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samedi 23 octobre 2010

SANS TOIT NI LOI...

La police a évacué samedi à l'aube des étudiants et travailleurs précaires qui occupaient depuis un an un somptueux hôtel particulier de la place des Vosges, au cœur de Paris, dont la justice avait ordonné vendredi l'expulsion sans délai.

L'hôtel était inoccupé depuis 1966. Mais la propriétaire des murs, Béatrice Cottin, 88 ans, ne l'avait pas entendu ainsi. Elle a attaqué les squatteurs en justice par tuteur interposé…

La cour d'appel de Paris a donc ordonné, vendredi, l'expulsion des squatteurs et le versement d'environ 80.000 euros d'indemnités !!

Pour les sans abri il ne reste plus qu’à jouer au loto !! Et à gagner !



Un trop joli bâtiment fier sur sa place des Vosges
En ce quartier du Marais où la statue de Louis
Le treizième du nom s’érige. Un bâtiment qui ne loge
Que des parias inconnus, des précaires incompris.

Un trop joli bâtiment bien trop beau pour les squatteurs
Un hôtel particulier que des cheminées de pierre
Vêtent de solennité sous des poutres de couleur
C’était trop pour les paumés, les petits pierrots lunaires.

Un trop joli bâtiment qui pour sa propriétaire
N’apportait plus logement depuis bien des décennies
Peu l’en chaut, la mère Cottin, d’une tutelle héritière
Décida de l’expulsion des voleurs de son logis.

La tutrice de la dame se saisit de la justice
Une instance discutable et l’Appel pour mieux trancher
Le couperet tombe enfin : expulsion par la police
Et pour Madame Cottin de jolies indemnités !!

Quatre-vingt mille euros font prix de l'intense douleur
Pour la vieille dame indigne qui s’est enfin rappelé
Qu’elle possédait ce joyau, qu’elle eût pu être un bailleur
Mais les juges ont eu bon cœur : faisons payer arriérés !

Mais qui pourra bien payer cette rondelette somme ?
C’est le syndrome Kerviel, en moins gros qui vient sonner
A la porte d’indigence où s’agglutinent des hommes
Des étudiants sans toiture, des travailleurs sans papier !

Dans ce merveilleux pays au long passé de lumière
Des âmes déshéritées n’ont pas d’autre solution
Que d’occuper le vacant sous la bulle immobilière
En s’exposant à l’effroi d’humiliantes expulsions.

Que ne fait-on pas pour ceux qu’un seul toit satisferait ?
Où va ce droit au logement que l’on nommait opposable ?
L’hiver s’approche déjà, le froid gommera d’un trait
Quelques vies de miséreux de ce monde impitoyable !

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