que le dossier n'est pas clos, mais que scientifiquement, "l'espoir" de trouver le coupable "s'éloigne".  
Enfin, le 14 juin 2017, l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, ainsi qu'une belle-soeur, sont interpellés dans les Vosges, et la grand-mère de Grégory, Monique Villemin, est également entendue, mais en audition libre en raison de son état de santé. L’affaire est relancée.
Pour Lambert c’est le cauchemar. Il ne s’est jamais pardonné la mort de Laroche. Il avait à peine cicatrisé quelques plaies pour retrouver la paix et penser l’épeler : P A I X…Hélas, ça fait « paix haïe, X… X, la plainte contre, le retour de jargon juridique, le retour de la Presse, les interviews…
Trop lourd pour lui.
Lambert juge qu’il ne pourra supporter tout cela. Dans la résignation du suicide le juge est parti.
Le corps du magistrat est retrouvé chez lui, dans son bureau, avec un sac plastique noué sur la tête à l’aide d’un foulard, selon une source proche du dossier.
La recherche éperdue de la vérité se montre parfois bien assassine.

Le petit juge s’en est allé, emportant peut-être dans sa tombe une part de vérité…

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