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mercredi 20 mai 2026

OU VA LE TEMPS ?

Suant sous mon marcel j'étais à la recherche du temps perdu ! Car oui, figurez-vous qu'à l'heure du GPS, de la multiplicité des panneaux dans lequel, parfois, je tombe, oui, malgré tout cela, le temps s'était perdu !

On me disait : Fabiano, vous perdez votre temps à le chercher ! Mais c'était plus fort que moi ! Je sentais qu'il fallait le retrouver ! Dans quel état serait-il ? J'avais peur de retrouver un temps mort ! Il y a tellement de gens munis de mauvaises intentions qui veulent tuer le temps !
Je demandai à mon ami, expert en temps, où pouvait se trouver le disparu. Il me répondit : - tout dépend du temps ! S'il n'est pas né de la dernière averse il est plutôt pluvieux !
Je lui ai dit que s'il était plus vieux il ne devait pas être loin ! On devrait pouvoir le suivre à la cane, au bord de la mare ! Mais il me dit aussi, avec une face de carême, qu'il pouvait faire jeune ! Je compris que le temps plaçait son incertitude et la mettait haut !
Peu renseigné par cet ami je continuai ma route à l'aide de l'animal le plus malin de la planète : le poulpe ! Oui, messieurs, dames, voilà à quoi la recherche du temps t'accule ! Mais, malgré le QI de l'animal, nous revînmes bredouilles ! Déboussolés ! Je me résignai à déposer un avis de recherche.
La gendarmette, une certaine Martine, qui me reçut me répondit qu'elle n'avait pas le temps !
  • Ah, vous aussi ? Vous le recherchez ?
Elle me répondit que cela faisait des lustres qu'elle était à sa recherche, mais que ce n'était pas brillant ! Aucun signe de vie ! Il était sûrement quelque part où, alors, loger ! Mais où ? Quelle était l'ère du temps ?
C'est alors, qu'au-dessus du lac qui jouxte le poste dont la mare est chaussée (depuis qu'elle est à sec) nous le vîmes voler. Le temps suspendait son vol ! Au dessus d'un lac qui n'avait rien à voir avec l'étang ! Il planait comme un oiseau de mer ! C'était un temps de fou !
Là, Martine reconnut que le temps parlait d'ailes ! D'ailes qui s'éloignaient vers l'horizon ! Perdues à jamais ! Je la suivis dans cette analyse...
Nous étions cons, sans temps.

PAUVRE PERE NOEL !

 Je reviens de Laponie et les nouvelles sont froides : le Père Noël ne va pas bien, mesdames et messieurs, il a une crise de foi ! Il ne croit plus en lui ! Il est prêt à lâcher les rennes ! Je pense que la dépression, là, pond. Il m'a dit :

  • Devos, je vous ressemble, vous avez cru en moi, moi j'ai crû en vous ! Vous m'avez fait grandir avec votre univers d'enfance. Mais c'est fini ! Je vais prendre ma retraite de rue, si !
  • Mais enfin, la rue vous attend avec sa neige, ses guirlandes !
  • Non, je me suis fait assez enguirlander comme ça ! On dit que je suis une ordure ! C'est splendide, n'est-ce pas ?
  • Mais ce n'est pas à prendre au premier degré dans un pays où il fait - 20 ! Il faut savoir tempérer et les mauvais termes omettre !
Il me dit : - Non, rien ne va ! Le monde perd son goût de féérie ! Depuis la mort de Tino Rossi j'ai perdu ma voix ! Les rides me rendent le front parcheminé et tout ce qui sent suie !
Il pleurait à chaudes larmes et une vapeur intense se perdait dans le ciel lapon. Il sanglotait :
  • J'ai toujours fait de mon mieux ! Mais aucune reconnaissance. Ce monde m'effraie !
  • Je comprends, cela vous est frais ! Vous avez toujours travaillé gratuitement, carrément à l'œil dans une optique humaniste ! Mais rien n'est perdu ! Des enfants croient encore en vous ! Il faut déjouer la malédiction !
Il sanglotait de plus belle ! La température ayant encore descendu degré mais pas de force, quelques stalactites s'agrippaient à sa barbe blanche !
  • Rien ne va plus ! Les jouets viennent de Chine et sont expédiés par Amazone ! Pourquoi encore traîner mon nouveau traineau, s'entraîner à l'étrenner ! Mal être est né ! Je vais me pendre !
Cela prenait des proportions ! Je lui ai dit que les déprimés qui se gazaient avaient leur raison et les pendus la leur ! Et à ce moment-là l'horloge sonna minuit ! Noël venait de se taper la cloche !
Il cessa de pleurnicher : - Un Noël sans moi ! Bien fait pour eux !
La tristesse avait fait place à la rancœur ! Le mal était présent ! Quel cadeau maudit ! J'avais honte d'être hôte du père Noël ! Il le vit et me dit : - Devos, ne vous inquiétez pas ! Ca va passer ! Ca me prend régulièrement !
Son visage s'étalait, halé ! Je compris alors qu'il était bis polaire.

LES RONDS-POINTS

En France, les ronds-points ne se comptent plus !

Chaque maire veut son rond-point qu'il décidera d'une circulaire ! 

Les ronds-points sont partout, mesdames, messieurs, et tournent dans le sens de l'histoire mais aussi à l'inverse des aiguilles d'une montre sans nous faire gagner du temps.

J'ai vu des ronds-points saturés où on roulait carrément au pas ! Un vrai cirque ! Personnellement, dans mon cercle familial, on redoute l'épreuve ! On se méfie de ces passages protégés soumis aux écarts de pas sages qui se croient protégés ! Oui, j'ai vu des tôles froissées, pour le sourire des carrossiers qui se font des ronds ! 

On me dira : - Oui, mais ça évite les feux ! 

Excusez-moi, mesdames, messieurs, mais j'ai vu des feux sur des ronds-points, et par plus tard qu'hier. Ils étaient accompagnés de gilets à bandes qui réfléchissaient, à quoi ? Je me posais la question quand, perdu dans ma réflexion, je me suis fait emboutir par une camionnette. Son chauffeur commença par crier que j'étais rond ! Oui, j'ai un peu d'embonpoint mais quand même ! 

Il est descendu pour faire le constat et là j'ai senti que ça ne tournait pas rond. Car les gilets s'approchaient en vociférant : - faites le constat ailleurs, ici on organise une manif rondement menée ! On fait ça tous les 2 mois, c'est cyclique !

Ils étaient prêts à me faire une tête au carré. J'ai dit au camionneur : on sort de là ! On s'est retrouvé avenue Poincaré, au calme, tandis que des gendarmes, dans le cadre de leur ronde, surveillaient les gilets qui ne désiraient pas prendre la tangente ! Voyant cela, mon camionneur et moi, relativisant sur la gravité de nos propres dégâts, avons arrondi les angles.

vendredi 6 janvier 2023

A LA MANIERE DE RAYMOND DEVOS - 1

J'entame une nouvelle rubrique "à la manière de Raymond Devos" pour honorer sa mémoire. Je ne suis pas certain d'atteindre les chevilles du maître, mais qui ne tente rien n'a rien.

Pour ce premier acte, je me retrouve à la Porte du Paradis. 

Il y a de l'anticipation dans l'air...


J'étais à peine arrivé au Paradis que St Pierre accourut, essoufflé, en me criant : - Fabiano, je suis désolé, j'ai perdu la clé !
Je lui ai dit : - Si c'est une clé de sol je connais ! Je vous la trouve ! C'est à ma portée !
Il me dit : - Non, c'est plus compliqué que ça ! Une clé de sol quand on est dans le céleste c'est comme si on subissait une peine plancher !
Je lui ai dit : - Il vous faut une clé de fa ? J'ai ça aussi ! Je maîtrise aussi les basses !
Il me rétorqua : - Ca ne servirait à rien ! Il n'y a pas de messes basses puisqu'il n'y a plus de curés ! Ici, on se fait similaires !
Je lui ai dit que 6.000 airs c'était suffisant, mais peut-être pas pour une éternité. Il n'a pas répondu, tout inquiet de sa perte : - Il faut que je retrouve cette diable de clé !
Je commençai à m'impatienter : - Dites-donc, St Pierre, tu te débrouilles, t'appelles un serrurier mais comme tu vois on est une ribambelle à attendre à la porte !
Et ça commençait à crier : - Ouvrez-nous ! OUVREZ-NOUS !
Derrière la porte on entendait St Pierre s'activer avec une vis cruciforme ! Un moment on sentit qu'il tenait là le bon outil et crut s'y fier ! Mais non ! Il jura : - nom de Dieu ! Cela faisait très mauvais effet ! St Pierre jurait comme un poissonnier !
En regardant par le judas qui fonctionnait dans les deux sens, je vis que Jésus arrivait à son secours : - St Pierre, arrête ! Tu es en train de te noyer dans un verre d'eau bénite ! L'Eden t'entend jurer, et te voir ainsi le peine ! Tu te paies ma paix quand tu lui fais un tour de vices et la gâche ! Je vais arranger ça !
D'une apposition de la main Jésus fit ouvrir la porte ! Quel cohue ! Je fus bousculé par toute une foule de ressuscités, le mors aux dents !
Jésus me dit, en me relevant : - C'est de plus en plus comme ça ! St Pierre perd la tête ! Il perd la clé régulièrement ! Je crois que je ferai désormais confiance en St Jean !
Je lui ai dit qu'en singeant il risquerait des réprobations !
Il n'a pas ri ! A se demander si l'humour vient de Dieu !