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jeudi 5 octobre 2017

ILS PARLENT SI BIEN DE L’INDÉPENDANCE : MECS A TALENT !




La Catalogne, riche de ses certitudes, de sa langue et de son économie (elle concentre 20 % de la richesse nationale de l’Espagne) a bravé l’autorité de Madrid. Elle a organisé un référendum sur son indépendance. L’autorité centrale a réagi en envoyant les forces de l’ordre, épine martiale aux relents de franquisme dans la chair vive d’une démocratie locale.

 

Sous la surveillance d’hélicoptères, mais sans user des tanks à talents (des temps catalans) la force a frappé de son plus bel élan militaire : urnes dérobées, descente de police dans les écoles transformées en bureau de vote, femmes jetées à terre, êtres bousculés.

 

Malgré la démonstration de coercition le scrutin s’est maintenu là où il pouvait respirer et le résultat est sans appel : 90 % de « oui » à l’indépendance chez les 2,26 millions de votants (42,3 % de participation).

 

Le président indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, se sent renforcé dans son combat qui l’oppose au roi d’Espagne Felipe VI. En réaction, le monarque n’a pas mâché ses mots, déclarant le référendum illégal et affirmant son devoir « d’assurer l’ordre constitutionnel » face aux dirigeants catalans qui « prétendent déclarer illégalement l’indépendance ».

 

De jure, le référendum est illégal car, selon l'article 1 de la Constitution espagnole, «la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol». La souveraineté appartient à tous les Espagnols et le «droit à décider» revient à toute la nation dans son ensemble. La partie ne peut décider pour le tout.

 

En d’autres termes, une petite région, aussi prospère soit-elle, ne peut décider unilatéralement de faire adopter un référendum pour décider de son indépendance.

 

Mais, de facto, les catalans se sentent, plus que jamais, en droit de se sentir fiers de ce qu’ils veulent déjà appeler « leur pays ». Avec Barcelone, attrait touristique, avec ses industries chimiques et automobiles, avec son agriculture généreuse, la région catalane ressemble déjà à un petit état !

 

Mais Madrid n’en démordra pas : l’unité hispanique doit être conservée à défaut de sombrer dans la fracture ! Mais cette fracture n’existe-t-elle pas déjà ? En utilisant la force, le pouvoir royal a définitivement perdu de son crédit comme il a perdu ses prérogatives en laissant à l’Europe des pouvoirs régaliens (ainsi que les abandonnent tous les pouvoirs des pays membres de l’UE).

 

Aussi, en prenant du recul, on ne peut que percevoir une des conséquences de l’unification européenne. A force d’affaiblir les états en leur privant de certains droits (parfois avec leur consentement) Bruxelles favorise l’émergence d’un régionalisme qui se dit : « l’état ne peut plus rien donc gagnons en autorité, émancipons-nous et quittons cette Europe qui phagocyte ! ».

 

Quelle que soit l’issue de ce bras de fer entre Madrid et Barcelone, on est en droit de penser que l’Europe des régions se met en marche. Depuis plus de 20 ans, le drapeau aux 27 étoiles (adieu la Grande Bretagne) a flotté dans le sens d’un vent favorable aux particularismes. En 2015, à titre d’exemple, fut élaborée la Charte des langues régionales et minoritaires.

 

L’appauvrissement juridique des Etats, quelque peu programmé, se retrouve bel et bien au cœur de la problématique catalane et l’arme se retourne contre l’Europe.

 

Comme dirait ma voisine, bretonne militante ayant épousé un catalan lui-même cousin d’un basque dont l’oncle corse a longtemps milité pour le FLNC :

 


-      Les minorités européennes ont de l’avenir. Il y a 40 ans, on rêvait d’une Europe sans frontières. Désormais on en fabriquerait presque à l’envi !



Ils ont frappé franco
Sans distinction des êtres
Comme des desperados
Laissant force paraître
Ils ont saisi les urnes
Frappé sans contenance
Le soleil taciturne
Brilla par son silence

Ils ont blessé la femme
Et molesté l’enfance
Animé d’une flamme
D’anti-Indépendance
Au nom de l’Unité
De l’Espagne éternelle
Ils ont violenté
L’utopie fusionnelle

Jamais référendum
Ne fut autant cloué
Dans un noir décorum
Pour illégalité
Les yeux de Felipe
Ont brillé de colère
Contre les acharnés
D’un Graal identitaire.

Le roi, garant sacré
De la constitution
De souveraineté
Doit défendre le nom
Son ire à la hauteur
Du défi catalan
A porté la terreur
Au cœur des arrogants !

Et le bras séculier
En Rajoy Mariano
Porta le coup d’épée
Sur les chants illégaux
Sur tous ces cantilènes
Aux accents catalans
Prônant la souveraine
Province des géants !

Car l’aire de Barcelone
Se vêt de majesté
Par l’industrie qui prône
Sa productivité
Par l’éclat du tourisme
Les fruits de son verger
L’argent du gigantisme
Aux doigts de ses banquiers.

Alors l’indépendance
De ce productivisme
Porterait l’impudence
D’un parfum d’égoïsme
L’hispanisme a besoin
De cet écrin fertile
Et prendra tous les soins
Pour le garder servile.

Puygdemont n’entend pas
Les discours madrilènes
Et les royaux appâts
Qu’ont entachés les haines.
Il ira jusqu’au bout
Arborant le scrutin
Qui fait tordre le cou
Aux pouvoirs jacobins.

De Giron à Cadix
On mesure l’ampleur
Des brisures de rixes
La fracture et la peur
Ce vilain bras de fer
Un empire menace
L’unité de travers
Se débat dans la nasse.

Et l’Europe hébétée
Voit un de ses enfants
Sous menace avérée
D’un bel éclatement
En feignant d’avoir mis
Au cœur de chaque Etat
Des carcans endurcis
Tant de freins aux combats

Tant de droits régaliens
Retirés aux nations
Pour forcer le destin
A sourire aux régions.
Quand suzerains vacillent
Sous le joug de Bruxelles
Les vassaux se rhabillent
De synergies nouvelles.

Le mot régionalisme
Au vent gonfle ses voiles
Et voguant d’îles en isthmes
Sous vingt et sept étoiles
Accoste sur la plage
Sablée d’autonomie
Mais rêve d’un rivage
Ouverts aux utopies

Il reprend sa croisière
Au gré des alizés
Qui dressent sa bannière
De nef inféodée
Il naît dans le sillage
Cette écume qui danse
Au plus fort d’un voyage
Droit vers l’indépendance...  

lundi 2 octobre 2017

QUAND, LAS, MAIRE MONTE...AU CIEL

Edmond Maire, figure emblématique de la CFDT vient de nous quitter de 1° octobre 2017 à l'âge de 86 ans. 

En ces temps tumultueux où les syndicats reviennent dans la rue pour houspiller les ordonnances de Macron, où Mailly se fait rabrouer par ses troupes sous  prétexte que son langage FO, heu, est faux, il est de bon ton d'évoquer le parcours de cet homme, syndicaliste réformiste et grand défenseur de la seconde gauche, celle des Rocardiens !





Le petit Edmond naît le 24 janvier 1931 à Epinay sur Seine alors que son père hait Pinay sur scène car le Maire de St Chamond l’empreint d’effroi de par sa posture d’héritier des tanneries de St Chamond ! Lui, Julien, n’est que cheminot et il inculquera à son fils des valeurs ouvrières pour bien l’aiguiller ! C’est pourquoi l’enfant grandit sur les rails prolétaires ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à la chimie. Il prend des cours au CNAM de Paris et sort de la cage aux fioles avec un diplôme dont les vilaines langues diront qu’il ne vaut pas pipette. Il devient technicien chimiste au centre de recherches de Péchiney, à Aubervilliers, après avoir travaillé dans les Peintures Valentine qu’il quitte vite car la promotion s’enlise : son âme sur la pente erre, noire !

Attiré par le syndicalisme et sans faire de vagues, Maire médite ère, année : on est dans l’ère industrielle de ce qui sera (on ne le sait pas encore) les 30 glorieuses et on se situe en 1958. Comment changer la vie des travailleurs ? En s’engageant comme responsable syndical. Il opte pour la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) à l’époque où son crédo s’écrit à l’encre et tient !

Mais, en 1964, la CFTC opère sa déconfessionnalisation tant l’attachement au culte se fait sale haï, cité comme l’arrêt public à tout modernisme !  En naît la CFDT, ne se revendiquant plus des valeurs chrétiennes  mais sans pourtant jouer luth dégueulasse qu’affectionnent les marxistes de la CGT.

Edmond est élu secrétaire général de ce nouveau parti, heu, syndicat ! Il le sera de 1971 à 1988 ce qui fera dire d’un de ses collaborateurs s’adressant à sa génitrice « Avec lui rien n’est éphémère, c’est ça l’effet Maire et avant lui rien n’était fait, mère ! »

Après mai 1968 et ses quelques petites plages trouvées sous les pavés, la CFDT prône l’autogestion des entreprises ! Le fait que le patronat n’y entend que l’écho mort outre Maire ! Il veut un conseil d’administration aux mains des salariés ! Cette noble idée est d’ailleurs reprise par le Parti Socialiste ! Le concept prend le nom de PID (Produit Intérieur Démocratisé) avec pour base la création de valeurs ajoutées sans impulsion verticale (du patron vers les travailleurs) mais avec une synergie horizontale (la cogestion). Sur le PID Maire veille mais, hélas, le PS se prend une veste aux élections législatives de 1978 et Maire doit revoir sa copie.

La CFDT laisse de côté l’utopie de la cogestion et se focalise sur la défense des salaires car les sales ères de la peur affluent : peur du chômage, des délocalisations brutales… La crise démarre, fixe un terme aux 30 glorieuses, fait instaurer le plan Barre, le blanc part, le gris pâle grippal nous échoie sans choix. Giscard se demande quel rôle va jouer Edmond dans ce grand coup de parapluie !

-         Quel Maire est-ce, déclare Valéry ?

 Austérité, encadrement du crédit ! L’avenir nuageux, plus vieux, d’un noir épais paie l’aigre en Maire !

Mais l’homme fait preuve de résilience ! Il se rapproche de Rocard pour créer la « deuxième gauche ». C’est une gauche qui s’invite au banquet de la construction européenne, de l’autogestion, du refus du jacobinisme, du rejet de l’Etat-Providence. A ce banquet belle aube est liée ; Maire y noce (bêle, ô bélier Mérinos ?).

Mais les utopies flirtent mal avec la dure réalité du libéralisme ambiant. Et Maire, quand il dort, de mercantile, d’or, fait des cauchemars ! Il faut qu’il arrête ! Un vilain panier de crabes dira que c’est l’arrêt niais de Maire ! Les nuls !

Il laisse sa place à Jean Kaspar en 1988 et se reconvertit dans le tourisme social en présidant VVF (Villages Vacances Familles) puis il dirigera la société d’investissement solidaire France Active (aide à l’insertion).

Tout dernièrement, le 7 juillet 2016, il prononçait l’éloge funèbre de son ami, Michel Rocard, dans la cour d’honneur de l’hôtel des Invalides.


Qui viendra lui rendre les mêmes hommages ?

jeudi 28 septembre 2017

LE FABULEUX DESTIN D'ELIOT NESS



Le petit Eliot naît à Chicago (USA) le 16 avril 1903 de parents protestants norvégiens installés chez l’Oncle Sam, comme élus terriens, depuis la fin des années 1880. Ness est effectivement un nom scandinave mais, par le plus curieux des hasards, il est aussi anglais. A ness is a cap, c’est le cap. Eliot saura toujours le tenir contre vents et marées.

A l’école il se fait remarquer pour ses excellentes imitations de palmipèdes ! Pour la fête de fin d’année Ness est cité, fait l’oie, coin, coin. Il est prédisposé à canarder !

Plus tard, il fait des études à l’université de Chicago qui a du chic à gogo et qui lui remet un superbe diplôme de droit et d’économie (déconne omise !). Avec ce bagage il va pouvoir grimper dans la société et s’ la péter ! On sent déjà un Ness cabot qui veut agir à grande échelle ! En réalité, il débute comme simple enquêteur dans une compagnie de crédit,  crade écrou doux, qui n’est pas son credo. Bref, il s’ennuie et repart pour l’université. Il veut étudier la criminologie. Il y rencontre Elie, passionné par les délits, qu’il nommera « l’aide-Elie » et dans la chambrette d’étudiants beaucoup d’apports amicaux d’Elie, hôte, naissent. Réciproquement l’aida Ness….nous le savons !

Mais pourquoi la criminologie ? En réalité, Eliot sent venir le vent de la pègre sous les traits d’Al Capone ! Il veut combattre le mal et démanteler le réseau clandestin de distribution d’alcool. Lui-même ne boit plus et a refusé que son fils porte le nom de Guy (humour au 4,1° degré ; mais, de grâce, ne me jetez pas la bière !).

Avec le soutien de son beau-père, il rejoint le bureau d’investigation en 1927. Sa mission, s’il l’accepte, est de réduire à néant les alambics clandestins. Il l’accepte, poussé par la haine des délinquants. Mais il a le droit de haine, Ness, car c’est pour la bonne cause !

La police lui pose un os : elle est corrompue. Ness tord, épie l’os (Nestor et Pylos ?), utilise des chevaux de Troie mais finit par comprendre qu’il se bat avec inanité contre un corps gangrené ! Il ferait mieux de composer sa propre brigade.

Dont acte ! Ness tisse sa propre toile (toile étant le palindrome d’Eliot, je dis ça aux pas sages mais aussi aux gentils !). Il recrute un groupe d’incorruptibles, tout nouveaux dans le métier car ils sont neuf. Ils ont du sang-froid.  Fini les faux-culs ! On ne pourra plus dire que Judas au sang chaud bise Ness (j’eus Daho sans show bizness ?).

Avec ses incorruptibles, Ness fait peur au roi de la pègre.

Très vite, pour Al Capone, la grande criminologie de fer prend l’eau ! La grande va d’rouille ! Dans ses pires cauchemars, au sein d’un bourg villoup hideux fut Ness ! Eliot ne le lâcha plus ! Pauvre plouc : l’aversion pour la boisson en Ness t’a miné !

Scarface sent qu'il va le payer cher car c'est Eliot qui mène la danse : c'est un bal à frais !

En 1930, la peur d’Al Capone n’est pas mince ! Il est loin d’être néophyte Ness (d’être né au Fitness !) et l’étau mat se resserre ! Il n’est plus loin de sauter dans le filet car il sent dans le pressing, qu’a fait Ness, pré-saut ! What else ? Et bien la suite ! Clou naît ! Le clou du spectacle, crucifiant ! Le vrai saut ! Le roi des gangsters finit par tomber dans des rets qui ne manquaient pas de piment (car les rets s’épiçaient). On est en 1931 ; Scarface jette l’éponge puisque son allant-bique l’a rendu chèvre !

Malgré cet exploit, Ness n’est pas intégré au FBI ! S’en fit Ness ! On le rassure en le nommant à la tête de la prohibition en 1934. Il sera par la suite à la tête de la sécurité de la ville de Cleveland, puis ira protéger Washing-Town, la ville qui lave les maisons plus blanches à coup de karcher pour ôter la racaille.

Mais Al Capone lui manque. La vie manque de sel. Laid ? Ness l’est ! Il finit par en mourir, en 1957 ; le cœur n’en pouvant plus.


Il nous reste de lui une légende dont se sont emparé moult cinéastes. C’est déjà ça !

mercredi 27 septembre 2017

MACRON ECOUTE L'EUROPE AVEC L’OUÏE NEUF MAIS LE CAP EST SIEN...



Mardi 26 septembre, à la Sorbonne, Jupiter l’Européen a dévoilé ses grandes visions qu’il a pour les 27 pays membres de l’Union en n'excluant pas le retour au bercail de la perfide Albion.
J’ai, de nouveau, invité le Professeur Hitérole, omniscient, pour comprendre toutes les subtilités de ces quelque vingt plans sur la comète.
Fabiano : Bonjour Professeur. Dites-moi d’abord pourquoi Mr Macron a choisi la Sorbonne pour s’adresser aux Européens ?
Prof Hitérole : Et bien, Fabiano, la Sorbonne est l’un des principaux centres de créativité scientifique et de renouveau intellectuel en ce début de XXIème siècle. Et puis, n’oublions pas que le lieu reste symbolique pour l’Europe. Les murs de l'université n’ont-ils pas été le témoin du grand débat de qui avait opposé le président de l'époque, François Mitterrand, à Philippe Séguin, alors chef du file du "non" au référendum sur le traité de Maastricht ? J’ajoute, pour contenter ton appétit de calembours que Macron la sort bonne et ne peut agir, hélas, hors Bonn !
Fabiano : Vous voulez dire professeur que tout son discours s’adresse principalement à Mme Merkel qui est repartie pour un 4ème mandat au Bundestag mais qui va devoir affronter 90 députés de l’extrême droite. L’Afd, droite alternative für Deutschland, a fait un carton lors des dernières législatives teutonnes ! La chancelière se fait tanguer là !
Prof Hitérole : Oui, les loups sont de retour et se font laids car tonnant ! Tonnant leur xénophobie, la haine du migrant. Plus que jamais Merkel aura besoin de Macron, et réciproquement, pour redonner du souffle à l’Europe. Le duo Macron-Merkel que de mauvais contrepèteristes nomment « Maquerelle-Maire con » devra régler le problème d’un flux humain qui  émit gras sillon d’une haine sur notre si beau champ pacifique. Mais pas que… C’est pourquoi notre Président propose à la chancelière de signer un nouveau traité de l’Elysée en juin prochain afin d’unifier le marché des affaires des deux pays à l’horizon 2024.
Fabiano : Ah, oui ! Et ça passe par des mariages économiques comme celui actuel entre Alsthom et Siemens pour créer un TGV de l’ère européenne et que l’envie de se remettre sur l’ère aille tant que la fusion de projets locaux motive !
Prof Hitérole : Oui, sauf que dans le panier des mariés se nichent bien des incertitudes ! Ô fusion, tu restes vague si nations pensent hanter ta noce !  Les salariés d’Alsthom sont inquiets pour leur poste. On leur promet une garantie d’emplois pour 4 ans. Mais après ? Le groupe franco-allemand risque, à terme, d’avoir un effectif surabondant qui fera complet tord (qui fera, con, pléthore) donc une masse salariale telle qu’elle plombera les prix de revient ! Comment alors rester compétitif face au nouveau géant du secteur ferroviaire, le chinois CRCC (China Railway Rolling Stock Corporation) ?
Fabiano : Oui, ce n’est pas simple ! Et sinon, mis à part le couple franco-allemand qu’est-il ressorti de ce discours ?
Prof Hitérole : Beaucoup de vœux pieux hors dollars et alités, heu hors de la réalité ! Ils risquent de se heurter à la dureté des faits et à la susceptibilité des uns et des autres. Macron veut un budget de la zone euro et un ministre des Finances responsable devant le Parlement de la zone euro. Il souhaiterait que ce budget fût alimenté par une taxe sur le numérique et une autre qui obèrerait les pollueurs !
Fabiano : Et sur ce point, j’imagine que certains pays de l’UE soucieux de leur pré carré vont tiquer de mettre au mal les herbes !
Prof Hitérole : Ah, ah, deux tickets de métro Malesherbes ! Bien vu Fabiano ! Mais oui, c’est vrai pour le trèfle d’Irlande Irlande, le chanvre indien des Pays-Bas,  mais aussi vrai pour Malte ou Chypre… Tous ces pays ont un intérêt certain à ne pas voir des impôts plus élevés au niveau européen pour Google, Apple, Facebook ou encore Amazon, car ces sociétés sont situées sur leur territoire ! La raison en est la suivante : tous ces pays proposent des taux d’imposition bien plus faibles que dans le reste de l’Union européenne et tirent moult avantages de cette présence étrangère, comme des emplois et quelques millions d’euros d’impôts chaque année !
Fabiano : D’où l’urgence d’harmoniser l’impôt sur les sociétés pour tous les pays de l’UE !
Prof Hitérole : C’est aussi ce que souhaite Macron ! Notre Président estime, d’ailleurs, que, le vrai marché unique européen ne sera achevé que lorsque l'impôt sur les sociétés (IS) et les systèmes sociaux se seront rapprochés, donc dès que les IS en liesse des pays membres  cohabiteront dans une même fourchette de taux. Des taux quand même élevés car à l’impôt-cible nul n’est ténu ! Ne bénéficieraient des fonds européens que les pays qui respecteraient cette fourchette.
Fabiano : Fourchette mais aussi même assiette ?
Prof Hitérole : A voir ! Les harmonies fiscales seront des débats à couper au couteau et à ne pas prendre par le dos de la cuillère !
Fabiano : En parlant d’assiette, j’ai cru comprendre que ce qu’on y mettrait ne pourrait plus tomber dans le grand « n’importe quoi ! »
Prof Hitérole : Oui, Macron propose la création d’une force européenne d'enquête et de contrôle de la qualité et une évaluation indépendante des lobbys s'agissant des produits chimiques. Il a particulièrement été frappé par la crise des œufs (voir article précédent) et s’escagasse des tensions autour du glyphosate, cet herbicide dont ne peuvent plus se passer les agriculteurs alors qu’il serait cancérigène !
Fabiano : Ah oui, le fameux glyphosate qu’on retrouve dans le Roundup de Monsanto, encore lui !
Prof Hitérole : Ah, oui, rêver d’un monde sans des Monsanto, sans démons, sans tares… On reste dans l’utopie ! Exactement comme quand Macron appelle de ses vœux la naissance d'une "culture stratégique commune" à travers la création d'une force commune d'intervention, reposant sur un budget commun, pour agir "dès le début de la décennie prochaine !
Fabiano : Heu, en quoi c’est de l’utopie ?
Prof Hitérole : Car ce sera lutte aux piques. Chacun va se lancer des piques plus ou moins guerrières du genre : « Hé Macron, ton opération barkhane au Sahel tu te la gardes pour toi ! Je n’ai rien avoir avec les anciennes colonies françaises !». Les oppositions vont tomber en rafale dès que Jupiter parlera d’assaut. Nos voisins ont beau être dans l’union ils ne verront pas l’utilité de financer une armée commune dès lors que celle-ci défendra les intérêts d’un seul état membre ! Ils ne sont pas bêtes ! Ne nous attendons pas à ce que débarquent ânes !
Fabiano : Mais heu, en intervenant au Mali, au Tchad ou au Niger, l’armée française ne défend-t-elle pas tous les intérêts européens dans sa lutte contre le terrorisme islamique ?
Prof Hitérole : C’est un argument difficile à faire gober aux plus réfractaires à une armée commune, convaincus qu’ils sont que la vraie lutte contre le djihadisme se passe en Irak et en Syrie, avec les forces coalisées !
Fabiano : Hum, en fait on dirait que Macron se berce de douces illusions !
Prof Hitérole : Disons qu’il s’éparpille…Il a développé une vingtaine d’idées pour notre futur commun. Mais pour fédérer il ne s’agit pas dans les comptes de fée d’errer ! Il faut un objectif bien précis ! Notre Président aurait dû proposer une seule direction. Pour ma part, il aurait pu se contenter d’impulser l’urgence d’une harmonie fiscale afin qu’on défît squales, ces requins qui font l’aidant de la mère Nation qui leur propose un faible taux d’IS. Cela me semble prioritaire. Et il y a suffisamment de pain sur la planche pour ces 5 prochaines années si on veut atteindre l’objectif !
Fabiano : Hum, bon, je note…Heu, en parlant d’impôt….ça vous dirait une bonne bière ?

Prof Hitérole : Pas de refus, Fabiano. A la santé de notre bonne vieille Europe avec ou sans la reine d’Angleterre !

mardi 26 septembre 2017

L'AMI GERARD S'EN EST ALLÉ





Gérard Palaprat vient de nous quitter. Il s’était fait connaître par des tubes (j'imagine qu'il devait exécrer cette appellation) post soixante huitards, en 1971 et 1973. Fais-moi un signe et pour la fin du monde auront marqué les hits parades et mes oreilles de pré adolescent. J’accrochai tout de suite au timbre de sa voix, à sa mélodie, aux mots qu’il balançait avec élégance et simplicité.

Les années ont passé. On ne l’a plus entendu. Comme les chansons qui meurent aussitôt qu’on les oublie, chante Michel Legrand (Les moulins de mon cœur). Gérard a trop subi l’éclat de deux tubes et on a oublié toutes les autres chansons qu’il a créées : Le grand bateau, les tambours d’Ecosse, Le chemin d’encore plus loin ou encore le tremblement de terre, superbe chanson réaliste sur un séisme et ses tragédies.
La terre craque.
Ça sent le soufre.
Y aura-t-il un raz-de-marée ?
Dans les décombres,
Des cris sans nombre
Et la montagne va tomber.
Et l'incendie brûle partout.




Oui, combien de chansons oubliées mais qu’on voudra réécouter ! Et puis ce long silence radio. Pourtant tu vis Gérard ! Tu pars en Inde et rencontre Shandra Mistri, ton maître de sitar. Tu crées encore, dans l’indifférence des médias. Tu te rapproches des humbles, des gens sans importance mais qui ont quelque chose à t’apporter !
Et un jour tu m’acceptes comme ami, sur Facebook. Je suis intimidé. C’est tellement incroyable ! Pourtant tu dois lire mes billets. Je t’imagine dans ce décor invisible de notre complicité. Je te vois lire mes vers mais aussi mes délires. Que peux-tu en penser ? Mystère de la virtualité !
Et voilà que tu pars, sans préavis, rattrapé par l’horrible crabe. Je pense à tous ceux qui t’aiment, qui t’ont suivi et dont je fais partie, modestement.
Ce soir, en ta mémoire, j’avais simplement envie d’écrire tout le bien que je pensais de toi.

Tout simplement.

Il ne manquait jamais l’ami
De fêter mon anniversaire
Un simple mot, de son pays
Au cœur des marais de lumière

Un bel ami, inespéré
Dans la magie du virtuel
Et dont les notes revenaient
Du fond de l’enfance éternelle

Gérard a gagné la montagne
De sa  fin du monde harmonieux
Où l’éternité de Cocagne
Lui fit un signe douloureux ! 

Comme un message qui se plaint
De l’inviter si vite au bal
Par le chemin d’encore plus loin
Au nord des ombres sépulcrales.

Le port quitta le grand bateau
Au roulement des tambours d’Ecosse
Vive la Terre, je meurs trop tôt
Mais ne pleurez pas sur ma fosse !

J’aimais le chant, j’aimais les mots
Et les visages en fleurs de l’art
J’appris l’humilité très tôt
Dans les mélopées d’un sitar

Un bel ami s’en est allé
Dans le halo de son mystère
Dégrisé de tous les succès
Sous le soleil de l’éphémère

L’ami Gérard comme une étoile
Au firmament des chants éteints
Quand les oublis tissent le voile
Sur des arias sans lendemain

Au revoir gentil troubadour
De nos invisibles sourires
Qui sait, nous nous verrons un jour
J’aurai tant de choses à te dire…