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samedi 20 août 2016

FAIX QU'ARABE HAUSSE




Plus d’un siècle après la première participation de l’Égypte aux Jeux Olympiques, soit près de 4500 ans après la pyramide de Khéops, la jeune Sara Ahmed a inscrit son nom dans les annales du pays en remportant une médaille de bronze historique en haltérophilie, dans la catégorie féminine des 69 kg et des poussières de sable.

La jeune fille de 18 ans est parvenue à soulever, à l’issue d’un effort pharaonique, 112 kg à l’arraché  puis 143 kg à l’épaulé-jeté soit plus de 315 livres égyptiennes payées en liquide qui désaltère.

Ce formidable effort lui a permis de gagner la troisième place derrière la Chinoise Yanmei Xiang (l’ai-je bien prononcé ?) et la Kazahke Zhazira Zhapparkul.

Sara porte et ça rapporte…du bronze et du beau moqueur pour le journaliste cairote qui n’en a cure car elles sont cuites (les cairotes, heu les carottes) depuis la destitution de Morsi et l’arrivée au pouvoir des militaires !


Avec l’enlèvement d’opposants organisé par le président Abdel Fattah al-Sissi, la démocratie égyptienne ne fait pas le poids !

OMRAN ET LE MASSACRE D'ALEP




C’était en 2006, un article d’un certain  Hanan Kassab-Hassan http://www.babelmed.net/viaggi/211-syria/2016-alep-capitale-culturelle-islamique-pour-le-monde-arabe.html évoquait la richesse culturelle de la ville d’Alep, la capitale culturelle islamique pour le monde Arabe, plantée fièrement au cœur de la Syrie.

Alep, la ville des festivals, des chants séculaires, des souks et des caravansérails, brillait alors de ses mille feux.

Alep, qu’ont-ils fait de toi ?

Dix ans se sont écoulés dans les méandres vertigineusement meurtriers d’un conflit local qui puisait, à l’origine, une issue salvatrice dans la mouvance des printemps arabes.

Les insurgés pensaient réellement détrôner Bachar-Al-Assad puisque les Tunisiens avaient bien chassé Ben Ali et que les Egyptiens s’étaient débarrassés de Moubarak.

Mais la terre de Syrie  s’est enfoncée dans les abîmes d’une guerre sans fin. Le maître de Damas a riposté de ses armes épouvantables et l’Occident n’a pas bronché. La Russie de Poutine a soutenu le tyran qui garantit l’équilibre géostratégique de la région et reste, à ses yeux,  le seul garde-fou contre la menace terroriste de Daech qui s’est invitée au banquet martial depuis trois ans.

Dans l’effroyable drame qui frappe encore les ruines de la ville martyr ne demeurent que des lambeaux de résistance au cœur des quartiers orientaux. Ils sont désormais encerclés par les troupes syriennes aidées d’alliés russes et iraniens. La chute est imminente, pensent les observateurs militaires. Si elle s’avère, ce sont des milliers d’âmes sans toit, sans abri et sans espoir qui chercheront asile vers la Turquie voisine.

Or le sultan Erdogan, depuis un coup d’état militaire qui a cherché à l’évincer, n’a plus guère envie d’héberger la misère du monde. Il a bien trop à faire dans la purge qu’il instaure en son pays. Il risque fort d’enterrer l’accord conclu avec l’Union Européenne : gestion des réfugiés contre processus d’adhésion de la Turquie à l’UE et levée du régime des visas pour les citoyens turcs.

Oui, Erdogan pourrait ne plus vouloir jouer les bons samaritains. Le peuple d’Alep n’aurait d’autre recours que de frapper aux portes d’une Europe déjà fortement étranglée par les flux de réfugiés.

Dans ce drame attisé de bombes russes, l’image d’un enfant victime du chaos, petit fantôme sorti des ruines, a bouleversé le monde entier.

Comme le petit Eylan, ange échoué sur une plage turque, Omran, 5 ans, le visage ensanglanté, apporte un tableau tragique à l’iconographie d’une guerre aveugle dont les enfants sont les innocentes victimes.

Eylan comme Omran, en émouvant le monde entier, nous replongent dans l’affection compassionnelle, quand bien même l’instrumentalisation de leur petit corps meurtri n’est pas sans poser quelques questions de déontologie journalistique.

Eylan comme Omran, icônes de l’enfance martyrisée, nous rappellent les terribles agissements de notre humanité et le sombre avenir des populations exsangues, misérables cohortes sur les chemins de l’exil.




A quoi pense l’enfant ressorti de l’enfer ?
Sous les grises poussières des damnés de la guerre
Vers où se portent en vain ses pauvres yeux hagards
Quand le sang sur sa joue peint le sinistre fard ?

 
Omran sorti vivant de l’antre du chaos
Une incrédulité supplée à ses sanglots
Dessous les oripeaux un petit cœur qui bat
Comme un chant éploré sous le noir des combats.


A quoi pense l’enfant, loin des jeux de Rio
Des médailles glanées sous des cieux estivaux ?
La mort enterre encore tous ses contes de fée.

 
Omran n’a que cinq ans, l’avenir sous la braise
Aux pommes des menottes quelques lignes mauvaises
Dessinent le destin des enfants condamnés.

 

dimanche 14 août 2016

SAMPIERO, SANS COLONS, BINE SON JARDIN CORSE

Statue du Condottiere à Bastelica (photo de l'auteur)

Neuvième voyage en Corse et toujours le même dépaysement. Cette année nous découvrîmes Bastelica, sur les hauteurs, à quelques encablures d'Ajaccio. La ville d'un héros Corse du 16ème siècle dont je vous conte l'histoire : Sampiero Corso.

Sampiero Corso, (en corse Samperu Corsu) serait né à Bastelicaccia (en Corse)  le 23 mai 1498.

Enfant il ne tient pas en place : le corps sue des courts sauts de Corse sous l’effet du diable au corps. Sa mère sait déjà qu’il sera un guerrier quand son père lui enseigne à son insu l’air. Quel air, me direz-vous ?

L’air des combattants du maquis, en air en lamineur qui se veut anti sud (donc contre les Sardes) mais anti Nord aussi (principalement contre Gênes qui occupe le pays).

Il apprend le combat et obtient le BCG (Brevet de Condottiere Général) dès l’âge de 14 ans en présentant son mémoire « La Corse fera des vagues si Nation ». Oui, il veut une Corse libre, libéré du joug des Génoises voire des génoises même si, ce ne sera pas du gâteau !

Vous me direz encore ? Qu’est-ce qu’un condottiere ?

Et bien ce n’est ni plus ni moins (voire vice-versa) qu’un mercenaire. C’est un homme d’arme qui monnaie ses services contre argent lequel est le nerf de la guerre.

-      Il n’est guère amer ce nerf (il naît guerres à mercenaires), déclarera-t-il souvent en plaçant ses économies là où les taux sont à 33,1/3 et faits condottiere, heu fécondent au tiers de leur valeur.

Sampiero commence sa carrière à Florence, en Italie et entre au service de Jean des Bandes Noires (Ludovico de Medici) lui-même fidèle serviteur de son cousin Jean de Médicis et futur pape Léon X (et les on-dit étaient, à l’époque, peu flatteurs pour ce dernier).

Un an après Marignan, donc en 1516, Sampiero s’en va-t- en guerre, mi ronchon, mi raton, mire hautaine, contre le duché d’Urbino où des gens à la dure binaient pour le compte de la famille italienne Della Rovere. En gagnant, Sampiero permet à Laurent de Médicis de s’emparer du petit bout de terrain qui distribue à ses gars lopins.

Mais Léon X, à bout de longs pas pâles, se meurt en 1522 et il est remplacé par Adrien VI (de Ad : à (latin) et rien : qui ne mène à rien). A ce moment-là, Ludovico perd et un cousin et son principal soutien. Il décide alors de servir la France et embarque Sampiero dans l’aventure.

Le condottiere participe alors à la bataille de la bicoque (27/04/1522) où François 1° se prend une veste en pied de poule (d’où l’habit coq) face aux troupes espagnols de Charles Quint . Les piquiers suisses, au service de la France sont en berne.  Sampiero, triste, voit les méfaits des armes à feu espagnoles tout en observant lugubrement l’arc que buses dessinent dans le ciel, au-dessus des cadavres d’amis.

Mais, promis, juré, il va se refaire une santé pour cent ans bien sentis. A partir de 1535, il se rapproche  du banc du jeu laid, heu du Jean du Bellay, un cardinal accessoirement ambassadeur de France à Rome. Il se bat alors pour la France aux côtés de Bayard, le fameux « sans peur et sans reproche ».

Et Bayard presse, au quotidien, son roi de tout faire pour que Sampiero soit un primé. Ainsi fut fait. Le Corse reçoit le grade de colonel, en 1547 ! Quel effet bœuf ce grade vaut !

En 1545, il épouse la plus jolie des filles nobles de l’île : Vannina d’Ornano. La dulcinée est belle et accorte (même si elle n’y est pas née)

-      Vannina, rappelle-toi, est d’Eve ; elle en a le charme, lui lance son meilleur ami.

La fille n’a pas 15 ans mais qu’importe : la belle figure de proue s’tient comme une jeune fille en fleur sur le vaisseau lubrique de l’homme quadragénaire. Le mariage, à cette époque est très marchant sur flots rances du mercantilisme. On épouse d’abord une richesse et l’expression « mon trésor » prend alors toute sa vérité.

Il n'empêche, l'homme aide sa femme aux tâches ménagères et, de sueur, lave aisselles en chantonnant : Vannina, rappelle-toi que je n'essuie rien sans toi...

François 1° meurt en 1547 d’une agonie qui vient subrepticémiquement , si je puis dire. Son deuxième fils, Henri II, lui succède. A cette époque, un des objectifs de la France en Méditerranée est de prendre le contrôle stratégique de l’île de beauté et les bateaux d’embêtants battants  bouter ! Il s’agit là de vaisseaux génois qui provoquent  saccages et noise (sac à génoise ?) selon Sampiero. Oui, il faut bouter les occupants car l’insulaire trouve Gênes, ici, vil !

Les Génois, fi donc, des femmelettes : l’ironie du roi s’étend, rit d’eux. C'est la raison pour laquelle sa Majesté décide d’apporter son aide à Sampiero pour une première expédition en Corse. Le Condottiere rumine sa revanche : l’ennemi, par la prison, l’a méprisé, lui laissant le cœur un quart serré. Le Génois a même commis le crime suprême de brûler la maison familiale de Bastelica comme on le ferait d’une vulgaire paillote. Cette offense n’appelle nulle miséricorde et il le jure : l’ennemi va en baver là ! 

Mais la France manque de navires pour viser la cible et se voit déjà la mire ôter ! Espagnols et Germaniques n’ont nul intérêt à débarrasser l’île de l’occupant génois. Alors, même si c’est insultant on se tourne vers le croissant  ottoman !

Et oui, la France, fille aînée de l’église catholique, s’accorde avec le grand Turc pour venir à bout de l’occupation génoise. Et les accords distants boulent au bas de l’escalier militaire payé en carats !

Bientôt, dès août 1553, la déferlante franco-turque vient à bout de la résistance génoise et la Ligurie sous le garrot allégorique a le goût rauque de la défaite.

Les villes de Bastia, de Corte, d’Ajaccio, Bonifacio, tombent. Elles ne crânent plus, d’un ton sûr, de leur éclat génois. Calvi si. La ville résistera à l’envahisseur au prix d’un siège meurtrier de 6 ans.

Les Calvais en cale vus on pourrait songer que l’occupant, en état, est rien et qu’on occis Gênes ! Mais on se trompe !

Commandées par le vieil amiral Andréa Doria (qui sera, bien plus tard, raillé par Boby Lapointe dans sa chanson « Andréa c’est toi »)  ces troupes faibles mais valeureuses vont recevoir de l’Office de Saint Georges (OSG) l’appui de la plus grande armée jamais déployée sur la future terre natale de Napoléon !

Et, une à une les cités perdues sont reprises et de nouveau tout meurt quand s’érige Gênes.

Le Turc qui bosse fort mais pour des yeşil erik (prunes vertes) se dit que ça va bien ! L’âme erre, noire. Elle lui somme de quitter le combat. La France se retrouve sans appui.

Pour ne rien simplifier, la défaite française de Saint-Quentin (on la sent mauvaise, ah, l’Aisne !), en 1557, et la signature du traité du Cateau-Cambrésis, d'un trait mat hisse en 1559 la grandeur de Gênes.

Il entraîne le retour de la Corse sous la domination des Ligures.  Lors de la signature de l’acte, les Français tentent de cambrer de fierté Cateaulique pour conserver l’île à la couronne, mais ils doivent y renoncer pour conserver  Calais, Metz, Toul et Verdun ! Troquons trop cons, mes amis !

Henri II meurt en juillet 1559 après avoir reçu un coup de lance dans l’œil lors d’un tournoi. Alors, la reine-mère, Catherine de Médicis, prend le pouvoir et le taureau par les cornes (normal s’il s’agit de l’arène) pour ne plus entretenir une flotte coûteuse en Méditerranée.  

La mort dans l’âme en sachant qu’il ne maniera plus avec mordant lame (d’épée) notre Sampiero se transforme en tranquille Gouverneur  d’Aix-en-Provence (1560) puis devient ambassadeur extraordinaire à Constantinople (l’actuelle Istanbul)  laissant son épouse, la constante et noble Vannina dans la demeure familiale de Marseille où les Phocéens la savent honnête.

Mais la jeune femme se morfond sur fond mort. Son homme est loin et l’OSG en profite pour nuire au grand absent. Il envoie l’abbé Michel-Ange Ombrone, ombre au prénom trompeur, comme précepteur des enfants de la belle Vannina.

L’homme doit séduire la belle, aidé d’une fausse annonce : Sampiero serait mort devant Constantinople ».

Persuadée d’être veuve, Vannina sacrifie honneur et biens, vend à tous les vents et emporte le reste pour la ville de Gênes en compagnie d’Ombrone !

Mais pour toi cette fugue infâme ne fut gain, femme ! Car ton Sampiero, plus vivant que jamais, est informé de ta trahison. Il envoie ses sbires te capturer poussé par la folie de seize ires. Ta frégate est arraisonnée dans la baie d’Antibes et te voilà bientôt écrouée dans le château de la ville anti-police mais quand même sacrément carcérale.

De sa geôle, Vannina commet l’irréparable : elle écrit à des dignitaires génois une lettre plaidant sa cause et qui épice tôt l’air d’un piment de trahison.

On la transfère à Marseille puis à Aix jusqu’au jour où le cocu au cou courroucé débarque en réclamant avec des cris vains déversés qu’on lui rende sa femme !Le parlement consent à sa requête à la seule condition qu’aucun mal ne soit fait à l’adorable pécheresse. Sampiero acquiesce mais se fait l’âpre aux messes des réconciliations. Une fois sur ses terres, il contraint Vannina à rédiger un testament en sa faveur avant de la livrer au lacet strangulatoire de ses esclaves Turcs en contrat à durée indéterminée.
Vannina accepte cette sentence dignement. Mais elle refuse de mourir de la main d’un esclave qui dit « la mort à lacet c’est moral assez et c’est maure : Allah sait ! ». Aussi implore-t-elle son mari de lui accorder la grâce de l’exécuter lui-même.

Devant une telle dignité, Sampiero embrasse sa femme, lui accorde son pardon et l’étrangle à mains nues tel un Othello pour une déesse démone.

Mal lui en prit. Le vieux combattant se verra traqué lorsque la famille d’Ornano  promettra deux mille ducats à qui ramènera sa tête !

L’homme ose, aboie encore. Mais l’homme âgé erre, vain. Il sent ses forces l’abandonner et finalement  tombera, le 17 Janvier 1567, dans une embuscade à la férocité gaie, tapant et tendue près d’Eccica -Suarella par les frères de Vannina, spécialistes des temps d’heurts.

Sa tête tranchée sera exposée des jours durant aux murs de la Citadelle d’Ajaccio : c’est une déconfite hure.

En dépit de cette fin pitoyable, Sampiero restera dans les mémoires.
Il sera récupéré par tout le monde : par les partisans de la Corse française comme par les Nationalistes qui le feront premier héraut de la Corse indépendante.


Ainsi crée-t-on une légende d’un homme qui, finalement, n’aura peut-être embrassé qu’une seule cause : la sienne ! 



dimanche 7 août 2016

BEAU COMME UN SEPT AOÛT NEUF



C’est le sept août
Un point c’est tout
Un jour d’août doux
Au joli goût

Un sept à Sète
Et sans ces toux
De noirs dégoûts
D’hivers voyous

Un beau sept août
Vie doucette où
Joue « les Sétoux »
Sans un courroux

Sept août s’est ou-
Vert au redoux
Du mont Ventoux
Au Lavandou

Sept août s’étend
Tout en fêtant
Tout gars étant
Bel estivant


jeudi 4 août 2016

PENSÉES ESTIVALES A L'OMBRE DU DEUIL


Alors que je partais visiter les ruines émouvantes d’un ancien bagne de Corse, celui de la forêt de Chiavari (au sud d’Ajaccio), j’apprenais la terrible nouvelle sur les ondes d’une radio qui trônait à droite du volant de mon véhicule. Oui, une bien terrible nouvelle : un prêtre venait d’être égorgé, en ce mardi 26 juillet, alors qu’il célébrait la messe en sa paisible paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine Maritime)

Un scénario horrible, inimaginable, au nom d’un djihadisme aveugle qui, déjà, durant la nuit du 14 juillet, avait frappé de son abjection létale la promenade des Anglais, à Nice, par l’élan  assassin d’un monstre semi-remorque, lancé autant furieusement qu’aveuglément sur la foule et qui avait provoqué 84 morts sur le coup.

Un été meurtrier, pensai-je alors, tout en me ressassant la phrase que l’on prête à André Malraux (à tort semble-t-il) : « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ». L’agnostique Malraux devait songer à une religiosité intériorisée, capable de nous rendre plus humain. Hélas, ce 21ème siècle commence par du sang versé au nom d’une religion nihiliste qui se permet d’endosser les vêtements coraniques pour justifier sa monstruosité !

Daech revendique les actes des loups solitaires qu’il a radicalisés. Les cibles sont des symboles qui fondent notre unité : la fête nationale, le prêtre catholique, le dessinateur de caricatures, la jeunesse aux terrasses, l’amour de la liberté, la communion des sens exaltés par les vibrations intenses de cordes métalliques au cœur du Bataclan.

Daech utilise le Coran pour justifier sa croisade contre les apostats, c’est-à-dire contre ceux qui refusent leur vision du néant, qu’ils soient catholiques, juifs et même musulmans pour peu qu’ils s’intègrent harmonieusement dans un modèle occidentalisé aux couleurs de la démocratie et du respect d’autrui.

Et je repensais à ce prêtre, âgé, Jacques Hamel, 86 ans, mort en martyr.

Et je repensais à ce religieux qui, les jours précédents, avait invité ses fidèles à prier pour les victimes de Nice, quelle que soit leur confession ; car ils étaient tous fils de Dieu.

Et je ressentais comme un vertige, le long de ma promenade embaumée de senteurs d’eucalyptus, comme un sentiment de chaos imminent, une sinistre présence de menace permanente.


Et je prenais conscience, en cette forêt du sud d’Ajaccio, d’un début de XXIème siècle entièrement désemparé par l’effacement du sacré, par l’essor des individualismes nourris d’écrans tactiles et de virtualité, par l’absence de réponses immédiates pour éradiquer le monstre que nous avions sûrement engendré, dans les méandres du passé…


Le père Hamel s’en est allé
Au bout de son chemin de croix
Son sang a sublimé la foi
De la douceur martyrisée

Va-t’en Satan, lance l’agneau
Avant de succomber à terre
Au sol béni de ses prières
Sans plus de haine pour le bourreau

C’est le sacré que l’on égorge
Au cœur de l’humble sanctuaire
Et le Djihad victimaire
De profanation se rengorge

En forêt de Chiavari
Les arbres géants de leur ombre
Attisent une aquarelle sombre
En ce moment lourd d’agonie

Les vieilles pierres en pénitence
Suintent au cœur de mes pensées
Comme une plaie pérennisée
Par le passé de nos errances

Mais la clairière un ciel ouvert
Présente en chemin d’espérance
Le bleu manteau de tolérance
Au corps blessé de l’Univers

Comme une promesse fragile
De religions entremêlées
Guidant les pas d’humanité
Loin des contingences hostiles

Comme cette force végétale
Recouvrant le pénitencier
Le souvenir des suppliciés
L’effroi des punitions brutales

Comme un cauchemar éventré
Dans le concert de nos louanges
Qu’on croie aux Dieux, qu’on croie aux anges
Ou aux chemins d'humanité.

mercredi 13 juillet 2016

ATTAQUE DU CANARD. QUOI FAIRE ?





Le Canard Enchaîné, qui n’en rate jamais une (de chênaie, en volet de bois verts, nous apprend, ce mercredi, qu’un coiffeur est affecté à la chevelure présidentielle depuis mai 2012. Bon, et alors, pas de quoi se couper les cheveux en quatre me direz-vous. Oui, mais, voilà, le salaire brut mensuel de l’illustre « co-opéra tifs » s’élèverait à  9.895 €.  Ça fait un peu cher le coup de ciseau à l’heure des coupes de budget !

Le contrat de travail d’Olivier B, particulièrement synallagmatique et à titre onéreux, précise le statut de « coiffeur personnel du chef de l’État ». Il a été signé, pile poil, le 16 mai 2012, soit le jour de la nomination du gouvernement Ayrault qui n’était plus en perm’ à Nantes vu qu’il gagnait le fauteuil de Matignon.

Ce contrat stipule de nombreux points, avec autorité et on peut même parler de ton sûr ! Voici quelques exemples les plus marquants :

Art 6 : Le spécialiste capillaire, en raison de sa phobie du vide (si présent chez les socialistes) mettra tout en œuvre pour qu’en 2017 le Président actuel ne soit pas coiffé sur le fil.

Art 9 : Le contractuel évitera d’être de mèche avec le front, qu’il soit national ou de gauche, sous peine d’être mis à la raie.

Art 49-3 : En cas d’absence de majorité de cheveux noirs il sera procédé à une teinture qui engagera la responsabilité de l’exécuteur appelé à maîtrise l’émotion de sang sûr !

Art 50 : L’agent est contractuel de niveau AAA pour la durée du mandat présidentiel en cours et sera rémunéré en petites coupures

La révélation du Canard n’a pas, pour autant, provoqué une prolifération de cheveux blancs sur la tête présidentielle. Flamby reste coi, et qu’est-ce que le coi fait ? Il se moque de ces attaques tirées par les cheveux !

Au pire, ses cheveux blancs il les fait teindre. Il l’éteint cette critique d’un Luc Ferry prompt à tweeter que lui, majestueux ex Ministre de la Culture, ne se teint jamais ; il laisse cela au Président !

Mon dieu, que de passion autour de la chevelure élyséenne, que de poux à chercher dans la tête de Hollande. Il n’empêche, 9.895 € bruts mensuels ça fait peu rire sous cape Hilaire, un smicard à contrat précaire que j’ai connu jadis quand il était photographe, portraitiste et spécialiste des nattes (à lit) mais qui périclita pour des problèmes de pellicules.

Oui  9.895 € ça frise les sept fois le Smic brut mensuel ! Une jolie rémunération pour laquelle son bénéficiaire peut être admiratif après avoir coupé, content, plats tifs !

Une rétribution de coiffeur d’un Président normal. Un Président toujours heureux de son prestataire et qui, sans fin, lui dit : 

Merci pour ce moment, tu mérites ton dû mais ne dévoile pas tes secrets professionnels (article 5 du contrat !)

Le secret : ce que l’homme étanche veut !

mardi 12 juillet 2016

SAIGNE LA BANNIÈRE ÉTOILÉE...


Le président américain est attendu à Dallas, au Texas, ce mardi 12 juillet. Barack Obama visitera une ville en deuil, moins d’une semaine après la mort de cinq policiers, tués par un tireur embusqué en marge d’une manifestation contre les violences policières et après la mort de deux hommes noirs, abattus par la police..


Les USA n’en ont pas fini avec la violence des armes à feu.

Il y a d’abord eu cette hécatombe d’Orlando du 12 juin. Un loup solitaire, Omar Mateen,  ouvert le feu dans une discothèque gay de cette grande ville de Floride. L’Etat Islamique revendiquera peu de temps après cet attentat contre la communauté homosexuelle alors que le tueur avait prêté allégeance à Daech que quelques minutes avant son acte, comme en témoignent des policiers.

Le bilan est terrible : plus de 50 morts et une occasion pour Donald Trump, candidat républicain à l’investiture présidentielle, de se replonger dans l’islamophobie à tout va.

Et puis arrive cet épisode de Dallas, jeudi 8 juillet. Au nom du mouvement Black Lives Matter (les vies noires comptent) quelque 800 personnes défilent pour protester contre une vague d’homicides perpétrés par la police contre les Afro-Américains. Une marche pacifique interrompue tragiquement par des détonations. Un homme ouvre le feu contre les policiers présents pour surveiller la manifestation. Le sniper, un certain Micah Xavier Johnson, finira par être abattu à l’aide d’un robot à charge explosive. 

Mais là encore le sang a coulé : douze policiers touchés parmi lesquels cinq décédés.  Ici, aucune revendication islamique : le tueur voulait juste se venger des policiers au nom de la loi du talion.

Ainsi, à la menace terroriste qu’exporte plus ou moins directement Daech s’ajoute le sinistre retour de la haine raciale s'auto alimentant de vengeances aveugles.

Cette double menace et le sempiternel problème du commerce des armes aux USA vont envenimer la future campagne présidentielle ; cela ne fait aucun doute.


Une loi du talion de sa noirceur létale
Porte l’ombre pérenne sur les flots de tensions
Dans la constitution comme un feu génital
Danse l’amour des armes épris de droit-canon

I have a dream est loin au sommet de l’aigreur
La bannière étoilée tue Martin Luther King
Son grand dessein bleuté pour l’harmonie des cœurs
Trébuche en lents K.O. sur l’effroyable ring

Le racisme aveuglant joue de chaque coté
Frappant le jeune noir ou le blanc policier
L’incendie se répand en sauts crépusculaires

Il rejoint le brasier de l’enfer islamique
Attisé par le fiel d’un destin satanique
Frappant d’homophobie quelque loup solitaire.

jeudi 7 juillet 2016

HÉROS CAR SEMEUR



Michel Rocard vient de mourir ! L’ex premier ministre de tonton le sphinx aura survécu neuf ans à son hémorragie cérébrale qu’il avait eu le malheur de contracter lors d’un séjour en Inde.

Michel Rocard est mort et avec lui une frange de la gauche ancrée dans les idées de Mendès France. Une gauche qui ne se reconnaît pas dans le galimatias pro-libéral d’un Hollandisme aux abois, condamné à jouer du 49.3 pour faire passer une loi sur le travail alors même que ce stratagème constitutionnel avait été fustigé par l’hôte de l’Elysée…

Michel Rocard vient de rendre l’arme à gauche, cette gauche qui faisait dire à ses disciples : « un Rocard sinon rien », pour paraphraser un slogan publicitaire d’esthète anisé (est-ce tétaniser ?)

Licencié ès lettres et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Ecole nationale d’administration (ENA), Michel Rocard adhère en 1949 aux jeunesses socialistes. Ce n’est pas encore la grande rose mais c’est déjà la rosette qu’il déguste en salle amie avec des potes aux mêmes idéaux.

 Après son entrée à l’ENA, il s’oppose à la guerre d’Algérie aux côtés des socialistes en rupture avec Guy Mollet lequel traite ces jeunes coqs en pattes par-dessus la jambe. Il adhère au Parti socialiste autonome (PSA avant que ça ne devienne Peugeot Citroën) et participe à la fondation du Parti socialiste unifié (PSU) en 1960.

Nommé inspecteur des Finances en 1958, il gère des dossiers épais et sue. Puis il devient secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la nation en 1965, puis secrétaire général du PSU.

Le Courbevoisin se présente aux élections présidentielles de 1969 mais sa courbe voit atteindre une asymptote bloquée à 3,61 % des suffrages exprimés. Par contre, la même année, il détrône Couve de Murville (alors 1° ministre), lors d’élections législatives. Il devient alors député des Yvelines (poste qu’il perdra en 1973 tant sa députation se couvre de murs vils).

Economiquement, le modèle yougoslave l’attire ; ses idées empruntent des Balkans et pas par un petit taux (et pas parrain peut Tito). Oui, il aime l’autogestion à la sauce yougoslave, ce socialisme de marché, ouvert aux collectifs ouvriers, même si ce système trouvera ses limites car un salarié reste avec un sale air d’exécutant de directives d’Etat.

Lors de la campagne présidentielle de 1974, il soutient Mitterrand. Il devient alors membre du bureau exécutif du PS et secrétaire national chargé du secteur public. Elu maire de Conflans-Sainte-Honorine (78) en 1977, il obtient le titre de député de la circonscription de cette même ville aux législatives de 1978 et s’occupe au mieux de ses administrés (il ne veut pas voir que des cons flâner, heu..que des Conflanais)
Postulant à la Présidentielle de 1981, il se retire quand Mitterrand annonce sa candidature au nom de la rose et contre un Giscard dont, déjà, les valets rient.

Il devient alors Ministre du Plan (et rampe hâta plan)  et de l’Aménagement du territoire et son mot roi est « plan Etat-Région ». Puis il s’occupera de l’agriculture jusqu’au jour où il considérera comme mauvais pis à lait le scrutin à la proportionnelle proposé par Tonton et qui fera rentrer, en 1986, des élus du Front National à la chambre des députés !

Pour cette raison il se nomme démissionnaire en 1985 et se fait des missions ailleurs, mais on perd sa trace jusqu’en 1988.

Cette année-là, Tonton (que son camp sert) se fait réélire à l’Elysée. C’est reparti pour sept ans de mitterrandisme et l’homme de Latché accepte enfin de nommer Michel à Matignon.

Et Rocard sans rancœur de requin à courroux se requinque au rencart concédé, du bout des lèvres, par le père caché de Mazarine. Las pour lui, il ne bénéficie pas d’une grande majorité en dépit de ses 58 balais bien sonnés et devra utiliser le fameux 49-3 dont il sera le champion de l’usage (28 fois).

Influencé par le père Wresinski (ATD quart monde) il instaure le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) le 12 octobre 1988 car le hère est mis en priorité dans sa conscience protestante et pour le salut terrien (salut luthérien !). Cette initiative est d’ailleurs votée à l’unanimité à l’assemblée. On regrettera toutefois que l’insertion du I dans RMI n’ait pu générer de… l’Insertion pour les demandeurs de travail tant les ans ploient sous le manque de contrats.

La même année, à la suite des événements en Nouvelle-Calédonie, il fait signer les accords de Matignon (26/06/88) et rétablit la paix entre Kanaks (autochtones mélanésiens) et Caldoches (population blanche) : une sorte de vie nouvelle cale hédonisme dans les rangs sociaux, en apparence. Ces accords seront suivis, en 1998, des accords de Nouméa qui nous met à imaginer un référendum d’ici 2018 pour fixer un statut à  cette île. Celle-ci demeure, pour l’instant, une collectivité sui generis d’Outre-mer mais aussi d’outres paires : une pour chaque communauté et qui peut les cœurs d’aise altérer !

En 1990, il fait adopter la CSG (Contribution Sociale Généralisée), un ovni fiscal (l’Ovni, vise l’Ovni ♫)  reposant sur les revenus du travail et du capital et qui augmente votre revenu imposable : votre assiette est alors plus large pour y placer une tranche supérieure de gens bons à l’assujettissement.

En 1996, face aux vagues migratoires (déjà), il lance « La France ne peut accueillir toute la misère du monde », une phrase dont la teneur exacte était, selon lui : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part ». Il n’empêche, on continue à utiliser l’exorde de ce mini discours sur l’exode en ajoutant un air de xénophobie latente !

En 1991, le Sphinx élyséen, ne le supportant plus, lui demande de démissionner. Il quitte Matignon en se préparant une bonne soupe de Cresson assez in-Edith. En 1993, il devient premier secrétaire du PS, un poste qu’il quittera un an plus tard à la défaveur d’un échec aux élections européennes (juin 1994). Il bute sur un Tapie dont l’âme hoquette au rythme des tremblements du grand patron de la rose dont la prose tâte le pamphlétaire anti-rock-art, musique jugée trop révolutionnaire.

De 1994 à 2009, il siège au Parlement Européen et soutien l’entrée de la Turquie dans l’UE. Pour lui il n’est pas insultant de dire que ce pays bosse fort et qu’il pourrait être hôte aux mannes précieuses : accès aux routes énergétiques, économie en plein essor et prête à payer en carats…

Il quitte l’Europe en 2009. A la demande d’un petit nerveux, qui se veut incarner en l’Etat l’honnête, il remet un rapport dans lequel il préconise une taxe carbone de 32 € par tonne de CO2. Car l’homme, grand navigateur, aime cette Terre qu’abaissent tant les dérives humaines sans temps gais, juste au bord de l’amer.  Il propose même, avec le divin chauve (Alain Juppé) un désarmement nucléaire mondial. Avec le maire de Bordeaux il ne travaille pas en vain : les deux cerveaux jadis ennemis œuvrent ensemble !

Pourtant, déjà, l’homme est diminué. Une hémorragie cérébrale, en Inde, en 2007, limite son activité. Les pathologies se succèdent en file indienne. L’homme sert au quart. Il se déclare guéri d’un cancer en 2015. Mais, le crabe aura raison de lui ce 2 juillet 2016.

Aujourd’hui, un hommage national, présidé par François Hollande, lui est rendu dans la cour des Invalides. L’occasion de rassembler tout l’éventail politique : les anciens amis, les ennemis notoires, les traîtres…


L’homme incarnant la deuxième gauche va recevoir les honneurs de la Nation mais il faudra garder de lui cette intégrité (liée à son protestantisme) : une vertu qui manque à pas mal de ceux et de celles qui, en ce jour, pleurent ou se recueillent autour de sa dépouille.