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dimanche 12 mars 2017

LA TURQUIE N'A PAS PU PRENDRE UN BON POLDER

Des manifestants munis de drapeaux turcs devant le consulat de Turquie à Rotterdam, le 11 mars 2017 (AFP/Bas Czerwinski)

Peut-on empêcher un ministre étranger d’atterrir en son pays quand on le soupçonne de représenter un président qui vire à l’autocratie ? C’est en tous cas ce qu’a décidé le gouvernement néerlandais en refusant de voir poser sur le sol batave l’avion du ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. L’aéronef a dû poursuivre sa route et se poser, samedi 11 mars 2017, à Metz, et l’ottoman commençant à avoir mal aux reins, aima Lorrains…

Mevlut Cavusoglu devait assister à un meeting-kebab « bras-dôner », organisé pour la communauté turque à Rotterdam dans le cadre de la campagne du référendum prévu en Turquie le 16 avril prochain sur le renforcement des pouvoirs présidentiels. Il était censé convaincre une diaspora turque (près de 400.000 personnes d’origine turque vivent aux Pays-Bas).

Mais l’autre pays du fromage est lui-même en période électorale. Les législatives vont bon train dans les champs de tulipes où poussent de mauvaises herbes anti-islamiques.
Alors, non, le sbire d’Erdogan, ce maître d’Ankara qui veut s’asseoir sur la laïcité turque (héritage de Mustapha Kemal), non, ce valet du Sultan ne peut venir chez nous, clament les Hollandais.

Car Erdogan veut faire de ce référendum un véritable plébiscite qui pourra graver dans le marbre anatolien (il en aime Ordu) son « hyper présidence ». Si sa réforme est acceptée après consultation du peuple il pourrait être président jusqu’en 2029, en échappant à la limite de deux mandats de 5 ans prévue par l’actuelle constitution turque.

Et surtout, si la réforme passe, elle permettra au président turc d’imposer la suprématie du Président sur le Premier Ministre. La constitution actuelle désigne le 1° ministre comme principal acteur de l’exécutif, et non le président, pauvre bougre relégué à des fonctions honorifiques que, parfois, des valets distants boulent.

Mais, depuis le coup d’état raté et l’établissement de l’état d’urgence, Erdogan supplante son premier ministre, prend les rênes en mains et procède par des craies sur le tableau noir de la répression.

Refuser l’atterrissage de son ministre revient donc à ne pas cautionner les pulsions mégalomanes du sultan. 

Mais c’est aussi le faire insultant. Erdogan a traité de mâles faisans et autres noms d’oiseaux les membres du gouvernement hollandais. Il a fait bloquer les accès à l’ambassade des Pays-Bas, à Ankara. Il a procédé de la même façon vis-à-vis du consulat du royaume à Istanbul pour « raisons de sécurité »

Il faut composer avec moi sinon je rouvre mes frontières pour laisser passer les migrants et l’Europe sera envahie, déclame Erdogan habile (dès qu’la merde au Ghana bile…heu oui mais c’est un tout autre sujet que je traiterai un jour, ou pas...).


En attendant, la brouille s’installe entre son rêve de grande Turquie et la position des Pays-Bas (mais aussi celle de l’Allemagne de Mme Merkel). En jouant la surenchère avec La Haye et Berlin, le maître d’Ankara mise sur une fibre anti-occidentale d'une partie de son électorat. 

En traitant les Hollandais de "nazis" Mr Erdogan évoque "un vestige du nazisme" au pays des polders ! Il faudrait plutôt dire que la menace de vagues marines hisse lames aux phobies.


samedi 11 mars 2017

LEVÉ, LE HAUT MACRON CHERCHE DES PAIX D'ALLIÉS



La droite la plus bête du monde semble également empreinte de vieilles références vichyssoises aux relents nauséeux. Veine est vide ; dit « Vichy », comme dirait un empereur habité par ces arts (du calembour).

Le Titanic des Républicains vogue en eaux troubles avant que d’aller se fracasser sur l’iceberg du scrutin universel !

Le parti de Fillon a publié, vendredi 10 mars, un tweet qui représentait son ennemi désormais n° 1, Emmanuel Macron, sous des traits complètement inspirés de l’iconographie antisémite qui fit les beaux jours des années 30 !

Affublé d’un nez crochu, découpant un gros cigare rotschildien par un coup de faucille, coiffé d’un chapeau haut de forme, le chef du mouvement «En marche » apparaît comme le héraut du complot judéo-capitaliste.

La fameuse thèse du complot juif (on peut y associer les francs-maçons) ressort du bois, en loup malsain et surtout vengeur. De Gaulle peut se retourner dans sa tombe !

Les réactions d’indignation n’ont pas tardé et Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, s’est confondu en excuses et a retiré le tweet. La caricature s’est alors transformée en photo du candidat accompagnée du message : "Pour éviter toutes polémiques inutiles, nous retirons notre dernier visuel. En aucune manière nous n’avons voulu heurter par la caricature."

On comptait aboyer et finalement c’est « bonté Accoyer » avec, il me semble, un certain parfum d’hypocrisie. Car l’intention était là : présenter Macron comme le banquier Juif, riche, influent, à même de manipuler ses contemporains pour arriver à ses fins.

C’est qu’il en fait des jaloux le jeune Emmanuel ! Il fait même des ans vieux pour le père Fillon, en peine à se redorer un blason et qui erre sous un vêtement mat, lassé.

Il suscite bien du vinaigre tant on voit l'aigri zoner chez Les Républicains. Il irrite par cette aisance à rassembler des personnalités de tous horizons. Il fédère des énergies à l’origine antagonistes et fabrique un attelage improbable dans le paysage politique français.

Jugez plutôt. Jean Arthuis, Renaud Dutreil (qui fait partie du premier cercle politique) et Serge Lepeltier, chiraquiens dans l’âme, ont rejoint l’homme en marche. Plus étonnant encore : Alain Madelin, fervent apôtre du libéralisme et père de la retraite par capitalisation se retrouve avec Robert Hue, communiste bon teint, mais qui ne croit visiblement plus au grand soir. Dis-moi Céline, Il n’est pourtant pas loin le mythe du fameux trois-mâts révolutionnaire que Hue gaufrait de dithyrambes. Le mythe s’est « faucillisée » à force de moins bien Marchais.

Du mât de l’un se sert Macron pour se faire hune où rit aubaine efficiente (Hue nourri au bénéfice y hante).

Récemment, Delanoë, piétinant la rose déjà bien flétrie, a rallié le panache blanc de Macron et déjà certains socialistes en veulent à l’âne avare…de gratitudes. Et oui, l’ancien Maire de Paris, ne se voulant pas père de marris, a quitté la nef rose pour épouser la cause macroniste et faire ainsi barrage au front national.

Car bien plus que son programme « en Marche », Emmanuel pourrait jouer la sirène pour attraper dans ses eaux disséminées (et non dans ses odyssées minés) quelques gros poissons de Hollande qui trouve le pays bas en Hamon comme en naval, en parlant du danger Marine.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense (y compris navale), est d’ailleurs en discussion avec le candidat de la marche en avant qui se fait hussard doux (hue, Sardou !) pour l’accueillir sur le toit de sa campagne !

D’autres poids lourds de Solferino pourraient être tentés par le grand saut dans le macronisme ambiant, sans Valls hésitation, avec Le Foll espoir de sauver leur tête quand se barre tôt l’aune des futurs désirables…

Macron serait alors à la tête d’une armée hétéroclite, de bric et de broc, de braquets, de break, de bras qui débraient, d'abracadabra,  avec une meilleure chance de terrasser la Marine mais aussi l’incertitude d’une future gouvernance ballottée au gré des vents de droite comme de gauche.


A moins qu’il nous prouve, enfin, que notre beau pays est capable de se diriger au centre !

A suivre...

vendredi 10 mars 2017

DIVERTISSEMENT XX


Ce nouveau cheminement allitératif s'inspire principalement du show (mi show-mi pluvieux) du rebelle de la république, un certain Fillon, dimanche dernier, au Trocadéro.

L'occasion est belle pour décliner à l'envi et penser à Ayrault, bien soucieux de savoir que Lafarge serait en bal du ciment dans les tractations avec Trump pour ériger le mur antimexicain.

Un petit clin d’œil aux produits odorants qui viennent d'être épinglés par le journal UFC-Que choisir. Et d'évoquer, à nouveau, les fameux perturbateurs endocriniens contenus dans nos produits ménagers sans que l'Europe, par faute de consensus, ait pu en donner une définition commune.

Occasion aussi d'évoquer l'émergence du troc. A Tokyo, une boutique vous propose d'échanger des vêtements contre des sacs de riz ! On n'arrête pas le progrès !

Joyeuse lecture.


dimanche 5 mars 2017

MOSSOUL ET SA TRAGIQUE ESPERANCE




Mossoul, l’ancienne Ninive de l’empire assyrien, vit depuis 2014 aux mains des djihadistes de l’Etat Islamique (Daech) qui en ont fait leur ville symbole.

Depuis le 19 février, les forces irakiennes, aidées d’une coalition internationale (soutien principalement aérien) ont lancé une vaste opération de reconquête de la partie ouest de la ville.

C’est l’ultime étape d’une opération amorcée le 17 octobre 2016 pour libérer la gigantesque agglomération.

Une ultime étape qui s’avère délicate. L’Ouest se compose de vieux quartiers entrelacés aux boyaux étroits où nul char d’assaut ne peut se mouvoir. Le bombardement de la coalition paraît tout aussi impossible sauf à provoquer des milliers de victimes civiles.

Ces dernières fuient déjà en masse de Mossoul-Ouest. Quatre mille personnes fuiraient chaque jour de cet enfer futur, de ses imminents combats de rue, maison par maison, déminage sur déminage car Daech reste un spécialiste des voitures piégées.


Un exode massif, de femmes, d’hommes et d’enfants aux regards hagards. Des fantômes d’une guerre qu’ils ont vécu dans leur chair, sous la perpétuelle menace d’exécution des hommes en noir, agonis de propagande djihadiste, privés de leur liberté et qui se demandent, à présent qu’ils l’ont retrouvée, ce qu’ils vont devenir.


Mossoul vit son ouest en tragique espérance
Liberté arrachée au fil des avancées
De soldats nationaux au chevet des souffrances
Dans les dédales étroits que le diable a piégés.

Les combats corps à corps de tireurs embusqués
La sueur au fusil, au fond des yeux la peur
Dans les veines urbaines rodent mille dangers
De suspectes voitures en fantômes tueurs

Liberté retrouvée au grand prix de l’exode
Quand tant de cœurs aimés sont resté dans l’enfer
L’islamique fléau de tensions s’accommode
Jusqu’au bout des combats en ce mortel hiver.

Les visages meurtris des survivants hagards
Se tournent obstinément sur la ville encerclée
Cliquetis de combats, impétueux brouillards
Noircis de fumées rudes dans le ciel explosé.

Les retrouveront-ils en ces jours qui s’annoncent
Comme un ballet de sang sur la scène létale ?
Seront-ils boucliers contre l’ire des semonces
Le deuil les prendra-t-il en sa course brutale ?

Mossoul vit son ouest en tragique espérance
Les démons retranchés dans l'aire propagandiste
Feront payer très cher cette luminescence
Qui refleurit à l'est en bougies pacifistes.

samedi 4 mars 2017

L'HOMME DE PLUS EN PLUS SEUL


La situation est comico-tragique. François Fillon sorti tout droit de Solesmes pense : « ils sont sots les miens ». Il parle de ceux qui lui étaient fidèles et qui quittent le bateau depuis qu’une mise en examen lui pend au nez jusqu’aux sourcils dans l’affaire Pénélope Gate.

L’homme est de plus en plus seul dans sa campagne mais dit qu’il ira jusqu’au bout. Les défections se multiplient. Le juppéiste Apparu s’en va déjà, Solère ne veut pas lui faire de l’ombre, Lecornu ne tient pas à jouer les cocus de service, le directeur de campagne Stéfanini prend la position démissionnaire et même Nadine mord anneaux olympiques de la fuite en avant.

Mais il n’y a pas de plan B et le Sarthois campe sur ses positions. Il ne cédera pas ! Il fustige une Justice que naguère il encensait en sensé sans pour autant cesser de se saucer sans souci.

Oui, François Fillon ressemble à cette vieille dame indigne du film de René Allio, sorti en 1965.

Une vieille femme, Madame Bertini, se retrouve seule à la mort de son mari. Faisant fi des héritiers, elle vend tous ses biens et s’achète une voiture pour parcourir la France en compagnie d’une serveuse de bar et d’un cordonnier libertaire.

François pourrait se retrouver tout seul à parcourir les campagnes 24 heures dûment, de formule 1 en formule 1 avec des prix d’ami consentis par son mentor, Sarkozy, désormais administrateur indépendant d’Accor.

Oui, François joue ses dernières cartes et en appelle au peuple (quel peuple ?). Il prévoit une marche de soutien, demain, dimanche 5 mars, à Paris, au Trocadéro. Les juges sont dans le collimateur.

Faut-il en pleurer, faut-il en rire ? Certains de ses proches admirent sa pugnacité (quelque peu teintée de mercantilisme* et d’égo déployé), d’autres sont prêts à le lâcher tellement il fait pitié !


Il m’est venu fatalement à l’esprit de parodier la chanson de Jean Ferrat qui fait l’ouverture de l’œuvre d’Allio.


Etats d’âmes des fillonistes désemparés

On est marri, le froid vint tant
Pour refroidir nos feux damnés
Fillon a payé femme, enfants
Indûment ; on est ajourné !
Si on va où se lave Hessel
Faudrait jouer les indignés
Mais le Sarthois bat trop de l’aile
On voudrait bien ses plaies panser

Refrain

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Fait-il envie ou bien pitié ?
On n’a pas le cœur à le dire
On ne voit que le temps passer

Le malheur de gaffer qui fume
Et qui pollue son univers
Les défections, soudain, l’embrument
Les jours s’écoulent à l’envers
A peine voit-il ses lauriers naître
Qu’il faut déjà y renoncer
Il peut s’accrocher aux fenêtres
Déjà jeux naissent à le flinguer !

Au refrain

Il a subi plus de dix manches
De casseroles attentionnées
Mais sans pleurs il se tient aux branches
Dédaignant les sales âmes en jet
Quand toute une envie se résume
A surmonter l’inquisitoire
A fustiger les juges en glumes
Épillets trop usurpatoires

Au refrain


* Fillon, en se maintenant, peut prétendre passer les 5 % au premier tour et sans crever le plafond des dépenses de campagne. Il sera alors remboursé par l'Etat de 47% de ses dépenses assurées amplement par la cagnotte des primaires (vous savez ? Les 2 € pour aller voter)

CE PETIT FILS DE POLAK QUI CONNUT SON DROIT DE RÉPONSE SUR TAPIS VERT



Ils sont trois, issus de l’immigration, qui ont marqué de leur classe le football hexagonal : Raymond Kopa, fils d’immigrés polonais, Michel Platini d’origine italienne et Zinédine Zidane au sang berbère.

Le premier vient de nous quitter à l’âge de 85 ans. Une légende s’est éteinte et pleure le monde du ballon rond.

De son vrai nom Raymond Kopaszewski, Raymond Kopa né à Nœux-les-Mines le 13 octobre 1931. Au Nord, c’est les corons et le mythique club de Lens (les sang et or). Curieusement ce n’est pas Lens qui attirera le petit prodige mais Angers, en 1949.
Deux saisons à joueur, là-bas, qui lui fera dire : avec mes talents je vins (avec métal angevin car déjà considéré comme une rock star). Mais c’est mi-figue mi-raisin qu’il quitte le vent d’Angers car il faut tourner ses pages pour un cépage bien mousseux : celui de Reims !

Et oui, le petit milieu de terrain offensif, au pied habile, se retrouve au grand stade de Reims : dur émoi !

Il y jouera de 1951 à 1956, inscrivant 54 buts et offrant des caviars à ses partenaires et jouant même la finale de la coupe d’Europe : défaite 3-4 contre le Real Madrid le 13 juin 1956. Et justement, le talent du jongleur attire l’attention des Espagnols. Le voilà recruté par le grand club des Meringues où il ne cherchera pas à faire pâtisserie, heu, tapisserie car en football, quand il reste trop sur la touche se meurt un gars !

A Madrid il explose ! Il devient le premier Français vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions en remportant le trophée en 1957. En finale, le Real Madrid bat la Fiorentina (qui pleurera de flots rances) deux buts à zéro.

L’année suivante il remet ça. Le Real, mené par Kopa, gagne la coupe d’Europe en battant en finale le Milan AC (3-2) et on aimerait que cela dure mille années !

La même année, Kopa participe à la belle aventure de l’équipe de France en Coupe du Monde, en Suède. Il met les bouchées doubles et suer doit ! Les efforts sont récompensés ! La France termine à la troisième place après avoir été battue, en demi-finale par le Brésil d’un certain Pelé (2-5 dont un triplé du maestro).

De telles prouesses lui font gagner le ballon d’or 1958, le Graal ! Kopa atteint le sommet et les vœux restent intacts : toujours faire mieux.

En 1959, Kopa gagne pour la 3ème fois consécutive, sous le maillot madrilène, la coupe d’Europe. Ironie du sort, il bat le Stade de Reims, son ancien club (2-0) à en faire pleurer l’avant-centre rémois en justes fontaines.

Pour consoler Just Fontaine, Kopa le rejoint. De 1959 à 1967 le maître à jouer retrouve la champagne qui va bientôt le remercier (l’heureux Mercier) et formera avec Just un joli tandem. Le Stade de Reims termine la saison 1962-1963 vice-champion de France derrière l'AS Monaco. Mais, la saison suivante, les choses se gâtent. En froid avec un nouvel entraîneur, Georges Verriest, Kopa fulmine et lance pour le bonheur de la presse : « les footballeurs sont des esclaves ! ». Mais le Spartacus du ballon rond en prendra pour 6 mois de suspension au fil de l’arrêt niais en cet ère où le joueur rémois lambda « laid perd » naît. Bientôt, au gré des vicissitudes, le grand club tombe en seconde division.  

Malgré des offres alléchantes qui s’étalent et chantent, Kopa reste à Reims pour aider son équipe à remonter en première division. L’objectif est atteint (et ce n’est pas de la tarte !) lors de la saison 1965-1966. Mais le glorieux club n’effectue qu’un passage éphémère parmi l'élite car il est à nouveau relégué en 1966-1967.

Kopa y achève sa carrière de haut-niveau et retirera, sans rêve-errance, les crampons en 1967 à l'âge de 35 ans.

Il continuera, dans le « civil » comme entrepreneur. Il crée le groupe Kopa en commençant modestement, au fond de son jardin avec la Kopa-Cabane A. Il y vend des équipements sportifs. L’affaire prospère (youp la boum).

On le voit aussi consultant pour France Inter lors des coupes du monde 1978 et 1982, et pour RMC en ce qui concerne celle de 1986.

Il s’entretient, joue au tennis, respecte une certaine diététique prodiguée par un professeur à thé :

-      Évite les épices Kopa, lui lance-t-il régulièrement, mauvais pour l’intestin.

Malgré tout l’homme s’en est allé ; la mort va droit au but pour éviter que trop longtemps le corps n’erre…

Il nous laisse l’image d’un héros du terrain vert, génie du ballon rond à une époque où l’argent ne sévissait pas trop encore (mais quand même un peu) dans ce milieu mercantile.

Une belle image de l’intégration à une époque où d’aucuns remettent en cause notre droit d’asile.


Comme ce vilain nœud les mine ! 

jeudi 2 mars 2017

A L'AISE THOMAS, PANSE LA VACHE


Depuis 1993 et son premier album « le bal des oiseaux », il est un incontournable représentant de la chanson française, la bonne, celle du texte.

Thomas Fersen vient de sortir son 10ème album et rouvre son bestiaire sans animosité et avec tant d’animaux cités. Une vache orne la pochette de son album ce qui est du meilleur ton en cette période de salon de l’agriculture où se pressent des gens d’une autre campagne.

Un coup de queue de vache, voilà un titre d’album qui crie au génie sémantique (aux  génisses aimant tiques ?) et qui confirme l’attachement de l’artiste pour les animaux (la chauve-souris qui aimait un parapluie, les malheurs du lion, les papillons, les mouches…)


Artiste complet, multi-instrumentiste (piano, guitare, ukulélé, banjo, flûte, guimbarde…) l’homme fait peu parler de lui mais occupe une scène bien spécifique, celle des troubadours, des fabulistes à même de redonner à la chanson française ses lettres de noblesse.


Sous les feux de la rampe
Saoulé, mu de l’art ample
Pris au bal des oiseaux
Ses mots jouent musicaux

Piano, ukulélé
Sa voix roucoule, ailée
Élan de chauve-souris
Dans le noir ébloui

A tes lèvres Louise
Ses mots sont des cerises
Aux saveurs vénitiennes

Sandra, Irène aussi
Se disent en leur tournis :
Il est homme à s’faire scène !


mercredi 1 mars 2017

NAVET NAVRANT



Le dernier court métrage de Marc Hélezespris ne dure que dix minutes est c’est déjà particulièrement pénible pour les nerfs. L’histoire est une fable qui nous transporte dans un pays fictif, avec une ribambelle d’emplois du même qualificatif et où sévit une méchante guerre civile activée par une armée de juges à la solde d’un tyran débonnaire, Seto Lande (Steve Flamby, un comédien à la retraite dont la physionomie n’est pas sans rappeler un hôte élyséen).

Cet état d’insurrection qui consiste à essuyer des tirs de casseroles cohabite avec une période électorale. Il s’agit de voter pour désigner le successeur de Mr Lande. Un candidat ultra-libéral se présente qui est particulièrement mis sur la sellette et en examen à la suite d’affaires louches.

L’homme, Ulysse Thériat (interprété par un intermittent du spectacle aux faux airs de François Fillon) se réfugie, à Meaux (aucun rapport avec la ville d’art d’Oise), chez son ami Fred Bouche (incarné par Brice Hédemaux, aux faux semblants d’un spécialiste des prix de petits pains au chocolat) après une course poursuite effrénée pour échapper à une meute de magistrats hystériques, et trop sentant cieux de la victoire !

Les deux hommes se lamentent. On leur vole l’élection ! Ulysse évoque sa femme, Pénélope, dont l’Audi s’est, d’hommes-hères, retrouvée les 4 pneus en l’air. Sa colère est froide et une stalactite surgit de sa narine droite (la gauche n’est jamais filmée) exhibant ainsi le seul effet visuel exploité dans ce navet insipide.

Fred, faute d’autres choses, propose à son ami de manger du Brie. Paradoxalement ce fromage de vache (tout autant que son propriétaire qui joue au laid cru) ne les portera pas aux sommets, il n’est que Brie anti-cimes ! La caméra filme interminablement la mastication d’Ulysse, tout à son Brie. On dirait qu’il rumine comme une vengeance.

Un procédé elliptique nous permet de nous transporter à deux jours plus tard, au sein d’un gymnase arrangé comme une sale défaite. On y voit Ulysse tenir un discours besogneux mais on comprend qu’il s’agit de son hologramme. Car le vrai Ulysse est toujours retranché dans son bastion, encerclé par les troupes de Casa Nova (Case Neuve en langage mexicain) un latino, chef du parquet et triste sire qui chante, en ré, Ferré « l’âme est moirée, l’amère ! » rien que pour énerver le duo des assiégés.

L’assaut est donné dans un désordre indescriptible, dans les affres d’une musique d’un carnaval qui rit (incarna Walkyrie ?) où même le vague n’est rien.

Le film se termine par une vision apocalyptique, sous pots catalytiques, où gisent les deux cadavres des politiciens. On cherche encore une allégorie dans tout cet amphigouri mais on ne la trouvera pas.


Encore un film qui ne restera pas dans les annales, m’a précisé un ami proctologue.


dimanche 26 février 2017

L'ALLIANCE



Le père Bayrou, maire de Pau et père de mots centristes, parfois au sang triste, ne pouvait imaginer se présenter aux Présidentielles. Il n’était pas certain d’atteindre les 5% des suffrages lui permettant de rembourser la mise !
Écœuré par le programme de Fillon, synonyme pour lui de casse sociale, le Béarnais sent en lui que Béart naît : ♫ C’est l’espérance folle qui nous console de tomber du nid ♫♫
L’espoir semblait s’être transformé en homme absurde après la chute de Juppé, celui qu’il soutenait ; qu’a mue ? Où retrouver la petite étoile qui lui ferait encore croire à l’émergence d’une troisième voie entre la gauche démantelée mais qui le dément tellement et la droite ou l’extrême droite, ces faux désopilants aux faits d’aise horripilants ?
Oui, à droite comme au FN, on traîne des casseroles. Fillon reste embourbé dans son Penelope Gate et Marine Le Pen vient de se faire épingler par l’OLAF (Office Européenne de Lutte Anti Fraude) pour avoir rémunéré des emplois fictifs de faux assistants parlementaires avec l’argent du Parlement Européen. L’enquête a été reprise, en France, par le parquet de Paris qui aussi rage et soupçonne une « escroquerie en bande organisée ».
Dans ce bayou glauque qu’allait faire Bayrou si ce n’est rajouter un air, un air d’ouverture pour opérette mal engagée ?
Oui, il restait ce petit air du « ni de gauche, ni de droite » que lui semblait un peu fredonner Emmanuel Macron de sa voix cassée dans son « c’est notre projeeeet ! ». L’Euphon de l’air effraie mais pourquoi pas soutenir cette fausse rock star, nourrie à la banque Rothschild pour devenir conseiller de Hollande puis Ministre de l’Economie avant que de claquer la porte en se lançant dans la campagne ?
Pourquoi ne pas ravaler ses paroles désobligeantes : Je suis pour la séparation de l'État et de l'argent ! Oui, il avait mal jugé le jeune prétentieux qui, à ses yeux, incarnait l'hypercapitalisme qui domine le monde !  
Mais le pragmatisme et la petite voix qui lui susurrait « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » ont fini par faire tomber harnais ! Macron, paradoxalement, ne se présente plus comme l’âpre aux vies denses, il est le sauveur, mais si !
Alors oui, Bayrou déclare solennellement qu’il soutiendra Macron ! Il pose simplement quatre conditions :
-      Une véritable alternance : le mouvement de Macron « en marche » ne doit pas voir Georges Marcher (ou son hologramme), ne doit pas se composer d’anciens routards de la politique car ils seront sortis des rangs d’honneur.
-      Une loi de moralisation de la vie publique : on imagine bien que les affaires « Fillon » et « Le Pen » ont démoralisé le Palois. Il veut donc lutter contre les conflits d’intérêt, les emplois fictifs. Il veut que la grandeur s’étale honnête.
-      Un effort pour le pouvoir d’achat ; il faut remonter ceux qui sont en bas de l’échelle et qui vivent sous les ponts, pillés.
-  Une dose de proportionnelle dans les scrutins ; every body doit être   représenté de la manière la plus juste au corps (électoral) 
Emmanuel, surpris de ce ralliement, s’en est félicité et a immédiatement accepté les quatre conditions !
Sourires, poignées de main ad libitum devant une meute de journalistes : les deux compères ont scellé leur alliance, jeudi 23 février, dans un restaurant parisien, histoire d’en faire tout en plat et de montrer qu’on reste orateur, même menu !
Une belle alliance qui fait déjà grincer des dents le père Fillon. Certains électeurs de droite sentent déjà une attirance pour le jeune Emmanuel aux dents longues. Macron bayroutisé s’élève, enfle, devient incontournable. La gauche divisée en deux clans (Hamon-Mélenchon) assiste à la montée de l’OVNI.

Jusqu’à quelle hauteur ?

jeudi 23 février 2017

L'AFFAIRE THEO


Le jeudi 2 février 2017, à Aulnay sous-bois, vers 16h53, quatre policiers contrôlent un groupe de jeunes gens parmi lesquels Théo, 22 ans, éducateur de quartier.
Le jeune homme affirme que s'approchant, il se voit intimer l'ordre de policiers venus à leur rencontre de se placer contre le mur pour une palpation. Un de ses amis s’en offusquant après s’être entendu menacé d’une amende de 450 €, reçoit une gifle d’un policier. Théo soutient  avoir pris la défense du souffleté et aurait alors été frappé et insulté, tandis qu'il se débattait.
La version du policier est, bien sûr, toute différente : par son opposition, Théo aurait facilité la fuite d’un vendeur de stupéfiants. Selon cette version des faits, l'immobilisation du jeune homme aurait eu lieu après que celui-ci aurait donné, entre autres, un coup de poing au visage de ce policier.
Le compte rendu d'exploitation par l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) des vidéos concorde temporellement avec le témoignage du policier, cependant nul ne réussit pas à distinguer qui est le déclencheur de l'altercation.
Toujours est-il que Théo est maîtrisé par trois policiers tandis qu’un quatrième tient le groupe à distance à l'aide de gaz lacrymogènes. À la suite de cette interpellation, le jeune homme souffre d'une plaie longitudinale de 10 cm du canal anal et d'une section du muscle sphinctérien ! On évoque l’insertion d'un bâton télescopique, entraînant une incapacité temporaire de travail (ITT) de 60 jours ! Vous parlez de jolies pratiques policières !
Théo soutient, par ailleurs, avoir été l'objet d'insultes racistes (notamment  « bamboula »)  et de nouveaux coups dans la voiture de police. Il affirme avoir été photographié en position humiliante par les policiers via l'application Snapchat6.
Ce triste épisode de banlieue ne fait que grossir la liste des incidents sociétaux qui enflamment les banlieues pauvres de Paris, ces zones de non-droit comme on le dit souvent, ces lieux où s’enkystent la délinquance, le trafic de drogue, le non-respect des valeurs républicaines.
Plusieurs manifestations de soutien « à Théo » se  sont déroulées depuis le 8 février, mais pas de la meilleure dignité qu’on puisse en attendre. A Bobigny (Seine St Denis) le défilé a été défiguré par l’intervention de casseurs en mal de pyromanie.
François Hollande s’est rendu au chevet de Théo. L’homme de fin de mandat a écouté le grand gaillard d’1,93 m lui dire « qu’il avait confiance en la justice » mais aussi « qu’il aimait sa ville et qu’il fallait dire stop à la guerre ». Le Président a salué un jeune «qui a toujours été connu pour son comportement exemplaire ».
L’homme d’Etat est reparti avec, sans nul doute, ce poids des responsabilités partagées depuis tant d’années, de gouvernement de gauche en politique de droite, pour tant de statu quo dans les zones d’errance où fleurit une jeunesse oisive, sans perspective d’emploi et usant son énergie à en découdre avec les symboles républicains (caillasser les voitures de pompiers, insulter les forces de l’ordre…) ou à vivre de trafics de stupéfiants.
Une jeunesse à la rencontre d’une autre, coercitive, menaçante pour cacher sa peur, celle d’une police de contrôle, de chasse au faciès, d’interpellation systématique. Les policiers parachutés dans les banlieues chaudes sont souvent inexpérimentés. On les teste mais on ne les forme pas spécifiquement. Leurs missions manquent de finalité. Ils sont finalement tout aussi paumés que les sujets à surveiller et à interpeller.
Les banlieues cristallisent le grand malaise d’une France coupée en deux. La France du Nord et de l’Est, vouée à l’industrialisation et qui connaît depuis plus de 30 ans le grand déclin des usines et la nécessité d’une reconversion, n’a souvent rien de comparable à celle du Sud et de l’Ouest, agricole, bourgeoise, et ouverte à l’embellie touristique.

La police, en ces banlieues, aime à traquer
Le délinquant juvénile tout embruni
Suspecté, trop tutoyé et matraqué
La victime expiatoire se rembrunit.

Écœuré de tant de coups de bambous, las   
Des interpellations trop systématiques
Le suspect désigné comme forban, bout, là !
Il se rebelle : guérilla symptomatique !

Le poulet tremble en ces lieux et l’âme a trac !
Il sévira pour noyer son cœur patraque
La loi de la jungle jonglant de ses instincts

Le cas de Théo, tant haut, m’a tracassé
Dit Hollande au lendemain : matraque, assez !
Car l'anus horribilis s’étend, l’atteint…