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samedi 14 mai 2016

DE SÉDUIRE KAHN EUT L'ART (qui n'en est pas un)



Vendredi 7 mai, bien après Tea-time, le candidat du Labour Parti étant, à la bourre, parti serrer des mains sans ressentir de poids niais, apprit, sans surprise, qu’il s’était imposé devant son rival Goldsmith (forgeron d’or) qui utilise trop de conservateurs pour prétexter porter l’habit haut, logique !

Oui, Sadiq Khan, venait de gagner avec 57% des voix, le fauteuil de la Mairie de Londres, et j’entends big ben qui sonne. C’est la folie à London.

Pourquoi tant d’effervescence ? Tout simplement parce que Mr Kahn devient le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale ! Alors, certains applaudissent et d’autres s’interrogent.

Evidemment, pour les islamophobes empâtés et pas très ravis au lit neuf que prend la Tamise, Kahn est l'honni ! Mais, l’homme, fils d’un chauffeur de bus pakistanais veut immédiatement rassurer :

Je promets d’être un maire pour tous les Londoniens, pour toutes les Londoniennes (on dirait du Chirac). Je veillerai à m’assurer que vous ayez les opportunités que cette ville incroyable m’a données.

Il doit rasséréner certains riverains qui cancanent quand Kahn allègue ne pas appartenir à la mouvance radicale.

Il seront prêts à lui tirer moult flèches des meurtrières dès qu'il verront la barbe à Kahn !

Pour ses électeurs le problème ne se pose pas : il serait trompeur de réduire le nouveau maire de Londres à sa seule religion musulmane ! C’est d’abord un travailliste que lisse l’âme d’un bon pas qui s’tend ! Alors pas d’amalgame, lance un dentiste du bridge (tower) qui a voté pour Kahn à l’historique…de ses antécédents l’aidant.

Pour un journaliste britannique : «c’est surtout la victoire d’un homme politique de gauche, dont le père roulait à gauche en bon chauffeur de bus et qui a transmis le goût de la boxe au fils !"

Un homme politique qui fera une politique de gauche en bousculant ! Et d’entendre déjà de la part de ses partisans :

As hurricane, hurry Kahn !

(Comme un ouragan, bouscule Kahn !)

Il devra s’atteler à la crise du logement car le prix de l’immobilier flambe. Kahn adhère à une politique de lutte contre cet incendie. Il mise sur ce combat mais on lui susurre déjà : il faut pousser au-delà ta mise !

Oui, on lui spécifie qu’il devra aussi gérer la rénovation des transports en commun (les trans-maures en copains disent les vilains). Il pense d’ailleurs geler durant quatre ans les tarifs de ces derniers ! Ce ne sera pas du gâteau mais, décidé, Kahn l’est.

L’homme voudrait aussi se lancer dans des travaux financé par l’emprunt. Mais il est coupé en deux entre rigueur budgétaire et amélioration de vie des moins aisés : on verra comme agira Sadiq au taux mis !

En France les réactions sont contrastées.

Jack Lang lit Kahn, de manière très religieuse, le programme du Pakistanais va dans le bon sens, bien à gauche.

En revanche, Ménard, maire de Béziers, fait des cauchemars dantesques. Il imagine la ville de Londres aux mains des barbus et Piccadilly Circus envahi de boutiques de kebab !

A tant faire que de juger les maires sur leur religion, je dirais qu’il aurait mieux fallu voir l’abbé Kahn, si vous m’autorisez !

Kahn, lui, n’en a que faire de cet olibrius obnubilé par les crottes de chiens qui polluent sa ville et dont il veut ficher les ADN. Sadiq se moque de Ménard qu’il ne connaît pas.

L’homme savoure sa victoire en attendant l’épreuve des faits.

Longtemps serein au cours de sa compagne, Kahn a ri…lors de son élection.

lundi 9 mai 2016

IL A FALLU POUR TANT DE SOUS MARINER !




Le feuilleton que d’autres feuilletaient a pris fin. On a appris, dans la nuit du mardi 26 avril, que le pays des kangourous et koalas allait nous acheter 12 sous-marins conventionnels et qu’on vend sillonnant les routes du marché des armes.

Le montant du contrat porterait sur 34 milliards d’euros et pourrait rendre insubmersible la DCNS, entreprise français productrice de  ces monstres des mers, qui, à défaut d’une telle manne, aurait pris le bouillon ! Les ouvriers, soulagés, voient quitter décès et naissent.

Pour remporter le programme baptisé « SEA 1000 » la méthode assimil n’eût été d’aucun secours. Le constructeur s’est inspiré du sous-marin nucléaire Suffren classe Barracuda, livrable à notre chère marine nationale (pas celle qui se prend pour Jeanne d’Arc !) à partir de 2017. Le barracuda, sans embarras codé et sans barrer cadeaux est exactement ce que voulaient les Australiens qui ont leur petites lubies et entassent manies.

Le cahier décharge (non nucléaire) de l’Amirauté australienne stipulait que le géant des mers puisse parcourir 10.000 miles nautiques (un mile = 1852 m) en immersion. La proposition d’un concurrent allemand, TKMS, étant de moindre autonomie, les autorités la mirent ôtée.

Le Shortfin Barracuda est le plus gros des sous-marins conventionnels européen. Il devient une boîte de conserve pour quelque 60 membres d’équipage, de préférence non claustrophobes, et paradoxalement, interdits d’être saouls, amers. Le monstre de 4700 tonnes, long de 97 mètres, est capable de plonger à plus de 350 mètres quand il se cache à l’eau en criant « où se planque-t-on ? »
Le grand cigare noir est doté d’un système de propulsion à pompes-hélices qui le rend particulièrement silencieux dans ce monde qui l’est déjà.
La DCNS (détenue à 62% par l’Etat et à 35% par Thalès), a prévu dans le contrat un tronçon de 8 mètres de long sur la partie centrale de la coque. Il pourra abriter des technologies futures : nouvelles piles à combustible de deuxième génération, réservoirs de carburant supplémentaires genre oxygène liquide, drones sous-marins…
Un boyau pour loger ce qu’on veut, à la carte, en fonction des besoins qui s’assoient et se faire au séant ! Et en étant sur piles on évitera de faire surface.
Le premier sous-marin Barracuda devrait être mise à l’eau en 2027 suivi de sa mise en service trois ans plus tard.
Petit bémol au contrat : les submersibles seront construits à Adélaïde (Australie Méridionale) avec de l’acier purement australien et il faudra s’y faire si on veut que les monstres se mettent à l’eau ! Les Australiens pourront faire tourner leur aciéries qui, jusqu’alors, vivotaient ayant des commandes vives ôtées dès qu’on déclarait : devis vaut tant ! Quant au nickel, la Nouvelle-Calédonie, voisine, voudrait bien le fourguer, à cette occasion. L’opportunité aura-t-elle l’occasion de sortir la tête de l’eau ?
Il est sûr que toutes les pièces ne pourront être conçues dans l’hémisphère sud. Aussi, la France a des belles cartes à jouer ! Certains économistes supputent une répercussion sur notre économie à hauteur de 8 milliards d’euros. Voilà de quoi maintenir quelque 4 mille emplois pendant 6 ans dans les arsenaux de Cherbourg et chez les sous-traitants de Nantes et Lorient à un moment où, parfois, périt SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production).
Le volet formation n’a pas été exclu !  
Alors, le capitaine de pédalos peut sortir le champagne ! Il vient d’enregistrer la grosse vente du siècle même si le moteur diesel (remplaçant le nucléaire) ce n’est pas au top niveau dans le cadre de la Cop 21.
Il peut glousser de joie même si le transfert de technologie montre, in fine, avoir un impact moindre sur l’emploi ! Son plongeon dans les sondages pourrait quelque peu remonter vers la surface, quittant le bal asthénique pour des ballasts uniques !
Il peut s’esbaudir, en sous mari niais, que la formation sera assurée par les Français même si l’armement et l’alarme seront américains (l'Australie n'a pas fait mystère du fait qu'elle préférait le système américain AN/BYG-1 ainsi que les torpilles australo-américaines Mark-48 comme armes principales).
Il peut dit que c’est dans la poche et qu’il peut redevenir pour son camp gourou. Il peut ressentir un frisson de reconquête d’avant 2017. Ils peuvent faire fi des échos de chute que les sots narrent !

Ah, le beau métier que de vendre des armes. J’en ai l’alarme à l’œil !

mardi 26 avril 2016

GOD SAVE THE PRINCE




Evidemment il n’aura échappé à personne que Prince a quitté ce monde, laissant une myriade de fans inconsolables.

Prince manquant d’air est devenu Pince juste bonne à serrer celles des autres, ceux qu’il rejoint là-haut, au paradis des génies de la musique.

C’est à l’âge de 13 ans que ce petit bonhomme pas plus haut que 3 pommes (1m57) s’épanouit à la musique comme une bouffée de résilience devant le désastre de deux parents qui divorcent.

Il crée un premier groupe nommé Champagne avec des amis, pour une musique qui pétille, éveillant leur émoi (et veillant le Rémois ?).

Rogers Nelson, le futur « Prince » n’a rien avoir avec l’amiral de Trafalgar et n’aime guère prendre l’amer. Sa musique est bouillonnante de vie qu’il puise dans les racines paternelles (son père est pianiste de jazz), dans la voix de sa mère et dans les sons inégalables d’un Jimi Hendrix.

Sa musique n’a rien d’éther Nelson et déjà le talent éternel sonne, au rythme et sonorités de multiples instruments qu’il apprivoise au fur et à mesure comme le dirait, avec Foly, Dédé Manoukian.

A 20 ans, il produit son premier album « for you » très rythmique et empli de sainte éthique comme me l’a dit un ami pope. Le second suivra en 1979. C’est l’album « Prince » qui s’inspire davantage de pop and rock.

En 1980 apparaît « Dirty Mind » c’est-à-dire un esprit mal tourné tant le funk minimaliste nappé de pop et new wave s’accompagne de paroles pornographiques à faire pâlir tous les marquis de Sade voire à faire rougir les putains de la rade !

Prince prend l'habitude de se produire en imperméable et bas résilles, un mélange de Columbo et de Lily Marleen quelque peu dérangeant pour les adeptes de Chantal Goya ou de Mireille Matthieu.

En 1981, avec le 4ème opus « Controversy », il persiste et signe en évoquant  l’onanisme sans en référer aux rythmiques de branle de Poitou. Il se produira, parfois, devant un petit parterre de fans. Ainsi, il s’exécutera dans un restaurant indien : face à lui, des sikhs trémoussant en masse turbans.

Ses ventes décollent grâce à Little Red Corvette, extrait de l'album 1999, sorti en 1982. A l’écoute de Corvette des corps se dévêtent, c’est la transe !
En 1984, Purple Rain (pluie violette), enregistré avec le groupe The Revolution, lui apporte une renommée internationale. Une pluie de violettes qui ne va pas lui coûter bonbon (style « to loose ») eu égard au retour sur investissement. Le film lui rapporte 71 millions de dollars.


Un beau pactole qui lui permet de créer son propre complexe d’enregistrement « Paisley Park » dans un lieu sûr qu’il débarrassa de minets à peau lisse ; oui, ces minets ôta pour éviter de les entendre miauler dans les bois (et non pas Biolay dans l’émoi). Il fait également désenvoûter ce lieu où, selon les dires de certains bovins, paissent les Parques.

De son fief, Prince qui ne sent pas que, déjà, s’use rein, qu’il va sale, s’enhardit à contrôler ses productions. Il s’autoproclame le grand rival de Michael Jackson de but en blanc !

En 1992, à la suite d’un nouveau conflit avec sa maison de disques (qui est souvent verte et braie), il change de nom et devient « Love Symbol » car il ne peut se sentir humble héros.

Les opus suivants, en poussins poussifs, poussent en impasses aux panses épaisses à l’exception de la bande originale de Batman pour laquelle mon ami chauve sourit encore à la moindre écoute.

Prince ne se décourage jamais, reste vaillant mais en ne se disant pas Foster. Il sort un album tous les 2,06 ans (1,98 selon le groupe Police) et nous gratifie de « 3121 » mélange de funk, Rythm and Blues et black soul (2006), et  de « Planet Earth » (2007).

Cette planète terre qui se décidera bientôt à le désigner en Prince qu’on sort. Elle fera même des cendres ce génie disparu brutalement, ce 21 avril 2016, à l’âge de 57 ans, pour les 90 ans de la reine Elizabeth II.


God save the Prince !



lundi 25 avril 2016

UNE LARME DE RIRE







Au coin de l’œil ai vu surgir
Ce qu’ourdir le pire n’aurait su
Perle salée à mon insu
C’était une larme de rire...

La graine d’eau jaillie, tenace
Loin des méandres de mon âme
Echappée des pensées de lames
Dans sa légèreté fugace

La gouttelette inattendue
L’irrévérencieuse ingénue
Sous le rideau mort des paupières

Une rosée de fleur badine  
Mouillant la froideur des ravines
Et l’amertume des ornières

samedi 23 avril 2016

DILMA QU'ON FAIT DESCENDRE SOUFFLE SES DERNIÈRES BRAISES ILIENNES





Ce n’est pas la grande forme au Brésil à quelques encablures des jeux olympiques d’été (en juin 2016).

3,5 millions de Brésiliens sont descendus dans la rue, sans chemise et samba, pour exiger la tête de leur Présidente, Dilma Rousseff. Le pays s’embrase, il y a raison de s’inquiéter !

Dimanche passé, la Chambre des députés a engagé la procédure de destitution de la dame, chère à Lula, l’ex président qu’elle cherchait à faire entrer dans son gouvernement afin qu’il échappât à la justice à la suite de louches affaires de corruption. L’homme à son pays disait d’elle : loue-la ! Désormais les deux complices sont dans le collimateur.  Les partisans de l'impeachment (mise en accusation) se sont fait des rets pour attraper, aux quatre coins de ce vaste continent, les sujets de mécontentement.  Dans la suite d’une déculottée phénoménale face à l’Allemagne en Coupe du Monde (7-2) le Brésilien l’a mauvaise ! A générer des fous de bal l’heure peu l’est !

Car Dilma Rousseff, l'actuelle présidente brésilienne ne se contente pas de se maquiller pour se faire label dans les sondages. Non, elle fait de même pour les comptes publics. C’est du moins la malversation qu’on lui colle sur le dos comme si elle se vêtait d’or sale.  La dame est soupçonnée d’avoir tenté de masquer l’ampleur de la dette de l’Etat alors qu’elle faisait campagne pour se faire réélire, en 2014.

Oui, on l’accuse d'avoir traficoté les comptes macro économiques pour assurer sa réélection, en escamotant des déficits contractés auprès des banques publiques.

Par ailleurs, elle est impliquée dans le scandale Petrobras. Là encore, on ne peut pas alléguer que sa position soit très enviable ; l’état de bas y’a !

Petrobras, du pétrole brasse mais aussi des millions, de l’oseille. Cette énorme société, lancée dans les années 50, s’enorgueillit d’être la 10ème plus grosse société pétrolière du monde qui se formate aux gros sceaux Comme à  chaque fois, le multinationalisme des firmes fleure bon le copinage avec le gouvernement en place. La corruption n’est jamais très loin au fil de paies trop liées à l’omerta de l’amer temps.

Petrobras va être liée à un vaste réseau de corruption dans lequel baigne aussi des entreprises de bâtiments et travaux publics. L’ancien président, Lula, est impliqué  tant sa barbe erra (Barbera) en ces pots de vins dans lesquels il ne peut se prétendre cas berné !

Selon des éléments d’une enquête policière, il s’avère que des pratiques au sein de Petrobras auraient profité à Lula sous des formes bien sympathiques : liasses de blé qui font tant ses reals, biens immobiliers luxueux si loin des loques à terre en favelas…

Le procureur, Dos Santos Lima, a déclaré que Lula avait reçu l’équivalent de 7 millions d’euros (30 millions de reals ou réaux murs) sous forme de dons et pour des colloques par des entreprises du BTP qu’on fait rances.
Dernièrement, Sergio Moro, un juge moral qui aime oraux, a dévoilé un enregistrement fort embarrassant pour Lula et sa petite protégée, en bas racés. On y entend que Dilma informe son prédécesseur qu’un joli fauteuil de ministre l’attend. Mais la nomination ne se fera pas et les députés sont remontés contre la femme qui joue avec les institutions avec la conscience d’un lièvre, d’une âme hase honnie.
Dans un contexte de crise économique (le PIB brésilien est en chute libre avec -3,7 % en 2015) et sanitaire (mortalité due à une épidémie de Zyka et récemment une recrudescence des ravages du virus H1N1), le Brésil, à quelques semaines de JO, se gratifie d’une superbe crise politique à se plonger dans des mares à casse
Avec 367 voix pour et 137 contre, la Chambre des députés brésilienne a engagé, dimanche passé, la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Les élus se sont prononcés lors d’une séance volcanique où on eut droit à des coups laids de larves !

Cette procédure entrera dans sa deuxième phase autour du 11 mai avec le vote des sénateurs. Et r’tonne Sénat, lance déjà un député adepte des formules Huns tant l’envie de faire hâte il a ! Il voudrait vite en finir avec la Présidente et lance :

-         Rousseff assez !

Comme si la dame rousse s’effaçait alors qu’elle n’a nullement cette teinture. C’est vraiment tiré par les cheveux.

En attendant le Brésil va mal en raison de la chute des cours de matières premières (à gris cols d’austérité et café qui essuie des grains) et de la décélération des exportations  vers la Chine, son ex partenaire privilégié.  Les remèdes économiques sortent du classicisme : augmentation des taux d’intérêt pour limiter l’inflation par la demande  mais au risque de dissuader les entrepreneurs novateurs à emprunter afin de réaliser leur projet ! Dès lors la production stagne voire baisse et comme la consommation chute de son côté, le pays entame un cercle vicieux qui impacte l’emploi (le taux de chômage a doublé en un an).

Dans ses conditions économiques si dramatiques, le moindre soupçon de corruption ne fait qu’exposer davantage au risque de destitution !


En attendant son sort, Dilma ne peut que constater que la crise étend son empreinte, étend ça aux polos !


dimanche 17 avril 2016

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Un peu de maille au jaune
Un peu de maille au blanc
Et le tour est joué...


mardi 12 avril 2016

LA VIE COMME ELLE VIENT



La vie comme elle vient
Fait de mille coups l'oeuvre
L'antre épicurien
Comblé de chefs-d'oeuvre

La vie comme elle va
Mue gaie, de délices
Quitte les lits las
Fait jaillir des lys

La vie comme elle court
Fleurit l'aire à cistes
Comble les basse-cours
D'ailes pacifistes

La vie comme elle chante
Fait docile arrêt
Fièvre concertante
Cime, îles adorées

La vie comme elle peint
Notre amour qui bat
Surprend nos matins
De ses doux ébats

La vie comme elle vit
De danses insignes
Donne à ma jolie
La blancheur d'un cygne...




lundi 11 avril 2016

LA NUIT DEBOUT EST EN MARCHE





Lille, ma ville, à l’image de Paris, a connu sa première nuit debout, place de la République, ce samedi 9 avril 2016.

Sur le modèle parisien, les participants de ce mouvement spontané, proche de l’esprit des indignés et empreints de l’âme de Stéphane Hessel, se réapproprient l’espace public, réinventent l’agora grecque.

Sur place la ruche bourdonne. Des tonnelles sont dressées et font office de dortoirs, de centre de secours, de cantine… Des lits de fortune (pour gens d’infortune) s’alignent en ballots de paille, comme un clin d’œil aux miséreux, régulièrement sur la paille, et qui s’avouent que "c’est ballot".

Les apôtres de la décroissance, les déçus du socialisme à la sauce hollandaise, les « qui veulent avoir leur propre mai 68 » se rassemblent, spontanément.

On fustige le projet de loi El Khomri, annonciateur de déréglementation du code du travail, exécuteur de flexibilité au service du patron et d’insécurité vis-à-vis du salarié kleenex.

On refait le monde. On raille le Ministre Macron qui vient de lancer son propre mouvement  «En marche ». On glose sur ses intentions. Le jeune prétentieux issu du monde bancaire se dit de gauche mais l’annonce de son mouvement a fait sauter de joie Pierre Gattaz, le patron des patrons, qui a trouvé le concept « rafraîchissant » !

On s’attaque aux bourgeois, à la mondialisation, aux donneurs de leçon qui se font prendre la main dans le pot de confiture panaméenne ! Une ruche, je vous dis ! Mais pas encore de reine !

Le miel abonde ! Il se joue de l’état d’urgence, s’émancipe des codes de l’urbanité et regarde vers des lendemains encore flous mais qu’on veut débordant d’humanité.

Une nuit est « en marche ».

Pas sûr que Macron puisse dormir sur ses deux oreilles.




Et tandis que Macron nous abjure d’être en marche

Pour contrer son patron d’indolente démarche

Ils se lèvent, debout, dans l’éclat de la nuit

En rêvant du grand soir par l’espoir qui reluit

 

Pendant qu’Emmanuel de sa voix de banquier

Pousse la ritournelle de l’argent libéré

Ils sont la sous la pluie, sur les ballots de paille

Place de la République, hors des feux du travail

 

Le Prince de Bercy veut libérer les flots

L’énergie novatrice échappée des enclos

Mais ne voit liberté qu’en ses appâts vénaux

Eux la rêvent habillée de généreux signaux

 

L’ambitieux que la gauche n’a que très peu nourri

Rêve, tout en couleur, de jeunesses fleuries

Au printemps des Start up, de l'entrepreneuriat

Eux, caressent la nuit de dociles mantras

 

L’homme décomplexé de sa rose droitière

Veut glaner des patrons de branches ouvrières

Imaginant un monde d’opulence épanoui

Eux tournoient, folle ronde ouverte aux utopies

 

En dehors des partis, c’est du moins ce qu’il clame

Mais l’esprit envahi de pécuniaires flammes

Le marquis cravaté prône les bénéfices

Aux essences privées ; ils y voient maléfice !

 

La dérégulation coule encore en ses veines

Quand il ose avouer sans empreintes de gêne

Son amour de la rose, dans les pas de Jaurès

Eux finissent de croire,  au bout de la détresse.

 

Et la nuit les blottit dans ses bras de velours

Qu’importe les rivières de ces nuages lourds

Ils sont là, rassemblés, cœurs vaillants,  solidaires

Loin de l’état d’urgence et des peurs militaires.

 

Et la nuit les ravit de sa noire plénitude

La parole échangée brise les solitudes

Un combat qui s’ébauche, indécises esquisses

On recherche un ressort, en voix fédératrices.

 

Une nuit tient debout, en marche est le Nocturne

Sous les doigts de  Chopin, sous l’anneau de Saturne

Loin des lunes d’argent du Seigneur de la Bourse

Dans la pensée d'Hessel, au cœur de la grande Ourse... 




samedi 9 avril 2016

LE CHANT DU CYGNE CEDE CHEZ COFFE




Jean Pierre Coffe naît le 24 mars 1938 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Lune et vies l’oient grogner la nuit, dans son berceau, pestant déjà contre la rondelle de saucisson que lui a donnée sa maman entre deux tétées à tâtons tentées.
L’enfant grandit avec l’âme aux ailes, désireux de s’envoler de sa Lorraine qu’il ne trouve pas assez quiche, heu kitsch !

Il se prend de passion pour le théâtre et va suivre, très vite, des cours renommés dont se proroge échos, Simon (dont ce pro Roger Caussimon…heu, non, lui n’a rien à voir dans cette histoire).

Après la guerre d’Algérie (il est affecté à la météorologie nationale et ne cesse de tempêter d’un timbre si rauque, haut). Il revient à la vie civile pour effectuer de petits boulots un peu bâtards mais destinés à gagner une croûte et d’éviter le pétrin. Il travaille ainsi, pour des clopinettes (et blague à part) comme représentant pour la marque de papier à cigarette JOB !

Puis le voici directeur de publicité aux Editions Laffont , métier qui livre une certaine couverture médiatique dont il saura se servir par la suite.

En 1976, il ouvre le restaurant La Ciboulette, rue St Honoré et ce n’est pas du gâteau ! Il enchaîne avec « Le Modeste ». Six boulettes ça semble effectivement modeste pour un homme ayant connu des maux d’Est mais, ne vous trompez pas, la carte n’a rien de menu et l’homme régale !

Jusqu’au jour où, escroqué par un libanais habile à déboulonner son bilan ballonné, Jean Pierre déclarera son désappointement et une faillite.

Il se retrouve alors comme meneur de revue à l’Alcazar, ce qui semble mieux que d’y être vestiaire et déplorer, en lamentable brèle, voir Madame promener son cul sur les remparts de Varsovie.

En 1984, il entre à Canal+ pour assurer des chroniques en déplorant déjà que les sucreries sous les crocs niquent l’émail.

C’est le début d’une longue carrière à la télévision : France 3, puis France 2, puis Tf1 (émission bien jardiner) où il finit par se fâcher avec son producteur tant Delarue barbe !

A partir de 2003, il rejoint l’indéboulonnable Drucker à France 2 et devient le chroniqueur pas tenté  (par les saloperies gustatives) des questions culinaires. Il fustige alors la mal bouffe, le polyphosphaté, les conservateurs de tous poils y compris Laurent, veau quiet, qui, lancé falot, pâtit de ses diatribes.

Après une année d’écriture il, revient, en 2013, sur France mais déçu de voir Sophie à rames galérer dans « jusqu’ici tout va bien » il quittera le navire qui finira par couler de lui-même, tel un camembert bien fait ayant subi des bris de maux.
La vie de ce joyeux vivant ne s’arrête pas au petit écran. On le retrouve dans les grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL. Il aime visiblement la radio car on l’écoute aussi sur France Inter dans « ça s’bouffe pas ça s’mange » tous les samedis de midi à 13h (de 1998 à 2008). De sa voix inimitable, il vilipende les dérives des filières de la viande qui tournent en eau de boudin, les élevages en batterie propices à la propagation du bacille de coqs. Il rue dans les brancards en lançant son fameux « c’est de la merde !».

Pour lui, le niveau des recours aux moyens légaux est mis haut. Il revendique une cuisine saine, biologique qui reste au rang du prix abordable ! Et toque !
Ceux, qu’il agace trop, nomment son combat de réactionnaire. Peu lui chaut l’effroi qu’il assène aux vendeurs de denrées rendues rudes en durée d’urée. 

Il n’est jamais plat de résistance, d’entrée, pour s’opposer à la loi qui dessert la bienséance de la qualité gustative. Il s’afflige de voir une qualité qu’on érode par apports sales aux mets.

Comme dirait un patron de café d’Antony, versant mon rouge, sans souhaiter de mal à Coffe,  puisqu’il kiffe Coffe :

-      Le chauve aux grosses lunettes rondes il en a ! Oui, il en a pour s’attaquer aux mastodontes de la bouffe et leurs grandes combines.

Oui, et toujours avec cette verve –haine qu’il infuse délicieusement avec une dérision, tel un clown auguste, hâtif (ô gustatif !).

C’est oublier qu’il pensait faire une carrière de comédien. En réalité, il brûlera rarement les planches pour préférer y mettre du pain. On le verra quand même, en 1976, dans « le genre humain » de Jean-Edern Hallier. Il se produit aussi derrière la caméra, dans une quinzaine de films (pas obligatoirement des navets destinés à faire chou blanc), dont « Violette Nozière » de Chabrol (en 1977) où il interprète le docteur Déron.

Des ronds il s’en fera surtout en interprétant son propre rôle de pourfendeur des fast-foods, sur les plateaux de TV et par la vente de ses nombreux livres à toutes les sauces  (essais, guides de jardinage, recettes de cuisine, livres pour enfants…).

L’homme qui se voulait comédien aura finalement fait ses choux gras dans la vente de son propre personnage, peu enclin à y aller avec le dos de la cuillère à l’encontre des pseudos restaurateurs.

Hélas la camarde, elle, ne lui permettra pas de sucrer les fraises plus longtemps (il était atteint de la maladie de Parkinson). Elle met les pieds dans le plat pour la fin des haricots. Une crise cardiaque l’emporte en ce 29 mars, à Lanneray (Eure-et-Loire).

On voit ses mots finis s’taire ; les pleurs arrosent Coffe !

On n’entendra plus jamais raisonner sur les plateaux de TV le « bon sang, mais c’est de la MERDE ».


Et quelque part, c’est bien triste !

mercredi 30 mars 2016

MORT D'UNE LEGENDE



Johan Cruyff, le Hollandais volant, celui qui survolait de sa grâce les pelouses du ballon rond, s’est éteint, à Barcelone, à l’âge de 68 ans, le 24 mars 2016.

Johan Cruyff, génial dribbleur, chef d’orchestre de l’Ajax d’Amsterdam et de l’équipe des Pays-Bas aura marqué de son art le football mondial dans les années 70.

Triple ballon d’or, il aurait gagné tous les trophées et les sésames si la Coupe du Monde, en 1974, ne lui avait pas échappé. Hélas, cette année-là, c’est l’Allemagne de Beckenbauer qui devait emporter le Graal (Victoire 2-1 en finale contre les Bataves). Mais Johann voulait-il gagner ce titre qu’il convoitait tant ? Le numéro 14, le fétiche 14, s’en prend à l’arbitre et écope d’un carton jaune. L’homme perd les pédales et plonge, inexplicablement dans une sorte de syndrome d’échec.

En 1978, on l’attendait en Argentine pour la Coupe du Monde suivante. Il n’y participera pas, non en raison d’une posture politique à l’encontre des généraux qui gouvernent de mains de tortionnaires le pays organisateur mais, on le saura plus tard, pour avoir échappé à une tentative d’enlèvement, à son domicile barcelonais !

" J'ai eu un fusil pointé sur ma tête, j'ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement. Il y a des moments où d'autres valeurs priment dans la vie. Pour jouer une Coupe du monde, il faut être à 200%, dira-t-il sur les ondes.

Cette Coupe du Monde, son pays ne l’emportera pas plus qu’en 1974. Il chute en finale contre le pays de Videla. L’Argentine l’emporte 3-1 et le peuple de Buenos-Aires oublie, le temps d’une fête, le régime dictatorial, les arrestations sommaires et les interrogatoires sanguinaires.

Cruyff devient entraîneur du FC Barcelone. La Catalogne n’est pas près de l’oublier. Formé à l’école du football total (tout le monde attaque et tout le monde défend) il insufflera l’esprit du combat à l’équipe catalane en instaurant son triptyque « transmission-vitesse-inspiration ».

En 1992, il mènera son équipe jusqu’à la finale de la première Champions League. La dream team de Johann l’emporte contre Gênes, à Wembley (1-0, but de Koeman)

Avec Cruyff, Barcelone remportera quatre titres de champion d’Espagne (1991, 1992, 1993 et 1994).

Mais le 18 mai 1994, Cruyff voit son équipe se déliter totalement face au Milan AC. Un 4-0 tonitruant permet aux Italiens de l’emporter (Marcel Desailly y participera même de son petit but !) et d’emporter la Champions League.

Ce sera le début de la fin pour Johann qui ne fera plus rien gagner à son équipe. Il quitte son poste en 1996.

En 1997, il fonde la fondation Cruyff qui soutient les programmes de sport pour les enfants handicapés.

Fin 2009, il accepte de devenir le nouveau sélectionneur de l’équipe de Catalogne, équipe officieuse dont le seul mérite est d’énerver le gouvernement espagnol dès qu’on le titille avec le mot « autonomie ».

L’homme prend autant de  plaisir à coacher ses joueurs qu’à griller cigarettes sur cigarettes. Cette fâcheuse addiction au tabac le perdra.

Pendant des années, l’homme qui terrassait les défenses compactes de ses dribbles chaloupés et inattendus se battra avec un ennemi bien plus redoutable : le cancer.

Le crabe finira par l’emporter, annihilant des poumons qui s’étaient si longtemps gonflés d’air victorieux, d’odeur de victoires et de combativité.


Une légende s’est éteinte en ce 24 mars.


Mais non, une légende ne meurt jamais…


Crinière au vent, cheval fougueux
Maillot 14, captant nos yeux
Tu survolais le vert gazon
Un vent léger en tes crampons

Dribbles magiques, vive envolées
Ballon dansant au bout du pied
Génie planant sur les défenses
Fruit de menaces en permanence

Volée au prix d’une extension
Crochets mortels, déviations
Tu orchestrais en maestro
L’ultra physique concerto.

Johan, en fils de  rock en roll
Sur le gazon des courses folles
Désinvolture dans chaque feinte
Magie marquée de ton empreinte

Football comblé d’engagement
Mais condamné aux grands tourments
Finale perdue, rêve brisé
L’enfant qui casse son jouet.

Entraîneur, cœur de Catalogne
La perfection à la besogne
Le Nou Camp chante tes louanges
Un grand ballet tutoie les anges.

Soudain la chute, le vol d’Icare
Milan broyant un triste soir.
Tu vois la fin se profiler
A travers l’écran de fumées

Mille volutes ensorceleuses
En scélérates ravageuses
Auront raison de ton combat
Ton dernier sur fonds de trépas

Adieu l’artiste insaisissable
Le magicien du ballon rond
Élégance indéfinissable
Adieu beau prince du gazon…