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mercredi 6 février 2013

LES URGENCES EN URGENCE !


Une enquête a été ouverte après la mort mystérieuse, jeudi, d'une patiente de 31 ans qui venait de se présenter aux urgences de la clinique Esquirol-Saint Hilaire d'Agen (Lot-et-Garonne) pour des douleurs au ventre.

Ce genre d’évènement pourrait trouver des répliques tant les urgences sont engorgées dans notre beau pays de France ! Les patients s’y entassent et attendent souvent avant d’obtenir le résultat des examens cliniques qui décideront de la suite thérapeutique.

Le nombre des urgences a doublé en une vingtaine d'années : actuellement l'AP-HP traite 20 millions d'urgences par an. Certains hôpitaux prévus pour gérer 30.000 urgences à l’année doivent affronter 40.000 cas de patients annuellement et les goulets d’étranglement se multiplient !!

Invitée sur France Inter, ce matin, la ministre de la Santé, Mme Touraine,  a suggéré une réflexion en amont sur l'augmentation de la fréquentation des urgences par les Français. Elle a souligné aussi la nouvelle approche du gouvernement, en rupture avec ses prédécesseurs : jusqu’alors l’hôpital  public avait été nié dans sa spécificité, le privé, comme le public bénéficiant du même mode de financement. La tarification à l’acte (TAA) mettait tout le monde sur le même plan : les actes de Médecine, Chirurgie et Obstétrique (MCO) étant tarifés seuls les hôpitaux faisant du chiffre pouvaient s’en sortir avec une enveloppe budgétaire décente (car liée à l’activité).

La spécificité de l'hôpital public réside dans l'accueil de «tout le monde sans demander son niveau social,  quel que soit le lieu où il habite, quelle que soit sa pathologie.» Par conséquent, dans la loi de financement de la Sécurité sociale, Mme Touraine  a mis fin à ce qu’on appelle « la convergence ».

Le  gouvernement va donc supprimer le gel des dépenses pour des «missions d'intérêt général». En ce sens, la ministre a annoncé des moyens complémentaires alloués à l'hôpital public pour l'année 2013 : 1,6 milliards d’euros de plus seront attribués à l'investissement, à l’accueil des patients.

L’enveloppe sera-t-elle suffisante pour guérir le malade et rendre le poème suivant dans une caducité de bon aloi ? J’aimerais y croire ! Mais je doute, je doute !
 
Hurlement des urgences
Sous les flux turbulents
Des troupeaux de souffrance
Aux soupirs impatients.
 
Infirmières en alerte
Urgentistes cernés
Impossible desserte
Des revers de santé
 
Densité pathétique
De pathos en couloir
Couleurs paralytiques
S’inspirant du mouroir.
 
Brancardiers athlétiques
Au mieux-pire  louvoyant
Entre lits flegmatiques
Au confort décadent.
 
Apoplexie latente
D’un service aux abois
Crispations ambulantes
Dans le couloir étroit.
 
Dessous les blouses blanches
En chamade les cœurs
Battent sous l’avalanche
Des secours salvateurs.
 
Dictature comptable
Prestations tarifées
La vertu charitable
Joue les prostituées
 
La Santé gestionnaire
Régit à flux tendus
Les valétudinaires
Et les soins assidus.
 
Rotation optimale
De lits d’indisposés
Coupures chirurgicales
De malingres budgets

Rigueur d’incandescence
En cautérisation
De  vaisseaux qui  financent
Les soins de la Nation.
 
Pénurie pathogène
Carcans  hospitaliers
Economies pérennes
Hippocrate est fauché.

L’argent régit l’urgence
L’urgent rage impuissant
L’horloge égrène intense
Le stressant rendement.
 
Dessous les blouses blanches
La colère se retient
Au cœur de mille branches
De rêves saturniens…

1 commentaire:

Le Citoyen a dit…

Les malades sont de moins en bien moins traités dans les hôpitaux. Ils sont de la viande avec un compte en banque, c’est tout ce qui les intéresse. On peut augmenter tant que l’on veut leurs subventions, seuls les riches seront toujours mieux soignés.