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mercredi 6 mai 2015

TROIS COEURS




La société Carmat a dû se rendre à l’évidence : son cœur artificiel n’est pas encore au point. Le second bénéficiaire de cette invention vient de rendre l’âme. Et, aussitôt, en sinistre oiseau de proie, le boursicoteur était prêt à faire chuter l’action de l’entreprise ! La cotation du titre a dû être suspendue le temps de faire le point…

Deux cœurs, non artificiels eux, battent au gré des événements politiques.

Celui de Jean Marie Le Pen se nourrit d’un sang rouge de colère. La colère d’un père trahi par sa fille. Il la voudrait mariée pour qu’elle ne porte plus son nom. Le voilà suspendu comme une vieille chemise sur le fil de la honte dressé par sa Marine de guerre. Excommunié de cette paroisse qu'il a bâtie de ses mains ; on ne respecte plus les vieux au FN !

Celui d’un Président, encore tout esbaudi d’avoir fait signer de juteux contrats pour le bien être de la société Dassault et celui de son truand de patron.

Après l’Egypte (24 rafales vendus), l’Inde (36 avions) voilà le Qatar (24 avions) qui fait de la France un grand vendeur de supersoniques tueurs d’hommes.


Un président que ces embellies commerciales n’arrivent pas à dérider tant la courbe du chômage, spectre récalcitrant, hante ses nuits élyséennes. Un Président qui vient de fêter ses trois ans au Palais mais qui regarde, le cœur tremblant, l’horizon 2017…


Un cœur artificiel qui connaît son Carmat
Qui bat au gré des flux de souffles électriques
Sous le regard anxieux des bourses monétiques
Pour terminer vaincu au pied de l’au-delà.

Un cœur tout en prothèse, cent promesses fragiles
D’une pérennité de vie sentimentale
D’un sursis suspendu à la science géniale
Jusqu’à tomber du haut des prouesses techniques.

Un cœur en paternelles cicatrices éprouvées
Sous l’outrage félon d’une fille faraude
Amour propre déchu, la blessure qui fraude
Avec le faux semblant du discours détaché.

Un cœur de vieux lion que son clan désapprouve
Et qui saigne au gibet d’une croix moins gammée
Répudiant cet enfant nourrie de son passé    
Sur le grand Golgotha que grisaille recouvre.

Un cœur dans ses trois ans de battements gauchis
Sous des lustres affolant les lambris, feuilles d’or
Cardiaques envolées en clé d’état-major
Arythmiques poussées d’éclat de monarchie.

Un cœur de Président dans l’Elysée-froidure
Mu de désillusions et de prudence noire
Assoiffé de ce sang puisé dans l’illusoire
Etang d’une utopie qui sous le vent murmure…

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