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vendredi 7 avril 2017

TRUMP S'EN VA EN GUERRE



Il y a quelques jours de cela, le 3 avril, Trump, l’imprévisible et nouvel homme fort des USA avait invité à la Maison Blanche son homologue égyptien Abdel Fatah Al Sissi. C’est la première visite à la Maison Blanche d’un président égyptien depuis Hosni Moubarak en 2009.

Répressif chez lui, tortionnaire dans l’âme, le président Al Sissi, militaire en costume, ne pouvait que plaire au milliardaire américain qui n’a jamais caché son attirance pour les grands moyens quand il s’agit de lutter contre le terrorisme djihadiste.

Persona non grata aux USA, durant l’ère Obama, le général égyptien s’est donc vu aux premières loges chez l’oncle Sam.

Je veux faire savoir à tous, au cas où il y aurait le moindre doute, que nous soutenons le président Al Sissi. Il a fait un travail fantastique dans une situation très difficile. Nous soutenons l’Égypte et le peuple d’Égypte , a ajouté le président américain, sans aucune réserve.

Et de se serrer la main car entre crapules on ne craint pas de se salir.

Les deux hommes ont tant de choses en commun : l’anti « djihadisme » et la mégalomanie. Les projets pharaoniques habitent chacun de ces cerveaux : pour Al Sissi c’est l’extension du canal de Suez et pour Trump c’est le long mur qui séparera les USA du Mexique.

Mais surtout Al Sissi est venu chercher des armes et le rétablissement d’un accord de financement militaire que le grand noir avait suspendu en 2015. Cet accord permettrait au nouveau pharaon de s’acheter des tanks à crédit, tout comme des avions de guerre et autres petits gadgets létaux.

Car une Egypte réarmée peut se montrer un bien meilleur rempart contre la menace djihadiste. Trump veut des hommes forts au Moyen Orient pour faire obstacle à Daech. Au nom de la lutte contre cet état islamique il était prêt à fermer les yeux sur les exactions du maître de Damas, le Syrien Bachar Al Assad.

Sauf que tout s’est bouleversé dans la tête du chef américain depuis cette attaque chimique du mardi 4 avril contre la ville de Khan Sheikhoun. Une attaque au gaz sarin, sûrement ordonnée par Bachar Al Assad, a projeté dans la mort 86 personnes civiles innocentes, dont 27 enfants.

L’émotion a gagné tous les pays le régime de Bachar a de nouveau été montré du doigt. On croyait avoir obtenu l’élimination des armes chimiques en Syrie, on imaginait le tyran de Damas assagi après la chute d’Alep, on n’extrapolait  pas qu’il puisse à nouveau franchir la ligne rouge, et pourtant…

Alors, après avoir exprimé son dégoût face aux tragiques photos d’enfants anéantis, Donald Trump a décidé de frapper.

Il a ordonné une frappe ciblée

Vers 03h40, ce vendredi matin heure de Syrie (20h40 jeudi soir à Washington), les Etats-Unis ont lancé 59 missiles de croisière contre la base de Shayrat, d’où auraient décollé les appareils responsables de l’attaque de mardi !

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), quatre soldats syriens ont été tués par ces frappes qui «détruit presque totalement» la base aérienne du régime qui était visée.

Des années de tentatives de faire changer Assad ont échoué, et échoué dramatiquement», a souligné Donald Trump depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il reçoit jusqu’au soir du vendredi 7 avril,  le président chinois Xi Jinping. Le visage grave, la voix très posée, le milliardaire a  adjuré toutes les «nations civilisées» de se joindre aux USA «pour chercher à mettre fin au massacre et au bain de sang en Syrie».

Le message est clair : Bachar doit cesser sur le champ l’usage de ses armes chimiques (censées démantelées) ! Mais les frappes ciblées soulèvent des questions diverses : comment Poutine, qui soutient Bachar, va-t-il réagir ? Trump va-t-il continuer de frapper, encouragé qu’il est par la coalition de l’opposition au régime de Damas ?

Pour Donald Trump, l’exercice s’avère de haute voltige. L’homme qu’on croyait hermétique à la misère du monde a réagi face à l’enfance martyrisée et à l’horreur d’une guerre injustifiée contre une population civile.  

L’impulsion a fait le reste. L’imprévisible hôte de la Maison Blanche a choisi la réponse militaire et fait parler les missiles tomahawk.

L’homme qui se faisait le chantre d’une Amérique repliée sur elle-même est en train de se métamorphoser, de prendre des risques extérieurs.


On prie pour qu’ils ne soient pas incontrôlés dans cette poudrière qu’est devenu le proche orient !


Il avait serré de sa poigne
Celle de l’autocrate égyptien
Entre requins on se témoigne
Quelques lyrismes régaliens
Al Sissi venait quémander
Un droit de nouveau chalandage
A même de se réarmer
Contre un même ennemi sauvage
Le pharaon des temps obscurs
Avait poussé sur l’échiquier
L’attrait de sa musculature
Endurci de plans policiers.

Trump adorait les dictateurs
Pour un peu, les aurait copiés
Mais il jaillit un flot d’horreurs
Sur l’écran noir d’atrocités.
Des femmes et des enfants réduits
En spasmes de suffocations
Le sarin tapissa la nuit
De son manteau d’exécution
Khan Sheikhoun aux poumons broyés
Sous le bombardement chimique
Implorait en sa perdition
La fin d’un long chemin tragique.

A-t-il pensé à son enfant
En voyant l’enfance brisée ?
Barron, son fils, éperdument
Au cœur de son intimité.
Il a fait sourdre la colère
Au bout d’un fleuve de dégoût
Et pour la première fois, de guerre
S’est érigé maître avant tout.
Avant le temps diplomatique
Et le feu vert de l’ONU
D’une vengeance épidermique
Contre Bachar diable absolu.

Ses tomahawks ont fracassé
Les dernières fiertés de Shayrat
Mais sur les ruines enfumées
Les interrogations s’ébattent.
Comment réagira le Tsar
Qui de Bachar s’est fait l’écu ?
Déjà le Kremlin se déclare
Offusqué des tirs imprévus.
Poutine évoque l’agression
Contre un Etat dit souverain
Dans une amnésie de tensions
Par lui livrées aux Ukrainiens.

lundi 3 avril 2017

LA GUYANE EN COURROUX QUI SE VEUT DEAL DU SALUT



La Guyane, vaste territoire d’Amérique du Sud (83.000 km²) est un de nos départements d’outre-mer. Mais son éloignement de Paris (7000 km) la rend étrangère aux préoccupations de la Métropole et de tous ses maîtres au poli teint.
Sauf que, depuis quelques semaines, les Guyanais se sont invités dans la campagne électorale française en faisant fuser  leur courroux, suivant le fil d’Ariane de l’indignation.
Les caméras se braquent alors sur ce morceau de France, voisin du Brésil et que dynamisent brusquement « 500 frères » contre l’insécurité. Ce sont des hommes encagoulés mais qui, contrairement aux Corses, ne cherchent pas à plastiquer mais vont de place en place tiquant contre l’incurie de la France face aux violences subies là-bas.
Oui, ces hommes en noir, mais non armés, sont les fers de lance de toute une population exaspérée de subir une violence due à l’oisiveté mais liée à une immigration débridée. L’Eldorado exercée par la base de Kourou (lancement des fusées Ariane) a suscité des venues en masse de voisins Surinamais, qui parfois surinent à mort. Il y a aussi des Brésiliens, venus du sud : des orpailleurs marrons, au cœur bancal, aurifère, qu’alors y faire ?
Justement, on peut y faire régner l’ordre ! C’est la priorité pour la population ! La vie économique ne peut se développer que dans un climat serein, hors des rackets, assassinats, agressions diverses. Halte aux drogués que le démon de l’aiguille anémie quand il est, dans le sang des Guyanais, mis.
Alors il faut interpeller ce pouvoir en fin de règne. Le collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (pour la Guyane décoller !) demande à Hollande et à son gouvernement d’entamer les discussions avec la société guyanaise qui n’en peut plus d’être victime, de coups massifs, de coups, de coûts…
Alors Matthias Felk, le nouveau ministre de l’Intérieur s’est déplacé. Felk est le nouveau patron des policiers depuis que le père Leroux s’est fait démissionner de la Place Beauvau pour avoir mis beaucoup de chic au rets lui permettant d’aller pêcher ses fillettes comme assistantes parlementaires).
Felk, aux fosses allures de Hollande, se dit qu’il faut panser les plaies. Il faut penser l’épeler F-E-L-K  soit « et feu est l’cas », un cas d’incendie qui nécessite un pompier de service. Il tient quand même à se faire accompagner de son homologue des Outre-Mer, Ericka Bareigts, petit brunette, native de Saint Denis, et donc, de ce fait, spécialiste de la réunion.
Et pourtant les réunions patinent. Alors Ericka débloque la situation en présentant des excuses :
"Tout à l’heure on m’a demandé de faire mes excuses au peuple guyanais. Au bout de tant d’années d’histoire, c‘est à moi que revient l’honneur de dire au peuple guyanais, au-delà de ma personne, de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais pour qu’ensemble nous puissions construire le quotidien mais aussi l’avenir de la Guyane", a déclaré la ministre. 
Excuse de quoi ? Rien n’est précisé mais à l’image d’un « je vous ai compris » gaullien, la petite marque d’attention fait son effet : les discussions reprennent autour de la petit princesse Ericka en espérant qu’il n’y aura pas trop de bla bla : faut qu’je travaille, lance-t-elle en sentant que l’heure est gaie pour les transactions.
Alors elle sort le chéquier pour sortir d’une situation carafe-Cayenne.
On va payer des fonctionnaires de gendarmerie pour bien plomber la dette fillonnesque et on injectera entre 30 et 50 millions pour construire un tribunal de grande instance et une prison à Saint-Laurent où tant de marauds nient les règles de bienséance.
Quatre cent millions d’€ seront injectés dans l’éducation pour faire une belle ardoise (dira le Sarthois) mais surtout pour combler un retard considérable. 85 millions d’euros irrigueront le système de santé guyanais tel le remède sain.
De l’argent, toujours de l’argent et ça fait marrer les oiseaux. Ils se marrent au nid comme des pies rogues.
-      Ah, ah, ah ; ils n’ont rien compris ! On est marri pas sous la pénurie de ressources, encore que… Non, nous on veut un autre statut pour la Guyane !
Alors les représentants du collectif ont rejeté le protocole d’accord qui leur avait été soumis, estimant que le plan d’urgence de 1,085 milliard d’euros annoncé la veille était du « saupoudrage »

Ericka est repartie, triste à en mourir en se disant qu’on ne peut attendre de l’Etat tout (attendre de laids tatous).

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" demande désormais « au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter le pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, d’un statut particulier pour la Guyane" !
Pourtant, un référendum sur l'autonomie de la Guyane s'était tenu en 2010. Le "non" l'avait largement emporté.
Mais cette crise est l'expression de l'échec de ce refaire-un-DOM, observe Gauthier Horth, un membre du collectif, car le cadre réglementaire n'est pas du tout en adéquation avec la réalité guyanaise.
Alors oui, les blocages continuent, et la revendication porte désormais sur 2,5 milliards d’euro et un autre statut. Pour le premier ministre, sortant d’une case neuve et pas vraiment créole, la demande est irréaliste ! C’est, pour l’instant, l’impasse alimentée par un pas de tir de courroux.
La petite Bareigts soupire encore.

Tant d’efforts pour rien minent son âme, Ericka.

samedi 1 avril 2017

LE CABINET NOIR


C’était ce jeudi soir, chez Pujadas. C’était ce jeudi 22 mars lors de l’émission politique de France 2 où Mr Fillon, échappé des casseroles que lui impose depuis quelques semaines un méchant palmipède, devait expliquer son programme de droite dure.

C’était un jeudi soir d’émission politique et il ne devait rien se passer. Le téléspectateur regarde distraitement les mimiques du Sarthois, il connaît déjà ses ritournelles, sa langue de bois. Il regarde quand même au cas où, un dérapage…

Bien joué ! Il a bien fait de rester accroché à France 2, la sympathique chaîne publique de France Télévisions car un scoop allait tomber.

Requinqué par quatre doses de café qui anesthésiaient les antidépresseurs consommés depuis 1 mois, Mr Fillon a brusquement accusé le chef de l’Etat, Mr Hollande, d’être à la tête d’un « cabinet noir » qui organiserait les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires.

Complètement absorbé par la thèse du complot, l’ancien 1° ministre du petit nerveux s’est lancé dans de multiples accusations à l’endroit de l’Elyséen en fin de bail. Pour le candidat des Républicains il n’y a pas de doutes : François Hollande cherche à torpiller sa candidature. Mais lui, n’a-t-il pas à tort pillé la France ?

Mais quelle mouche a donc piqué le mari de Pénélope ? Une mouche, pas vraiment, mais un livre écrit par des journalistes du canard enchaîné et qui n’était pas encore sorti !

Ce livre a comme titre «  Bienvenue Place Beauvau... Les secrets inavouables d'un quinquennat ». François Fillon dit qu’il en a lu une belle page en Pdf, sur internet. Mais il n’a pas dû bien lire car Didier Hassoux, co-auteur, a tenu à recadrer aussitôt le candidat aux gros sourcils.
Nous n’avons jamais parlé d’un cabinet noir mais juste d’une « structure clandestine. La seule personne qui croit qu'il y a un cabinet noir à l'Elysée c'est François Fillon. Il y croit tellement que le 24 juin 2014 (...) il est allé voir Jean-Pierre Jouyet, qui est le numéro 2 de l'Elysée, pour lui demander d'activer ce cabinet noir. Ce cabinet noir n'existe pas, a lancé Hassoux.
Et de continuer : Nicolas Sarkozy avait (...) mis en place une police politique (...) alors que François Hollande, a simplement instrumentalisé la police à des fins politiques mais comme tous les présidents de la Ve République, c'est une maladie française.
Pour le journaliste il n’a aucun doute : Fillon chercher à instrumentaliser un livre qu’il n’a pas pu lire entièrement. Il essaie de faire un coup tant il est aux abois !
En attendant, François Hollande a pris quand même soin de déménager la pièce compromettante, sous les yeux ahuris de Martine Aubry.


Martine qui venait se plaindre de voir son ami Hamon trahi par Manuel Valls.
-         François, fais quelque chose, tance Manuel. Il trahit Hamon en disant vouloir voter pour Macron au premier tour des présidentielles. Tu te rends compte : il renie sa parole ! Il avait dit, en bon perdant, qu’il soutiendrait le vainqueur de notre primaire. Le vainqueur c’est Hamon ! Et ho, tu m’écoutes François !

-         Ecoute Martine, on est suffisamment dans la m… comme ça ! Laisse-moi finir mon mandat tranquillement ! J’ai hâte de retourner à Tulle, reprendre mon jardin potager qui me verra, loin de ces cas, biner ! 


Allégorie de la chute Fillonesque


samedi 25 mars 2017

LONDRES ICI L'OMBRE...




Ce mercredi 22 mars Londres a été frappées par une attaque meurtrière près du Palais de Westminster qui abrite le Parlement britannique.

En début d'après-midi de ce mercredi, un homme (qu’on identifiera par la suite et qui se nomme Khalid Masood), conduit un 4x4 comme s’il considérait le cœur de Londres semblable à une piste du Paris-Dakar sud-américain. Il lance son véhicule sur les passants du pont de Westminster qui enjambe l’indolente Tamise et permet l’accès au parlement et à Big Ben.

Peu après la sortie du pont, le terroriste emboutit le bolide sur le bas-côté, en sort précipitamment  et court vers les grilles du Parlement, où la Première ministre Theresa May achève un discours face aux députés. Il poignarde à mort un policier désarmé. La police ouvre le feu au moment où il tente d’agresser un second policier. L’homme est abattu.
La panique gagne le Parlement. Theresa May, premier ministre du Brexit et parlementaires sont évacués vers les locaux de Scotland Yard, à proximité, sous bonne escorte.
Outre son auteur, l'attaque a ôté la vie à quatre personnes. L’identité du policier, devenu héros national, a été rendue publique par ses collègues. Il s’agit de Keith Palmer, 48 ans, affecté depuis 15 ans à la protection parlementaire.

Parmi les blessés figurent trois lycéens français venant de Concarneau pour un voyage scolaire. Leur vie n’est pas en danger mais le traumatisme psychologique demandera des professionnels du soutien.

L'assaillant a agi seul, en loup solitaire mais selon un mode opératoire bien connu : celui de Daech. Le groupe islamiste n’a d’ailleurs pas tardé a revendiqué l’attentat.  
Tout de noir vêtue, Theresa May a dénoncé un attentat « pervers » lors d’une allocution solennelle devant sa résidence de Downing Street.
Le terroriste a choisi de frapper en plein cœur de notre capitale où les gens de toutes nationalités, religions et cultures convergent pour célébrer les valeurs de liberté, de démocratie et de liberté de parole (...) les forces du mal ne nous diviseront pas, a-t-elle lancé, après une réunion interministérielle de crise.

Elle a cependant indiqué que le niveau d'alerte terroriste resterait fixé à "grave", le quatrième sur une échelle de cinq, comme depuis août 2014.
Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme, a par ailleurs proclamé le maire de Londres, Sadiq Khan, musulman modéré et symbole de multiculturalisme londonien.
Partout dans le Monde, comme à chaque fois que le monstre djihadiste frappe aveuglement sur nos démocraties, des messages de soutien et des témoignages de sympathie ont afflué de tous pays.
La bête immonde n’est pas encore morte. Elle s’accroche à Raqqa, son fief syrien, le long de l’Euphrate pour contrer une offensive arabo-kurde. Daech, se battra jusqu’au bout, jusqu’au dernier martyr à se faire exploser les tripes pour ne pas lâcher Raqqa, capitale de son Califat.

Mais bien qu’acculée en ses ultimes retranchements, bien que blessée, amoindrie, l’abominable monstruosité est encore capable de télécharger la mort dans nos capitales occidentales. Il lui suffit de s’infiltrer dans les cerveaux malades désireux de mourir en martyr.

Londres pleure les morts quand le glas de Big Ben
Refroidit la Tamise au printemps de la peine.
Tant de roses posées sur le pont profané
Tant de yeux embrumés dans les regards blessés

Le Parlement revit la journée d’épouvante
Au plus profond des mots que l’émoi désoriente
Les remous du Brexit sur la digue d’un fou
Se fracassent soudain pour un peuple à genoux

Le noir vêt Theresa dans ce deuil éploré
Où le flegme se perd, douloureuses pensées
Ô l’insondable effroi des adieux à la Reine !

Londres martyrisée qui se redressera
Dans les pas de Churchill pour un autre combat
Terrassant les démons de sa foi souveraine.

jeudi 23 mars 2017

LES DEUX RENCONTRES D'ANGELA



En une semaine, Mme Merkel, la chancelière en train, peut-être, de chanceler aura rencontré un potentiel futur président français et l’actuel président des USA.

Le 16 mars, Angela a reçu Emmanuel Macron, le jeune qui monte, de marche « en marche » l’escalier de services divers dont l’un des principaux demeure l’édification d’un rempart contre le Front National.

Car n’en doutons pas : Frau Merkel ne croit plus en la victoire de Fillon, ce félon corrompu, empêtré dans ses affaires interminables, kolossales. Le Sarthois était pourtant son favori. Ne l’avait-elle pas invité le 23 janvier pour fêter sa victoire à la primaire déprimante ?

Mais voilà ! Le discrédit de Fillon s’épaissit comme une grosse saucisse de Francfort qui fait du coup lester rôle, voire casse rôle du prétendu redresseur d’une France en faillite.

Donc Macron est venu à Berlin, invité de la dame, flatté de l’être.

A la sortie de la chancellerie, des journalistes curieux, comme il en existe encore beaucoup, attendaient l’Emmanuel, le « Dieu avec nous » comme l’hébreu gueule.

Je suis très sensible au geste de la chancelière», a déclaré à sa sortie l’objet de toutes les attentions médiatiques, elle a choisi de me recevoir, bien que je ne sois pas le candidat d’un parti conservateur dont le concert va tant conserves hâter. Elle montre par là qu’il lui importe de travailler dans la durée, même si je ne suis pas mac à ronds, mais Macron, avec la France au-delà des différences partisanes, par tisanes ou par thé, oui partez le dire à tous : Angela et moi on sème, quand tout autre semeur se meurt.

L’europhilie de Macron porte une bonne image outre Rhin. Angela apprécie ce jeune homme qui pourrait être son fils (ou son époux, à choisir) et qui propose de réforme la France en tapant un peu dans le programme de gauche tout en picorant du programme de droite. Ce n’est d’ailleurs pas innocent si la grande coalition droite-gauche au pouvoir à Berlin se révèle aux yeux d’Emmanuel, comme un mot d’elle, à suivre.
Hélas, après la jeunesse fougueuse et prometteuse, Angela traverse l’océan qui hâte l’antique schéma du protectionnisme. On est le 17 mars. Oui, la première dame teutonne doit se rendre chez Trump, l’ogre de la Maison Blanche, celui qui tient les gentes dame par la…

Angela se serait bien passée de ce voyage. L’idée de rencontrer un névrosé, raciste et falsificateur n’allège pas son âme et, tout au long du long vol, elle se fredonne la cantate de Bach « Jésus que ma joie demeure ». Sans Bach t’es rien !

A la maison blanche Angela broie du noir et son moral en est aigri. Le rustre campe sur ses positions. Il n’en démord pas.
Je ne suis pas un isolationniste, je suis un partisan du libre-échange mais aussi d'un échange équitable (...) car notre libre-échange a conduit à beaucoup de mauvaises choses", affirme M. Trump péremptoire.
L’homme d’affaire, d’enfer, veut asséner sa conviction que les USA sont les perdants des accords commerciaux des 30 dernières années, accords qui ont précipité les fermetures des usines sur le sol américain. On n’était donc plus à l’époque de La Fayette mais bien à celle de la faillite.
Angela écoute et serre les mâchoires à défaut de sentir l’aidant.  Elle finit par dire :
Je crois que la mondialisation doit être façonnée avec un esprit ouvert ! Vous ne devez pas dire "L'Amérique d'abord". Don’t say : America first car face à votre assaut d’homme mon ego mort !
Le dossier de l’immigration fait davantage éclater les divergences en divers jets.
L'immigration est "un privilège, pas un droit,  lance  M. Trump, la sécurité de nos citoyens doit toujours passer en premier. Il ne faut pas la prioritaire  à priori taire !
Le sujet est vraiment épineux mais pas sans cible : Angela est visée. Le milliardaire a toujours trouvé catastrophique la décision de la chancelière d’ouvrir son pays à des centaines de milliers de demandeurs d'asile en 2015 et 2016. Pour lui l’asile est zèle qui enlève les ailes aux zoll.
La Berlinoise rétorque que son décret migratoire est déplorable et que le mur qu’il veut ériger pour se protéger du Mexique lui sautera, bête, au nez qui, ainsi, mentait (comme celui de Pinocchio). Ambiance…
Alors on saute très vite, telle une mine et à police, sur un nouveau sujet : l'Otan. Le richissime  assure de son "fort soutien" à l'organisation pour préciser, dans la foulée, que les USA ne doivent pas payer Otan de frais qui effraient et que l’Europe doit se doter d’un budget de défense sans mi si la la ré (et il sifflote, le bougre !)
Mme Merkel assure que l'Allemagne va augmenter ses dépenses militaires qui s’avèrent martyrisées (sa Wehrmacht irisée ?) depuis longtemps par les mauvais souvenirs des années 40.
Nous nous engageons aujourd'hui à un objectif de 2 % du produit intérieur brut, jusqu'en 2024, déclare-t-elle, on ne dira plus que le budget bas va, roi en imposant Trèves qu’on croyait Bonn.  
Sur cette bonne résolution la visite se dirige vers son terme. Elle avait bien commencé par une poignée de mains sur le perron de la Maison Blanche. Las, plus tard, dans le bureau ovale, Mr Trump, en goujat de première, omet de serrer la main à la dame assise à côté de lui. Ça jette un froid dans ce qui n’est pas vraiment un show et il ne faut jamais le bon terme omettre.
Dans l’avion qui la ramène à Berlin la chancelière repense aux deux rencontres, aux deux hommes si différents. Elle s’endort en rêvant d’une Europe guidée par son grand âge de maturité et celui du fougueux jeune homme en marche. Un tandem face aux agressions simiesques du déséquilibré américain.

Elle s’endort en rêvant d’un futur dont elle ne sera peut-être plus la tenancière en septembre 2017, si un certain Martin Schulz la fait tomber de son piédestal.

dimanche 19 mars 2017

ISABELLE FAIT LA SAGE AU LIT (fait là sa jolie...)



Tout autre qu’elle, mate, lassée
De faire le lit des couvertures
Aurait dit non. Elle, prit posture
On vit, délices, Huppert poser !

samedi 18 mars 2017

UNE CLAUSE INCISIVE QUI FAIT GRINCER LES MOLIÈRES !




La langue française s’est invitée dans campagne électorale d’une manière surprenante par l’entremise de la clause Molière. Non, il ne s’agit pas d’imposer aux candidats l’usage systématique du subjonctif imparfait encore eût-il été formidable qu’ils le réinstallassent sur le piédestal  plutôt qu’ils ne  le cachassent  sous le pied des stalles de notre grande église laïque.

Non, la clause Molière évoque Poclain et les planches des chantiers, les colles des familiers Placoplatre. La clause Molière concerne les chantiers et rend obligatoire l’utilisation de la langue française en ces lieux de labeur où la mise en troupe nécessite un minimum de communication. Que le patron se dise, en temps de bourre : j'ois gentils hommes ! Le gentil, en l’occurrence, est celui qui parle couramment notre langue.

La clause est née à Angoulême, en 2016, à l’initiative d’un certain Vincent You, pas las d’être autant (youpala des trottants ?) captivé par la bonne organisation des chantiers. Or, dans bien des cas, You jetait la pierre sur cette vilaine habitude d’employer des travailleurs détachés, des gens venus de l’Europe des 28, qui ne parlent pas français mais qu’on embauche d’autant plus facilement pour des raisons d’économie.

En effet, le Polonais, le Bulgare, le Tchèque, employé sur un chantier français coûte moins cher que l’ouvrier français car le patron paie les charges sociales du pays d’origine, bien inférieures à celles de notre bel hexagone.

-       C’est légal, dirait un candidat aux présidentielles dont les épais sourcils cachent encore quelques précieuses ridicules.

Oui, bien sûr, c’est légal et l’effet d’aubaine se vérifie : le nombre de travailleurs détachés est passé de 7.500 en 2000 à plus de 286.000 en 2015.
Alors, bien qu’attachant  et tâchant de ne pas entacher les temps chauds des chantiers, le travailleur étranger n’en représente pas moins une menace pour l’emploi de l’autochtone.

Alors la clause Molière, en Tartuffe patenté, impose sa loi. L’entrepreneur du bâtiment, pour répondre aux appels d’offre des régions ayant adopté la clause (Pays de la Loire, Haut de France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et dernièrement Île-de-France sous l’impulsion de Mme Pécresse) devra s’assurer que ses employés parlent la langue de Molière, voire apporter le remède sain malgré lui.

A défaut, la clause lui imposera d’embaucher un interprète dûment assermenté auprès d’un tribunal.

Il y aurait là une belle opportunité pour faire venir des interprètes afghans que le gouvernement français laisse croupir à Kaboul alors qu’ils ont servi notre pays dans la lutte contre les Talibans. Menacés par les fous de Dieu, ils restent terrés dans leur maison en attendant un hypothétique droit d’asile.

Oui, on pourrait les voir ici, usant de leur art s’il se confirmait une pérennisation de la disposition. Mais rien n’est moins sûr. La clause pourrait avoir cause close tant on glose ! Elle a même mis d’accord, en une ire commune,  Mr Gattaz, le chef des patrons (Medef) et la CGT, le syndicat le plus gauchiste qui soit. Une première ! L’un comme l’autre fustigent la mesure.

Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro, s’est exclamé Gattaz, non sans songer à une certaine Marine, s’offrant le flanc au franc et redonnant l’âme à ses douanes.

Martinez, le moustachu cégétiste y va de sa petite chanson : 

Molière ne règle en rien la question du travail illégal ! La mesure et purement électoraliste et vise à marcher sur les traces du FN, partisan de la préférence nationale !

J’ajouterai à ces diatribes l’argument du coup de bâton pour  les travailleurs détachés français qui sont presque 200.000 à l’étranger ! On pourrait imaginer une clause Shakespeare, un dispositif Goethe, une règle Kafka et que sais-je encore ! La propagation de l’œuvre discriminatoire serait alors amorcée.

La tour de Babel européenne deviendrait allergique aux tours de babils, ces petits bavardages enfantins aux syntaxes approximatives qui fleurissent sur les chantiers et dont le noble mérite est d’unir des travailleurs de tous horizons, d’établir un contact pittoresque à base de gestuel, d’expressions faciales et de mots délicieusement écorchés.


Tout une linguistique disparaîtrait, bée, étonnée de se voir ainsi bétonnée, privée de l’exotisme des musicalités phoniques et du cosmopolitisme verbal.

Les patrons favorables à la clause me diront : communiquer avec un langage commun permet de mieux finaliser la tâche, d'acherver parfaitement la courbe qui surplombe une fenêtre.

- En nette voussure ?