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jeudi 21 mai 2026

POURQUOI FAUDRAIT-IL QU'AVEC UN TEL FRIMAS ELLE FRIMÂT ?

 


Quand l'hiver a ses détracteurs
Peu lui chaut, a cédé tracteur
A l'urgence de labourer
Malgré le frimas, sans frimer

Un froid glacial, en ça Karine
Qui prend du café-saccharine
Convient. Elle aurait dû garder
Le chaud près de la cheminée.

Elle va gagner le teint gris pâle
La vile toux, un ton grippal
Mais la notoriété se perd :
Ce ne sera qu'un fait d'hiver !

UN NAIN PORTE QUOI ?

 

Aperçu par une femme un peu gironde : un nain vente et râle après Vayres !




mercredi 20 mai 2026

NICOLE, LA LAVANDIÈRE

 



C’était avant d’avant, même l’avant d’hier
Un ancien temps d’avent, elle était lavandière
Elle allait de l’avant, protégeant ses arrières
Et Noël approchant elle trimait, sans manière

A la voir au lavoir s’échiner au combat
On savait que son sort était en de beaux draps
Situation précaire : ô combien elle l’avait
Qu’un mari malin gère c’était trop demander !

L’homme était trop porté sur le vin des coteaux !
Ô, mais quelle vie Nicole, tu portais un fardeau !
Enfer d’eau, mains glacées, pour salaire de misère
Engelures, anges laids d’un Avent sans lumière !

L’homme en cire de cirrhose finit par succomber
Et ton brusque veuvage un gentil sut combler
C’était un cordonnier dont le cœur tout chaud sur
Le tien donna l’éclat d’un amour le plus pur

Artisan chevronné, et bientôt à l’honneur
Il fut récompensé par de nombreux seigneurs
Ce fut après l’Avent, si loin du temps d’antan
Tu cessas le labeur, ton amant t’aidant tant !

S’étiola en mémoire ton passé trépassant !

DANS LE REGARD DU PREDATEUR

 


Dans le regard du prédateur
Des terres arrachées sous la pluie
Le vol des rapaces de nuit
Drones drainant lit de terreur

Dans les pupilles du félin
Un goût de sang inaltérable
Des lames d’acier redoutables
S’offrant au plus guerrier festin

Dans les enfers du cristallin
Des lucifériens besogneux
S’attellent à défier les cieux
Sous les nuages de tocsins

Une tragédie rétinienne
Déploie ses actes à venir
Brûlant des planches de plaisir
De jouissance stalinienne

Mille papilles de pupille
D’une chair salivent toujours
Les serres acérées d’un vautour
Le corps de l’Ukrainien étrillent

Sous les cils s’ensilent les grains
Du blé qui ne meurt pas ; celui
Au nom de la Sainte Russie
Étouffe les voix du voisin

De la cornée qu’orne le fiel
Surgit l’ombrage des terreurs
Cri des engrenages broyeurs
La liberté sacrificielle

Dans le regard de l’assassin
L’inexistence d’un remord
La certitude qui s’endort
Dans ses draps de froid souverain

JUSTE UN CESSEZ LE FEU


Juste un cessez-le-feu mais ce n’est pas la Paix
Otages échangés contre des prisonniers
Retour vers des gravats d’un peuple démuni
Retrait de l’occupant, chenilles en sursis

Parenthèse fleurie de roses épineuses
Racines de rancoeur aux sèves dangereuses
Mots d’Allah, de Yahvé, en fer de barbelés
Synagogues toisant les hostiles mosquées

Camp David et Oslo, leur faix d’inanité
Vautour qui se repaît des colombes broyées
Intangible chaos sur le désert de sang
Une foudre défait l’étoile et le croissant

Immuable chemin sur le bord du Jourdain
Des veuves éplorées berçant les orphelins
Averses de cailloux, riposte des canons
Mur des ombres de mort et des lamentations

Des germes de Hamas, les cocons de Tsahal
Reviendra l’azuré aux volutes létales
Repoussera l’euphorbe à l’infâme poison
L’effroyable dessein d’une malédiction

Impossible vision d’un empyrée durable.
J’ai grandi. Désormais, je ne crois plus aux fables
La mort sous le boisseau attend son grand retour
Elle tisse dans la nuit la toile d’un recours

Je quitterai la sphère sans avoir aperçu
Les moindres étincelles d’un espoir advenu
Mon âme volera au-dessus d’une Terre
A jamais sacrifiée aux promesses des guerres…

NOTES 🎵 MENAÇANTES



Missile adoré
Je connais ta musique

Mi si la do ré
Tu es ma fierté

Docile ami si
Maniable, pratique
Do si la mi si
Tu les fais trembler

D’homicide aurais-
Tu le sens cynique ?
Do mi si do ré
J’ose l’escompter

La mire aide aux rets
Mes filets physiques
La mi ré do ré
Pour les peurs capter !

Raid au sol si las
N’est plus stratégique
Ré do sol si la
Je vais bombarder !

LE MARTYR DE GAZA


On dirait que la Lune a posé ses bagages
N'eût été l'ange bleu qui drape l'horizon

Le regard se perdrait dans ce gris paysage
De poussières lovées dans la désolation

Les bombes pour longtemps ont réduit en désert
Les foyers de Gaza et les jardins d'enfants
Si les feux se sont tus il demeure l'enfer
Les scories d'un combat aux outrages de sang

Gravure de gravats, des bétons hébétés
Recouvrant chaque rue de leurs éclatements
Dépouilles de parpaings en fruits d'atrocité
Cendres des souvenirs, tombeaux de bâtiments

La vie s'est arrêtée sur ce corps désolé
Torturé, mutilé, sous les déflagrations
Des visages d'antan reposent désormais
Dans ce chaos ferment d'une putréfaction

Une planète nue, enfantée dans l'immonde
Décombres larmoyant de leurs yeux décimés
Vengeresse furie essaimant à la ronde
L'impossible pardon, l'ombre des cruautés.

HUBERT ET DOMINIQUE

 

HUBERT ET DOMINIQUE




Hubert s’en est allé vers les étoiles vives
Au cœur d’une poussière, fruit de constellations
La barbe déployée sur l’éclat d’une rive
Où brillent des soleils alanguis d’évasions
Son âme y a trouvé la présence divine
D’un ange qui volait dans le regard de ceux
Qui buvait ses paroles avant qu’on assassine
Son chemin de savoir, aux écrits amoureux
Dominique à jamais dans l’image éternelle
Où se croisent les mots d’un astrophysicien
Par l’infiniment grand, loin des chaos terriens
Partis le même jour, au fil de vents rivaux
Opposant à l’horreur la vieillesse charnelle
Dans le secret d’un temps aux étranges faisceaux.

QUELQUE CHOSE EN NOUS

 


On a tous quelque chose d'Athènes, hé, si !
Un je n'sais quoi de Nana Mouskouri
Un peu de Roussos aux poils bien fournis
Du Périclès fou de démocratie ♫♫
Quelque chose d'Athènes, hé, si !

Quelque chose d'Athènes, hé, si !
Cet accroc-pôle qui vous prend pour la vie
L'amour en cours à l'âme Mercouri
Quand le temps passe et que Papas écrit
Sur nos mémoires la nostalgie ♫

Comme une étoile de Socrate infinie
À l'heure de la feta renaît l'envie
On a le coeur en chant de bouzouki
La mer Egée s'écoule dans la nuit
Quelque chose, d'Athènes, hé si ! ♫♪

À certaines heures de la nuit
Théodorakis tisse l'insomnie !
Il flotte un Vangelis en harmonie !
Et le Pirée qu'on en est comme ravi !
Quelque chose d'Athènes, hé, si ! ♫ 

RACINE AIDAIT ZELE !


 

MEMOIRES D'UN BRISEUR DE SABRE


 

MEMOIRES D'UN BRISEUR DE SABRE

(Une des faces cachées du procès Dreyfus)

Ça n'avait l'air de rien, un geste militaire
Pour dégrader Alfred, dit traitre à la Nation
Contre la juiverie, pour calmer l'opinion
Eteindre les courroux, enfin, classer l'affaire !

Ça n'avait l'air de rien, juste un sabre casser
J'eusse tant préféré lui ôter les insignes
Ça m'eût causé moins mal. Ce jour, j'écris ces lignes
En me remémorant la longue infirmité

Le sabre était censé avoir été scié
La veille pour m'aider et donner à la tâche
De l'aisance ! Oui, mais, une scie un peu lâche
Ou un exécutant trop mou m'auront leurré !

J'ai senti la douleur gagner tout le genou
Vraiment pas du fer blanc, une lame d'acier
J'ai conservé au mieux ma belle dignité
Stoïcisme vaillant, il faut rester debout !

Le soir, me dévêtant du pantalon martial
Je découvris le bleu, l’ecchymose parfaite
Tout cela confirmait ma journée de défaite
A boiter sous les yeux d’un railleur général

Le toubib assura que ça passerait vite
C’était vilain à voir, des débris de vaisseaux
Un peu d’hémorragie, sans dégâts sur les os
C’est mieux, m’assura-t-il, que vilaine phlébite !

Pour autant, je souffrais, claudiquais, grimaçant
J’en voulais à l’armée de m’avoir désigné
Pour cette opération aux préfaces bâclées
A tous ces tire-au-flanc au sein du régiment

L’hématome grandit touchant l’articulaire
Et plier le genou un supplice devint
Je dus garder le lit, me consola de vins
La cirrhose soudain menaça ma misère

Le toubib intervint, et me mit à la diète
Ce fut un grand désert mou de désœuvrement
J’ai failli tout lâcher, quitter les armements
Le drapeau, la Patrie dont j’avalais des miettes

Et puis vint ce moment où Alfred nous revint
De son île en Guyane ! Car c’est Esterhazy
L’auteur des trahisons qui était l’ennemi
De Mariane et dès lors la rancune survint !

Car ce vil Ferdinand, ce fourbe commandant
Reçut l’acquittement de ses pairs, au procès
S’il s’était, à l’époque, droit et franc, dénoncé
Je n’aurais pas subi les affres du souffrant

Car n’ayant pas de lien avec le judaïsme
Descendant de Hongrois, on l’aurait sûrement
Affecté loin d’ici, dans un casernement
Au sein d’un joli fruit du grand colonialisme

Et de dégradation il n’aurait pas subi
Point de sabre brisé, d’hématomes tragiques
En écrivant ces mots, je ressens, névralgique
L’idiopathique mal en mon hiver ranci.

LE CHANT DES DUNES



Les grains chargés de feu, poussières de soleil
Sous le ciel qui attend une improbable pluie
Psalmodient dans le vent l’étrange nostalgie
D’une terre d’antan, de prairies en éveil
Ils se frottent le corps en musicalité
De mélopées nimbées de présence divine
Exhibent des pensées en notes sibyllines
Qui hantent le désert et son immensité
Leur voix geint en pulsion d’un tambour minéral
Où se joignent les cris d’une corde frottée
Par l’invisible bras au velouté d’archet
Complainte cristalline, siliceuse vocale
La facétie de djinns sous l’éclat de la lune
Dans la nuit de froideur qui revêt le bédouin
S’immisce dans l’écho des immuables grains
Mythifiant à jamais le doux chant de la dune


HOMMAGE A SALMAN RUSHDIE


 


SALMAN


Salman regarde au loin le soleil décliner
Sur la théocratie d’une Perse percée
Par le venin des rues, aux cris de délivrance
Il voit au loin la nuit des mollahs qui s’avance
Il rit de sa fatwa, onguent à ses blessures
Caresse ses versets de ses mains qui murmurent
L’espérance d’un ciel dessus les minarets
L’agonie d’un hiver qui se voulait sacré
La neige se blottit au cœur de Manhattan
Enlumine cet œil, rescapé des arcanes
Chiites et tueuses. Le blanc chante la vie
L’harmonie des savoirs, la mort des infâmies
Salman entend l’écho, l’orage des slogans
La colère des cœurs au sein de Téhéran
Imagine l’ailleurs, les voies du devenir
Un coran de frayeur qui va s’ensevelir.
Mais son âme se perd sous le voile des femmes
Dans l’ombre des prisons où s’agitent les drames
Il tremble pour les corps ouverts aux répressions
Les hydres de torture, les abominations.
Salman est en chemin, entre doute, prières
Ses mots en parchemin affleurent les lisières
D’un chant de renouveau aux essences fragiles
Les notes d'un parfum sous des pluies indociles.

QUAND MARION DEFEND TRUMP ET SA POLICE EN CHARGE DE L'IMMIGRATION

 


LETTRE À VERS SAINS



Ma chère maman, je vais très bien
Moral est bon et l’aide Redon !
La cité bretonne me tient
Dans sa douceur, loin des tensions
Je m’y insère et mate là
Les peurs d’antan. Dès lors ayez
Ma chère maman moins de tracas
En de beaux draps je suis placé
Tout un confort en somme y est
D’une grâce mâtinée de joie
L’air redonnais a redonné
En mon cœur les plus beaux émois.

HISTOIRE DYNAMYTHÉE



Nymphes morigénaient ! Ah, ce fer ! Ô maux !
Nains, feux morts, y gênaient ? À se faire homos ?
Ce mythe archaïque
Se mit tares ! Qu’a hic ?
Pan chantant des vers mal
Penchant tendait vers mâles
Les satyres cornus
Laids, s’attirent, corps nus !
🎨Peinture de Rubens


QUATRE ANS DE GUERRE EN UKRAINE


Quatre ans de guerre aux dents de loup
Neige de sang, givre d'offenses
Prières tombant à genoux
Préaux sur des ombres d'enfance
Quatre ans de drones assoiffés
D'une létale beuverie
Mines plantées en champs de blé
Graines latentes des tueries
L'orthodoxie nue de sagesse
Consacrant la russe tigresse
Au nom de son éternité
Les cris d'effroi des destinées
Sous l'atrocité sauvagesse
Jusqu'aux yeux à jamais fermés

QUATRAIN D'EVASION

 

D’être à Valence qu’âme ait l’idée
Pourquoi pas, si la Drôme adhère !
J’y bosserai et pour te plaire
J’irai jusqu’à tes chats me lier !


LA FACADE EFFACEE



La façade gémit face à ses vomissures.
Des spasmes déclenchés par les souffles de mort
Ont gerbé, décimés, des lambeaux de décor
Des mémoires murales frappées de flétrissures
Balcons sont devenus les paliers du silence
Quand les détonations se sont enracinées
Aux tréfonds des traumas, dans les têtes brisées
Déplaçant le fracas dans l'hiver des consciences
La rue revêt l'effroi d'un manteau de poussières
Gravats entrelacés, éboulis de passions
Décombres d'énergies et de conversations
Anéantissement d'un passé de lumière
Ici vivaient des gens, des cœurs d'humanité
Les ivresses d'enfant sous le regard des mères
Des échanges fleuris de gaités éphémères
Affrontant les revers de leur ténacité.
Ici vibraient les mots de langages complices
Des ondes adoucies de quotidienneté
Une chanson d'antan aux miroirs familiers
L'harmonie d'un repas alangui de délices
Il ne s'érige plus que défigurations
Laissant, au loin, la peur au chevet de l'exode
Des cèdres en chemin, témoins qui se corrodent
En résine meurtrie, pleurent de commotions.