La façade gémit face à ses vomissures.
Des spasmes déclenchés par les souffles de mort
Ont gerbé, décimés, des lambeaux de décor
Des mémoires murales frappées de flétrissures
Balcons sont devenus les paliers du silence
Quand les détonations se sont enracinées
Aux tréfonds des traumas, dans les têtes brisées
Déplaçant le fracas dans l'hiver des consciences
La rue revêt l'effroi d'un manteau de poussières
Gravats entrelacés, éboulis de passions
Décombres d'énergies et de conversations
Anéantissement d'un passé de lumière
Ici vivaient des gens, des cœurs d'humanité
Les ivresses d'enfant sous le regard des mères
Des échanges fleuris de gaités éphémères
Affrontant les revers de leur ténacité.
Ici vibraient les mots de langages complices
Des ondes adoucies de quotidienneté
Une chanson d'antan aux miroirs familiers
L'harmonie d'un repas alangui de délices
Il ne s'érige plus que défigurations
Laissant, au loin, la peur au chevet de l'exode
Des cèdres en chemin, témoins qui se corrodent
En résine meurtrie, pleurent de commotions.

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