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vendredi 6 mars 2009

POUR DYLAN

Ca ne peut laisser indifférent. Dylan a vécu, sept ans, cloîtré dans une chambre, sans éducation, sans soin...
Le voile s'est juste levé, dernièrement, découvrant l'incommensurable gâchis d'une enfance sacrifiée...


Prés du grand viaduc au cœur de l’Aveyron
Majestueux géant, la fierté de Millau
Ils ont ouvert la porte de l’infâme cachot
Qui gardait ses secrets aux angles moribonds !

Un infâme cachot, pas l’aspect d’une chambre
Qui fût digne d’ouvrir à l’enfant des chemins
De rêves élancés, de chevaux qui se cambrent
De diables gentillets ou de lutins coquins.

Un infâme cachot aux volets rouges clos
Pour nimber de noirceur le silence de plomb.
Pour plonger un enfant au fond de ses sanglots
Dépouillé, désarmé aux gouffres d’abandon.

Un infâme cachot à la couche souillée
Par l’urine putride aux relents nauséeux
Cruelle signature de l’ange incarcéré
Sur le livre de vie aux folios douloureux.

Un infâme cachot pour minorer mineur.
Le rabattre au statut de la bête inutile
L’écarter du savoir, du penser, du bonheur.
Le briser en arguant qu’il n’était point docile.

Honte à ces géniteurs, empreints de violence
Rien ne peut dédouaner le vil agissement !
Quand bien même ils connurent des blessures d’enfance…
Se paie-t-on d’alibi, ainsi, impunément ?

Qui saura, en douceur, recoller le miroir
D’une enfance brisée, d’une vie sans racine
Qui saura, baume au cœur, insuffler de l’espoir
Dans le souffle troublé aux sorties des ravines ?

Qui saura, se donner et donner de l’amour
Suffisamment longtemps au fil de la tendresse
Pour dessiner la vie dans de jolis contours
Et guider l’ange frêle au cœur de la sagesse.

Qui saura lui donner l’envie de repartir
Qu’il n’ait pas dans vingt ans l’envie de se jeter
Le cœur lesté de noir, le visage en martyr
Du haut d’un viaduc de jolie renommée.

Du haut d’un viaduc de jolie renommée…

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