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mercredi 2 janvier 2019

LES VOEUX ELYSEENS





Il était temps que 2018 s’achève ! Emmanuel Macron, coincé entre les gilets jaunes et Benalla qui reprend du service dans le buzz médiatique, aspirait à passer un réveillon avec sa Brigitte adorée, en dégustant de savoureux chocolats Trogneux.
Mais, avant les agapes, notre Président, en marche lourde, devait se plier aux cérémonies des vœux élyséens. Que dire aux Français sans montrer son exaspération suscitée par ces gilets jaunes qui, de samedis en samedis, nous proposent une pièce en x actes avec des intermittents du spectacle de la grogne protéiforme ? Que dire aux Français pour les rassurer ?

D’abord parler debout ! Rompre avec la tradition du type assis devant son bureau ! Parler juste sans avoir l’aise assise tout en évitant de deviser de boue ! Aussi, la caméra ne cadra qu’éphémèrement notre président en plan moyen. Cela se passa tout au début de la séquence. Par la suite, le caméraman joua du plan taille et, plus modestement, du gros plan.

On retiendra de cette prestation des vœux triples :

-      *   Vœux de vérité : Le Président n’a pu s’empêcher de stigmatiser les « fake news » qui prolifèrent sur les réseaux sociaux et qui alimentent les thèses complotistes. Il est si simple, désormais, de créer son petit film de propagande en aménageant la vérité à sa façon. Au son de la Marseillaise, notre pays pourrait ainsi entretenir idée fausse et haine.

-     *    Vœux de dignité : L’hôte de l’Elysée comprend la colère qui monte et admet que chacun a le droit de se sentir considéré. Sans évoquer le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) prôné par moult gilets jaunes et qui semble hérisser son auguste personne, Emmanuel Macron a mis en exergue l’importance des concertations, des cahiers de doléance.

-     *    Vœux d’espoir : Notre Président, qui est né en province, connaît les terres bousculées mais aussi la fierté de la résilience, du redressement. Pour lui, il faut être fier d’être Français. Il ne faut pas se déconsidérer même si la crise offre à certains des repas frugaux, des concis, des rations… Oui, il faut continuer à mettre tous ses espoirs dans la France et dans l’Europe !

Trois vœux : un triplé, en forme de pis à lait, pas forcément gagnant mais qui se fonde sur le pari de ressentir moins vaches les tiers : laiterie plaît ?

Trois vœux pour cette année qui démarre, comme une trinité fébrile sous des cieux menaçants…

mardi 1 janvier 2019

BONNE ANNEE 2019 !



Encore tout escagassé par la présence de gilets jaunes sur un rond-point, je reprends les rennes d’une nouvelle année avec la ferme intention de relancer ce blog.

Vous avez remarqué cette mise en jachère ; que dis-je, cet abandon en rase campagne. Mon blog n’a pas été réensemencé depuis deux mois et j’entendais, en mon fors intérieur, quelques commentaires : « que fait-il ? Il est malade ? Il est mort ? »

En vérité, en vérité, je vous le dis mes frères : je ressuscite ! Je retrouve de l’aplomb et surmonte désormais la peur de la page blanche. Je combattrai Twitter que j’ai trop fréquenté pour m’avoir incité à la paresse : l’oiseau bleu invite à la facilité, au billet compulsif, rapide !

Oui, je reprends les rennes que m’a laissés le bon père à la barbe blanche et les traîne haut dans le ciel des traîneaux où volent les étrennes, haut !

Oui, à propos, bonne année 2019 !

Cette année commencera, chez nos amis américains, par le 100ème anniversaire de la mort de Théodore Roosevelt, Président de la République, grand médiateur pour la gestion de la guerre russo-japonaise (ce qui lui valut le prix Nobel de la paix en 1906). Ce sera l’occasion de voir une jolie cérémonie durant laquelle une rousse svelte, déguisée en statut de la liberté, déclamera quelques aphorismes de Théodore, sous les yeux ébahis d’un Donald Trump suspendant pour quelques poignées de secondes son addiction aux tweets.

Le 17 février, David Douillet fêtera ses 50 ans avec des amis chiraquiens qui auront encore aise de le voir en forme, sans problème urinaire, avec une prostate amie (une prose tatami évite l’heureux vers).

Le 28 février, le fan club, au bord du lac, pleurera la mort d’Alphonse de La Martine, mort il y a 150 ans ! Les inconditionnels n’auront pas cœur à faire l’épitre tout en évitant d’être larmoyant : ils auront larmes honnies, peau éthique !

Le 25 mars les inconditionnels du droit du travail fêteront les 100 ans des conventions collectives. Nées en 1919, ces jolies demoiselles mettront quand même du temps pour s’affirmer et même pour se syndiquer.
Le 13 avril, alors que nul ne se découvrira d’un fil, quelques historiens célèbreront le 500ème anniversaire de la naissance de Catherine de Médicis. On révoquera, avec quelque flot rance, le massacre de la St Barthélémy, les tueries des guerres de religion ! On se dira les croyances restent des leurres meurtriers : de vouloir remplacer un cœur pas pâle les prothèses tentent !

Le 29 avril, les nostalgiques du bon cinéma comique auront l’alarme à l’œil pour les 100 ans de la naissance de Gérard Oury, le père du Corniaud et de La Grande Vadrouille (entre autres). L’occasion sera belle de revoir toute l’œuvre du maître ou de sortir un coffret DVD de l’intégrale (avec bonus sur les coulisses d’un tournage familial avec Michèle Morgan : je suis Morgan de toi.)

Le 6 mai, si on s’y met, on devrait pouvoir trouver un moment pour fêter dignement les 25 ans de l’inauguration du Tunnel sous la Manche, même en plein Brexit ! On se remémorera les discours de Mitterrand (à Coquelles, où le coq est loi, dans le Pas-de-Calais) et ceux de la reine Elizabeth II (à Folkstone, la pierre qui fait, folle, chlore), allocutions louangeant le chemin de faire de l’Angleterre « une île pas tout à fait comme avant », une insularité désormais imbibée de duperie et que de vieux réactionnaires rosbifs déploreront en soupirant : leurre ose tares !

Le 4 juin, les amoureux de la marque aux chevrons, fêteront les 100 ans de la première voiture Citroën : le type A. Ce 4 cylindres est le premier véhicule européen à être produit à la chaîne et en grande série, selon le principe de Taylor qui l’appliquait tailleur !

Le 24 juin, quelques férus d’histoire célèbreront les 500 ans de la mort de Lucrèce Borgia. Cette femme, injustement qualifiée d’empoisonneuse, mettre du temps pour être réhabilitée par les historiens. Car le pire poison n’est-il pas celui de la calomnie ?

Le 14 juillet, fête nationale, Macron déposera une gerbe sur la tombe de Lino Ventura, au cimetière du Val St Germain (Essonne). En effet, il y aura alors 100 ans que le grand acteur se sera mis à pousser son premier cri en parmesan ! Les amoureux de cette grande gueule du cinéma français verront pour la 30ème fois une rediffusion des Tontons flingueurs !

Le 15 août, toute la France célèbrera le 250ème anniversaire de la naissance de Napoléon 1° ! Évidemment la fête se heurtera avec celle de la vierge marrie de voir le preux mis errant, pire : raillé par cette république laïque (que pourtant le petit tondu avait balayée d’un revers de la main en se vêtant d’hermine impératrice).

Le 10 septembre, ils seront peu nombreux (mais ils seront !) à pleurer l’assassinat de Jean Sans Peur, 600 ans auparavant. On reparlera de ce brave Bourguignon qui tenta, avec un certain art maniaque, de se rapprocher des compagnons du Duc d’Orléans pour être plus forts contre les Anglais. Il tenta, mais en vain (de Bourgogne), car cet art ne mit nulle paix en selle : cet art bat l’étrier !

Le 14 novembre, les tympans accros de Mozart fêteront les 300 ans de la naissance de Léopold Mozart, compositeur et surtout père du célèbre Wolfgang Amadeus ! Il en fut le père, mais aussi le fils (maçonniquement parlant) quand Wolfgang proposa à son Pater de le rejoindre dans sa loge ! Il rendit ainsi le papa gai novice (le Papageno visse ? Quoi ? Une clé déplacée sur sa flûte enchantée ?)

Le 24 décembre, on devrait fêter les 100 ans de Pierre Soulages, peintre et graveur nourri d’art abstrait. L’occasion sera belle de mettre en lumière, lors d’une grande exposition au grand Palais, son noir ! Cet outrenoir qui soulage le blanc et qui aime foncer jusqu’aux bouts des ongles que l’aube s’cure !

Ce sera alors la veille de Noël, la fête de la lumière du Christ, un bien joli contraste.

Et puis nous attendrons le 31 décembre avant de passer à 2020 : deux vins côte à côte pour, de nouveau, tourner cépage…

samedi 29 septembre 2018

ITINERAIRES SYMPA - 9

Cette neuvième planche d'itinéraires permet de me remettre en selle, sur mon blog que j'avais délaissé depuis près d'un mois (du jamais vu !).

Elle est l'occasion de reparler d'Alexandre (c'est toujours Alexandre, comme le chantait déjà Nino Ferrer), le fameux Benalla, l'accumulateur de gaffes et dérives en tous genres et qui met son mentor Macron bien mal à l'aise.

Le second de Macron, le grand Philippe, Premier Ministre, se retrouve également invité. Il s'agit d'un petit clin d'oeil à son arrivée à Angers où l'ange vint dévoiler son plan vélo pour faire oublier le départ de Nicolat Hulot.

Nicolas Hulot toujours, promène son fantôme au gré du premier itinéraire qu'Eole vient visiter pour nous inciter à changer de logiciel en matière d'énergie.

Enfin, en lien avec l'actualité, Muriel Robin (qui interprète Jacqueline Sauvage, cette femme qui tua son mari bourreau et que François Hollande gracia en décembre 2016) montre qu'elle peut jouer des rôles graves et d'une grande intensité.

Joyeuse découverte.


jeudi 30 août 2018

APRES L'EURE C'EST PLUS L'EURE






Pourquoi le volatile voulut-il ce départ ?
Le temps des migrations s’annonçait bien plus tard.
Il avait mille raisons pour quitter ce décor
Hostile, selon ses mots, au futur de son  corps.

L’oie avait rencontré de méchants cantonniers
Qui n’aménageaient pas la route de Louviers
A défaut de subsides ils s’étaient mis chasseurs
Leurs fusils scintillaient au soleil ; elle prit peur.

Peu avant ce fait-là si félon : un revers !
Tandis qu’elle amorçait une ponte, ô, deux maires
De villages voisins voulurent se la farcir
Elle marcha sur ses œufs, paniquée ; elle dut fuir.

Quelques journées après Bernay l’avait bernée
Feignant sous de doux leurres une hospitalité
Des gamins désœuvrés lui avaient lancé pierres
Manquant de la tuer ! Rhapsodie meurtrière !

Elle avait cru un jour trouver l’aise en de lisses
Herbes folles et sauvages, pré près des Andelys
Mais un vil cul terreux fou de son pâturage
Avait brandi sa faux ; elle obvia le carnage !

Lassée de tout ce poids d’avanies et de haine
Elle s’envola d’Évreux. Une foi souveraine
Lui ouvrait l’ascension vers des jours bien meilleurs
Elle vivrait désormais l’oie de la pesante Eure.

mercredi 29 août 2018

CE GOUVERNEMENT OÙ SON ÂME S'TERRE ET QUE SÈME HULOT





On le sentait venir, là, dans son entourage. On le voyait venir, au cœur du voisinage. Il en avait parlé à Perrine, d’à côté : je m’en irai un jour, plus tôt que vous ne le croyez.

Perrine l’avait senti, elle qui l’admirait. Perrine, écologiste dans l’âme et anti-chasse patentée avait créé son association « Perrine hait le pote aux laies » en réaction à son ex, devenu infréquentable, pour avoir décimé des hardes de sangliers, ce qui en soi lui apparaissait comme motif de révulsion, mais plus encore pour lui avoir imposé deux hures de laie dans le salon.

Oui, il en avait parlé à Perrine :

-      Aujourd’hui, je vais à une réunion des chasseurs, à l’Élysée. Emmanuel va certainement leur graisser la patte à des fins électoralistes. Si ça tourne au vinaigre il ne faudra plus attendre de moi que les cons servent.

Il avait dit ça, avec une certaine désinvolture, mais Perrine avait vu dans le regard de la tristesse et le reflet d’une âme désabusée. Elle ignorait le coup de séisme qui éclaterait le lendemain.

Le lendemain, mardi 29 août, devant les micros de France Inter, l’homme est interviewé par Nicolas Demorand et Léa Salamé ! Il ne perd pas trop de temps pour avouer qu’il se sent seul, que ses troupes naviguent dans le parfait anonymat. Et donc qu’il démissionne !

Mais vous-êtes sérieux ? Lui demande, éberluée, Léa !

Léa, ça la met dans le plus profond scepticisme mais, oui, il l’est ! Nicolas Hulot claque la porte sans tambour ni trompette. Sans même avoir averti le chef de l’État ! Il quitte un bateau qui navigue trop, selon lui, sur l’océan du libéralisme, au creux des vagues boursières, à la recherche d’un nouveau rivage de croissance où s’échouent les rêves d’un développement durable.

Oui, Nicolas part ! D’aucuns le trouveront père vert et sans tenue ! Partir ainsi, sans prévenir, ne se fait pas ! Mais tout cela n’est que remarque superficielle qu’Hulot tait !

Nicolas fait sa valise tout de tristesse imprégnée. Il n’en pouvait plus d’avaler des couleurs !

-      Quelle vie Perrine, se plaisait-il à répéter à sa plus fidèle supportrice. Je serpente entre les incuries, les pressions de lobbies qui gangrènent ce gouvernement. On surveille mes gestes, mes paroles ! J’en ai la gueule de boa ! Mon action, l’épie-t-on, que déjà elle suscite la suspicion. Les groupes de pression sortent les dents et me mordent les fruits d’un paradis écologique. Les crocs talent !

Alors, oui, de guerre lasse, Nicolas est parti. Cette réunion du lundi aura été la goutte qui fait déborder le vase ! Il y aura vu la présence d’un certain Thierry Coste, un lobbyiste chasseur qui s’était fait inviter ! Loin d’être un gigolo, Coste nous meut en gigue holocauste : les chasseurs pourront tuer avec un permis à demi-tarif des espèces qui cesseront d’être protégées.  

C’est le coup de grâce pour Nicolas. Abattu, écœuré, le père d’Ushuaïa quitte la Macronie, qui, en son temps, s’était enorgueillie de cette belle prise de guerre synonyme de rayonnement médiatique.

Nicolas, après avoir atermoyé le grand saut, a fini par admettre qu’il ne pouvait plus se mentir ! Don Quichotte à se battre contre des moulins aux ailes tournant dans le sens inverse du vent insufflé par la Cop 21, il n’aura glané comme unique breloque que l’abandon définitif du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Pour les autres dossiers (glyphosate, huile de palme, démantèlement du nucléaire…) il n’aura obtenu que des désillusions, au mieux des demi-défaites. S’en vint le vert Hulot (sans vin le verre eut l’eau) et repartit, en songeant à tous les combats qui resteraient  à mener pour que cette planète soit encore respirable. Il songe à tous ces reniements gouvernementaux, à en oublier cette triste parenthèse, accusation de harcèlement sexuel parue, le 9 février, dans le journal Ebdo ! Une infâme rumeur colportée par une ex collaboratrice de sa fondation ! Une femme qui avait, in fine, démenti !

Nicolas va retrouver sa Bretagne, Saint Lunaire, les embruns de l’océan et cette côte qui émeut, rode en son âme triste.

Au bord de l’amer, le cœur un peu vague, en songeant à démarrer…un nouveau combat.