SALMAN
Salman regarde au loin le soleil décliner
Sur la théocratie d’une Perse percée
Par le venin des rues, aux cris de délivrance
Il voit au loin la nuit des mollahs qui s’avance
Il rit de sa fatwa, onguent à ses blessures
Caresse ses versets de ses mains qui murmurent
L’espérance d’un ciel dessus les minarets
L’agonie d’un hiver qui se voulait sacré
La neige se blottit au cœur de Manhattan
Enlumine cet œil, rescapé des arcanes
Chiites et tueuses. Le blanc chante la vie
L’harmonie des savoirs, la mort des infâmies
Salman entend l’écho, l’orage des slogans
La colère des cœurs au sein de Téhéran
Imagine l’ailleurs, les voies du devenir
Un coran de frayeur qui va s’ensevelir.
Mais son âme se perd sous le voile des femmes
Dans l’ombre des prisons où s’agitent les drames
Il tremble pour les corps ouverts aux répressions
Les hydres de torture, les abominations.
Salman est en chemin, entre doute, prières
Ses mots en parchemin affleurent les lisières
D’un chant de renouveau aux essences fragiles
Les notes d'un parfum sous des pluies indociles.

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