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mardi 7 février 2017

OPÉRATION TRANSPARENCE ET VERRE A CITER ?



La tempête Marcel n’aura pas autant soufflé dans sa tête que celle, médiatique, qu’on lui impose depuis deux semaines. François Fillon sent un vent pire, bien plus violent que celui insufflé par ce phénomène météorologique qu’on a affublé d’un nom de maillot originaire des bars d’Eure.

Oui, le Pénélope Gate pourrit la campagne du Sarthois. L’homme aux gros sourcils doit continuellement consacrer 75 % de ses meetings à parler de "l'affaire". Ça laisse peu de temps pour expliquer pédagogiquement sa future politique de casse de la Fonction Publique et de démantèlement du système de Sécurité Sociale.

Alors il a pris le bœuf que Marcel n’avait pas décorné, heu, je veux dire qu’il a pris le taureau par les cornes. Ce lundi après-midi, lors d’une conférence de presse devant un parterre de journalistes accrédités à crocs dit-on, il a brisé l’armure. Il a fait preuve de transparence, enfin presque…

Il a livré ses explications.

-  Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice, elle a ensuite été la collaboratrice de mon suppléant (...) Elle a donc occupé ce poste pendant quinze ans pour une rémunération mensuelle de 3.677 euros net. Un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres et parce que son travail était indispensable.

Faut-il préciser qu’un indice pensable bien plus qu’un essai sert ! Selon le candidat de la droite, l’épouse Pénélope a "donné les preuves de son travail". Et, comme dirait Virenque, elle n'a pas "été assistante à l'insu de son plein gré". Il est vrai, par ailleurs, que 3.677 € net par mois est totalement justifié quand on est diplômé et que le talent s’étale en droit, s’étale en vers…

François Fillon a ensuite annoncé qu'il allait publier la totalité des contrats de sa femme sur son site internet, ce lundi soir. Il s’agit de contrats synallagmatiques, à titre onéreux, intuitu personnae, ad libitum in secula seculorum, amen.

Il s’agit bien d’un contrat de collaboratrice même si Pénélope, lors d’une interview parue en 2007 dans le Sunday Telegraph (et dont la France entière dégusta la vidéo lors de l’émission « envoyé spécial ») avait déclaré :

Il m'est arrivé [de m'impliquer dans la carrière politique de François Fillon], enfin, en plus des enfants. Je l'ai toujours accompagné dans ses campagnes électorales, ses meetings, pour les dés à coudre… heu, pour l’aide à en découdre... J’aimais  me mettre au fond de la salle et écouter les commentaires que les gens font sur ce qu'il dit. C'est quelque chose que je faisais quand il était maire de Sablé, un peu catho sec. J'allais dans les associations de personnes AG (Apparemment gérontes), quelque chose comme ça, c’est très flou, mais rien de plus, rien. Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne m'occupe pas non plus de sa communication. »

En revanche, l’ex collaborateur du petit nerveux s’est bien gardé d’évoquer l’affaire « Revue des deux mondes ». Pénélope aurait réalisé deux notes (si, si) en Times New Roman, taille 11, signées sous pseudonyme, et dispensé quelques conseils stratégiques à la direction de ce journal pour un salaire mensuel de 5.000 euros brut (gardez la monnaie !). Le hic est que le directeur de l’époque, un certain Michel Crépu, risque de lui crêper le chignon car il assure n’avoir jamais vu la dame dans les locaux ou n’avoir jamais travaillé en sa compagnie.

Puis l’homme à genoux a parlé de ses enfants.

Les enfants ont aidé leur père, c’est-à-dire moi. Qui n’aime pas taire, n’ose taire la vérité. En vérité, je vous le dis, mes mioches ont touché des salaires mensuels nets de 3.000 € en moyenne pour chacun. Tous les contrats sont légaux, les sommes perçues ont été déclarées, imposées ! Alors arrêtez votre char les marris, Charles et Marie étaient des avocats en puissance ! Un peu boutonneux à l’époque mais, en puissance ! C’est beau de voir de futurs avocats qui germaient bien (qui gèrent mes biens ?)

Le Sarthois, enfin, comme s’il se confessait devant le curé de Solesmes, avoua :

Ce sont les pratiques de la vie politique, qui sont très anciennes, qui ne sont plus aujourd'hui acceptées des Français ! Suis-je poursuivi pour ces pratiques? Non. En suis-je à l'origine? Non. Doivent-elles changer ? Oui.

Ou l’art de poser des questions et d’y répondre soi-même !

Avant d’ajouter :

Ces pratiques anciennes restent légales. Je n’ai jamais enfreint la loi. J’ai juste en frein l’envie de ne pas faire plaisir à ma famille. En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. C’était une erreur. Je le regrette profondément. Je présente mes excuses aux Français !

Les Français ont donc eu droit à de magnifiques excuses sarthoises pour non infraction à la loi !

Ça sentait quand même le grand n’importe quoi !

Enfin, s’il est des crédules pour continuer à croire en son étoile et l’imaginer remonter dans les sondages, pourquoi pas ?

L’homme peut se continuer à se croire prophète en son pays. Un Elie hors loi, éludant délit, édile au deal d’élu…


Sauf qu’actuellement flots rances portent Elie !


dimanche 5 février 2017

EMMANUELLE SOUS LE REGARD DE L'AMOUR



Ce 4 février, dans la plus grande simplicité, a été enterrée Emmanuelle Riva, décédée le 27 janvier d’un cancer, à l’âge de 89 ans.

La grande comédienne a été inhumée au cimetière de Charonne (Paris 20°) en nous laissant le souvenir d’une actrice lumineuse, à la voix étrange et modulée, aux gestes simples, minimalistes mais terriblement justes.

Emmanuelle c’est d’abord cette actrice inconnue, dénommée « Elle » qui se rend à Hiroshima après le terrible cataclysme nucléaire. Elle vient d’y tourner un film pour la paix. Le film se nomme « Hiroshima mon amour » (1959) et il va lancer Alain Resnais dans l’univers cinématographique. Le scénario de Françoise Sagan et le talent de Resnais feront de cette œuvre une référence absolue. Dans ce film en noir et blanc, tout en contraste, le visage d’Emmanuelle dépeint toutes les émotions de l’existence humaine, dans une blanche sincérité. 

Emmanuelle c’est aussi Thérèse Desqueyroux dans le film éponyme de Georges Franju (1962). L’adaptation du roman de François Mauriac lui permet de montrer toutes les facettes de son talent. Pour ce rôle, elle sera consacrée à la Mostra de Venise.

Enfin, et surtout, elle est Anne, professeur de musique à la retraite et épouse de Georges (Jean Louis Trintignant) dans le film Amour de Michael Haneke (2012).

Elle interprète d’une façon éminemment émouvante une vieille dame qu’un accident vasculaire cérébral va faire glisser dans la lente dégradation physique. Elle brille de sa présence en dépit de la souffrance et de l’hémiplégie. Elle incarne la dignité face à la mort, elle resplendit d’amour au cœur même de sa souffrance. Emmanuelle obtiendra l’oscar de la meilleure actrice pour ce rôle.

Une grande dame  nous quitte, à pas feutrés, comme pour s’excuser d’être encore dans la lumière médiatique, aussi tamisée soit-elle. 

Un départ tout en retenue, empreint d'humilité et d'élégance, à l'image de ce que nous retiendrons de cette belle flamme à l'incandescence émotionnelle.

samedi 4 février 2017

DÉCRET SUR TABLEAU NOIR





De décret en décret, le nouvel occupant de la Maison Blanche, d’un élan narcissique, se met au style haut de l’hostile au monde d’avant en le rayant d’un stylo.

Donald Trump a usé sa première semaine de Président à parapher des décisions arbitraires pour détricoter l’œuvre d’Obama, son prédécesseur, et faire ce qu’il avait dit qu’il ferait.

Sur ce dernier point on ne peut lui reprocher sa rectitude : tel un bon petit soldat qui obéirait à lui-même, il s’est empressé d’appliquer une ligne de conduite qu’il avait promise à ses admirateurs. De ce point de vue, Donald peut se voir palmé au festival de canes du prix de meilleur acteur des promesses tenues. A faire mentir ceux qui se disaient « il est comme les autres, il y aura des sacrés hiatus entre son discours de candidat et les décisions qu’il prendra ensuite ».

Et oui, tout faux le pronostic ! Mais ce qui frappe davantage réside dans la rapidité des mises en application. On dirait une course contre la montre ! L’homme sort les crocs, nomme êtres à surveiller ! Le parapheur fonctionne à plein rendement. Trump en est à sa dixième cartouche d’encre pour nourrir son arme de destruction massive : son Pen à listes qui pénalise. 

Bien sûr, il y a l’Obama Care, le système de santé promu par Barack qui prend du plomb dans l’aile mais le plus dur des décrets demeure celui qui ferme les frontières des USA aux réfugiés pendant quatre mois et aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) pendant trois mois !
Les Syriens, quant à eux, font l’objet d’une interdiction indéfinie comme si la tyrannie de Bachar Al Assad ne suffisait pas à leur souffrance.

Le décret s’est traduit, le weekend dernier, par l’interpellation dans les aéroports de quelque 109 personnes résidant chez l’Oncle Sam. Des centaines d’individus se voyaient  brutalement empêchés  d’embarquer à destination des USA. Un immense vague d’effroi a déferlé du bord d’aile jusque-là  héros, gare !  

Ce décret, dès lors,  suscite l'indignation à travers le monde. Il provoque des manifestations, irrite  même Theresa May, la nouvelle dame de fer britannique, le qualifiant « d’erreur qui sème la discorde » !

Les pays visés sont outrés et crient à l’islamophobie.

Trump réplique en invoquant la guerre contre le terrorisme djihadiste et plonge dans l’amalgame comme dirait son dentiste :

-         Il veut se montrer incisif mais ils sèment de maux l’aire diplomatique !

La résistance s’organise.  Un juge fédéral de Seattle fait des rots de désapprobation et éructe son mécontentement. James Robart (c’est son nom ou JR pour les fans d’une série télévisée) a bloqué temporairement le décret anti-immigration.

Mais l’adverbe « temporairement » en dit long. L’injonction du juge est valable sur l’ensemble du territoire américain, le temps qu'une plainte déposée ce lundi 6 février par le ministre de la Justice de l'Etat de Washington, Bob Ferguson, soit examinée.


Mais c’est déjà une première victoire pour freiner le bulldozer Trump et espérer porter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême.

Il en va de l’honneur de l’Amérique, du respect de sa constitution !



De décrets en décrets
Aux crocs anachroniques
Il décroît l’aide ancrée
Et ses crues d’accrocs niquent !

Trump au stylo hostile
Paraphant, part au feu
Son âme hantée mutile
Le pays souffreteux

Son islamophobie
Nous hisse l’homme ahuri
Dans l’impasse imminente

Son décret décrépit
Le doux credo qui crie
« Liberté permanente ! »

vendredi 3 février 2017

LE REVENU QUI SE RÊVE AUX NUES



Pour discuter du revenu universel prôné par le vainqueur de la primaire de la gauche (Mister Hamon) rien de tel que d'inviter le Professeur Hitérol pour m'éclairer de sa science infuse (*).



Fabiano : Bonjour Professeur, il y a bien longtemps que nous ne nous étions pas vus (*) !

Prof Hitérole : Affirmatif mon cher ! Ainsi, vous me convoquez pour parler du revenu universel ?

Fabiano : Oui, de ce fameux revenu dont je ne suis pas encore revenu. Mr Hamon, désigné pour représenter le parti socialiste déliquescent  à l’issue des primaires de la belle alliance de la nulle ère, porte cette idée-là dans son cœur !

Prof Hitérole : Je sais tout cela Fabiano. Il porte une idée qu’on ne pourrait qualifier de neuve, comme dirait Catherine. Déjà, en  1797, Thomas Paine dans sa « Justice agraire » défendait le joli principe d’une manne attribuée à chacun, à sa majorité, et financée par un fonds alimenté par les propriétaires terriens.  Car t’es rien si la vie te met à plat nette, heu net, heu n’est-il pas ?          

Fabiano : C’est donc une idée philosophique que n’aurait pas aplatie d’un doigt niais Rousseau ?

Prof Hitérole : Exact ! Une noble idée qui s’enracine dans la notion de justice ! Certains s’approprient la terre qui appartient à tous ; ils s’enrichissent au détriment des autres. Aussi, un revenu minimum universel permet-il de faire vivre dignement ceux que l’égoïsme et la cupidité des autres ont écartés !

Fabiano : Oui, mais dans ce cas ce revenu n’est pas universel ! Les nantis n’y ont pas droit puisqu’ils se servent déjà bien copieusement sur la bête ! Il faudrait plutôt parler d’un revenu de substitution, un gagne-pain, une manne au nez gras qui tombe du ciel à défaut d’émerger d’un emploi ou d’une rente !

Prof Hitérole : Je vous rejoins sur ce point. Quand l’emploi ploie, à la suite de robotisation, il faut absolument concevoir que la machine raréfie le travail. On peut parler de vacances forcées, de mise en disponibilité puisqu’on informatise ! L’ordinateur peut être appelé geek tant il handicape la création de postes jadis humanisés : poinçonneur des lilas, attachés parlementaires… Oui, la machine remplace l’homme et ce dernier doit disposer d’un revenu que ne lui confère plus une activité salariée. Un revenu pour faire autre chose : du sport, de l’art. La robotique peut ainsi créer l’art aux beaux tics, des tics d’éthique pour leste éthique !

Fabiano : Et toc ! Mais, de farouches adversaires à cette idée, à l’image de Manuel Valls, prétendent que la robotisation et l’informatisation vont créer des emplois, des métiers qui restent à inventer. Ils allèguent que le postulat de départ est faux : l’emploi ne va pas se raréfier ! Qu’en pensez-vous ?

Prof Hitérole : C’est le cœur du débat ! Si on pense que le travail va se raréfier sous le poids des grappes de technologie à la Schumpeter, alors oui, il va falloir partager le travail et c’est l’idée des 35 heures, voire Deezer  pour ceux qui aiment la musique. Et si le partage ne suffit pas alors, oui, ceux qui n’ont pas accès à l’emploi devront percevoir  un revenu de subsistance, un succédané du salaire

Fabiano : Un succès d’années de faillite si j’en crois les détracteurs à cette proposition. Payer des gens à ne rien foutre, poils dans la main, regardant la poutre dans l’œil des voisins, tout cela va être coûteux, ruineux, non ?

Prof Hitérole : C’est un point de vue que nul n’a failli taire ! Tout le monde est conscient des coûts hardis à porter sans couardise apportée ! Mais on peut financer en faisant payer les robots qui remplacent nos muscles ! On peut récupérer des sommes indument versées pour des emplois fictifs si vous voyez ce que je veux dire…

Fabiano : Je vois très bien ! Donc c’est possible sous certaines conditions ? Cela n’a rien d’utopique ?

Prof Hitérole : Non, plutôt lutte épique contre un libéralisme qui, depuis des années, accroît le fossé entre les riches et les pauvres.  Hamon porte un beau projet mais il doit revoir la copie pour l’adapter à l’épreuve des faits, car à bosse !

Fabiano : Et si le postulat s’avère faux, si la modernité ne tue pas l’emploi mais, au contraire en étant bien ancrée, en crée ?

Prof Hitérole : Ah, heu, oui. C’est le cœur du débat ! Si on pense que le travail va bénéficier de nouvelles opportunités avec les nouvelles technologies alors, oui, on pourra réduire le taux de chômage, atteindre un plein emploi, mais…

Fabiano : Mais…

Prof Hitérole : Mais il se pourrait que ces emplois pro courent précaires dans les prés courts du développement numérique. L’Uberisation en est déjà un bel exemple. L’économie collaborative engendre des métiers indépendants qui à, leurs dépens, dansent sur le fil fragile d’un marché sans protection.  Cette inclination à plonger les gens dans les abysses dures  l’Uber l’eut…et l’aura encore !

Fabiano : Il ne faut donc pas trop imaginer un monde de plein emploi !

Prof Hitérole : Les 30 glorieuses sont loin derrière nous. Beaucoup pensent que la croissance ne reviendra plus quand d’autres ne la souhaitent pas : elle pollue, asphyxie nos villes, fait réchauffer la planète ! On veut mettre une croix sur l’augmentation du PIB : une croix censée stopper une croissance, est-ce tôt paix pour nos écosystèmes ?

Fabiano : Vous, vous, ré répétez ??


Prof Hitérole : Je fatigue Fabiano ! Bon, on y va à ce resto chinois ? J’ai une sacrée fringale, moi !

(*) Voir mon l'avant dernier entretien avec cette sommité (entretien avec José Bové où j'assistais comme témoin)

dimanche 29 janvier 2017

ITINÉRAIRES SYMPA - 2

N'hésitez pas à agrandir !

Ma seconde planche d'itinéraires sympa fait un petit clin d'oeil à l'Espagne, pays natal de notre cher ex Premier Ministre et candidat au second tour des primaires déprimantes de la gauche.

Une occasion aussi de se rappeler la beauté de Michèle Mercier et de l'importance des poils et cheveux (aucun rapport avec l'actrice, quoique...)

Bonne visite géographique...

samedi 28 janvier 2017

LA MARCHE VERS LA PAIX



La femme est l’avenir de l’homme. Le poète a toujours raison : les grandes causes humanitaires sont défendues par des femmes qui se lèvent, qui combattent l’échec que les hommes entretiennent.

Les mères qui portent l’enfant, la chair de leur chair, ne veulent pas le voir tuer sous les balles.

La guerre n’a que trop duré dans ce coin du Proche-Orient. Femmes juives et palestiniennes, dans un même élan de solidarité, se sont levées et ont marché, durant deux semaines, jusqu’à la résidence du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour exiger un accord de paix entre les deux nations. 

C’était le 19 octobre 2016, à Jérusalem.

Une marche pour la paix, égrenée de chants, de prières, de colère aussi et d’admirables rencontres de sourires sous le fard des espoirs revenus.

Une marche de l’espoir, pour que leurs enfants ne vivent plus ce qu’elles ont connu depuis leur enfance.


Une marche d’amour, comme une étoile fragile dans les ténèbres de l’obscurantisme.


La longue marche de vos cœurs
Sous le soleil de l’espérance
De chants d’amour en chants de pleurs
Comme un honneur en transhumance

Femmes si belles en ce combat
Au-delà des dieux qu’on bénit
Qu’il soit Yahvé, qu’il soit Allah
Vous êtes mères en ce pays

Femmes hantées par le bruit des armes
Et ce futur de violence
Vous portez au fond de vos larmes
L’enfant sacré, blanc d’innocence

Vos pas d’amour vers le faucon
Ce désir fou qu’il prenne vol
Vers le soleil de la raison
Que trop de nuages violent

Femmes si belles, vibrant de paix
Emancipées du feu des hommes
Vous portez notre humanité
Salam, alléluia, shalom…

Femmes rebelles en vos douceurs
Brisant l’affront de cent frontières
Dans le sillage de vos cœurs
Poussent les fleurs de la lumière...

vendredi 27 janvier 2017

PUB 111


Ecrivez en deux lieux : 
Le réel, l'utopique
Soyez Hamon, grands Dieux
Et Valls, tout empirique

Pensez fort à l'endroit
Où vos rêves commencent
Puis écrivez bien droit
Du réel, du bon sens.

La prose posera
Son empreinte rebelle
Sur un papier d'éclats
De chimères sensuelles

Quelqu'un très loin de vous
Dira : ton rêve est beau
Tandis qu'ici se nouent
De prosaïques mots.

Usez de ce stylo
Aux doubles vérités
Vous vivrez tout de go
Le don du bic 8 T






mercredi 25 janvier 2017

ATTACHÉE DE STRESS



Valls et Hamon s'apprêtent à en découdre, ce soir, lors du débat d'avant le second tour de la primaire de la Gauche.

Les deux rivaux sont à cran et la seule bonne nouvelle qui puisse les dérider vient du 5022ème numéro du canard enchaîné !

Le vilain palmipède vient de lâcher une petite bombe en coin qu'oint déjà le parti de la rose flétrie. L'explosif devrait pouvoir décimer le père Fillon en plein vol (vol dans les deux sens du terme).

De quoi s'agit-il ?

Le journal satirique titre "Pour Fillon, Pénélope est un bon filon" et argue que le représentant de la droite pour les élections présidentielles s'est fait prendre, la main dans le bocal de confiture (voire éventuellement de déconfiture).

Le Sarthois aux gros sourcils, aurait, durant huit ans, rémunéré son épouse Pénélope en tant qu'attachée parlementaire. Mais, dans les couloirs du Palais-Bourbon, nul n'a jamais entendu parler de Pénélope, nul ne l'a jamais croisée !

Emploi fictif ? Fillon aurait-il pris des cours de finance avec Jacques Chirac, ex maire de Paris et spécialiste des jobs virtuels que le contribuable obéré et qui casque appointe ?

C'est possible.  

Les enfants devenus grands, Pénélope s’ennuie dans sa campagne. Autour de la vacuité bucolique sa blessure s’articule, mine ! Sablé-sur-Sarthe y culmine ! Oui, je me répète, mais c’est pour vous dire combien sa mélancolie se mêle en colique névrotique !

Ne pouvant empêcher sa châtelaine de Beaucé de le faire, François a promis à son épouse Pénélope quelque ouvrage, quitte à ce qu'elle le détricote puis le refonde afin de justifier une semaine de travail dûment remplie. Déjà, dans un certain flou du contrat de travail l'homme erre.

L'homme, attaché par Le Mans a aussi besoin d'attachés au Parlement ! Pénélope sera donc son aide car c'est si doux de s'enticher d'une attachée au touchant toucher !

Mais comment la rémunérer ? Comment s'est fait salaire pour d'autres qu'elle que les maris ont embauchées ?

Il se renseigne et trouve : chaque député a droit a une cagnotte. Actuellement elle s'élève à 9.561 € par mois et est réservée aux collaborateurs, à condition de prouver qu’ils travaillent ! François, en bon chrétien aurait aimer la verser à des œuvres caritatives comme celle de l'abbé Pierre dont on célèbre le 10ème anniversaire de la disparition.

Mais François ne connaît pas Emma Hus, à peine connaît-il son ancêtre, Jean, qui finit au bûcher ! Non, il connaît Penny (surnom de Pénélope); sa femme. Il ne voudrait pas ne pas la rétribuer et se voir conspuer ; tant Penny tance ! Dans le couple, dès qu’on parle d’argent, s’attire l’ire !

Alors François sort le chéquier salutaire de façon royale. Il y a un peu du lys dans cette générosité à l’égard de Pénélope qui passe l’année en tissant (surtout pour les fonds publics)

En matière d’appointements le montant de la paie déménage ; pensez : 500.000 € sur 8 ans ! Pénélope est ravie ; paix naît, l’opéra vit ! Un opéra de faux semblants où, sans peine est l’opacité, sans Pénélope à citer !

Un long silence de fiches de paie muettes, de revenus unis vers celle qui est la mère de ses enfants : Fillon se fait long filon de gains en lui criant « Sarthois, copieusement ! »

Penny s’efforce (pénis et force) de plaire à son mari jusqu’au jour où il devient premier ministre du petit nerveux qui prône une nouvelle France et l’étale honnête !

Plus de corne d’abondance venant du Palais-Bourbon ? Que nenni, le suppléant de son mari, un certain Joulaud, reprend le flanc beau, quitte à le prêter à la critique : il pérennise la rémunération de Pénélope en puisant sur sa propre enveloppe parlementaire. Quelle abnégation ! J’en pleurerais ! Mais où est mon paquet de Kleenex ?

C’est Joulaud la belle aubaine mais pas boulot, la belle aux gênes ! Car rien d’éprouvant dans ce nouveau job qui ressemble comme deux gouttes d’eau au premier. Il s’est juste déplacé si loin de Solesmes.

Ici, c’est Paris !

Concours de tartes, compétitions de poney, cantiques à l’abbaye, promenade champêtre, messes ferventes, processions pieuses ; c’était Solesmes en six passions (c’était sot l’émancipation ?). A présent, elle fréquente le beau Gotha qui lui dit « décollons bien ! Prenons les zèles car à Paris c’est bien plus cher »

Pénélope continue donc à toucher le pactole mais le vilain canard découvre le pot aux roses. Et Fillon s’embrouille alors que jadis il était enclin à dire « brillons, sans fouille ! »

Et oui, le vilain palmipède fouille partout ; il y a de la fouine dans ce volatile journaleux !

Fillon est démasqué et crie déjà son indignation tandis que l’on retrouve de récentes déclarations de son épouse :

Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari.

C’est à peine si elle n’avouait pas que son mari ne fait pas de politique.  Une déclaration faite alors que selon Le Canard Enchaîné, Penelope occupait le poste d'attachée parlementaire aux côtés de son mari, depuis 2012 !

Ça ne sent pas bon pour Fillon sommé de s’expliquer et qui ne trouve rien à dire que « ce sont des boules puantes »


Lui qui croyait que l’argent n’avait  pas d’odeurs !

lundi 23 janvier 2017

LE DUEL DES DEUX GAUCHES


Le premier tour de la primaire de la belle alliance a dévoilé son verdict : c’est Benoît Hamon qui l’emporte avec devant Manuel Valls (36,35 % des voix contre 31,11 % mais ça peut encore changer vu le comptage amphigourique du PS depuis hier !)

Une de ses copines de l’association « France-Oise hardie », qui aime imaginer une France sans lys, avec des beaux V de la Victoire (le V des frondeurs de gauche) lui avait susurré :

Étonnez-moi, Benoît !

Et bien voilà : c’est fait ! Benoît noie le père Valls dans un abîme de perplexité. Comment le dynamiteur du 49.3 (après l’avoir tant aimé) va-t-il résister à la Hamonomanie ambiante sachant qu’Arnaud Montebourg (le 3° homme avec 17,62 % des voix) s’est exprimé en faveur du Breton et avocat du revenu universel.

L’homme a grimpé lentement vers son paradis ! Désormais il chante ses louanges en joignant la poésie Montebourienne à la sienne.

L’heureux venu, unit vers, scelle le sort des autres candidats !

Les sbires de l’hidalgo au menton belliqueux ont le moral dans les baskets avant même de repartir au charbon : Hamon sot les mine !

Le tandem Hamontebourg, à gauche de la gauche, va tout emporter sur son passage même si, velléitaire, on entend parfois marmonner l’ancien premier ministre :

Je n’ai pas peur de lui ! Il ne pense qu’ânonner des mots, mythes, railleurs et autres mots mis sans ton beau ! Il n’a pas pour autant tout tank, Hamon ! J’ai ma parade ! Non je ne le crains pas pour le débat de mercredi !

Mais sa voix étant c’qui est on peut penser que Valls nie !

Le Ministre des affaires étrangères a du mal à s’extérioriser. On ressent juste, tacitement, Hamon peu lié au cœur de l’Ayrault !

Hollande ne dit rien. Notre Président, en vacances au Chili, a visité une centrale solaire, n’a rien dit sur cette gauche tandis que son parti qui élit aux terres à pis  (oui, la France reste un grand pays d’exploitations laitières, payant !) choisit son favori.

Il n’en pense sûrement pas moins. La victoire d’Hamon est celle de ces rebelles qui ont quitté un bateau ayant perdu foi pour cause de six roses flétries, au parfum rance de libéral socialisme.

Il doit se dire qu’un net Hamon se conjugue avec un net aval, c’est clair (avec un Etat-Valls éclair pour ne pas dire inexistant !).

Oui, une source coule en Hamon ! Elle fait son lit sans sourcier là où luttent hauts pics contre le réchauffement climatique. Puis le lit descend, décent, lavant de son eau berges en paix et non pas « Obère : gens paient ! » comme le clamerait un long fleuve pas très tranquille canalisé par Fillon.

Le lit coule, apporte alluvions de pages nouvelles que d’aucuns, chez les réformistes de Valls, opaque, à danser, n’hésitent pas à qualifier d’allusions d’illusions !

Puis le lit coule dans un val (c’est-à-dire un VALLS mais privé d’LS, heu, privé des laisses…à chien). Il vient irriguer une roseraie nouvelle et ça énerve terriblement quelques éléphants de voir un nouveau sol faire inopportun bouquet, misère ! (Solferino porte un bouc-émissaire ?).

Voilà donc un second tour des primaires qui s’annonce favorable à l’ancien ministre de l’éducation, chef guerrier assuré de l’accord des "ON" rebelles (Mars est l’Hamon).

Mais après ? Que pèsera Benoît face à l’OVNI Macron ou opposé au vieux rusé Mélenchon ?

La gauche ne va-t-elle pas disperser ses voix ? Les déçus du PS ne se jetteront-ils pas dans les bras d’Emmanuel ?


Attention, danger !

dimanche 22 janvier 2017

ITINÉRAIRES SYMPA - 1 -


Une nouvelle série de jongleries verbales vous est désormais proposée par l'entremise de votre serviteur.

Voici le n° 1 des planches "itinéraires sympa" que n'aurait pas boudé Max Meynier, le regretté troubadour radiophonique des "routiers sont sympa"

Bonne découverte à toutes et à tous.

samedi 21 janvier 2017

L'INVESTISSEUR INVESTI


Ainsi soit-il. Donald Trump a prêté serment sur la Bible et devient le 45ème président des Etats-Unis.

Rien de tel que la bible pour se donner une nouvelle Genèse quand les vies tiquent d’avoir supporté huit années d’aubes à Marie, heu d’Obamarie. Oui, rien de plus exaltant que la bible pour évoquer Job, ce travail qu’on promet à tous les Américains avec un « First America », l’Amérique d’abord.

En vérité, je vous le dis, rien de plus grandiose que la bible pour soutenir cet homme aisé qui hèle toute une nation à lui ressembler : soyez riche, osez (Osée ?), cessez vos lamentations et comme des pros faites-vous une place au soleil. Je serai là derrière vous. Je ne vous décevrai pas !

Oui, il a prêté serment sur le livre saint et retentirent les canons pour le canoniser !

La pluie était au rendez-vous, faisant dire à ses détracteurs : ça dégoutte.

L’eau venait comme pour bénir son discours à bas thème : le fameux « America First », une « Amérique d’abord » répété à l’envi, en grains de chapelet. Une oraison hors raison charpentée de phrases courtes, comme si le nouvel hôte de la Maison Blanche parlait ainsi qu'il tweetait : pas plus de 140 caractères par phrase.

Le nanti social, habitué des trusts, était arrivé, l’air d’un sombre héros, accompagné de sa femme Melania et de son fils Barron, dix ans, qui aurait préféré envoyer des chewing-gums mâchés à tous les vents, sachant qu’il avait  des prix chez le marchand !
Donald, qui ne ressentait pas le froid de canard, a embrassé Michelle Obama laquelle n’eut pas l’air enchantée, flûte ! En revanche, il n’a pas serré la main de son ex rivale, Hillary, pas hilarant !
Tout Washington, enfin presque, s’était donné rendez-vous : les présidents Jimmy Carter, George W. Bush, Bill Clinton. Il y avait aussi les leaders politiques, les juges de la Cour suprême, Bernie Sanders, les futurs ministres cousus d’or qui n’ont jamais eu besoin de Jean-Pierre pour gagner des millions.
La foule des admirateurs, un agglomérat de braves gens paumés croyant au Messie, applaudissait le prophète mais s’avérait peu magnanime dès que les écrans géants montraient une dame blanche : « il ne faut pas que la frigide erre ici, mettez la en taule ! ». Pauvre Hillary ! Elle avait pourtant fait l’effort de venir malgré tant de rancœur.
Le discours fini, une jeune soprano, Jackie Evancho (et vante froid éventuellement, si besoin est) se mit à chanter l’hymne national, The Star-Splangled Barner (la bannière étoilée).  Trump aurait préféré Mireille Matthieu, mais la star avignonnaise avait prétexté d’un gala en Russie prévu depuis des mois par son ami Poutine.

Il a donc fallu s’accommoder d’une bannière étoilée en mineur  (Jackie a moins de 16 ans) avant que d’aller au charbon, polluer la planète en crachant sur la Cop 21, se recroqueviller derrière ses frontières en sifflotant l’harmonieuse mélopée du protectionnisme. 

vendredi 20 janvier 2017

ERRER C'EST PISSER


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C'est le jour de l'investiture
Le pire que Bouche prêtant serment
Sera le nouveau Président
On crie déjà à l'imposture

Pris dans sa grossièreté notoire
Plaçant tant d'écarts en tweeter
Sa prose tâtera la rancœur
De tant de gens, ahuris, noirs !

jeudi 19 janvier 2017

"DANS LE BREXIT ELLE SE FAUFILE COMME ANGUILLE, MAY"



La nouvelle première ministre britannique tâte cher, heu chèrement, l’épiderme sensible d’une Europe frileuse, pour ne pas dire plus, à l’idée de voir surgir en même temps sur la scène internationale un Donald Trump retranché dans ses frontières et un Brexit britannique qui va modifier les règles du grand marché européen.

Oui, Theresa May, à l’écoute de son peuple (enfin, celui qui a choisi le Brexit par référendum) vient de clarifier sa conception de la sortie de l’Europe : Londres ne veut plus de dépendance vis-à-vis de la Cour Européenne de justice et veut limiter l’immigration européenne vers le Royaume-Uni.


Ces deux directives chères à Theresa May n’ont pas atterré Zamé, une petite commune du Burkina Faso qui n’a que faire de nos problèmes européens plutôt bénins (le voisin du pays suce nos mets, heu, cité avant).

Mais elles plongent l’Europe dans l’abîme des réflexions décisives. L’Europe des 27 arbore la libre circulation des biens et des personnes. Que va-t-elle exiger du rosbif voyageur qui souhaite continuer à photographier la tour Eiffel ? Bien entendu, un passe port ! Comment circuleront les marchandises anglaises sur notre sol ? Il faudra rétablir des droits de douanes !

Sir Theresa, heu non elle n’est pas encore anoblie, heu, la Mère May (aucun lien de parenté avec Daniel, le journaliste de France Inter), n’ignore pas les problèmes. Elle a bien relu la presse économique pour savoir que tout cela est un prix, May ! Ne pensons pas que May nie l’montant !

Alors elle suggère des négociations d’accord de libre-échange avec l’Union.

L’argument dans son cerveau passe de doux à niais, elle voudrait le beurre et l’argent du butter : sortir de l’Europe tout en conservant de faibles droits de douane voire même aucune taxe pour certains secteurs (notamment l’automobile).

Tu nous donnes un mal de crâne, compris May ? A lancé la chancelière allemande qui vient de céphalée sur le divan en apprenant la décision de la nouvelle dame de fer aux six thés (Theresa prend un thé différent tous les jours et s’abstient le dimanche).

Oui, Frau Merkel ne veut pas d’une Europe « à la carte » où la Grande-Bretagne choisirait ce dont elle a besoin et ce qu’elle répugne à appliquer.

-       La May n’aurait pas intérêt à instaurer l’absence de règles, lance Angela. L’âme aigrie de la May grippe déjà nos futures relations. Elle veut l’arrêt fort, May mais nous allons discuter. Nous serons très vigilants et verrons comment la May gère !

En même temps, il ne s’agit pas de durcir les conditions d’accès des produits de sa gracieuse Majesté. A trop renforcer les droits de douane, l’Europe se tirerait une balle dans le pied ! Par représailles, le Royaume-Uni, totalement libéré de la tutelle européenne, pourrait proposer des taux d’imposition sur les sociétés véritablement compétitifs !

On verrait alors fleurir les arbres de May, empruntant, en printemps fiscal, le soleil splendide de l’évasion.

Oui, dans cette hypothèse de réplique se cale May !


Se calmer ? On peut compter sur le flegme britannique à condition que, de l’autre côté de l’Atlantique, un certain Trump ne souffle pas sur les braises !

dimanche 15 janvier 2017

UN ROMAN OU L'HUMOUR S’ÉTALE : J'AI RI.




Ce petit roman, tiré à dix exemplaires et assumé pleinement par Véra Hétruit, une historienne spécialisée dans l’Algérie à l’époque de l’empire ottoman, pourra plaire aux défenseurs des animaux.

En 1712, le dey d’Alger, Baba Ali (dont le nom vient du fait qu’il se gave de gâteaux au rhum en étant alité) se voit proposer, par des européens, l’implantation d’une exploitation porcine.

Les profits escomptés sont énormes pour l’entreprise européenne qui suggère l’investissement. Et le Pacha pécho empocherait 20% des bénéfices, une sorte de prime à verrats.  C’est tentant.

Il pourrait placer à haut taux mannes tirées de l’élevage. Mais le sultan de l’époque, ayant eu écho de la manœuvre, lui envoie une missive de derrière les fagots :

-    Pas de porcs chez vous : c’est contre notre religion. Vous voulez créer un schisme ?

-         Pas de porc ou tout autre animal élevé en batterie comme j’ai cru comprendre !  Les animaux sont à respecter. Vous n’avez pas à cautionner le productivisme  occidental !

Bien qu’assuré de son autorité, Ali Baba demandera aux 40 voleurs européens d’aller voir chez eux s’il y est. Il craint encore la tutelle ottomane en dépit d’une émancipation qu’il se forge peu à peu.

Je ne vous raconte pas la fin de ce récit haletant qui nous replonge dans l’Algérie du 18ème siècle. Sachez simplement que l’auteur n’hésite pas à utiliser la prosopopée. On assiste à des dialogues entre cochons aux pores sains et qui refusent de se salir par une promiscuité (ne pas comprendre promise cuitée !).


Un petit livre à déguster sur le divan (ou Diwan) avec, en fond sonore, une mélodie de Carmen.

Musicalement on laissera l’art à Bizet !

samedi 14 janvier 2017

PEINDRE L'AIDANT COMME S'IL ETAIT EN BALLET







Ancien danseur pris de peinture
Par un sourire qui se dévoile
Ne pensait pas que cela dure
Et que tant de dents seraient toiles

TRAITER LES VIRUS A LA HN...





Le virus H5N8, déjà repéré en 2014 en train d’escagasser la volaille, semblait avoir pris ses ailes. Vola-t-il ? Non car on le retrouve dans le sud-ouest de la France (Landes, Pyrénées Atlantique…), là où on aime gaver les oies et les canards pour obtenir du bon foie gras.

Alors, par principe de précaution, on abat systématiquement les animaux en véritable canardage vétérinaire. L’abattage massif semble la seule solution pour éviter la propagation de l’épizootie quand bien même la grippe aviaire n’infecte que les oiseaux (enfin, c’est ce qu’on dit).

Mais un autre virus fait parler de lui : celui de la grippe saisonnière. Comme chaque année il revient. Comme chaque année les gens rechignent à se faire vacciner en se remémorant l’expérience désastreuse de la campagne de Roselyne Bachelot ! En 2009, celle qui allait devenir une vedette télévisuelle, incitait les gens à se vacciner, en tant que Ministre de la Santé. A cette époque le H1N1 était redouté et la panique avait envahi les pouvoirs publics : 94 millions de doses de vaccin sont commandées pour 19 millions de détruites car l’épidémie n’avait pas été si virulente et surtout la campagne de vaccination avait été gérée à la va vite en traînant derrière elle une suspicion quant à l’efficacité d’une prévention nourrissant surtout les profits des laboratoires pharmaceutiques.

Huit ans après la grippe est toujours là et la vaccination demeure suspecte. L’épidémie qui gagne fait remplir les urgences. Les services d’accueil sont débordés et Marisol Touraine, la Bachelot des temps modernes, se contente de constater les dégâts et de rassurer autant que faire se peut par des «  à ça ira, ça ira, le H3N2 on le pendra ! »

Confiante dans notre système de santé et dans sa capacité à s’adapter, Marisol Touraine (MST chez les gens du métier) lance à la cantonade :

Mettez tout en œuvre pour éviter la saturation de vos urgences quitte à déprogrammer les opérations non urgentes !


On dirait du Fillon dans le texte (la Sécurité Sociale ne remboursera que les maladies et les affections graves de longue durée).

Le tout est de savoir les critères qui permettent d’estimer qu’une opération n’est pas urgente ! Evidemment Marisol se garde bien de donner quelques pistes dans la réflexion !

De là à ce que les techniciens de la Santé la prennent en grippe, il n’y a pas loin !


La grippe agrippe les gras, les gros
Les grues pingres et les grands pelés
Les gris pâles, les groupies de pro
Bref, ce grappin prend qui lui plaît

La grippe en ogre happe les soins
Des urgentistes d’allure gentille
Mais qui sous le poids des besoins
Finissent en bas cœur sur béquille.

L’épidémie emplit de maux
L’épatant talent d’hôpital
Qui se bat contre l’étau « taux
De mortalité », coût létal.

Vaccinations en vagues s’y noient
Sous l’effroi froid d’appréhension
La Bachelot ébaucha voie
Vers vaste espace de suspicion

Voisine Agrippine au cul laid
Voit dans la grippe inoculée
Un moyen d’enterrer ses vieux
De réguler ! Non c’est sérieux ?

En attendant les urgentistes
Jalousent un peu ces oculistes
Qui fixent un prochain rendez-vous
« Oui, dans un an, après l’mois d’août ! »

Ici saturation s’étire
Manque de lits, dit l’aide Aline
Pas à pas apparaît le pire
Se draine en nous l’adrénaline

La Marisol peu mûre esseule
Nos soucis de son assurance
On la sent sans vue et si veule
Face au fléau aux massues rances

On gère au fil de nos brancards
On peine au ras des pénuries
La grippe nous pique, en étant dard
Nous paie de moues l’épidémie...