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mardi 10 mars 2015

FLORENCE, LA FIANCÉE DE L'ATLANTIQUE




Un cauchemar nous a cueillis, ce matin, 10 mars. Les ondes nous apportaient en sinistre héraut la mort de trois gloires sportives : Camille Muffat (natation) Alexis Vastine (boxe) et Florence Arthaud (voile). Morts dans un stupide accident d’hélicoptères, quelque part, en Argentine, dans le cadre d’une toute aussi stupide émission de télé réalité à la sauce Tf1, à moins qu’on ne le surnomme «  jeu à hautes épreuves ».

On appellera cela comme on veut mais rien de change. La mort a frappé au nom d’une logique mercantile qui transforme la télévision en recyclage de vieilles gloires (ou de plus jeunes) exposées à des défis pour la plus grande joie (pense-t-on) de la ménagère de 50 ans (ou moins ?).

Je connaissais peu Camille, encore moins Alexis. En revanche Florence, la petite fiancée de l’Atlantique, était devenue une figure emblématique de la passion et de l’engagement. Tout le monde l’aimait.

Florence, native de Boulogne-Billancourt, n’était pas spécialement programmée pour faire de la voile. Et pourtant !

La petite fille des éditions grenobloises Arthaud va vite être happée par l’appel du grand large. Formée à la bonne école des Peyron ou des De Kersauzon elle trouvera ses heures de gloire en 1990, en remportant la route du Rhum.

La mort qu’elle a souvent frôlée (A 17 ans, accident de voiture ou en 2011 quand elle faillit se noyer au Cap Corse) a fini par la rattraper.


Nous ne pourrons jamais t’oublier Flo…


Fiancée du grand océan
Tes boucles chevelues au vent
Tu naviguais en  pleine voile
Guidée par l’indicible étoile.

Cette incurable force mue
Par les rivages inconnus
L’appel assourdissant des vagues
Aux dieux marins passer la bague

Petite fiancée de l’eau
Dans le sillage d’un bateau
De Peyron ou de Kersauzon
Tu suivis leur bel horizon

A Billancourt vivait Boulogne
Comme un grand port au cœur d’ivrogne
Pour une ivresse maritime
Au plus profond de ton intime

Florence à flots, vers les Antilles
Route du rhum, peur d’écoutille
Hauban claquant  sous l’alizé
Et la victoire à bout de quai

Florence au cœur du Pacifique
Bravant de sa grâce magique
Les rugissantes orgueilleuses
Aux mille écumes impétueuses.

La mort riant sous cap en force
Voudra t’aimer en mer de Corse
Mais loin des fonds de Tabarly
Un appel sauvera ta vie

Pourquoi a-t-il fallu Florence
Que tu naviguasses en flots rances
D’une télé réalité
Si loin de l’eau qui t’enflammait ?

Entre nuages argentins
Quelques bourrasques  de chagrin
Gonflent en concert des voiles frêles
En longs soupirs émotionnels

Comme quelque mouchoir agité
Le long d’impossibles jetées
En sémaphore du désespoir
Pour un départ sans au revoir

Comme quelque mouchoir agité
Dans tes embruns d’éternité…

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