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dimanche 19 juin 2016

HOMMAGE A JO COX



Jo Cox, députée pro-UE au Royaume-Uni, mère de famille et délicieuse personne aux dires de ses proches, vient de mourir sous les coups sauvages d’un détraqué.

Jo, paye de son sang, le prix d’un référendum que d’aucuns, sur l’île de Sa Majesté Elizabeth II, jugent déjà comme dangereux car il va provoquer un antagonisme profond au sein du microcosme politique et diviser durablement la société civile.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de savoir si le Royaume-Uni va rester dans l’Union Européenne. Le premier ministre britannique, David Cameron, a lancé le référendum sur le Brexit (sortie de l’UE) comme une vieille promesse de campagne.

L’homme est plutôt pro-européen et vient d’obtenir, lors d’un sommet européen des 18 et 19 février, des satisfactions notables :

·        Sur l'immigration, une clause de sauvegarde de sept ans a été accordée au Royaume-Uni sur certaines aides sociales pour les nouveaux migrants. Cette clause permet de limiter les versements selon une échelle graduelle. Londres pourra ainsi indexer les allocations familiales au niveau de vie du pays où vivent les enfants.

·        Sur la souveraineté, le Royaume-Uni a obtenu la mise en place d'un "carton rouge", soit la possibilité de s'exonérer  d'un traité si une alliance de 55 % des votes alloués aux parlements nationaux est réunie.

·        Sur la gouvernance économique, David Cameron, qui craignait que Londres ne fût  pénalisée par son refus d'adopter l'euro, affirme avoir obtenu des garanties pour protéger la City contre toute discrimination. Il indique que l'UE a reconnu "pour la première fois" qu'elle avait plusieurs monnaies.

·        Sur la compétitivité, Cameron a obtenu un accord pour "améliorer la compétitivité" et prendre "des mesures concrètes" pour avancer.

Mais, poussé par l’extrême droite et ne voulant pas se dérober à sa promesse de campagne, Cameron a finalement cédé aux sirènes de la consultation populaire. Le référendum aura bien lieu. Logiquement il doit se dérouler ce 23 juin 2016.

Mais, lors de tout débat politique décisif, chaque camp a tendance à stigmatiser l’autre. La diabolisation s’enracine.

Les Britanniques favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'UE  sont considérés comme les serfs d'une bureaucratie technocratique irresponsable, comme des parjures au royaume, comme des tristes sires ne pouvant bâtir leurs arguties que sur le réflexe de la peur !

Les partisans du maintien dans l'UE taxent leurs détracteurs d’obscurantistes, de réactionnaires incultes, d’anglicans bornés, paralysés par la peur de l’Europe dans un contexte international qui exige, tout au contraire, de faire confiance à l’unité des pays.

C’est dans un tel contexte de déchirement que Jo Cox vient de succomber, au milieu des mille mots de haine et d’ostracisme qu’on se lance, à la légère, entre les deux camps.

« Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni », a lancé Thomas Mair, 52 ans,  le meurtrier présumé de la députée lorsqu’il a été  invité à décliner son identité lors de sa première comparution devant le tribunal de Westminster.

L’homme souffre de déséquilibres mentaux et, apparemment, aurait fait allégeance à un parti néo-nazi. Mais le passage à l’acte s’inscrit surtout dans un climat de détestation où les arguties délétères déchirent le tissu social du royaume.


Jo Cox, petite flamme d’humanité, le cœur ouvert aux migrants et aux plus démunis, vient de mourir pour ce qu’elle représentait : la confiance en l’avenir de l’Europe, la foi dans la construction d’un bel ensemble de peuples dans lequel une île, aussi souveraine soit-elle, serait capable d’apporter son écot.




Jo n’ira plus dans sa péniche au bord de la Tamise
On l’a tuée pour ses idées, feux de fraternité
Son sang versé au cœur des mots qui se déshumanisent
Son âme emportée loin des flots de l’agressivité

Son pauvre corps martyrisé en drapeau symbolique
Réunifie pour quelques jours le royaume éclaté
Trop de passions exacerbées en haine diabolique
Sortir ou pas ? Une question aux éclats meurtriers.

Thomas de son esprit simplet a dirigé les armes
Avait-il au fond de son âme la noirceur terroriste ?
On hésite encore à le dire du plus profond des larmes
Le ciel aimerait tant revoir sa couleur pacifiste.

Jo n’ira plus chanter au monde les couleurs de la vie
Le grand blanc d’une paix syrienne, le vert de l’espérance
Pleurent les âmes embrumées de Londres abasourdie
Dans le parfum des roses en deuil, sous le poids des souffrances.


samedi 21 mai 2016

BAUPIN ET LE HARCELEMENT



L’affaire Denis Baupin suit son cours sous un plafond qui s’ouvre, libérant la parole de femmes trop longtemps rompues au silence de la honte.

Le vice-président écologiste de l’Assemblée Nationale a été contraint de démissionné à la demande pressante de son supérieur, le Président Bartolone. L’homme n’a pas vraiment bonne presse depuis que huit femmes ont témoigné sur France Inter et Médiapart de ses faits et gestes à l’encontre de leur intégrité physique et morale : harcèlement et même agression sexuelle.

Depuis, bien d’autres langues se délient pour révéler au grand jour les mauvaises manières et les déviances de l’homme politique.

Au lendemain des accusations incriminant Denis Baupin, un collectif de 500 militants et d’élus de toutes convictions politiques a publié un appel dans le journal Libération pour que l’impunité cesse contre les auteurs de harcèlement sexuel.

Dix-sept anciennes ministres, de leur côté, ont dit « stop » dans une tribune publiée dimanche 15 mai 2016. L’appel a notamment été signé par Roselyne Bachelot, Elisabeth Guigou, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarne, Valérie Pécresse ou encore Rama Yade.

Une initiative qui ne semble pas ravir Christine Boutin. La présidente d’honneur du Parti Chrétien-Démocrate (et ancienne ministre)  s’est radicalement désolidarisée de ses consœurs, déclarant même en avoir « marre, vraiment marre » de ces femmes politiques !

Le porte flambeau de la résistance chrétienne au mariage pour tous en veut à ces anciennes ministres qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés. Elle refuse le puritanisme, empêtrée dans un amalgame qui lui fait confondre gauloiserie et harcèlement.

Dans ce genre de combat il vaut mieux se taire que d’émettre des sornettes. Mme Boutin évoque une gauloiserie qui ferait partie de l’identité française. Mais jusqu’où va cette gauloiserie ? Et peut-on se satisfaire durablement de voir, au sein de l’hémicycle national, voler des sifflements d’oiseaux, des petites remarques sexistes dès qu’une femme prend la parole ?

La gauloiserie est le terreau du harcèlement, il en crée les conditions. Elle établit un état latent de domination de l’homme sur la femme devenue objet de dérision, et d’allusions grivoises.

Les hommes ne sont pas tous des obsédés mais une certaine légèreté, durablement enracinée dans nos modes sociaux, s’attelle à tendre des perches pour passer du mauvais côté : petites phrases déplacées, mains sur la fesse, harcèlement téléphonique.


Alors il est bon que les langues se délient pour condamner des attitudes d’un autre âge. A défaut, les femmes victimes continueront à subir en se culpabilisant d’être trop séductrices, en s’enfermant dans l’omerta, dans la honte inexprimable…


Femme enfermée dans le silence
Au fil des gestes déplacés
Phagocytée par la souffrance
De ne pouvoir se libérer

Femme emmurée dans l’Omerta
Pour ne pas son mari troubler
Qui mène seule un long combat
Contre les démons obsédés

Femme souillée trop hésitante
A requérir les justiciers
Dans la projection effrayante
D’un tribunal médiatisé

Femme agressée qui s’accommode
Pour ne pas briser sa famille
Mais dont l’énergie se corrode
Sous un drap d’honneur en guenilles

Femme humiliée par les sarcasmes
Au nom de la domination
De ce machisme qui fantasme
Donnant de soi bonne opinion

Femme angoissée par l’avenir
Qui s’ouvrirait à ses poursuites
Une carrière à en mourir
Par compétences éconduites

Femme brisée sous l’impudeur
Salie jusqu’au fond de son âme
Qui désespère de voir l’honneur
Rendu un jour,  tant vainc l’infâme.

Femme abattue, jetant les armes
Au cœur du silence assourdi
Et qui choisit, au bout des larmes
L’irréversible tragédie.


samedi 14 mai 2016

DE SÉDUIRE KAHN EUT L'ART (qui n'en est pas un)



Vendredi 7 mai, bien après Tea-time, le candidat du Labour Parti étant, à la bourre, parti serrer des mains sans ressentir de poids niais, apprit, sans surprise, qu’il s’était imposé devant son rival Goldsmith (forgeron d’or) qui utilise trop de conservateurs pour prétexter porter l’habit haut, logique !

Oui, Sadiq Khan, venait de gagner avec 57% des voix, le fauteuil de la Mairie de Londres, et j’entends big ben qui sonne. C’est la folie à London.

Pourquoi tant d’effervescence ? Tout simplement parce que Mr Kahn devient le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale ! Alors, certains applaudissent et d’autres s’interrogent.

Evidemment, pour les islamophobes empâtés et pas très ravis au lit neuf que prend la Tamise, Kahn est l'honni ! Mais, l’homme, fils d’un chauffeur de bus pakistanais veut immédiatement rassurer :

Je promets d’être un maire pour tous les Londoniens, pour toutes les Londoniennes (on dirait du Chirac). Je veillerai à m’assurer que vous ayez les opportunités que cette ville incroyable m’a données.

Il doit rasséréner certains riverains qui cancanent quand Kahn allègue ne pas appartenir à la mouvance radicale.

Il seront prêts à lui tirer moult flèches des meurtrières dès qu'il verront la barbe à Kahn !

Pour ses électeurs le problème ne se pose pas : il serait trompeur de réduire le nouveau maire de Londres à sa seule religion musulmane ! C’est d’abord un travailliste que lisse l’âme d’un bon pas qui s’tend ! Alors pas d’amalgame, lance un dentiste du bridge (tower) qui a voté pour Kahn à l’historique…de ses antécédents l’aidant.

Pour un journaliste britannique : «c’est surtout la victoire d’un homme politique de gauche, dont le père roulait à gauche en bon chauffeur de bus et qui a transmis le goût de la boxe au fils !"

Un homme politique qui fera une politique de gauche en bousculant ! Et d’entendre déjà de la part de ses partisans :

As hurricane, hurry Kahn !

(Comme un ouragan, bouscule Kahn !)

Il devra s’atteler à la crise du logement car le prix de l’immobilier flambe. Kahn adhère à une politique de lutte contre cet incendie. Il mise sur ce combat mais on lui susurre déjà : il faut pousser au-delà ta mise !

Oui, on lui spécifie qu’il devra aussi gérer la rénovation des transports en commun (les trans-maures en copains disent les vilains). Il pense d’ailleurs geler durant quatre ans les tarifs de ces derniers ! Ce ne sera pas du gâteau mais, décidé, Kahn l’est.

L’homme voudrait aussi se lancer dans des travaux financé par l’emprunt. Mais il est coupé en deux entre rigueur budgétaire et amélioration de vie des moins aisés : on verra comme agira Sadiq au taux mis !

En France les réactions sont contrastées.

Jack Lang lit Kahn, de manière très religieuse, le programme du Pakistanais va dans le bon sens, bien à gauche.

En revanche, Ménard, maire de Béziers, fait des cauchemars dantesques. Il imagine la ville de Londres aux mains des barbus et Piccadilly Circus envahi de boutiques de kebab !

A tant faire que de juger les maires sur leur religion, je dirais qu’il aurait mieux fallu voir l’abbé Kahn, si vous m’autorisez !

Kahn, lui, n’en a que faire de cet olibrius obnubilé par les crottes de chiens qui polluent sa ville et dont il veut ficher les ADN. Sadiq se moque de Ménard qu’il ne connaît pas.

L’homme savoure sa victoire en attendant l’épreuve des faits.

Longtemps serein au cours de sa compagne, Kahn a ri…lors de son élection.

lundi 9 mai 2016

IL A FALLU POUR TANT DE SOUS MARINER !




Le feuilleton que d’autres feuilletaient a pris fin. On a appris, dans la nuit du mardi 26 avril, que le pays des kangourous et koalas allait nous acheter 12 sous-marins conventionnels et qu’on vend sillonnant les routes du marché des armes.

Le montant du contrat porterait sur 34 milliards d’euros et pourrait rendre insubmersible la DCNS, entreprise français productrice de  ces monstres des mers, qui, à défaut d’une telle manne, aurait pris le bouillon ! Les ouvriers, soulagés, voient quitter décès et naissent.

Pour remporter le programme baptisé « SEA 1000 » la méthode assimil n’eût été d’aucun secours. Le constructeur s’est inspiré du sous-marin nucléaire Suffren classe Barracuda, livrable à notre chère marine nationale (pas celle qui se prend pour Jeanne d’Arc !) à partir de 2017. Le barracuda, sans embarras codé et sans barrer cadeaux est exactement ce que voulaient les Australiens qui ont leur petites lubies et entassent manies.

Le cahier décharge (non nucléaire) de l’Amirauté australienne stipulait que le géant des mers puisse parcourir 10.000 miles nautiques (un mile = 1852 m) en immersion. La proposition d’un concurrent allemand, TKMS, étant de moindre autonomie, les autorités la mirent ôtée.

Le Shortfin Barracuda est le plus gros des sous-marins conventionnels européen. Il devient une boîte de conserve pour quelque 60 membres d’équipage, de préférence non claustrophobes, et paradoxalement, interdits d’être saouls, amers. Le monstre de 4700 tonnes, long de 97 mètres, est capable de plonger à plus de 350 mètres quand il se cache à l’eau en criant « où se planque-t-on ? »
Le grand cigare noir est doté d’un système de propulsion à pompes-hélices qui le rend particulièrement silencieux dans ce monde qui l’est déjà.
La DCNS (détenue à 62% par l’Etat et à 35% par Thalès), a prévu dans le contrat un tronçon de 8 mètres de long sur la partie centrale de la coque. Il pourra abriter des technologies futures : nouvelles piles à combustible de deuxième génération, réservoirs de carburant supplémentaires genre oxygène liquide, drones sous-marins…
Un boyau pour loger ce qu’on veut, à la carte, en fonction des besoins qui s’assoient et se faire au séant ! Et en étant sur piles on évitera de faire surface.
Le premier sous-marin Barracuda devrait être mise à l’eau en 2027 suivi de sa mise en service trois ans plus tard.
Petit bémol au contrat : les submersibles seront construits à Adélaïde (Australie Méridionale) avec de l’acier purement australien et il faudra s’y faire si on veut que les monstres se mettent à l’eau ! Les Australiens pourront faire tourner leur aciéries qui, jusqu’alors, vivotaient ayant des commandes vives ôtées dès qu’on déclarait : devis vaut tant ! Quant au nickel, la Nouvelle-Calédonie, voisine, voudrait bien le fourguer, à cette occasion. L’opportunité aura-t-elle l’occasion de sortir la tête de l’eau ?
Il est sûr que toutes les pièces ne pourront être conçues dans l’hémisphère sud. Aussi, la France a des belles cartes à jouer ! Certains économistes supputent une répercussion sur notre économie à hauteur de 8 milliards d’euros. Voilà de quoi maintenir quelque 4 mille emplois pendant 6 ans dans les arsenaux de Cherbourg et chez les sous-traitants de Nantes et Lorient à un moment où, parfois, périt SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production).
Le volet formation n’a pas été exclu !  
Alors, le capitaine de pédalos peut sortir le champagne ! Il vient d’enregistrer la grosse vente du siècle même si le moteur diesel (remplaçant le nucléaire) ce n’est pas au top niveau dans le cadre de la Cop 21.
Il peut glousser de joie même si le transfert de technologie montre, in fine, avoir un impact moindre sur l’emploi ! Son plongeon dans les sondages pourrait quelque peu remonter vers la surface, quittant le bal asthénique pour des ballasts uniques !
Il peut s’esbaudir, en sous mari niais, que la formation sera assurée par les Français même si l’armement et l’alarme seront américains (l'Australie n'a pas fait mystère du fait qu'elle préférait le système américain AN/BYG-1 ainsi que les torpilles australo-américaines Mark-48 comme armes principales).
Il peut dit que c’est dans la poche et qu’il peut redevenir pour son camp gourou. Il peut ressentir un frisson de reconquête d’avant 2017. Ils peuvent faire fi des échos de chute que les sots narrent !

Ah, le beau métier que de vendre des armes. J’en ai l’alarme à l’œil !

mardi 26 avril 2016

GOD SAVE THE PRINCE




Evidemment il n’aura échappé à personne que Prince a quitté ce monde, laissant une myriade de fans inconsolables.

Prince manquant d’air est devenu Pince juste bonne à serrer celles des autres, ceux qu’il rejoint là-haut, au paradis des génies de la musique.

C’est à l’âge de 13 ans que ce petit bonhomme pas plus haut que 3 pommes (1m57) s’épanouit à la musique comme une bouffée de résilience devant le désastre de deux parents qui divorcent.

Il crée un premier groupe nommé Champagne avec des amis, pour une musique qui pétille, éveillant leur émoi (et veillant le Rémois ?).

Rogers Nelson, le futur « Prince » n’a rien avoir avec l’amiral de Trafalgar et n’aime guère prendre l’amer. Sa musique est bouillonnante de vie qu’il puise dans les racines paternelles (son père est pianiste de jazz), dans la voix de sa mère et dans les sons inégalables d’un Jimi Hendrix.

Sa musique n’a rien d’éther Nelson et déjà le talent éternel sonne, au rythme et sonorités de multiples instruments qu’il apprivoise au fur et à mesure comme le dirait, avec Foly, Dédé Manoukian.

A 20 ans, il produit son premier album « for you » très rythmique et empli de sainte éthique comme me l’a dit un ami pope. Le second suivra en 1979. C’est l’album « Prince » qui s’inspire davantage de pop and rock.

En 1980 apparaît « Dirty Mind » c’est-à-dire un esprit mal tourné tant le funk minimaliste nappé de pop et new wave s’accompagne de paroles pornographiques à faire pâlir tous les marquis de Sade voire à faire rougir les putains de la rade !

Prince prend l'habitude de se produire en imperméable et bas résilles, un mélange de Columbo et de Lily Marleen quelque peu dérangeant pour les adeptes de Chantal Goya ou de Mireille Matthieu.

En 1981, avec le 4ème opus « Controversy », il persiste et signe en évoquant  l’onanisme sans en référer aux rythmiques de branle de Poitou. Il se produira, parfois, devant un petit parterre de fans. Ainsi, il s’exécutera dans un restaurant indien : face à lui, des sikhs trémoussant en masse turbans.

Ses ventes décollent grâce à Little Red Corvette, extrait de l'album 1999, sorti en 1982. A l’écoute de Corvette des corps se dévêtent, c’est la transe !
En 1984, Purple Rain (pluie violette), enregistré avec le groupe The Revolution, lui apporte une renommée internationale. Une pluie de violettes qui ne va pas lui coûter bonbon (style « to loose ») eu égard au retour sur investissement. Le film lui rapporte 71 millions de dollars.


Un beau pactole qui lui permet de créer son propre complexe d’enregistrement « Paisley Park » dans un lieu sûr qu’il débarrassa de minets à peau lisse ; oui, ces minets ôta pour éviter de les entendre miauler dans les bois (et non pas Biolay dans l’émoi). Il fait également désenvoûter ce lieu où, selon les dires de certains bovins, paissent les Parques.

De son fief, Prince qui ne sent pas que, déjà, s’use rein, qu’il va sale, s’enhardit à contrôler ses productions. Il s’autoproclame le grand rival de Michael Jackson de but en blanc !

En 1992, à la suite d’un nouveau conflit avec sa maison de disques (qui est souvent verte et braie), il change de nom et devient « Love Symbol » car il ne peut se sentir humble héros.

Les opus suivants, en poussins poussifs, poussent en impasses aux panses épaisses à l’exception de la bande originale de Batman pour laquelle mon ami chauve sourit encore à la moindre écoute.

Prince ne se décourage jamais, reste vaillant mais en ne se disant pas Foster. Il sort un album tous les 2,06 ans (1,98 selon le groupe Police) et nous gratifie de « 3121 » mélange de funk, Rythm and Blues et black soul (2006), et  de « Planet Earth » (2007).

Cette planète terre qui se décidera bientôt à le désigner en Prince qu’on sort. Elle fera même des cendres ce génie disparu brutalement, ce 21 avril 2016, à l’âge de 57 ans, pour les 90 ans de la reine Elizabeth II.


God save the Prince !



lundi 25 avril 2016

UNE LARME DE RIRE







Au coin de l’œil ai vu surgir
Ce qu’ourdir le pire n’aurait su
Perle salée à mon insu
C’était une larme de rire...

La graine d’eau jaillie, tenace
Loin des méandres de mon âme
Echappée des pensées de lames
Dans sa légèreté fugace

La gouttelette inattendue
L’irrévérencieuse ingénue
Sous le rideau mort des paupières

Une rosée de fleur badine  
Mouillant la froideur des ravines
Et l’amertume des ornières

samedi 23 avril 2016

DILMA QU'ON FAIT DESCENDRE SOUFFLE SES DERNIÈRES BRAISES ILIENNES





Ce n’est pas la grande forme au Brésil à quelques encablures des jeux olympiques d’été (en juin 2016).

3,5 millions de Brésiliens sont descendus dans la rue, sans chemise et samba, pour exiger la tête de leur Présidente, Dilma Rousseff. Le pays s’embrase, il y a raison de s’inquiéter !

Dimanche passé, la Chambre des députés a engagé la procédure de destitution de la dame, chère à Lula, l’ex président qu’elle cherchait à faire entrer dans son gouvernement afin qu’il échappât à la justice à la suite de louches affaires de corruption. L’homme à son pays disait d’elle : loue-la ! Désormais les deux complices sont dans le collimateur.  Les partisans de l'impeachment (mise en accusation) se sont fait des rets pour attraper, aux quatre coins de ce vaste continent, les sujets de mécontentement.  Dans la suite d’une déculottée phénoménale face à l’Allemagne en Coupe du Monde (7-2) le Brésilien l’a mauvaise ! A générer des fous de bal l’heure peu l’est !

Car Dilma Rousseff, l'actuelle présidente brésilienne ne se contente pas de se maquiller pour se faire label dans les sondages. Non, elle fait de même pour les comptes publics. C’est du moins la malversation qu’on lui colle sur le dos comme si elle se vêtait d’or sale.  La dame est soupçonnée d’avoir tenté de masquer l’ampleur de la dette de l’Etat alors qu’elle faisait campagne pour se faire réélire, en 2014.

Oui, on l’accuse d'avoir traficoté les comptes macro économiques pour assurer sa réélection, en escamotant des déficits contractés auprès des banques publiques.

Par ailleurs, elle est impliquée dans le scandale Petrobras. Là encore, on ne peut pas alléguer que sa position soit très enviable ; l’état de bas y’a !

Petrobras, du pétrole brasse mais aussi des millions, de l’oseille. Cette énorme société, lancée dans les années 50, s’enorgueillit d’être la 10ème plus grosse société pétrolière du monde qui se formate aux gros sceaux Comme à  chaque fois, le multinationalisme des firmes fleure bon le copinage avec le gouvernement en place. La corruption n’est jamais très loin au fil de paies trop liées à l’omerta de l’amer temps.

Petrobras va être liée à un vaste réseau de corruption dans lequel baigne aussi des entreprises de bâtiments et travaux publics. L’ancien président, Lula, est impliqué  tant sa barbe erra (Barbera) en ces pots de vins dans lesquels il ne peut se prétendre cas berné !

Selon des éléments d’une enquête policière, il s’avère que des pratiques au sein de Petrobras auraient profité à Lula sous des formes bien sympathiques : liasses de blé qui font tant ses reals, biens immobiliers luxueux si loin des loques à terre en favelas…

Le procureur, Dos Santos Lima, a déclaré que Lula avait reçu l’équivalent de 7 millions d’euros (30 millions de reals ou réaux murs) sous forme de dons et pour des colloques par des entreprises du BTP qu’on fait rances.
Dernièrement, Sergio Moro, un juge moral qui aime oraux, a dévoilé un enregistrement fort embarrassant pour Lula et sa petite protégée, en bas racés. On y entend que Dilma informe son prédécesseur qu’un joli fauteuil de ministre l’attend. Mais la nomination ne se fera pas et les députés sont remontés contre la femme qui joue avec les institutions avec la conscience d’un lièvre, d’une âme hase honnie.
Dans un contexte de crise économique (le PIB brésilien est en chute libre avec -3,7 % en 2015) et sanitaire (mortalité due à une épidémie de Zyka et récemment une recrudescence des ravages du virus H1N1), le Brésil, à quelques semaines de JO, se gratifie d’une superbe crise politique à se plonger dans des mares à casse
Avec 367 voix pour et 137 contre, la Chambre des députés brésilienne a engagé, dimanche passé, la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Les élus se sont prononcés lors d’une séance volcanique où on eut droit à des coups laids de larves !

Cette procédure entrera dans sa deuxième phase autour du 11 mai avec le vote des sénateurs. Et r’tonne Sénat, lance déjà un député adepte des formules Huns tant l’envie de faire hâte il a ! Il voudrait vite en finir avec la Présidente et lance :

-         Rousseff assez !

Comme si la dame rousse s’effaçait alors qu’elle n’a nullement cette teinture. C’est vraiment tiré par les cheveux.

En attendant le Brésil va mal en raison de la chute des cours de matières premières (à gris cols d’austérité et café qui essuie des grains) et de la décélération des exportations  vers la Chine, son ex partenaire privilégié.  Les remèdes économiques sortent du classicisme : augmentation des taux d’intérêt pour limiter l’inflation par la demande  mais au risque de dissuader les entrepreneurs novateurs à emprunter afin de réaliser leur projet ! Dès lors la production stagne voire baisse et comme la consommation chute de son côté, le pays entame un cercle vicieux qui impacte l’emploi (le taux de chômage a doublé en un an).

Dans ses conditions économiques si dramatiques, le moindre soupçon de corruption ne fait qu’exposer davantage au risque de destitution !


En attendant son sort, Dilma ne peut que constater que la crise étend son empreinte, étend ça aux polos !


dimanche 17 avril 2016

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Un peu de maille au jaune
Un peu de maille au blanc
Et le tour est joué...


mardi 12 avril 2016

LA VIE COMME ELLE VIENT



La vie comme elle vient
Fait de mille coups l'oeuvre
L'antre épicurien
Comblé de chefs-d'oeuvre

La vie comme elle va
Mue gaie, de délices
Quitte les lits las
Fait jaillir des lys

La vie comme elle court
Fleurit l'aire à cistes
Comble les basse-cours
D'ailes pacifistes

La vie comme elle chante
Fait docile arrêt
Fièvre concertante
Cime, îles adorées

La vie comme elle peint
Notre amour qui bat
Surprend nos matins
De ses doux ébats

La vie comme elle vit
De danses insignes
Donne à ma jolie
La blancheur d'un cygne...




lundi 11 avril 2016

LA NUIT DEBOUT EST EN MARCHE





Lille, ma ville, à l’image de Paris, a connu sa première nuit debout, place de la République, ce samedi 9 avril 2016.

Sur le modèle parisien, les participants de ce mouvement spontané, proche de l’esprit des indignés et empreints de l’âme de Stéphane Hessel, se réapproprient l’espace public, réinventent l’agora grecque.

Sur place la ruche bourdonne. Des tonnelles sont dressées et font office de dortoirs, de centre de secours, de cantine… Des lits de fortune (pour gens d’infortune) s’alignent en ballots de paille, comme un clin d’œil aux miséreux, régulièrement sur la paille, et qui s’avouent que "c’est ballot".

Les apôtres de la décroissance, les déçus du socialisme à la sauce hollandaise, les « qui veulent avoir leur propre mai 68 » se rassemblent, spontanément.

On fustige le projet de loi El Khomri, annonciateur de déréglementation du code du travail, exécuteur de flexibilité au service du patron et d’insécurité vis-à-vis du salarié kleenex.

On refait le monde. On raille le Ministre Macron qui vient de lancer son propre mouvement  «En marche ». On glose sur ses intentions. Le jeune prétentieux issu du monde bancaire se dit de gauche mais l’annonce de son mouvement a fait sauter de joie Pierre Gattaz, le patron des patrons, qui a trouvé le concept « rafraîchissant » !

On s’attaque aux bourgeois, à la mondialisation, aux donneurs de leçon qui se font prendre la main dans le pot de confiture panaméenne ! Une ruche, je vous dis ! Mais pas encore de reine !

Le miel abonde ! Il se joue de l’état d’urgence, s’émancipe des codes de l’urbanité et regarde vers des lendemains encore flous mais qu’on veut débordant d’humanité.

Une nuit est « en marche ».

Pas sûr que Macron puisse dormir sur ses deux oreilles.




Et tandis que Macron nous abjure d’être en marche

Pour contrer son patron d’indolente démarche

Ils se lèvent, debout, dans l’éclat de la nuit

En rêvant du grand soir par l’espoir qui reluit

 

Pendant qu’Emmanuel de sa voix de banquier

Pousse la ritournelle de l’argent libéré

Ils sont la sous la pluie, sur les ballots de paille

Place de la République, hors des feux du travail

 

Le Prince de Bercy veut libérer les flots

L’énergie novatrice échappée des enclos

Mais ne voit liberté qu’en ses appâts vénaux

Eux la rêvent habillée de généreux signaux

 

L’ambitieux que la gauche n’a que très peu nourri

Rêve, tout en couleur, de jeunesses fleuries

Au printemps des Start up, de l'entrepreneuriat

Eux, caressent la nuit de dociles mantras

 

L’homme décomplexé de sa rose droitière

Veut glaner des patrons de branches ouvrières

Imaginant un monde d’opulence épanoui

Eux tournoient, folle ronde ouverte aux utopies

 

En dehors des partis, c’est du moins ce qu’il clame

Mais l’esprit envahi de pécuniaires flammes

Le marquis cravaté prône les bénéfices

Aux essences privées ; ils y voient maléfice !

 

La dérégulation coule encore en ses veines

Quand il ose avouer sans empreintes de gêne

Son amour de la rose, dans les pas de Jaurès

Eux finissent de croire,  au bout de la détresse.

 

Et la nuit les blottit dans ses bras de velours

Qu’importe les rivières de ces nuages lourds

Ils sont là, rassemblés, cœurs vaillants,  solidaires

Loin de l’état d’urgence et des peurs militaires.

 

Et la nuit les ravit de sa noire plénitude

La parole échangée brise les solitudes

Un combat qui s’ébauche, indécises esquisses

On recherche un ressort, en voix fédératrices.

 

Une nuit tient debout, en marche est le Nocturne

Sous les doigts de  Chopin, sous l’anneau de Saturne

Loin des lunes d’argent du Seigneur de la Bourse

Dans la pensée d'Hessel, au cœur de la grande Ourse...