LES BONS MOTS DE FABIANO
Un blog qui suit l'actualité et cherche à y trouver des éléments humoristiques. Un blog aussi poétique quand il le faut... Avec de la gravité.
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jeudi 21 mai 2026
POURQUOI FAUDRAIT-IL QU'AVEC UN TEL FRIMAS ELLE FRIMÂT ?
mercredi 20 mai 2026
NICOLE, LA LAVANDIÈRE
C’était avant d’avant, même l’avant d’hier
Un ancien temps d’avent, elle était lavandière
Elle allait de l’avant, protégeant ses arrières
Et Noël approchant elle trimait, sans manière
A la voir au lavoir s’échiner au combat
On savait que son sort était en de beaux draps
Situation précaire : ô combien elle l’avait
Qu’un mari malin gère c’était trop demander !
L’homme était trop porté sur le vin des coteaux !
Ô, mais quelle vie Nicole, tu portais un fardeau !
Enfer d’eau, mains glacées, pour salaire de misère
Engelures, anges laids d’un Avent sans lumière !
L’homme en cire de cirrhose finit par succomber
Et ton brusque veuvage un gentil sut combler
C’était un cordonnier dont le cœur tout chaud sur
Le tien donna l’éclat d’un amour le plus pur
Artisan chevronné, et bientôt à l’honneur
Il fut récompensé par de nombreux seigneurs
Ce fut après l’Avent, si loin du temps d’antan
Tu cessas le labeur, ton amant t’aidant tant !
S’étiola en mémoire ton passé trépassant !
DANS LE REGARD DU PREDATEUR
Dans le regard du prédateur
Des terres arrachées sous la pluie
Le vol des rapaces de nuit
Drones drainant lit de terreur
Dans les pupilles du félin
Un goût de sang inaltérable
Des lames d’acier redoutables
S’offrant au plus guerrier festin
Dans les enfers du cristallin
Des lucifériens besogneux
S’attellent à défier les cieux
Sous les nuages de tocsins
Une tragédie rétinienne
Déploie ses actes à venir
Brûlant des planches de plaisir
De jouissance stalinienne
Mille papilles de pupille
D’une chair salivent toujours
Les serres acérées d’un vautour
Le corps de l’Ukrainien étrillent
Sous les cils s’ensilent les grains
Du blé qui ne meurt pas ; celui
Au nom de la Sainte Russie
Étouffe les voix du voisin
De la cornée qu’orne le fiel
Surgit l’ombrage des terreurs
Cri des engrenages broyeurs
La liberté sacrificielle
Dans le regard de l’assassin
L’inexistence d’un remord
La certitude qui s’endort
Dans ses draps de froid souverain
JUSTE UN CESSEZ LE FEU
Juste un cessez-le-feu mais ce n’est pas la Paix
Otages échangés contre des prisonniers
Retour vers des gravats d’un peuple démuni
Retrait de l’occupant, chenilles en sursis
Parenthèse fleurie de roses épineuses
Racines de rancoeur aux sèves dangereuses
Mots d’Allah, de Yahvé, en fer de barbelés
Synagogues toisant les hostiles mosquées
Camp David et Oslo, leur faix d’inanité
Vautour qui se repaît des colombes broyées
Intangible chaos sur le désert de sang
Une foudre défait l’étoile et le croissant
Immuable chemin sur le bord du Jourdain
Des veuves éplorées berçant les orphelins
Averses de cailloux, riposte des canons
Mur des ombres de mort et des lamentations
Des germes de Hamas, les cocons de Tsahal
Reviendra l’azuré aux volutes létales
Repoussera l’euphorbe à l’infâme poison
L’effroyable dessein d’une malédiction
Impossible vision d’un empyrée durable.
J’ai grandi. Désormais, je ne crois plus aux fables
La mort sous le boisseau attend son grand retour
Elle tisse dans la nuit la toile d’un recours
Je quitterai la sphère sans avoir aperçu
Les moindres étincelles d’un espoir advenu
Mon âme volera au-dessus d’une Terre
A jamais sacrifiée aux promesses des guerres…
NOTES 🎵 MENAÇANTES
Mi si la do ré
Tu es ma fierté
Docile ami si
Maniable, pratique
Do si la mi si
Tu les fais trembler
D’homicide aurais-
Tu le sens cynique ?
Do mi si do ré
J’ose l’escompter
La mire aide aux rets
Mes filets physiques
La mi ré do ré
Pour les peurs capter !
Raid au sol si las
N’est plus stratégique
Ré do sol si la
Je vais bombarder !
LE MARTYR DE GAZA
Le regard se perdrait dans ce gris paysage
De poussières lovées dans la désolation
Les bombes pour longtemps ont réduit en désert
Les foyers de Gaza et les jardins d'enfants
Si les feux se sont tus il demeure l'enfer
Les scories d'un combat aux outrages de sang
Gravure de gravats, des bétons hébétés
Recouvrant chaque rue de leurs éclatements
Dépouilles de parpaings en fruits d'atrocité
Cendres des souvenirs, tombeaux de bâtiments
La vie s'est arrêtée sur ce corps désolé
Torturé, mutilé, sous les déflagrations
Des visages d'antan reposent désormais
Dans ce chaos ferment d'une putréfaction
Une planète nue, enfantée dans l'immonde
Décombres larmoyant de leurs yeux décimés
Vengeresse furie essaimant à la ronde
L'impossible pardon, l'ombre des cruautés.
HUBERT ET DOMINIQUE
QUELQUE CHOSE EN NOUS
Un je n'sais quoi de Nana Mouskouri
Un peu de Roussos aux poils bien fournis
Du Périclès fou de démocratie ♫♫
Quelque chose d'Athènes, hé, si !
Quelque chose d'Athènes, hé, si !
Cet accroc-pôle qui vous prend pour la vie
L'amour en cours à l'âme Mercouri
Quand le temps passe et que Papas écrit
Sur nos mémoires la nostalgie ♫
Comme une étoile de Socrate infinie
À l'heure de la feta renaît l'envie
On a le coeur en chant de bouzouki
La mer Egée s'écoule dans la nuit
Quelque chose, d'Athènes, hé si ! ♫♪
À certaines heures de la nuit
Théodorakis tisse l'insomnie !
Il flotte un Vangelis en harmonie !
Et le Pirée qu'on en est comme ravi !
Quelque chose d'Athènes, hé, si ! ♫
MEMOIRES D'UN BRISEUR DE SABRE
MEMOIRES D'UN BRISEUR DE SABRE
(Une des faces cachées du procès Dreyfus)Ça n'avait l'air de rien, un geste militaire
Pour dégrader Alfred, dit traitre à la Nation
Contre la juiverie, pour calmer l'opinion
Eteindre les courroux, enfin, classer l'affaire !
Ça n'avait l'air de rien, juste un sabre casser
J'eusse tant préféré lui ôter les insignes
Ça m'eût causé moins mal. Ce jour, j'écris ces lignes
En me remémorant la longue infirmité
Le sabre était censé avoir été scié
La veille pour m'aider et donner à la tâche
De l'aisance ! Oui, mais, une scie un peu lâche
Ou un exécutant trop mou m'auront leurré !
J'ai senti la douleur gagner tout le genou
Vraiment pas du fer blanc, une lame d'acier
J'ai conservé au mieux ma belle dignité
Stoïcisme vaillant, il faut rester debout !
Le soir, me dévêtant du pantalon martial
Je découvris le bleu, l’ecchymose parfaite
Tout cela confirmait ma journée de défaite
A boiter sous les yeux d’un railleur général
Le toubib assura que ça passerait vite
C’était vilain à voir, des débris de vaisseaux
Un peu d’hémorragie, sans dégâts sur les os
C’est mieux, m’assura-t-il, que vilaine phlébite !
Pour autant, je souffrais, claudiquais, grimaçant
J’en voulais à l’armée de m’avoir désigné
Pour cette opération aux préfaces bâclées
A tous ces tire-au-flanc au sein du régiment
L’hématome grandit touchant l’articulaire
Et plier le genou un supplice devint
Je dus garder le lit, me consola de vins
La cirrhose soudain menaça ma misère
Le toubib intervint, et me mit à la diète
Ce fut un grand désert mou de désœuvrement
J’ai failli tout lâcher, quitter les armements
Le drapeau, la Patrie dont j’avalais des miettes
Et puis vint ce moment où Alfred nous revint
De son île en Guyane ! Car c’est Esterhazy
L’auteur des trahisons qui était l’ennemi
De Mariane et dès lors la rancune survint !
Car ce vil Ferdinand, ce fourbe commandant
Reçut l’acquittement de ses pairs, au procès
S’il s’était, à l’époque, droit et franc, dénoncé
Je n’aurais pas subi les affres du souffrant
Car n’ayant pas de lien avec le judaïsme
Descendant de Hongrois, on l’aurait sûrement
Affecté loin d’ici, dans un casernement
Au sein d’un joli fruit du grand colonialisme
Et de dégradation il n’aurait pas subi
Point de sabre brisé, d’hématomes tragiques
En écrivant ces mots, je ressens, névralgique
L’idiopathique mal en mon hiver ranci.
LE CHANT DES DUNES
HOMMAGE A SALMAN RUSHDIE
SALMAN
LETTRE À VERS SAINS
HISTOIRE DYNAMYTHÉE
QUATRE ANS DE GUERRE EN UKRAINE
QUATRAIN D'EVASION













