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dimanche 27 novembre 2016

IL VOULAIT VOIR LA LUNE...



A Alep-Est, l’enfer signe chaque jour un nouveau contrat avec la mort. Les derniers tracts largués par les hélicoptères de Bachar El Assad promettent des jours plus sombres aux habitants terrés comme des rats, sans eau, sans électricité et quasiment sans espoir de voir l’Occident les sortir des ténèbres.
La camarde compte ses nouveaux adhérents : 143 civils dont 19 enfants ont péri en une semaine de bombardements à l’artillerie et depuis les airs, dans Alep-Est, tandis que 16 autres civils, dont 10 enfants ont été tués par les salves des rebelles à Bachar, cette fois-ci dans Alep-Ouest.
La ville universitaire n’est qu’un champ de ruines. Les hôpitaux sont visés sans que l’Occident n’intervienne. Obama ne veut plus d’intervention terrestre et son successeur, Trump, pourrait se laver les mains en laissant un Poutine pro El Assad (pour des raisons bassement stratégiques) continuer à régler le conflit. François Hollande en fin de règne et l’Angleterre du Brexit se regardent en chiens de faïence pour savoir qui des deux osera se salir dans cette sale guerre.
Alors Alep se meurt. L’enfance agonise dans les bas-fonds de fortune où survivent des velléités scolaires et familiales
Des terriers de fortune pour éviter les bombes. Une gageure dont se rit la Lune.

La super sphère lumineuse  du 14 novembre n’aura pas chassé l’obscurité des haines assassines.

Et l’enfant s’en est allé…

Il voulait voir la lune, on l’annonçait trop belle
Très proche des regards de son aura rebelle
Il voulait voir la lune, pauvre petit Pierrot
Mais on le retint là, croupi dans son ghetto.

La mort emplit la nuit et les journées d’enfer.
- Ne sors pas mon petit, lui supplia la mère
De grands aigles d’acier laminent la cité
Sous l’éclat d’explosions Alep s’est enterré.

Il voulait voir la lune, elle brillait magistrale
Comme une féerie bravant le sépulcral
L’enfant ne la vit pas du fonds d’un vieux caveau
Fripé d’humidité, cerné de caniveaux.

Puis le jour s’est levé, la lune a disparu
Une bombe éclata au profond de la rue
La poussière et le sang recouvrirent de leur voile
Le visage d’enfant, les yeux dans les étoiles.



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