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samedi 6 mai 2017

DÉBAT PAS COOL



Le débat d’entre deux tours entre Marine Le Pen, la reine du repli stratégique, du protectionnisme intelligent (oxymore) et de l’expulsion des résidents illégaux, et Emmanuel Macron, le chantre du libéralisme européen, aura tourné court.

D’emblée la fille à son père dépasse les borgnes. Comme si elle était assurée de ne pas maîtriser ses dossiers elle attaque franco. La ficelle est grosse. Mr Macron devra cependant riposter et utilisera beaucoup de son énergie à contrer l’outrance assaisonnée de mensonges ou, pour le moins, de fausses vérités.

Car, tout au long de ce débat, Marine Le Pen n’aura usé que d’invectives et d’arguments fallacieux. On la trouvera très floue sur sa façon de quitter l’Euro et d’utiliser un système de double monnaie. Elle a plusieurs fois accusé son interlocuteur d’être à l’origine de tous les maux de la société comme s’il avait été Ministre de l’Economie de Giscard à Hollande, en ayant connu Bercy plutôt que le cours moyen ! 

Pour donner du poids à son plan de sortie de l’Europe elle a argué le succès du Brexit en termes de performances économiques, ce que les statistiques démentent…

Si Mr Macron n’a pas toujours su faire preuve de pédagogie c’est qu’il avait devant lui une tigresse défendant ses petits, aux abois, se cachant derrière un sourire de façade, montrant parfois un sourire de carnassier, de hyène nécrophage se nourrissant de cadavres des victimes de la mondialisation, se repaissant de leur peur…

Un débat sous tension tant les deux camps étaient radicalement opposés. Une joute verbale qui a donné des sueurs froides aux deux journalistes, Nathalie Saint Cricq et Christophe Jakubyszyn, la première ayant failli quitter le plateau pour se prendre 10 Doliprane.

Un débat dont je vous propose le début tonitruant de la Marine de Guerre et la fin surprenante.

Le début d'abord.


Et puis la fin...



Oui, à la fin de ce spectacle navrant, les téléspectateurs ont eu, quand même, droit à une prestation de Marine. La blonde aux yeux de malice nous interpréta, en effet, une pantomime de David Vincent rencontrant les envahisseurs.

Comment en était-on arrivé là ?

Macron parlait de l’influence du FN, des réseaux nauséeux, de la facho-sphère. Marine s’est alors moqué de cette peur de petit enfant, chouchou des médias (comme elle dit) en croyant le ridiculiser par une imitation du craintif qui, dans sa paranoïa, voit des envahisseurs partout !

Un moment d’hystérie complètement sidérant s’est alors offert à nos yeux hébétés, et à ceux de Macron visiblement atterré !

Un moment repris sur les réseaux sociaux qui n’ont pas failli de se gausser de l’incongruité d’une telle performance au cœur d’un débat qui, quand même, doit aider les indécis à faire un choix pour le second tour !

Marine Le Pen, semble-t-il, a tout simplement « pété les plombs», comme on dit vulgairement.

Le lendemain, le père Jean Marie devait d’ailleurs admettre que sa fille « avait manqué de hauteur »


Jeanne, au secours !!

vendredi 5 mai 2017

LA DERNIÈRE CARAPATE DE LANOUX




Louis la brocante ne promènera plus son vieux Citroën Type H. Victor Lanoux s’est éteint dans la nuit du 3 au 4 mai, à Royan.

Né d’un père juif tunisien et d’une mère catholique normande, Victor Nataf est envoyé dans la Creuse, pour échapper aux rafles parisiennes. Il y vivra jusqu’à l’âge de 11 ans sous le nom de Victor Lanoux.

Il revient sur Paris et travaille dans les champs, à l'usine et en tant que parachutiste en Algérie. A 22 ans, il se retrouve machiniste sur le plateau de Notre-Dame-de-Paris de Jean Delannoy. De là va naître sa vocation pour la comédie. Il s'inscrit au cours de Solange Picard. En 1959, il commence par un rire dans Coquillage à l'oreille de Bompian. En 1961, il débute au cabaret avec un certain Pierre Richard. A eux deux ils s’escriment à faire rire le public par des sketches plus ou moins drôles.

L’homme a son premier rôle dans La Vieille Dame indigne de René Allio en 1964. Un film attachant évoquant la vieillesse espiègle et servi par une magnifique chanson de Jean Ferrat.

Repéré par Georges Wilson (le père de Lambert), il joue au Théâtre National de Paris, puis travaille avec Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, écrit et met en scène Le Tourniquet et Le Péril bleu en 1973 et 1974.

L'année suivante, Yves Boisset le recrute pour « Dupont la joie »(1974)  et « Folle à tuer » (1975), tandis qu'il tourne dans « Cousin, cousine» de Tacchella (1975) avec Marie Christine Barrault. Avec Yves Robert, il joue dans Un éléphant, ça trompe énormément  (1976) et Nous irons tous au paradis (1977), Le Bal des casse-pieds (1992)

La production le tente. Il crée « Les films de la Drouette », société avec laquelle il produit notamment « un si joli village » ou « Boulevard des assassins »

Et puis vient la fameuse série des « Louis la brocante ». On y retrouve le Victor Lanoux à la fois gouailleur et sympathiquement patibulaire.

L’homme est fragile du cœur. Il connaît une première épreuve cardiaque en 2007 et en ressort paraplégique. Malgré tout, il surmonte et tourne encore des épisodes du brocanteur.

Mais la camarde finira par le rejoindre.  Il s’éteint en nous laissant le souvenir d’un acteur attachant.

Le meilleur hommage pourrait revenir à sa compagne de tournage, Evelyne Buyle, qui incarne son ex-femme dans la série télévisée :

C’était un immense travailleur […] et c’était quelqu’un de très pudique, ce qui fait que l’on avait parfois l’im­pres­sion que c’était un homme un peu bougon mais en fait c’était un cœur en or. Un homme d’une grande géné­ro­sité. Et je crois que le public se rendait compte de ça.


Chapeau bas l’artiste.


Petit Victor loin dans ta Creuse
Loin de la vieille dame indigne
Qu’était la vie, horrible gueuze
En ces temps de tumeur maligne
Tu n’entendais plus guère les chiens
Hurlant dans une sale affaire
Du boulevard des assassins
La vie normale berçait ta Terre.

Petit Victor, la carapate
Loin d’une loi folle à tuer
T’aura chanté douce cantate
D’un si joli village aimé
La paix rhabillant tout Paris
Tu reviendras dans la cité
Et sans la triche pratiquer
Tu vivras de la comédie

Juste un moment d’égarement
Avec Pierrot, d’humeur maligne
Pour un duo d’amusement
A faire sourire cousins, cousines
Et te voilà dans le grand bain
Tu vis, comme tu prends la revanche
Au bout du bout du banc, des planches
Tu deviens le grand comédien

Elle court, elle court la banlieue, oui
Pour te savourer à l’écran
Fine moustache et gueule d’amant
Tu fais l’affaire : domine ici
L’attrait pour ton jeu théâtral
Y a-t-il un Français dans la salle
Pour bouder ce retour en force ?
Les voleurs de la nuit s’efforcent…

Mais même à eux faudrait payer
Les trois milliards sans ascenseur
Pour qu’ils renoncent au grand honneur
De savourer Adieu Poulet
Dupont Lajoie, la Canicule
Excluons le bal des casses pieds
Qui dédaignerait ton phrasé
Et te trouverait ridicule.

Je sais rien, mais je dirai tout
Dit une femme à sa fenêtre
Je dirai tout de mon bien être
A brocanter avec ce loup 
Si gentillet sous cet air dur
Mais moins retors, ah, je vous jure
Que le pachyderme éléphant
Ça trompe ça trompe énormément.

Tout ça c’est du passé Victor
Le passé simple d’un acteur
Puis vient la nuit, l’exécuteur
Le lieu du crime en seul décor
Le crépuscule de ton vieux cœur
Jusqu’aux silences d’agonie
Avec un ange annonciateur :
Nous irons tous au paradis…

mercredi 3 mai 2017

LES 100 JOURS DE TRUMP



Le 29 avril, Donald Trump fêtait ses 100 jours au bureau ovale. L'heure du premier bilan a sonné pour celui qui ne croyait pas diriger les USA et qui se rend compte que la tâche ne sera pas si aisée.
Pendant sa campagne, le milliardaire se drapait de la bannière étoilée et clamait un « America First » du plus bel aloi. Il est en train de réaliser que la planète existe et que l’Oncle Sam a plein de petits neveux éparpillés, en Afrique, en Europe, en Asie…
Le 24 janvier, l’homme qui tweete plus vite que son ombre, réactive la construction de deux oléoducs : le Keystone XL, reliant le Canada aux Etats-Unis, et le Dakota Access Pipeline. Les deux tuyaux avaient été bloqués par Barack Obama au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Trump, lui, veut que les énergies fossiles démarrent tôt, mais sans marteau ni faucille, quitte à expulser des indiens Lakotas assis, nés soumis, lisses (la cote assassinée sous milice) du Dakota et à polluer les terres.
Le lendemain, le président américain signe le décret avalisant la construction du mur à la frontière entre les USA et le Mexique. Mais il manque des  briques pour le financer et la proposition du groupe français Lafarge se plombe de six menteries. Alors, pour l’instant la future frontière n’est qu’un long mur-mur qui ne rend pas les Mexicains amis-amis dont le mécontentement enfle aux rides ! 
Le 27 janvier, le mari de Mélania, se met là à nier l’utilité de l’immigration. Il suspend donc par décret le programme américain d’admission des réfugiés (environ 2,5 millions de personnes  admises aux USA depuis 1980). De nombreuses associations se mobilisent alors et des hommes de loi se rendent dans des aéroports pour conseiller gratuitement les pigeons étrangers, ascendance arabe, coincés à la frontière, sous les bords d’ailes et qui se sentent victimes d’un vol quand on leur précise « là est rien ! Retourne chez toi, c’est mieux ! ». Finalement un juge fédéral a bloqué temporairement ce décret anti-immigration, administrant le premier grand camouflet au Président qui ne s’en cache pas.
Le 28 mars, Donald Trump signe un autre décret, celui sur l’indépendance énergétique. Il s’agit de réexaminer le « Clean Power Plan » de son prédécesseur. Ce plan  imposait aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2 de 32% par rapport à 2005, et ce d’ici 2030. Mais finalement, malgré la nomination d’un climato sceptique, Scott Pruitt, à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), Mr Trump semble vouloir se faire être aux paix de hallage, le long du paisible canal où la paix niche, celui de la COP21, l’accord de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique.
Et puis Trump se voulait non interventionniste, gardien de l’intégrité de ses troupes qu’il ne supportait plus de voir revenir avec la gueule KC (Killed Cruelly). L’homme avait misé sur l’isolationnisme, le repli derrière les frontières. Avec lui on se trouvait au temps ôtant OTAN au tant décriés services ! Trump trouvait le bidule obsolète. Puis il est devenu pragmatique. Il juge l’organisation utile et surtout il s’est reconverti dans le « va-t’en guerre ! » 

Il y eut d’abord cette frappe de 59 missiles Tomawaks contre la Syrie dans la nuit du 6 au 7 avril. Moins d’une semaine après, l’homme fort des USA, se prenant au jeu belliciste, lâchait la GBU-43/B, sa plus puissante bombe non nucléaire, sur une position de Daech, en Afghanistan. Enfin, le milliardaire a montré ses muscles marins au petit dictateur nord-coréen Kim Jong-Un. Le sous-marin USS Michigan est en train de faire escale dans l’immense rade de Busan, en Corée du Sud.  

Les intimidations américaines répondent aux moult provocations du maître de Pyongyang, sur un fonds trouble de guerre nucléaire saucée d’ultimes atomes. Ce mardi 2 mai, le régime nord-coréen a dénoncé le déploiement de deux bombardiers supersoniques américains B-1B Lancer.
Un porte-parole du ministère de la défense sud-coréen, soucieux de ces houles, a indiqué que les manœuvres étaient destinées à prévenir les provocations du régime nord-coréen et à jauger du niveau de préparation dans l'éventualité d'un nouvel essai nucléaire du Nord.
Pyongyang soutient que les deux appareils ont mené une simulation de largage d'une bombe nucléaire contre des objectifs de la Corée du Nord et accuse l'administration Trump de vouloir mener une frappe préventive.
Pour pimenter le tout, la Chine, pourtant réconciliée avec l’oncle Sam, s’est insurgée contre le déploiement du système antimissile américain Thaad en Corée du Sud pour se protéger du programme nucléaire et balistique de Kim Jong-Un.
Pékin a demandé l'annulation immédiate de ce projet militaire :
-      Trump, il faut que tu ôtes ces radars, si raides rôdeurs, qui servent à espionner notre territoire
-      Mais voyons, Chinois, ce système n’a qu’une vocation défensive, pour le bien de ton voisin sud-coréen ! Sans utilisation s’érode, ô, mon Thaad !
Oui, rodomontades et agitations sur le théâtre extérieur : c’est ainsi que Trump cherche à relever son image quelque peu ternie depuis 100 jours de règne.

L’homme ne fait que revenir sur ses décisions ou c’est celles-ci qui se heurtent à l’adversité. Alors le milliardaire s’adonne au pragmatisme et avance ses pions sur l’échiquier stratégique, au risque de mettre le feu aux poudres !

jeudi 27 avril 2017

PAUVRE PETIT VEAU

Photo approuvée par Brigitte Bardot 

Sa maman va de mal en pis
Et son lait s’est mis à tourner
Il ne peut la téter,  pardi
-         C’est vache, s’met-il à ruminer.

Petit veau, d’un vil pas tu rages !
Ta maman crut que hêtre et faines
La nourriraient, mais quel naufrage !
Oyez :  jeune veau très pâle peine !


LES CARTES REBATTUES





Les urnes pour les présidentielles ont parlé en ce dimanche 23 avril 2017.

Les partis traditionnels ont volé en éclat. Fillon, que trop de casseroles accompagnaient, a fini 3ème de la course à la Présidentielle (20,01% des suffrages exprimés). Mélenchon, qui grimpait dans les sondages, n’a glané que la 4ème place (19,58%)

La plus terrible claque est assenée à Benoît Hamon. Le représentant du PS ne glane que 6,36 % des voix ! La rose est totalement flétrie depuis le temps qu’on le craignait mais, chez les Républicains, la déroute du Sarthois va provoquer bien des remue-ménage.

Mariane se réveille avec une gueule de bois quand bien même elle s’y préparait. Elle doit choisir entre Marine Le Pen, seconde en lice (21,30 %) et Emmanuel Macron (24,01%) arrivé en tête alors qu’on ne le connaissait à peine il y a 1 an (si ce n’est que comme Ministre de l’Economie et démissionnaire)

Le mouvement « En Marche » que le jeune énarque a mis en branle a eu un départ foudroyant. Il a ratissé à gauche comme à droite, ralliant à lui des déçus divers et profitant d’une faille dans le système. Intelligemment Emmanuel Macron a senti un besoin de recomposition du panorama politique français.

Marine Le Pen, quant à elle, se qualifie pour le second tour presque sans surprise. Le pays semble désormais accepter que le Front National qu’elle représente s’invite aux plus hautes marches ! Nul ne s’en émeut ! Les esprits sont bien loin de la fronde de 2002 quand des milliers de gens étaient  descendus dans la rue pour gronder leur colère et appeler à voter Chirac afin d’éviter la victoire de Jean-Marie Le Pen.

Oui, Marine en polissant le discours a anesthésié des résistances. Et pourtant ne nous y trompons pas : le FN reste un parti profondément raciste, appelant à se replier sur nos frontières, à tourner le dos à l’Europe et à chasser l’étranger qui « prend le travail du Français ».

Oui, comme touché par Alzheimer, le pays a oublié ses vieilles luttes. Il est perdu. Sa lucidité s’est atrophiée.

Mélenchon, si virulent il y a 5 ans, s’est drapé dans un mutisme. Il n’appelle pas à voter contre Marine. Son silence pourrait presque être considéré comme une acceptation ou, tout au moins, une résignation.

A moins qu’il ne s’agisse là que de savants calculs stratégiques pour les futures législatives.

La France n’a plus de boussole. Elle a rejeté les deux piliers de sa démocratie et se retrouve devant un choix nouveau, hors partis traditionnels.

Selon les analystes les choix se drapent de divers critères : France du repli sur soi et de la préférence nationale (Le Pen) contre France de la Mondialisation et du libéralisme (Macron) ou la France des pauvres, des victimes économiques (Le Pen) contre France des riches et des actionnaires (Macron) ou encore la France de l’antisystème (Le Pen) contre celle du système (Macron)…

A tous égards ces schémas manichéens n’aident en rien les choix des Français. Le pays commence à se faire peur en redoutant les projets fous de la fille du borgne tout en doutant de l’efficacité du programme du jeune énarque à redresser le pays dans un univers de concurrence souvent déloyale.

La France reste coupée en deux mais la dichotomie a changé de peau. La rose ne combat plus le front bleu républicain. Désormais un parti raciste et qui féconde sur le terreau des misères du Monde ne peut être bloqué que par un mouvement en marche, encore embryonnaire et constitué d’une galaxie d’hétérogénéités, aux sensibilités parfois antinomiques (de Hue, le communiste à Madelin, le libéral…).

Une situation qui ne fera qu’accroître le psychodrame français et, je le crains, la consommation de psychotropes déjà bien ancrée en notre hexagone.


Des cartes ont été rebattues
Sur le tapis d’institution
Les deux grands partis se sont tus
Au bout de leur douce illusion

La rose a perdu tous pétales
N’embaume plus sous les rayons
Réchauffant les cieux d’idéal
La rose est tue sous liserons.

Les républicains ont coulé
Dans l’océan d’indignation
Au cœur des embruns frelatés
Par les vapeurs de corruption

L’inconnu reste seul en lice
Sur les gravats noirs de la gauche
Mélenchon pris de maléfices
De sa rancune se rapproche

Dans l’urne s’est glissé l’intrus
Ecartant le manichéisme
Bleu contre rose, vil impromptu
Bien inspiré d’opportunisme

En chantre du libéralisme
Qui protègerait les petits
Emmanuel joue du lyrisme
Entre ses lauriers rajeunis

Parti de rien, et sans parti
Au loin d’un système essoufflé
Il a relevé le défi
De gagner le premier trophée

Face aux espoirs qu’il ensemence
La crinière blonde effarouchée
Par une Europe qui l’offense
Marine est là, portant l’épée !

La patriote repliée
A l’intérieur de ses frontières
Combat l’élégant chevalier
Aux larges visions planétaires

Retour au franc du doux passé
Dans les sillons protectionnismes
La fleur marine sent la nausée
Dans les brouillards de l’archaïsme

Le juvénile énarque étend
Son long drapeau de l’échangisme
S’évertue dans de vrais serments
Enjolivés de pragmatisme

C’est le combat de deux visions
Les grands replis identitaires
Contre farouches ambitions
De s’ouvrir à la terre entière.

Un grand duel qu’on redoutait
Et qui laisse orphelins les clans
Des idéologies rouillées
Erodées sous le poids des ans.

Entre la louve et le fougueux
Il faudra bien choisir son camp
Ou se noyer au fond des yeux
Sous une lune de tourments.

Aux chemins de l’abstentionnisme
Se croiseront des cœurs perdus
Nus de tout existentialisme
Pris dans le doute des vertus

Autant d’errances résignées
Au retour de la bête immonde
Ou blotties sous le bouclier
De l’homme à l’évasive fronde

L’écho du front républicain
Balbutie du fond des abysses
Le démon joue le chérubin
Et son combattant le hérisse.

Mutisme froid d’anciens guerriers
Qui combattaient l’ignominie
Et qu’on retrouve désormais
Noué de prudences transies.

Marianne est nue de tous repères
Éberluée dans ses fantasmes
On craint tout autant la vipère
Que son chasseur, en ce marasme…

vendredi 21 avril 2017

UN CAUCHEMAR ALLANT EN S'EPICESSANT...






Il a bon teint, héros marin
Sur une terre de Bergues à mottes
A cultiver ses échalotes
Et son geste est bien plus qu’humain

Rika le voit, se sent l’amante
Et l’âme est lisse pour cet amour
Sa danse fun « ouille-aïe », aimante
Tel un feu nu, grec aux labours

C’est le rire, et glisse la joie
Dans cet amour où s’avère veine
La muse cadenassant l’émoi !
Sans l’écart d’âme môme est sereine

Et puis soudain geint Jean braqué
Par dépits mentaux sans raison
Le rêve en sert feuilles ravagées
Dansant aux sons d’orchestres à gongs !

Tombèrent alors en six boulettes
Un  cauchemar en cure qu’huma
La belle. En basilique elle pète
Et pisse avec le Pape,  Rika !


C’est alors qu’elle se réveilla !