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mardi 5 janvier 2016

L'HOMME QUI NE VOULAIT PAS QUE FAIRE RIRE




Michel Galabru vient de mourir dans son sommeil, ce 4 janvier. La mort elle cause plus…elle flingue et vous envoie dans un linceul qui n’a pas de poches ! Papy a fait de la résistance…mais la camarde l’aura, finalement , emporté.

Michel Galabru naît le 27 octobre 1922 soit 23 jours avant la mort de Marcel Proust, quelque part, du côté de chez Swan. Natif de Safi (Maroc) et enfant d'un professeur de l'École Nationale des Ponts-et-chaussées, il ne rêve que de grands ponts mais…footballistiques. Le petit Michel veut devenir un futur Zidane quand bien même semble s’immiscer un certain désordre dans la chronologie.

C'est pourtant le théâtre qui finira par le capter ! Il se dit que suffit Safi où nœud des Marocains, heu, où ne démarre aucun projet artistique. Il monte donc à Paris où, quand un amour fleurit ça dure pendant des semaines comme dirait un chanteur qui y allait aussi, montant jusqu’à s’ignorer tant Paris le marque.

Après deux ans de préparation, il passe avec Succès mais sans Parcimonie le concours d’entrée au Conservatoire d’Art Dramatique. Le jeune comédien décroche alors un premier prix et la mâchoire à force de longues tirades shakespeariennes qui s’enroulent  dans sa mémoire comme mots au lierre tragédien. Car le bougre est entré à la Comédie Française. Il est digéré par Bertheau, ogre en pieds, par Charon au plus haut d’essieux ou encore par Dux (m’a dit Dax à Aix).

Mai en 1951, Jean Devaivre lui propose un premier rôle au cinéma dans « Ma femme, ma vache et moi », un film qui va de mal en pis et ne passera pas à la poste hériter d’un sésame tant il est laid et crée met indigeste.  Il n’empêche, ce premier film le lance devant les caméras et il quitte la Comédie Française en 1957 pour interpréter une multitude de petits rôles qu’aurait qualifié le regretté Charb « haut niais » dans des films mineurs.  

A partir des années 1960, ses rôles s'étoffent sans que le taf l’étouffe ! Il sait tôt faire dans ce métier dont il est issu et nul ne s’avise de taire Galabru laid (ça vise deux tergal à brûler ?). Des jaloux banni l’ont mais lui n’en a cure et grimpe, de fil en aiguille, avec l'arrivée de « La guerre des boutons », grand succès d’Yves Robert. Ah, mon Michel, tu quittais la tragédie et du coup tu riais !

Puis vient la série des Gendarmes de Saint-Tropez qui le classe définitivement dans les comiques. Sous la direction de Jean Girault, phare des pandores, Galabru va multiplier ses mimiques, les comiques de situation sans se départir de son air bourru et franchouillard qu’il prête à l’adjudant Gerber, chef patenté d’un certain Cruchot, l’inoubliable De Funès. Et crut show à en faire gerber les allergiques !

Les cinq épisodes du Gendarme, bien qu'inégaux, seront des succès populaires. Légendes d’art mais que cintre haut pèze !

En 1971, le viager le vit encore jeune pour lui proposer une nouvelle carrière. Michel aura attendu quelque 20 ans pour que son talent soit vraiment reconnu. Lui, qui ne voulait pas que faire rire, se voit enfin proposer des rôles dramatiques.

On le remarque d’abord dans « Section Spéciale » de Costa-Gavras (1975) où il retrouve Dux et Bertheau. Il touche enfin des premiers rôles, dont celui du policier pervers (et pourtant nullement écologiste) dans « Monsieur Balboss » de Jean Marboeuf (1975).

Mais surtout, il reçoit la consécration du meilleur acteur de l’année, en 1976 , dans le film « le Juge et l’assassin » de Bertrand Tavernier, où il campe le personnage de Joseph Bouvier , un assassin un peu chien qui se garde d’être vache. Il implore qu’on le soigne et argue la folie, une thèse que ne partage pas le juge Rousseau, interprété par Philippe Noiret.

En 1978, il entame une autre comédie de trois barreaux, termes plus appropriés car il s’agit de «la Cage aux folles ». Galabru s’y transforme en père serein, mais qui se perd au quai des bonnes convenances en se confrontant au couple complètement déjanté Michel Serrault-Ugo Tognazzi. De Molière à volière, Michel passe allègrement, mène hâte, sans se faire ara qui rit !

Dans la décennie des années 1990  Galabru se fait plus rare au cinéma : une dizaine de rôles à peine. Un peu d’« Uranus » (un peu dur anus ?) de Claude Berri (1990) ou « Hors  jeu » de Karim Dridi (1998), dans lequel il interprète son propre rôle à moins que ce ne soit le contraire.

En 1998, il devient  le pittoresque chef d'un village d'irréductibles gaulois dans « Astérix et Obélix contre César » de Claude Zidi qui renégocie nid de bonnes blagues  avec le père spirituel.

En 2004, Michel  Galabru est à l'affiche de deux films : San Antonio (Frédéric Auburtin) où il donne à nouveau la réplique à Gérard Depardieu  et « Nuit Noire » de Daniel Colas.

Avec Pollux, le manège enchanté, il prête, pour la première fois, toute toute première fois, sa voix à un film d'animation. Il accepte un job que Patricia et Michèle avaient décliné : à l’image de Kass, Torr hait Pollux !

Il retrouve cependant le grand succès en 2008 grâce à Bienvenue chez les Ch’tis où il apparaît bien peu, mais suffisamment avec son « C’est le Nooord… ! » On applaudit, de Gall à Bruni. Mais Galabru nie tout mérite. Il reste modeste même si le film fait  20 millions d'entrées ! Tant d’entrées : on ne peut dire que ça l’dessert  (que sale dessert ?)

Les rires de ce film le conduiront à une autre comédie, « Bouquet Final » mais sans Bouquet (ni Carole ni Michel) aux côtés de Didier Bourdon et sans que ça cloche à jouer avec un inconnu : et dans ce cas rions !  

L'année 2010 est l'occasion, pour ce grand artiste, de révéler une nouvelle la palette de ses talents puisqu'il apparaît dans deux films aux genres très différents. Il participe à la naissance du personnage culte de Sempé (mais sans haine non plus) au cinéma avec le film de Laurent Tiard (l’or en tiare étant réservé au Pape) « Le petit Nicolas », un hommage au petit nerveux élyséen étant talonneur. Puis il joue le grand-père d'une jeune fille en fugue dans « un poison violent » de la jeune Katell Quillévéré et là, encore, c'est de l'art scénique ! La jeune cinéaste s’interroge sur d’éventuels défauts de son premier long métrage. Galabru rassurant : qu’a-t-elle ? Qui les verrait ?

Oui, un grand monsieur, toujours prêt à encourager le petit dernier.
En 2008, le Molière du meilleur comédien, est  pour ce gourmand de théâtre comme dessert né. Il a alors 85 ans et touche l’auréole pour son rôle dans « Les chaussettes – opus 124) dont il fait une reprise qui n’dit que des éloges !

En 2014, on le retrouve sur scène au théâtre avec «  Les Diablogues »  qu’il interprète comme sur du billard, bille en tête et sans usage de la canne. Puis il joue « Cancre » un texte autobiographique dans lequel il revient avec malice  sur sa carrière, préservée des cafards donc de cancres las.
Puis, très marqué par la mort de son frère Marc (octobre 2014) puis de celle de son épouse Claude (août 2015) Michel va s’éteindre ce 4 janvier, tranquillement, dans son sommeil, à 93 ans.


Retrouvant son pote De Funès, là haut, il lancera : c’est le Mooort !

lundi 4 janvier 2016

RETOUR SUR LES VŒUX PRESIDENTIELS



Et chaque année lorsque l’année finit il n’entend pas le violon de septembre mais ses conseillers en communication qui le harcèlent de formules et de bons mots. Car les vœux de bonne année se préparent bien avant l’échéance.

C’est un exercice républicain obligatoire. François Hollande s’y plie de bonne grâce même si, selon la Guyanaise Taubira, ça lui surine âme (normal car c’est l’ex Guyane hollandaise).

Alors, bon, il faut y aller !

Pour la Saint Sylvestre, il a été inspiré par Sapin en matière économique. Pour le reste, c’est la calamiteuse année 2015 qui a servi d’exorde.

Oui, notre brave Flamby commence par la flamme du souvenir en rappelant les épreuves : attentats contre Charlie, contre l’Hypercacher et bien entendu ceux du 13 novembre !

Une pensée pour les victimes du fanatisme et, dans le même temps, l’assurance que les coups portés contre l’Etat Islamique, en Syrie comme en Irak sont en train de porter leurs fruits. François Hollande tait le coût de la guerre et de la sécurité. Il sait que les budgets de la défense et de la police vont exploser pour que les ceintures des djihadistes ne le fassent pas. C’est un prix à payer pour satisfaire cette demande de sécurité et faire baisser le soleil du Front National.

L’idée de la déchéance de la nationalité continue à trotter dans la tête élyséenne, en dépit des remous qu’elle agite à gauche. Cette idée qui ne pourrait s’appliquer qu’à des binationaux (loi Guigou de 1998) toucherait aussi des Français binationaux nés Français, et non plus seulement ayant acquis cette nationalité après leur naissance (par droit du sol) ! C’est un bouleversement qui  nécessite la révision de l'article 34 de la Constitution qui définit la loi et délimite son domaine. Il se pourrait que les 3/5ème des voix requis, au Parlement, ne puissent jamais être acquis et faire capoter cette réformette qui, avouons-le, reste symbolique !

Face à la montée des extrémistes il veut également lutter contre une autre racine : le chômage. Mais, sur ce sujet, force est de constater que les recettes n’ont pas généré de récoltes notoires. Alors le Président relance le vieux dossier  de l’adaptation de l’homme à l’évolution du marché du travail : 500.000 nouvelles formations seront mises en place. La relance portera, notamment, sur l’apprentissage. Le brave François souhaite que le jeune âpre, anti-sage, reste en France, travailler en scierie, par exemple, dans la filière bois (proposition de Sapin).

Enfin, n’oubliant pas la guerre contre le réchauffement climatique, notre Président veut lancer un programme de grands travaux pour la rénovation des bâtiments (encore trop énergivores à son goût) et le développement des énergies renouvelables. Une gageure selon la conjoncture actuelle qui voit le baril de pétrole coûter de moins en moins cher. Comment, avec un litre d’essence moins onéreux, dissuader l’automobiliste lambda de moins circuler en voiture ?

Entre 2015, apocalyptique,  et 2017, année d’une hypothétique réélection, François Hollande joue à la corde raide. Il se bat contre trois ennemis étroitement liés : le chômage, Daech et le Front National.

Un combat qui coûtera et pèsera sur les finances publiques.


Heureusement l’année est bissextile et quatre jours fériés (sur 11) tomberont un dimanche.

2016 moins de ponts pond !  

Les Français travailleront un peu plus, paieront un peu plus d’impôts pour financer leur sécurité intérieur comme extérieure.

dimanche 3 janvier 2016

FUGUE AVORTEE


Par la porte D Rhô B
Sortit vite à pas feutrés
Prit la poudre d’escampette
Sans trop salir la carpette.

Il a filé à l’anglaise
Ayant fini d’étrangler
Cette fille dont les fadaises
L’avaient trop importuné

Il a pris la clé des chants
De l’assassin aux abois
Le cœur amoché, méchant
S’orienta et osa bois.

Se trompa d’embranchements
De toute sève héritée
Se perdit le jour tombant
Sentit, marri, la forêt

Se lova au creux d’un chêne
Qui sentait l’humilité
Trouva, le matin, des chaînes
Et madame Marais, chaussée.

Par la porte 620
Est rentré dans sa cellule
Son avenir s’y sent vain
Tout autant que les pilules.

L'EPIPHANIE




Chaque année viennent les rois mages
Adorer l'enfant nouveau-né
L'athée qui, las, s'en fait ombrage
N'en joue pas moins le fin gourmet

Il se repaît de la galette
En redorant la Monarchie
Tirer les rois reste une fête
En de joyeuses compagnies

Le fabophile se fait vorace
De fèves aux racées esthétiques
Tout en savourant la fugace
Frangipane hyper calorique

Ils ont beau dos, Gaspar, Melchior
Balthazar guidés par l’étoile
Sous le païen confiteor
Des gourmandises qu’on dévoile

Le beau jour de l'épiphanie
Quand le sapin perd ses épines
Sous les guirlandes avachies
Au fil des soirées qu’on festine

Tirer les rois avant l’arène
Le cirque blanc du froid hiémal
Jours de rentrée, bruits pathogènes
Douleurs des levées matinales.

LE CHANTEUR S'EN EST ALLÉ...



Michel Delpech vient de nous quitter, ce samedi 2 janvier, à l’âge de 69 ans.
Michel c’est mon enfance et les années 60. Un petit tout chez Laurette suggérée d’une voix de velours sur les ondes d’Europe 1. Un enchantement qui fleurit mon jardin imaginaire sur le chemin de l’école.
Puis vient la fin des années 60, au plein cœur des 30 glorieuses. Sort du cœur de la jeunesse tumultueuse un Mai 68 et son cortège de grèves. En septembre de cette année-là le premier festival de l’île de Wight en appellera deux autres (1969 et 1970). C’est l’air du temps que chante alors Michel (Wight is Wight – 1969). Un hymne à la jeune génération qui veut bouleverser les usages comme une fleur avant la saison, comme une pluie de papillons à laquelle on n’a jamais cru.
Michel c’est le début de l’adolescence. Un petit 45 tours qui tourne sans cesse à en craquer de souffrance. J’ai 12 ans et j’apprends le mot flirt, une invitation anglo-saxonne que je saurai alors comprendre et appliquer.
Michel c’est un peintre des grandes problématiques de l’humanité et qui redonne à la variété ses lettres de noblesses. Il dépeint les divorcés (1973) après la séparation avec la mère de ses deux enfants. Une rupture qui ne le laissera pas indemne. La longue dépression le guette et il cherchera à l’éradiquer au fil de longues promenades, avec son épagneul, le temps d’observer le passage des oies sauvages.
Bien avant d’être mises en vedette par Jean Jacques Annaud les splendides créatures partent vers le midi, la Méditerranée. Et Michel a tant envie de les accompagner au bout de leur voyage. Quitter un moment cette Marianne dont il chantera pourtant l’existence (1973) de sa naissance au jardin des fleurs de lys jusqu’à son cinquième enfant que tente encore d’élever un certain François Hollande.
Mais fatigué et rattrapé par la maladie il va s’éteindre « doucement » sans réaliser ses rêves : fêter les adieux de Sylvie Vartan (Quand j’étais chanteur – 1975). Pour lui, il y a longtemps que c’est fini et il n’a plus le goût de repartir dans le Loir-et-Cher, marcher dans la boue et dîner avec ceux qui l’aiment.
Adieu l’artiste au cœur tendre, à la recherche spirituelle insatiable, à la voix de velours si chaleureuse.
Si Rimbaud vivait encore, il chanterait ton nom, toi qui as semé tant de petits cailloux blancs sur nos chemins incertains à t’y perdre avec nous…

Nous ne t’oublierons pas…

samedi 2 janvier 2016

AU PROGRAMME POUR 2016



L’année 2016, pour peu que les vilains esprits de Daech nous laisse tranquilles, devrait être l’occasion de fêter, commémorer, faire travail de mémoire pour le plus grand bien de la Nation qui ne doit pas exclusivement se goinfrer d’Etat d’Urgence.

Dès le 8 janvier, les nostalgiques de Tonton pourront se recueillir sur sa tombe à Jarnac. Un discours de Jacques Lang est prévu qui nous remettra en mémoire la vie tumultueuse de Mitterrand, une existence ayant fini sa course le 8 janvier 1996, il y a donc 20 ans.  Jacques nous donnera rendez-vous pour le 26 octobre : il s’agira alors de fêter le centenaire de la naissance du sphinx ! Donc 2016 sera une année mitterrandienne et sas à roses !

Le 14 janvier, L’Aziza  pleurera pour la 30ème fois la mort de son regretté créateur.  Daniel Balavoine meurt le 14/01/1986 lors d’un Paris-Dakar, dans un accident d’hélicoptère. Il agissait en tant qu’ambassadeur de l’action humanitaire des Paris du Cœur. Depuis, tous les cris les SOS se demandent comment sauver l’amour car, hélas, si aimer est plus fort que d’être aimé,  la larme est moins forte que l’aile armée…

Le 15 janvier, le brave académicien Jean D’Ormesson, fera le panégyrique du génialissime journal pour lequel il rédige de somptueux billets : Le Figaro. Sur le beau marché de la Presse, le Figaro existe depuis le 15 janvier 1826, sous le règne de Charles X.  Oui, cela fait 190 ans que je journal défie garrots de la presse opposée à coup d’assauts tout en se disant « sers-je ? ».

Le 18 février, chez certains de nos amis  les Rosbifs, l’heure sera au recueillement pour honorer la mémoire de Marie Tudor née 500 ans auparavant. Celle qu’on nommera Marie 1° ou Marie la sanglante aura quand même brûlé vifs quelque 300 réformateurs qui l’empêchaient de rétablir un royaume empreint de catholicisme. La flamme du souvenir n’en sera que plus ténue !

Le 20 mars, en Tunisie, une foule chantera les 60 ans de l’indépendance du pays. Mais en se souvenant que ça a bardé au Bardo ! Aussi les menaces tirent sur Monastir un voile brumeux de crainte endémique. Et Hammamet à l’âme au mat car peu brillant est le tourisme. Sans bronzés sur les plages l’économie sans thunes hisse le drapeau de la morosité quand la mort ose idées...

Le 25 mars toute la Polynésie française honorera Jacquot le Corrézien pour avoir stopper les essais nucléaires dans le pacifique sud, il y a 20 ans. C’est un 25 mars 1996 que Chirac signe à Suva (Fidji) le traité de Rarotonga qui déclare « l’essai nucléaire sera plus que rare ; ôtons gars tout atome ». Il paraphe le document avec les USA et la Grande Bretagne ce deal soulevant l’enthousiasme d’îles du vent.

Le 17 mai à Honfleur (t’a voulu voir…et on a vu ronfleur..) les fans d’Erik Satie se regrouperont dans une pièce froide pour célébrer le 150ème anniversaire de sa naissance.  Certains, en habit de cheval, interpréteront à quatre mains des œuvres pour piano et trois morceaux en forme de poire qui feront l’objet d’une conférence. Un pasticheur, beurré hardi, terminera la cérémonie avec une œuvre parodique du maître et toujours en forme de poire : « comice-aria »

Le 15 juin les inconsolables du grand Raymond honoreront son non-sens dessus comme deux sous, en poche sous les yeux noyés de larme. Devos les a quittés il a 10 ans déjà, soi-disant ! En réalité le bougre vit toujours à travers les sketchs qu’on se réécoute en boucle à Troyes, comme à Sète, en flux et reflux qui font marée en dépit des ans bruns.

Le 19 juin on se souviendra de l’histoire d’un mec qui s’était planté en moto, 30 ans auparavant. La bande des enfoirés en profitera pour lancer un énième album, histoire de redorer son blason (le sien, pas celui de Coluche). Dans les restos du cœur, où se battent les bénévoles anonymes, loin des paillettes, on aura droit à un repas amélioré même si le cœur reste aux rations.

Le 2 juillet, on célèbrera le 200ème anniversaire du naufrage de la méduse au large des côtes de Mauritanie. A cette occasion, le célèbre tableau de Géricault nous médusera plus que jamais, au Louvres, par sa force expressive ! On en parlera beaucoup du radeau, tant !     

Le 25 août, les plus mordus du chiraquisme se souviendront qu’un 25/8/1976 (40 ans déjà) leur favori démissionnait et claquait la porte de Matignon à la calvitie de  Valérie Giscard d’Estaing (qui ne porte toujours pas le collier). Un beau jour de rébellion qui allait amorcer la fondation du RPR, père nourricier de l’UMP devenu depuis « les Républicains ». Chirac démissionnant d’amis sillonnant dans le sillage des missionnaires giscardiens : un bien beau pied de nez pour ce grand mangeur qui n’attendait que prendre les jambes à son cou pour étancher une faim politique qui lui confinait l’estomac dans les talons.

Le 22 octobre on pleurera la mort de Paul Cézanne décédé il y a 110 ans. France Gall chantera que l’artiste peint encore et qu’il éclaire le monde pour nos yeux qui ne voient rien.  Seize ânes descendant la Montagne St Victoire, porteront sur leur flanc les œuvres du maître qui prit d’Aix élan d’excellence.

Le 15 novembre on sortira les Kleenex et si tu as de beaux yeux ils seront embués ! On pleurera la mort de Jean Gabin, disparu 40 ans déjà. On organisera, en son souvenir, une traversée de Paris tandis qu’un drapeau noir flottera sur la marmite des souvenirs cinématographiques. Dans les stations de métro on lancera une mélodie en sous-sol à la gloire du Pacha à la gueule d’amour.

Quelques jours plus tard, le 27 novembre, on se souviendra d’Emile Verhaeren. Le poète s’est éteint il y a 100 ans à Rouen.  Cette homme de la Province d’Anvers, tout en vers,  aura rimé toute sa vie, en sang flamand pour s’enflammer dans le lyrisme jusqu’à brûler de flambeaux noirs les ailes rouges de la guerre.

Le 9 décembre, alors que la température frisera les 18° C à Lille (ma ville), on soufflera à distance, via les réseaux sociaux, les 100 bougies de Kirk Douglas ! Le dernier grand géant d’Hollywood, né à Amsterdam, retrouvera, à cette occasion, sa ville natale en ces beaux Pays-Bas qui auront vu naître aussi Van Gogh, ce peintre génial et tourmenté que Kirk sut si bien interpréter  sous la direction de Vincente Minnelli (1956). Comment ? Que me glisse-t-on à l’oreillette ? Que Kirk Douglas est bien né à Amsterdam (Il y a les Dieux, il y a les dames) mais Amsterdam dans l’Etat de New-York ! Donc aux USA ! Ah ben j’ai l’air malin maintenant ! Quelle idée aussi de nommer Amsterdam une ville américaine ?

Enfin, le 19 décembre, alors que l’année s’achèvera, les Français évoqueront, une émotion dans la voix, la fin de la bataille de Verdun (le 19/12/1916). Un centenaire parmi tant d’autres dans ces années de commémoration de la grande boucherie. Mais Verdun reste un symbole. Aucune autre bataille n’aura marqué autant la conscience nationale. Encore, tout dernièrement, l’homme rouge à la hotte magique y est passé, n’a pas trouvé ça beau tant ça faisait mal aux rennes.

Voilà. J’en oublie un peu mais c’est déjà beaucoup, disons bien plus que si je n’avais pas écrit ce billet.

Alors profitez bien de cette année !









vendredi 1 janvier 2016

BONNE ANNÉE 2016

Je tiens à présenter tous mes vœux de bonne année à mes lecteurs et lectrices.

Certain(e)s me supportent depuis le début et je les en remercie.

Que cette année soit un peu moins pénible que la précédente et qu'elle nous permette de nous retrouver, de nous apprécier, de nous aimer, tout simplement...

Aussi, préférons les vraies rencontres et réduisons notre temps à nous croire en communication à travers les ondes et l'écran.

Bonne année à vous !





L’année à peine commencée
Sur les réseaux nos vœux fleurissent
En mille bouquets fatigués
De réveillons sous maléfices

Foie ravagé, estomac plein
De nourritures trop caloriques
La bonne année joue le refrain
De quelques poussives harmoniques.

Facebook remplace à l’envi
Les vieilles cartes surannées
Les meilleurs vœux quittent le nid
En armées de copier-coller.

L’oiseau bleu chante un nouvel an
Avec les mêmes billets creux
De calembours trop affligeants
Qu’on se retweete à qui mieux mieux.

Manière de renouer les liens
En ce premier jour de janvier
Bonne a nez, alors ça Fabien ?
On sent qu’un plat a repassé…

L’année à peine commencée
Sortant des brumes commensales
Les vieux addicts du clavier
S’adressent des pensées banales

Comme une esquisse virtuelle
A des amitiés convenues
Pour une croisière annuelle
Sur la cybernétique avenue...

jeudi 31 décembre 2015

PUB 93


Sara Zanier au top modèle
Des rêves de star pour l'éternel
Oui mais à part quelques fictions
Pour la télé, peu d'horizon !

Disons : son courage très mat, las
En somme y est pour ce magma
D'illusions perdues, ressassées
Qui font sa personne alitée.

Sara mollit, en sa chambrée
Sur un matelas TRECA, Zanier !


mercredi 23 décembre 2015

PUB 92



Fabriquée en Croatie
Quelque part en Dalmatie
Tu pourras laquer très vite
Te faire une banane à Split !

ETAT D'URGENCE ET NIER QU'AVEC ETAT DUR GENS SAIGNAIENT




Le gouvernement présente, ce mercredi 23 décembre, en Conseil des ministres,  le projet de réforme constitutionnelle contre le terrorisme.

La lutte contre le terrorisme s’impose plus que  jamais en cette fin damnée 2015 qui aura vu l’Etat Islamique frapper notre pays à deux reprises. Après le sinistre 7 janvier qui décima les crayons de Charlie il y eut ce 13 novembre encore tout sanglant dans nos mémoires.

L’Etat d’urgence a été décrété et il s’agit de le prolonger voire de le constitutionnaliser !

-      L’Etat « dure gencive », est d’urgence, Yves, lance Hollande à Jean-Yves Le Drian, son ministre désarmé qui se demande si sert Jean de son prénom.

Le Drian bile du brillant deal annoncé par son supérieur. Car l’Etat d’urgence n’est pas sans saper le passé assoupi d’épaississants soupers de paix, de liberté…

L’Etat d’urgence aurait pour objet «de pouvoir être efficace dans la lutte contre le terrorisme", a souligné le président français.

Mais au nom de la sécurité on risque la pente liberticide. On peut redouter de voir la justice et ses curies taire le droit d’expression.

Déjà, les « Sages » de notre plus haute instance juridique, ceux du Conseil Constitutionnel, ont  estimé que les embastillements préventifs décidés dans le cadre de l’état d’urgence se vêtaient d’une légalité indéniable !

Le noble Conseil, saisi par les avocats d’un militant écologiste assigné à résidence durant la COP 21, a déclaré que « le ministère de l’Intérieur peut prononcer l’assignation à résidence de toutes personnes à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ».

Les écologistes sont verts de voir leur combat faire l’hérésie dense !

Depuis le 26 novembre, 24 militants écologistes ont vu débarquer les poulets chez eux. Des coqs élevés en pleins nerfs qui leur ont crié d’un ton pas vraiment en poulet : la ferme ! Ils leur ont signifié  leur assignation à résidence avec obligation de pointer trois fois par jour au commissariat du coin-coin en tant qu’anar ! Ils ont même perquisitionné leur chez soi  sans ménagement !

Alors oui, le risque est grand de déraper dans l’inquisitoire au nom de la sacro-sainte sécurité. 

Pour calmer le jeu, le gouvernement a abandonné l'extension de déchéance de nationalité aux binationaux nés français et condamnés pour acte de terrorisme. Cette mesure revendiquée par la Droite est critiquée à gauche car « entrave au droit du sol » qu’il soit mineur ou majeur. Pour Mme Taubira le droit du sol est mis haut ! Surtout depuis l’abolition des peines plancher.

Par contre, la bande à Flamby proposerait l’indignité nationale qui est une déchéance light. La personne perdrait ses droits civiques (droit de vote, éligilité..) tout en restant française ! « Indignons-les ! » pourrait être la nouvelle devise héritée de la pensée de Stéphane Hessel.

Mais, outre ses querelles sémantiques, il reste la question fondamentale : peut-on faire rentrer l’Etat d’Urgence dans la Constitution ?

Selon le gouvernement, l'inscription dans la Constitution aurait pour but d'éviter que, dans l’avenir, une autre majorité ne durcisse les conditions de son déclenchement à générer des grimaces que cent soupes laissent.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a critiqué cette "constitutionnalisation" de l'état d'urgence qui,  serait "grosse de danger" pour les libertés, comme le droit de manifester ou encore le droit de manifester le droit de manifester…

Alors Jacques aurait-il tout bon dans sa bourreau-critique bureaucratique ? L’ex « défonceur » des gauches devenu défenseur des droits nous souffle la menace du tout répressif sans contrôle judiciaire !


Evitons le trop sec horizon à trop sécuriser…

dimanche 29 novembre 2015

É COLLE AU J




Les pays du monde entier vont se retrouver à Paris, deux semaines après les terribles attentats, pour parler de l’avenir de la planète. Du 29 novembre au 11 décembre 2015 il s’agira de trouver un accord entre 195 pays pour maintenir le réchauffement climatique planétaire en dessous des 2 degrés, d’ici à 2050. C’est l’objectif de cette grande réunion-conférence dite COP21

COP signifie « conférence des parties » et 21 renvoie à la 21ème conférence sur le climat. L’avant dernière, la COP20, avait eu lieu à Lima (Pérou) en 2014. A l’époque près quinze jours de négociations féroces, les participants n’avaient posé que quelques jalons timides pour leur futur engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)…

Qu’en sera-t-il de cette COP21 ?

Les pays prendront-ils enfin la mesure de l’urgence de changer le logiciel ? De moins polluer ? De taxer plus fortement les activités nuisibles, les transactions financières qui les sous-tendent ? Prendra-t-on enfin de réels engagements quant à la réduction des gaz qui contribuent à l’accélération du réchauffement climatique ?

Car ne rien faire revient à s’exposer davantage à la fonte des glaciers et de l’arctique. Il s’ensuivra une montée des eaux, un engloutissement de villes, des flux migratoires liés aux crues qui viendront grossir ceux inhérents aux guerres ou au terrorisme.

Oui, il faut agir sans perdre de temps.


Vivons d’Ecologie ou É colle au J


É d’équitable J de  Justice

Que nul n’accapare les richesses
Vivons en paix sur la planète
En partageant d’un cœur honnête
Les fruits communs et la sagesse

É d’éduqué  J de  Jardin

Pour que chacun de nos enfants
Connaissent le secret des fleurs
Le bruit des forêts et des champs
Les ballets pollinisateurs

É d’équilibre J de Jeunesse

Pour que la jeunesse du monde
S’attelle à protéger la vie
L’eau qui jaillit de joie féconde
L’écosystème qui meurt d’oubli.

É d’évasion J de Joliesse

Pour échapper au matériel
Plombant la terre de nuisance
Recadrer notre existentiel
Pour enjoliver l’espérance


É d’États forts J de  Jalons

Pour que l’écho COP 21
Engage toutes les nations
A franchir tous les échelons
Menant au monde plus serein




Sinon les cris de la nature
S’éteindront sous le gigantisme
Les mille affronts de l’urbanisme
Les coûts de nos égratignures

Sinon les forêts millénaires
Poumons de notre humanité
Disparaîtront exterminées
Sous nos impulsions monétaires

Sinon les eaux recouvriront
Par le cruel réchauffement
De nos arctiques tapis blancs
Les toits fragiles des maisons

Et l’homme devra quitter sa terre
Immigré des inondations
Il se battra sans compassion
Pour juste un peu d’eau salutaire

Et l’homme étouffera, maudit
Dans son enfer de pollution
Les cancéreuses agressions
Fragiliseront sa survie.

Alors oui, sans joueur Cassandre
Il n’est plus temps d’atermoyer
Le futur de l’humanité
Demande éminemment d’apprendre

Apprendre à respecter la vie
De ces innombrables espèces
Au nom sacré de la sagesse
Et du respect des harmonies

Apprendre surtout qu’ici-bas
Le plus grand danger pour l’humain
C’est lui-même et nos lendemains
Sont suspendus à ses combats.

Combat pour la diversité
Pour la pérennité des sources
La conservation des ressources
La protection de nos forêts

Combat pour la dépollution
Les réductions d’effet de serre
La vénération de la Terre
Mère nourricière des Nations

Pas de plus noble prétention
Que de vouloir sauver la sphère
Miracle bleu dans l’Univers
Défi de l’humanisation !

samedi 28 novembre 2015

LE FOU

Inspiration MAGRITTE




Chacun le trouvait dément
Juste un peu, pas très méchant
Sans éclairs de violence
Seulement l’incohérence

Il ne quittait pas son chef
Et répétait derechef
Que son feutre conservait
Le peu d’idées qui restaient

On le connaissait trop bien
Dans le flou de son maintien
Quand il marchait sur la tête

Travaillant du chapeau, gai
Enivré de ses sornettes
Il marchait d’un pas feutré.