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mercredi 13 janvier 2016

KIPPA QUI PARAIT ACCAPARER LES ESPRITS





Un enseignant juif de 35 ans, portant la kippa, se rendait ce lundi 11 janvier, par un clair matin, dans l’établissement privé où il enseigne. Soudain il a été attaqué à la machette par un adolescent turc d’origine kurde et âgé de 15 ans.
Le jeune homme, visiblement radicalisé à la barbe de ses parents par certains réseaux internet, s’est réclamé de l’Etat Islamique.
Benjamin, l’enseignant qui s’est fait repérer par un signe distinctif, la kippa, doit cependant la vie à un autre élément du judaïsme : la thora ! Le livre saint l’a protégé des coups qui, sans ce  bouclier de fortune, lui auraient été fatals !
A la suite de cette agression la polémique enfle !
Le président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a« conseillé à la communauté juive de [la ville], provisoirement, [de] ne pas porter la kippa ».
Mais le président du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), Roger Cukierman, s’est clairement positionné contre cette incitation à ne plus porter la kippa :
-       Nous ne devons céder à rien, nous continuerons à porter la kippa », l’a rejoint le grand rabbin de France, Haïm Korsia. 
Au pays de la laïcité nous revoilà replongés dans des débats sur les signes ostentatoires de religion !
Mais là il ne s’agit plus du voile islamique quelque peu dérangeant mais d’une coiffe qui peut s’avérer dangereuse pour son porteur. Une sorte de signature provocatrice pour des esprits dérangés, notamment en cette période de terrorisme à tout va que cherche à contrôler un Etat d’Urgence aux abois.


Il s’équipa de la Kippa
Vers son collège partit serein
Dans sa sacoche la Thora
L’indispensable livre saint.

Marseille sous un soleil d’hiver
Un faux semblant de légèreté
Aux confins de la Canebière
Au loin la Méditerranée

Dedans sa tête un air yiddish
Enraciné dans l’émotion
Dont l’énergie se contrefiche
De soubresauts d’appréhension

Soudain l’horreur à quelques pas
De l’Institut où il professe
Une machette qui s’abat
Guidée d’une main diablesse.

Agressivité juvénile
Fruit de radicalisations
L’adolescent manie le fil
Tranchant de l’abomination.

L’homme s’affaisse, en un sursaut
Brandit la thora, prie Yahvé
Le livre saint prête son dos
Aux coups furieux du détraqué

L’enfer vivra dans le regard
Haineux de l’immature bourreau
Qui brusquement prendra, fuyard
Les jambes à son cou de salaud.

Le rescapé, tremblant d’effroi
S’est redoré de résilience
L’étoile au sommet de sa foi
Brille en réponse à sa souffrance

Il s’interroge seulement
Sur le port d’une coiffe qui
Aurait pu d’un enterrement
Se déclarer commis maudit

Mais se couper de la kippa
Pris sous la coupe des coupeurs
N’est-ce pas dire aux fous d’Allah
Qu’ils progressent en terrain vainqueur ?

La folie veut que même sans
La très talmudique calotte
Tout hébreu peut verser le sang
Dans la synagogue dévote

Il peut mourir de phylactères
D’une papillote emblématique
D’un schtreimel ou d’un plus austère
Feutre Loubavitch hassidique !

Benjamin, en son cœur blessé
Regarde sa kippa tragique
Comme une ferveur consumée
En mille brasiers de polémiques…



mardi 12 janvier 2016

LA MORT DU CAMELEON

David Bowie ne doit pas avoir un lien de parenté avec James Bowie, héros de la révolution texane, sinon il aurait fait un duo avec Frank Alamo en chantant fort et ça se serait su.

En fait, aucune parenté, car de son vrai nom David Robert Jones, l’homme a choisi Bowie pour son long couteau et sa légende. Il n’en a cure de la variété tant qu’elle est française. Car, par ailleurs, la bête de scène aima varier les looks et déguisements, se transformant en caméléon, de la pop, trouvant dans la substance camée les hauts nids des idées. On le verra même "jupé", au bord de l’aise, préfigurant une théorie des genres que n’aurait pas boudé une Najat, belle, qui assène une loi faisant avaler de travers le petit pain au chocolat de Mr Copé.


Mais revenons aux cent  cieux, heu, à l’essentiel.

Le jeune David naît le 8 janvier 1947 à Londres, soit 8 jours avant l’élection de Vincent Hors Yole (vu qu’il fit naufrage) à la présidence de notre IVème République. Mais qu’importe notre Marianne et revenons à ce prodige en herbe qui va, très jeune, suivre la trace de son demi-frère Terry Burns, de dix ans son ainé mais schizophrène et futur suicidé. Avec Teddy il développera son amour pour la musique et se mettra au saxophone pour faire l’âme anche !

Adolescent, David suit des cours de théâtre et de mime ainsi que le fil de ses idées pourtant tumultueuses. C’est un touche à tout qui n’aime pas qu’on végète à rien. Aussi apprend-t-il à jouer divers instruments : guitare d’if, basse tonnant, piano aqueux au son à mer, ressort entre les dents pour faire gain-barde …

Tout autant que composer des airs sans désert  traverser, l’homme affectionne de changer de personnages  pour théâtraliser son opéra personnel sans tomber dans le scénique sonique cynique.

Son Odyssée royal (dit Odyssée du Lys) débute en 1966 avec un petit vinyle  pas trop vénal (dira Vanel ) où Rubber Band me fait penser à la fanfare de mon bled qui ne m’a jamais pistonné en auditionnant  une partie où je me trompais tant !




Le premier franc succès sera Space Oddity, en 1969. L’année où l’homme marche sur la Lune. David  veut participer, à sa manière, à la conquête de l’espace où plane éther de nappes synthétiques. D’ailleurs il poursuivra son voyage intersidéral sidérant et précis d’errant avec son fameux « life on Mars ? »



L’artiste qui se fiche bien de savoir si un Beau Oui vaut mieux qu’un laid Non (jeu de mots complètement éculé et qui traîne pitoyable sur les réseaux sociaux), continue dans sa montée fulgurante avec  Hunky Dory en 1971. Il initie alors le mouvement glam, précurseur du mouvement punk : retour à la simplicité du rock’n roll et recherche d’une image excessivement provocante. L’homme aux yeux vairon se verra savourer sans virer en verrue ce nouveau genre musical ! Il est à glamer de partout.

Mais le poids de sa personnalité à multiples facettes écrase quelque peu le troubadour déjanté. Alors Bowie cherche de nouveaux  horizons. Il tâtera le disco soul puis s’aventurera dans une new wave embryonnaire avec la trilogie berlinoise Low et Heroes (1977).

Les Berlinois n’oublieront pas ! En Allemagne, les hommages à David Bowie affluent car la star avait des liens particuliers avec la patrie de Frau Merkel où il a participé, en 1987, au mythique Concert  for Berlin. A l’époque, galvanisant les foules des deux côtés du mur, il avait, selon beaucoup d’âme, « aidé à faire tomber le mur de la honte". Par un chant sans murmure meurt mur…


Les années 1980  rendent son mythe errant dans un grand passage à vide et plus avide à naître pas sage. C’est le calme plat en création musicale même si ses disques se vendent fort bien.

Le cinéma l’appelle et il aura les crans, sans que came errât, à ne pas refuser les offres. On le voit dans Furyo ( ) où il interprète le major Celliers prisonnier dans un camp japonais et adepte de l’antipolitique de l’autruche (corps en terre et tête dehors). On le voit aussi dans les prédateurs  (1983) avec une Catherine Deneuve obligée de boire du sang humain pour oublier son aspect  pré-dateur (elle est née - 3000 ans avant JC)

Son grand retour arrive avec les années 1990 (Outside) et jusqu’à sa mort la création ne faillira pas.



En 2003, il produit Réalité puis consacrera 10 ans pour pondre un nouvel Opus : The Next Day, en 2013. Soit le jour suivant qui sera le 8 janvier 2016. C’est le jour de son anniversaire et son dernier album (le 26ème) : Blackstar, une étoile noire, comme la dernière étape dans le long voyage étoilé, un œuvre testamentaire avec la nuit, imprévue, inattendue, au bout d’un long combat contre l’astre cancer !

David meurt à 69 ans, nous laissant une œuvre colossale tissée de musiques hétéroclites, de voix androgynes, d’innovations scéniques et avant- gardistes, de surprenantes révolutions vestimentaires, de pieds de nez à l’ordre établi.

Bref, un Artiste, avec un grand A dans sa démesure.

Sûr que son aura franchira les siècles !





dimanche 10 janvier 2016

AU BORD DE L'EURE




Au bord de l’Eure un Bordelais
Parmi les pêcheurs dépêchés
Sentait les pleurs, suintait des plaies
Et au malheur cet homme allait

Point de bonheur sous son bonnet.
Il subissait l’ardeur lardée
Vivant en terreur enterrée
Mille douleurs d’un mois d’août laid.

Son âme sœur l’avait quitté
Et quelque terreur l’atterrait
En bon Seigneur il en saignait
D’amour fugueur ; nul n’en fut gai !

Dans sa démarche l’aigreur l’est grée
Il pense au cœur, il pense au quai
De Bordeaux, les premiers baisers…
Bière en brasseur, belle embrassée.

Mais à plat cœur, elle l’a plaqué
Qu’importe Miller ou Millet
Les enchanteurs, les ans chantés
Il sent laideur nue sans l’aider…

Le tentateur l’a tant tâté
Qu’il veut, sais-tu Eure, se tuer ?
Peux-tu lent pêcheur, l’empêcher
Sous l’aulne ou ailleurs d'se noyer ?  

Dans les couleurs il a coulé
Déjà se meurt, déjà se  met
Sa dernière heure en dernière haie
Se fait sauteur ; ce fait sot tait !

Mort sans honneur, mort sans zoner
Que maux de cœur qui se moquaient
Dans le malheur cet homme allait !
Au bord de l’Eure, ô Bordelais…

samedi 9 janvier 2016

DIVERTISSEMENT XIII

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De Sarah Palin, la conservatrice qui se conserve actrice d’admiration pour Mario Maréchal le Pen (n’importe quoi !) à Louane qui vient d’enregistrer en duo avec le trompettiste Ibrahim Maalouf une chanson en hommage aux victimes des attentats de janvier et novembre 2015, je me suis amusé, une fois de plus à naviguer sur des allitérations.

J’y ai glissé, Dieu me pardonne, une contrepèterie.

Une occasion également de rendre hommage au cinéma d’Eric Rohmer (Pauline à la plage – 1983) et de lancer un petit clin d’œil à la famille royale anglaise en saluant la princesse Anne et son mari Sir Timothy Laurence (Tea m’ôte-t-il eau rance ?)

N’hésitez pas à visiter mes autres pérégrinations littéraires appelées « Divertissement »

Cliquer pour cela sur le thème « allitération ».


Bonne découverte…

vendredi 8 janvier 2016

IL VA FINIR LA, PIERRE, TON BAL !


Pierre Boulez vient de nous quitter à l’âge de 90 ans, ce mardi 5 janvier. Sa mort signe, en quelque sorte, la fin d’une musique avant-gardiste du XXème siècle qui remettait en cause l’harmonie classique.

Pierre Boulez est né à Montbrison, dans la Loire, en 1925. Il commence par casser des verres à pied pour savoir quelle poésie musicale s’instaure !
Que fais-tu, Pierre, demande son père ?

J’entends mon bris sonner, rétorque l’enfant qui ne sait pas encore que cette expérience augure de sa future création.

Il se met au piano dès 7 ans et déchiffre bien. Des chiffres tellement bien qu’il s’oriente vers les mathématiques afin de se mettre à la portée de l’Ecole Polytechnique de Lyon. Mais il n’oublie pas Euterpe qui l’amuse !

Alors qu’il assiste à une course de 100 mètres où brille une collègue de promo, une certaine Marthe, lui vient brutalement une musique. Il l’écrira sur portée. Ce sera le célèbre « Marthe aux cent mètres", pas toujours très compris d’un auditeur peu averti. 

Il monte à Paris, étudie vite avec un cerveau de matheux. Tout est si fa si la la mi Pierre. Il comprit le cours de son maître, Olivier Messiaen, larmes honnie et avec allégresse la si mi la ! Sur le rameau d’Olivier il sait repérer les chants d’oiseaux car son oreille musicale est sans pareille.

En 1946, il gagne sa vie en jouant des ondes Martenot, ancêtre du synthétiseur (priez pour nous),  aux Folies-Bergère quand Jean-Louis Barrault lui propose de rejoindre sa compagnie théâtrale pour diriger la musique de Seine et de tisser des rapports plus francs si liens !        

Boulez n'a aucune expérience de la direction d'orchestre. Heureusement l’agent « l’ouïe » barre haut, sur les ondes les plus difficiles à atteindre. L’homme reconnaît le son de tous les instruments. Il apprend vite et sur le tas ! Il profite de la confiance qu’on lui prête (à taux zéro) pour fonder, dans les années 50, le Domaine musical, où il présente au public parisien son approche du répertoire contemporain dont Barrault est le content parrain.

Boulez, se met jusqu’au bout l’aise d’écrire une musique radicale et nouvelle. Pour un peu il vous dirait : fa c’est si ! Il expérimente pour pondre de la musique sérielle qui leurre les adeptes de l’harmonie en imposant des œuvres atonales, voire à taux nul pour les détracteurs.

A partir des années 1960, Pierre Boulez, que les critiques rendent l’esprit  âpre et maudit d’un faune,  prend le train plus tempéré qui longe la mer de Debussy ! Il s’exécute en multiples arabesques entrecoupées de soupes de poisson concoctées par un homme d’art à bisques. Et bientôt des œuvres de poids sonnent : Explosante-fixe  (1972-1994), ou Répons (1981-1988)

Dans les années 1970, Boulez  diriger l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam). L’Ircam c’est comme l’Icam (Institut Catholique des Arts et Métiers) sauf qu’on rajoute un air en plus (et pas forcément très catholique). Avec l'Ensemble InterContemporain et l’Ircam, on peut réellement dire que l’avant-garde  trouve ses institutions pour la plus grande gloire de Boulez. Et quelle notoriété à l’étranger l’Ircam eut (lire Camus) !

La carrière de ce mathémusicien (mot valise qui n’est pas si malle) est jalonnée par une pugnacité sans borne et des prises de bec véhémentes. Avec son humeur de chien Boulez bile !

-      Le Monde est composé deux types d’engeances : celle qui est avec moi et celle qui est contre moi, déclare-t-il en même temps que ses revenus.
-       
Même la musique de son maître Messiaen rend Boulez rouge :

-      Il n’est qu’ânon, fustige-il, son œuvre est à vomir !
-       .......

Certains verront dans cette aigreur verbale la marque d’une sensibilité à fleur de peau ! Et quand on en a plein le dos, des cas, faut nique !

En 1967, il laisse la direction du Domaine Musical à Gilbert Amy (l’Amy la do ré). Il est alors reconnu comme un grand chef d’Orchestre. Il a dirigé l’Orchestre de Baden-Baden après avoir quitté la France en claquant la porte à Malraux en 1966, tel un coup de Massu.

-      Malraux veut réorganiser la vie musicale française mais il ne s’y connaît pas ! Il a le gong court ! Sa musique c’est les voix du silence. Comment ce Malraux décevant, ce mal rodé se vend ! Non, je me casse !    
-       
A Baden Baden, il dirige l'Orchestre de la Südwestfunk puis on le voit diriger Parsifal  sans permettre à ses musiciens qu’ils vaguent, n’errent. Donc une maîtrise de fer pour un vénérable Festival de Bayreuth où son cœur bat, va roi !

Entre 1976 et 1980, il y conduit un Ring historique, sur une mise en scène de Patrice Chéreau, un homme qui lui est cher. Il montera avec lui la création de Lulu, d’Alan Berg, mais, cette fois ci, à l’Opéra de Paris.

A chaque fois c’est une triomphe. On admire sa maîtrise et le respect des œuvres. De Cleveland à New York, en passant par Londres, l’homme sans baguettes (il n’aimait pas la musique chinoise) commande aux mains et aux bras sans faire parler le corps sauf s’il est d’harmonie, fa sonnant ! 

Dès ses premiers enregistrements pour le label Adès, on a encense sa précision que des pigistes de Métro nomme « inouïe ». Puis ses disques enregistres par CBS, aux USA confirment sa pâte novatrice dans l’interprétation de la musique du XXème siècle (Debussy, Stravinsky, Berg…)

Boulez ira s’imposer, également, comme l'interprète idéal de Ravel ce qui semble assez antinomique eu égard aux styles de musique que chacun défendait. Mais, en lançant tant de disques, certains disent que Pierre, discobole héros, fait connaître plus que disco boléro ! A partir de 1989, il enregistre  ses grands succès pour Deutsche Grammophon, un label qui évoque, allemand, et avec bonheur les œuvres de Mahler.

A l’inauguration de La Cité de la musique, à Paris, Boulez fête ses 80 balais hors de France. Encore un joli pied de nez. A Berlin, il dirige l'Orchestre de Chicago et celui de la Staatskapelle, dans la symphonie n°2 « Résurrection »  de Mahler.
Il entreprend ensuite une tournée en Europe et aux Etats-Unis. Il ne voudrait plus revoir son pays qu’il ne se comporterait pas autrement, disent les mauvaises langues. Pour lui, Paris, est-ce un faux nid ?

Pourtant son pays lui a tout donné : directeur de l’Ircam, président de l'Ensemble InterContemporain ;  vice-président de l'Etablissement public de l'Opéra Bastille, conseiller spécial à Radio France, à la Sept [ex-Arte] et à la Villette, professeur au Collège de France, excès taira…

Mais peut-être que l’Hexagone n’a jamais vraiment digéré sa musique du dit-gérant de l’avant garde ! Aussi, renvoie-t-il l’ascenseur en soutenant, par exemple, que la pop c’est comme du papier peint. Alors que sa musique serait plus comestible : papille et pain ? Monsieur aurait l’esprit quelque peu prétentieux ?

Soixante-dix ans après, le boulot de Boulez (déballé sans beau ballet du bileux aux débats laids)  est entré dans l'Histoire, mais l’œuvre  n'a toujours pas vraiment sa place au répertoire ! Il n’est pas l’heureux père : tord y est ! Tord d’être en avance sur son temps ? Sans doute !

 A titre d’exemple, pour ne parler que des morts illustres récents, il semble plus aisé de fredonner du Delpech sous sa douche que d’entamer une ritournelle boulézienne.

Le public voit un excellent chef d’orchestre mais appréhende d’écouter la moindre de ses compositions sauf à se caser un paquet de boule Quiès dans les pavillons.

Boulez, entonne, alité : la mort m’attend et c’est déconcertant !

La camarde l’emporte, un peu timbrée ; émonde son monde d’ondes et le mène au silence à la pause infinie…

Il me faudra toute la vie, comme feu ma pauvre mère, pour ne pas réussir à apprécier sa musique tout en sachant savourer les œuvres qu’il aura digérées, heu…dirigées.

mercredi 6 janvier 2016

UNE PLAIE QU'ON RAVIVE



Un seul islam existait à la mort de Mahomet, en 632. Ce dernier n'a cependant pas désigné de successeur pour prendre les rênes de l'empire qu’il avait bâti dans la péninsule arabique. Si certains (sunnites) ont privilégié le compagnon de Mahomet, le calife Abou Bakr, d'autres pensaient que sa succession devait revenir à son gendre et cousin, Ali, ainsi qu'à sa descendance (les imams). 


Le conflit entre les deux camps a duré 15 ans et s'est soldée par l'assassinat d'Ali. Les deux fils de ce dernier n'ont pas pour autant abdiqué mais, en 680, Hassan a été empoisonné et Hussein a été massacré à Kerbala, en Irak. Un schisme est alors survenu entre les groupes. 
Les partisans d'Ali et de ses fils ont reçu beaucoup plus tard le nom de « chiites » et constituent à ce jour 15 % des 1,6 milliard de musulmans dans le monde.
Les deux courants de l'islam diffèrent quelque peu dans leur organisation (le chiisme est plus centralisé que le sunnisme, comme la religion catholique par rapport au protestantisme), ainsi que sur le plan de la doctrine et de la loi islamique (sharia) qu'ils respectent. Cependant, les principales différences sont plus politiques que religieuses.
La guerre en Syrie illustre bien la rivalité et le schisme. Alors que l'Iran chiite soutient le régime de Bachar al-Assad, l'Arabie saoudite, sunnite, nourrit plusieurs groupes de rebelles qui s'opposent à Assad.
Il y a un mois, pourtant,  les deux pays semblaient vouloir établir une coalition pour éradiquer la menace du groupe État islamique (Daech). Ils avaient, communément, réfléchi sur la sortie de crise en Syrie. Hélas, la belle union de façade a été vite dynamitée.
L'exécution d'un leader de la minorité chiite, Nimr Al Nimr, en Arabie saoudite le 2 janvier a mis de l'huile sur le feu qui sommeillait entre les deux puissances régionales. 
L’ambassade d’Arabie Saoudite, à Téhéran, a été saccagée. Les Émirs du Pétrole ont aussitôt coupé les relations diplomatiques avec l’Iran.
L’exécution par décapitation, et en public, de chef charismatique Nimr Al-Nimr , s’est justifiée, au pays de l’or noir, au nom d’une menace latente. Le grand religieux chiite n’avait jamais caché son inimitié pour l’Arabie Saoudite et prônait une sécession de l’Est de ce grand émirat. Une région de tradition chiite qu’il aurait bien vu rattacher au voisin, le Bahreïn !
Mais l’œuvre du bourreau a rouvert les hostilités et désormais les rois du Pétrole cherchent à en découdre avec les concitoyens du Président Hasan Roani, ce président de l’ouverture à l’occident (après accord pour ne pas se doter de l’arme atomique).

Oui, fin d’une hypothétique coalition à la plus grande joie de Daech mais aussi de Bachar Al Assad, le Syrien, jamais aussi content que de voir se disloquer les alliances.

Une tête est tombée
Qui a glacé d’horreur
Kerbala révulsé
Bien plus haut que l’aigreur

Une icône est tombée
Par décapitation
Le chiisme ébranlé
Sombre en sa punition

Téhéran s’envenime
Anime le brasier
L’ambassade victime
Geint d’un cœur saccagé

Nimr Al-Nimr immolé
Toute l’âme d’Iran
Pleure des sanglots armés
Exhibant son Coran

Contre l’hydre sunnite
Implacable sadique
Dont le feu commandite
L’exécution publique

Reprocher à Satan
Ce qu’on porte soi-même
Les persans châtiments
Lisent autant d’anathèmes.

Une tête est tombée
Qui menaçait l’Emir
D’horizons morcelés
Éclatement d’empire

Sécession de son Est
Fusionné au Bahreïn
Un projet trop funeste
Qui suscita la haine

L’éminent religieux
En a payé le prix
Ennuageant les cieux
Des disciples meurtris

Sunnisme anti chiisme
Ou réciproquement
Odeur de fatalisme
En pays musulman

A l’heure où le pétrole
N’assure plus les devises
S’aiguisent les paroles
Et les lames de crise

L’ONU prône encore
L’accalmie salvatrice
Clamant qu’il faut faire corps
Contre Daech et sévices

Mais la coalition
Contre les djihadistes
Dans les ailes a du plomb
La rancœur cristallise !

L’Arabie wahhabite
Ne voit plus en alliés
Les grands mollahs chiites
Pour les démons chasser.

Les émirs de l’or noir
Pourraient changer de cible
Placer sur le tranchoir
Une Perse nuisible

Tout l’Etat Islamique
S’en frotterait les mains
En ces heures critiques
De combats incertains.

Raviver la querelle
Des deux frères siamois
Quel atout structurel
Pour le vil Califat.

Tandis qu’en son Palais
Un Bachar souverain
Sans douter du succès
Se recompte les points...


FAUDRAIT POUSSER LES NONNES A S'TAIRE





Angers, une abbaye après les riches fêtes
Le père Georges Harry sonne les cloches, mine défaite
Son cœur pourrait lâcher ; peu lui chaut mère Chloé !
Pour sûr : la nonne assise tance Père sonnant d'Angers

LES COLÈRES DE MR HULOT

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mardi 5 janvier 2016

L'HOMME QUI NE VOULAIT PAS QUE FAIRE RIRE




Michel Galabru vient de mourir dans son sommeil, ce 4 janvier. La mort elle cause plus…elle flingue et vous envoie dans un linceul qui n’a pas de poches ! Papy a fait de la résistance…mais la camarde l’aura, finalement , emporté.

Michel Galabru naît le 27 octobre 1922 soit 23 jours avant la mort de Marcel Proust, quelque part, du côté de chez Swan. Natif de Safi (Maroc) et enfant d'un professeur de l'École Nationale des Ponts-et-chaussées, il ne rêve que de grands ponts mais…footballistiques. Le petit Michel veut devenir un futur Zidane quand bien même semble s’immiscer un certain désordre dans la chronologie.

C'est pourtant le théâtre qui finira par le capter ! Il se dit que suffit Safi où nœud des Marocains, heu, où ne démarre aucun projet artistique. Il monte donc à Paris où, quand un amour fleurit ça dure pendant des semaines comme dirait un chanteur qui y allait aussi, montant jusqu’à s’ignorer tant Paris le marque.

Après deux ans de préparation, il passe avec Succès mais sans Parcimonie le concours d’entrée au Conservatoire d’Art Dramatique. Le jeune comédien décroche alors un premier prix et la mâchoire à force de longues tirades shakespeariennes qui s’enroulent  dans sa mémoire comme mots au lierre tragédien. Car le bougre est entré à la Comédie Française. Il est digéré par Bertheau, ogre en pieds, par Charon au plus haut d’essieux ou encore par Dux (m’a dit Dax à Aix).

Mai en 1951, Jean Devaivre lui propose un premier rôle au cinéma dans « Ma femme, ma vache et moi », un film qui va de mal en pis et ne passera pas à la poste hériter d’un sésame tant il est laid et crée met indigeste.  Il n’empêche, ce premier film le lance devant les caméras et il quitte la Comédie Française en 1957 pour interpréter une multitude de petits rôles qu’aurait qualifié le regretté Charb « haut niais » dans des films mineurs.  

A partir des années 1960, ses rôles s'étoffent sans que le taf l’étouffe ! Il sait tôt faire dans ce métier dont il est issu et nul ne s’avise de taire Galabru laid (ça vise deux tergal à brûler ?). Des jaloux banni l’ont mais lui n’en a cure et grimpe, de fil en aiguille, avec l'arrivée de « La guerre des boutons », grand succès d’Yves Robert. Ah, mon Michel, tu quittais la tragédie et du coup tu riais !

Puis vient la série des Gendarmes de Saint-Tropez qui le classe définitivement dans les comiques. Sous la direction de Jean Girault, phare des pandores, Galabru va multiplier ses mimiques, les comiques de situation sans se départir de son air bourru et franchouillard qu’il prête à l’adjudant Gerber, chef patenté d’un certain Cruchot, l’inoubliable De Funès. Et crut show à en faire gerber les allergiques !

Les cinq épisodes du Gendarme, bien qu'inégaux, seront des succès populaires. Légendes d’art mais que cintre haut pèze !

En 1971, le viager le vit encore jeune pour lui proposer une nouvelle carrière. Michel aura attendu quelque 20 ans pour que son talent soit vraiment reconnu. Lui, qui ne voulait pas que faire rire, se voit enfin proposer des rôles dramatiques.

On le remarque d’abord dans « Section Spéciale » de Costa-Gavras (1975) où il retrouve Dux et Bertheau. Il touche enfin des premiers rôles, dont celui du policier pervers (et pourtant nullement écologiste) dans « Monsieur Balboss » de Jean Marboeuf (1975).

Mais surtout, il reçoit la consécration du meilleur acteur de l’année, en 1976 , dans le film « le Juge et l’assassin » de Bertrand Tavernier, où il campe le personnage de Joseph Bouvier , un assassin un peu chien qui se garde d’être vache. Il implore qu’on le soigne et argue la folie, une thèse que ne partage pas le juge Rousseau, interprété par Philippe Noiret.

En 1978, il entame une autre comédie de trois barreaux, termes plus appropriés car il s’agit de «la Cage aux folles ». Galabru s’y transforme en père serein, mais qui se perd au quai des bonnes convenances en se confrontant au couple complètement déjanté Michel Serrault-Ugo Tognazzi. De Molière à volière, Michel passe allègrement, mène hâte, sans se faire ara qui rit !

Dans la décennie des années 1990  Galabru se fait plus rare au cinéma : une dizaine de rôles à peine. Un peu d’« Uranus » (un peu dur anus ?) de Claude Berri (1990) ou « Hors  jeu » de Karim Dridi (1998), dans lequel il interprète son propre rôle à moins que ce ne soit le contraire.

En 1998, il devient  le pittoresque chef d'un village d'irréductibles gaulois dans « Astérix et Obélix contre César » de Claude Zidi qui renégocie nid de bonnes blagues  avec le père spirituel.

En 2004, Michel  Galabru est à l'affiche de deux films : San Antonio (Frédéric Auburtin) où il donne à nouveau la réplique à Gérard Depardieu  et « Nuit Noire » de Daniel Colas.

Avec Pollux, le manège enchanté, il prête, pour la première fois, toute toute première fois, sa voix à un film d'animation. Il accepte un job que Patricia et Michèle avaient décliné : à l’image de Kass, Torr hait Pollux !

Il retrouve cependant le grand succès en 2008 grâce à Bienvenue chez les Ch’tis où il apparaît bien peu, mais suffisamment avec son « C’est le Nooord… ! » On applaudit, de Gall à Bruni. Mais Galabru nie tout mérite. Il reste modeste même si le film fait  20 millions d'entrées ! Tant d’entrées : on ne peut dire que ça l’dessert  (que sale dessert ?)

Les rires de ce film le conduiront à une autre comédie, « Bouquet Final » mais sans Bouquet (ni Carole ni Michel) aux côtés de Didier Bourdon et sans que ça cloche à jouer avec un inconnu : et dans ce cas rions !  

L'année 2010 est l'occasion, pour ce grand artiste, de révéler une nouvelle la palette de ses talents puisqu'il apparaît dans deux films aux genres très différents. Il participe à la naissance du personnage culte de Sempé (mais sans haine non plus) au cinéma avec le film de Laurent Tiard (l’or en tiare étant réservé au Pape) « Le petit Nicolas », un hommage au petit nerveux élyséen étant talonneur. Puis il joue le grand-père d'une jeune fille en fugue dans « un poison violent » de la jeune Katell Quillévéré et là, encore, c'est de l'art scénique ! La jeune cinéaste s’interroge sur d’éventuels défauts de son premier long métrage. Galabru rassurant : qu’a-t-elle ? Qui les verrait ?

Oui, un grand monsieur, toujours prêt à encourager le petit dernier.
En 2008, le Molière du meilleur comédien, est  pour ce gourmand de théâtre comme dessert né. Il a alors 85 ans et touche l’auréole pour son rôle dans « Les chaussettes – opus 124) dont il fait une reprise qui n’dit que des éloges !

En 2014, on le retrouve sur scène au théâtre avec «  Les Diablogues »  qu’il interprète comme sur du billard, bille en tête et sans usage de la canne. Puis il joue « Cancre » un texte autobiographique dans lequel il revient avec malice  sur sa carrière, préservée des cafards donc de cancres las.
Puis, très marqué par la mort de son frère Marc (octobre 2014) puis de celle de son épouse Claude (août 2015) Michel va s’éteindre ce 4 janvier, tranquillement, dans son sommeil, à 93 ans.


Retrouvant son pote De Funès, là haut, il lancera : c’est le Mooort !

lundi 4 janvier 2016

RETOUR SUR LES VŒUX PRESIDENTIELS



Et chaque année lorsque l’année finit il n’entend pas le violon de septembre mais ses conseillers en communication qui le harcèlent de formules et de bons mots. Car les vœux de bonne année se préparent bien avant l’échéance.

C’est un exercice républicain obligatoire. François Hollande s’y plie de bonne grâce même si, selon la Guyanaise Taubira, ça lui surine âme (normal car c’est l’ex Guyane hollandaise).

Alors, bon, il faut y aller !

Pour la Saint Sylvestre, il a été inspiré par Sapin en matière économique. Pour le reste, c’est la calamiteuse année 2015 qui a servi d’exorde.

Oui, notre brave Flamby commence par la flamme du souvenir en rappelant les épreuves : attentats contre Charlie, contre l’Hypercacher et bien entendu ceux du 13 novembre !

Une pensée pour les victimes du fanatisme et, dans le même temps, l’assurance que les coups portés contre l’Etat Islamique, en Syrie comme en Irak sont en train de porter leurs fruits. François Hollande tait le coût de la guerre et de la sécurité. Il sait que les budgets de la défense et de la police vont exploser pour que les ceintures des djihadistes ne le fassent pas. C’est un prix à payer pour satisfaire cette demande de sécurité et faire baisser le soleil du Front National.

L’idée de la déchéance de la nationalité continue à trotter dans la tête élyséenne, en dépit des remous qu’elle agite à gauche. Cette idée qui ne pourrait s’appliquer qu’à des binationaux (loi Guigou de 1998) toucherait aussi des Français binationaux nés Français, et non plus seulement ayant acquis cette nationalité après leur naissance (par droit du sol) ! C’est un bouleversement qui  nécessite la révision de l'article 34 de la Constitution qui définit la loi et délimite son domaine. Il se pourrait que les 3/5ème des voix requis, au Parlement, ne puissent jamais être acquis et faire capoter cette réformette qui, avouons-le, reste symbolique !

Face à la montée des extrémistes il veut également lutter contre une autre racine : le chômage. Mais, sur ce sujet, force est de constater que les recettes n’ont pas généré de récoltes notoires. Alors le Président relance le vieux dossier  de l’adaptation de l’homme à l’évolution du marché du travail : 500.000 nouvelles formations seront mises en place. La relance portera, notamment, sur l’apprentissage. Le brave François souhaite que le jeune âpre, anti-sage, reste en France, travailler en scierie, par exemple, dans la filière bois (proposition de Sapin).

Enfin, n’oubliant pas la guerre contre le réchauffement climatique, notre Président veut lancer un programme de grands travaux pour la rénovation des bâtiments (encore trop énergivores à son goût) et le développement des énergies renouvelables. Une gageure selon la conjoncture actuelle qui voit le baril de pétrole coûter de moins en moins cher. Comment, avec un litre d’essence moins onéreux, dissuader l’automobiliste lambda de moins circuler en voiture ?

Entre 2015, apocalyptique,  et 2017, année d’une hypothétique réélection, François Hollande joue à la corde raide. Il se bat contre trois ennemis étroitement liés : le chômage, Daech et le Front National.

Un combat qui coûtera et pèsera sur les finances publiques.


Heureusement l’année est bissextile et quatre jours fériés (sur 11) tomberont un dimanche.

2016 moins de ponts pond !  

Les Français travailleront un peu plus, paieront un peu plus d’impôts pour financer leur sécurité intérieur comme extérieure.