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mercredi 21 décembre 2016

MICHÈLE A REJOINT D'AUTRES YEUX




« Les plus beaux yeux du cinéma », ceux de Michèle Morgan, viennent de se fermer à jamais.

La grande actrice s’est éteinte à 96 ans et nous laisse le souvenir d’une femme d’une rare élégance, incarnant à jamais l’amour romantique du cinéma français des années 30.

Née un 29 février d’une année bissextiles (1920), elle grandit à Dieppe avec l’espièglerie d’un garçon manqué.

A quinze ans elle gagne un concours de photogénie et se fait remarquer par un certain Yvan Noé (prononcer Ivanhoé), metteur en scène de son Etat. Il l’envoie prendre des leçons au Cours Simon tout en la faisant tourner dans Mes tantes et moi.

Elle prend alors un nom de scène : Morgan, en lien avec la fameuse banque. Ainsi, Simon Rousselle devient-elle Michèle Morgan.

Ses débuts avec Noé n’ont rien du déluge. Car cet incroyable regard attire Marc Allégret. Il la fait tourner dans « Gribouille » auprès du grand Raimu puis réitère avec Orage. Dans ce film elle côtoie Charles Boyer, star de l’époque.

Elle n’a que dix-sept ans mais déjà Marcel Carné ne tarit pas d’éloges sur cette star en devenir. Il téléphone à Gabin : « J’ai bu une môme très bien dans un film avec Raimu, Gribouille. Ça pourrait être ce qu’on cherche »

Ainsi naîtra « quai des brumes » en 1936, en plein Front Populaire. Ainsi naîtra le couple mythique Gabin-Morgan et le fameux « t’as d’beaux yeux tu sais ». Le film reste un chef d’œuvre, dans son esthétique et son dialogue signé Prévert.

Le couple se retrouvera dans Le récif de corail et puis Remorques.

Mais la guerre et l’occupation séparent ceux qui s’aiment, tout doucement, sans faire de bruit…

Michèle arrive à Hollywood. La grande machine cinématographique  ne sait pas sublimer la beauté de l’artiste et sous-estime son talent. Les rôles médiocres se succèdent.

Le seul point positif de l’escapade américaine est l’arrivée de Bill Marshall, un acteur qu’elle épousera en 1942 et qui lui donnera son unique enfant, Mike, né en 1944.

Mais la jalousie de l’homme, l’étouffante ingérence de la belle-famille, écourteront, en pathétiques scènes de ménage, l’hymen qu’elle imaginait pérenne.

Michèle revient en France. Jean Delannoy l’accueille et la fait tourner dans La Symphonie Pastorale (d’après le livre d’André Gide). Elle incarne l’aveugle avec une acuité stupéfiante. Elle obtient le prix d’interprétation au festival de Cannes en 1946.

À Rome, elle tourne Fabiola d’Alessandro Blasetti. Elle a pour partenaire Henri Vidal et tombe passionnément amoureuse de cet homme. Tous deux se marient en secret, en 1950. Cette fois-ci ce n’est pas la jalousie mais la drogue qui a raison de cette union. Après diverses cures de désintoxication, Vidal meurt en 1959.

Dans le miroir à deux faces, la belle aux yeux d’océan joue une femme laide que la chirurgie esthétique transforme en beauté. Le mari jaloux est incarné par Bourvil et le chirurgien est Gérard Oury. Gérard, elle le connaît déjà un peu. Ils se sont croisés au cours Simon. Ils ont déjà joué ensemble dans La Belle que voilà de Jean-Paul Le Chanois. Mais là, quelque chose se passe.

Leur complicité se resserre d'autant que Gérard Oury devient vite metteur en scène et l'on parle de tandem Morgan-Oury pour Le crime ne paie pas, en 1961, avec, outre Michèle, Danielle Darrieux, Edwige Feuillère et Annie Girardot : excusez du peu ! Le couple s’installe définitivement dans le gotha parisien.

Après un long passage à vide de dix années, c'est Claude Lelouch qui la fera revenir sous la caméra dans Le Chat et la Souris.

Et puis un jour, poussé par Gérard Oury, elle brûlera les planches du théâtre du Palais Royal. Elle joue à côté de Pierre Mondy Le Tout pour le tout de Françoise Dorin (1978)

Le théâtre la rappellera pour Chéri (de Colette) ou encore Les monstres sacrés (de Jean Cocteau)

L’amour de sa vie meurt en 2006, elle le rejoint dix ans plus tard en ayant consacré les dernières années de sa existence à la peinture.

Une nouvelle passion, bien loin des strass cinématographiques et des désillusions hollywoodiennes.



Sur la toile blanchie tu as posé le bleu
Celui de ton regard qui dévastait les âmes
Et le cœur d’Allégret et les magiques flammes
Dans les yeux de Gabin, au quai des brumes en feu.

Sur la toile endormie tu as tracé le vert
Des prés verts où se jouent Symphonies Pastorales
Des vendanges pâmées en cépages sauvages
Et le cœur de gribouille dans l’écume des mers.

Sur la toile étonnée tu balayas de sang
Le miroir à deux faces de tes passions perdues
Ces amours contrariées, ce bonheur déjà nu
Aux premières déchirures dans l’éclat du printemps.

Sur la toile indolente tu as posé l’orange
En agrume juteux de tes larmes lucides
Comme un écho d’adieu à ce cours intrépide
Qui t’emportait au loin  dans la mer des louanges

Sur la fin de la toile le noir s’est imposé
Il n’occultera pas les iris océan
Les myriades d’étoiles sur les grands rêves blancs
Transperceront l’écran d’une obscure clarté.

mardi 20 décembre 2016

DES GUIRLANDES DE DEUIL DANS LES CŒURS BERLINOIS




Le marché de Noël de Breischedplatz illuminait Berlin de ses lueurs magiques, faisant luire les yeux des enfants dans l’odeur des gaufres et des beignets.

Un marché de Noël, une féerie chaque année renouvelée, un espace de luminosité ouvert à la paix, à l’harmonie des cœurs dans l’attente d’une fête, chrétienne pour les uns, de l’enfance pour les autres…

Un marché de Noël dans Berlin, comme une étoile au firmament, une promesse d’embellie au pays qui a tendu les bras aux immigrés.

Un marché de Noël qu’on aurait voulu inoubliable, dans la tendresse des émerveillements, et puis, la mort a frappé.

Il y eut la panique morbide jaillie de la promenade des anglais, celle de Nice, un 14 juillet : un camion fonça sur la foule. Le même carnage pour un même mode opératoire avec la même folie meurtrière.

Ce marché qui devait rallumer mille bougies d’allégresse se recueille désormais devant 12 cierges : 12 vies rayées du décor enchanteur et d’autres qui se battent pour ne pas sombrer. On parle de 50 blessés.

La chancelière Angela Merkel s'est rendue dans l'après-midi avec certains de ses ministres sur les lieux du drame pour participer à une minute de silence. Comme à chaque éclat meurtrier du terrorisme aveugle on en appelle à la résistance.

 "Nous ne voulons pas vivre sans des marchés de Nobel et les merveilleuses heures que nous passons en famille et avec les amis dans les espaces ouverts de nos villes. Nous ne voulons pas vivre nos vies dans la peur du mal. C’est très difficile pour le moment, mais nous allons encore trouver la force de vivre la vie de tolérance et de liberté que nous voulons vivre en Allemagne, a déclaré la chancelière, fortement éprouvée. 

Déjà on reproche à la dame aux bras généreux d’avoir trop joué l’hospitalité. Le meurtrier, apparemment toujours en fuite, serait un pakistanais qui avait demandé le droit d’asile aux autorités allemandes.


Daech se cache encore derrière une telle abomination et il y a lieu de penser que les flux migratoires, en partie dus à l’Etat islamique, serviront d’alibi pour créer des amalgames : l’immigré stigmatisé au moindre coup de Trafalgar. 

En 1989, un mur tombait à Berlin. Il ne faudrait pas qu'il se reconstruise...


Devant l’église du souvenir
Noël s’approche à pas de deuil
Des larmes dures à retenir
Le sapin sent trop le cercueil

Les cierges ont remplacé la flamme
Qui brillait dans les yeux d’enfant
La nuit s’épaissit dans le drame
Si loin des guirlandes d’argent.

La chancelière prie en silence
Pour un pays bercé de paix
On libère un Pakistanais

Prudence en long recueillement
Le droit d’asile vit chèrement
Son avenir sous la défiance…

LES CLIMATO SCEPTIQUES




On les nomme les climato-sceptiques. Ils portent les vêtements de scientifique mais pas systématiquement. Leur point commun : mettre en doute la thèse selon laquelle le réchauffement climatique de la planète, objet de vives résolutions au cours de la Cop 21, ne serait pas la conséquence des activités humaines génératrices de GES (gaz à effet de serre).

En France, un présentateur météo à la télévision publique, Philippe Verdier (prononcer vert d’hier mais pas d’aujourd’hui) vient d’être licencié après avoir publié un livre quelque peu révisionniste sur la question climatique. Il met en cause les thèses du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) et les accusent de dogmatisme obscurantiste : l’homme ne détruit pas la planète et ne participe pas à la montée des températures synonymes de fonte des glaces, messieurs du GIEC vous avez tout faux !

Verdier a dû se nourrir de la sauce Allègre, à la petite cuillère éducative. Allègre, ex pote à Jospin et ex ministre de l’Education nationale, a incarné (en remplissant un carnet) jusqu’en 2013, la remise en cause des allégations du GIEC. Depuis, un accident cardiaque (dû à la pollution parisienne ?) l’a mis sur le banc de touche mais d’autres ont pris le relais ! 

Vincent Courtillot, géophysicien tricolore, soutient que les variations du climat puisent leur explication dans la fluctuation de l’activité solaire et non par l’accumulation des GES dans l’atmosphère terrestre. L’homme prétend en connaître un rayon lui permettant d’ultra violer la conviction bien établie que nous allons droit dans le mur si nous continuons un mode de croissance à base d’énergie fossile.


Vincent se plairait aux USA où, à l’image de leur nouveau Président (pas encore en fonction et déjà fort contesté), 10 % des républicains seulement sont convaincus du rôle de l’activité humaine dans le changement climatique. Le pétrolier ExxonMobil serait même soupçonné d’avoir financé des études climato-sceptiques pour continuer son activité polluante.

Le labo des lobbies fait l’embellie de l’embolie !



Je suis un climato sceptique
Laissez-moi polluer en paix
Mon action n’a rien de septique
Je n’ai jamais intoxiqué.

Les gaz n’ont pas d’effet de serre
Comme ils prétendent le prouver
Ma vue qui se défait d’eux sert
A vous montrer leur nullité !

Ces messieurs du GIEC
Me traiteront de "complotiste"
Fi donc ! Eclot d’allégresse voix
Qui chante en moi l’écolo-schiste.

Le soleil dicte les climats
Loin des facteurs économiques
Trump a raison : glace ici-bas
Ne fond que sous rayons thermiques.

Sans détour je vais au charbon
Pour affirmer mon scepticisme
Allons vers houille, déverrouillons
Le carcan vert de l’intégrisme !

ExxonMobil se paie trop lierres
Grimpant dans ses agissements
Ces lianes essaient, tentaculaires
D’étouffer ses rapports savants.

Ne freinons pas notre croissance
Pour de si futiles raisons
Reprogrammons l’obsolescence
Le cœur débridé, consommons !

Ça ne suffisait pas qu’elle fût folle
Voilà la vache condamnée
Pour ce méthane quittant le sol
Rendant la sphère réchauffée !

Vincent Courtillot se débat
Dans le magnétisme terrestre
Ça fait des hauts, ça fait des bas
J’aime tant ces idées qu’il orchestre

Elles f’ront front face aux dogmatismes
Des scientifiques convaincus
Vers elles se fraiera mon tropisme
J’y vois ma force et mon écu !

Je suis un climato sceptique
Laissez-moi polluer en paix
Ne décriez pas mon éthique
Vivez moins fort, si ça vous plaît !


lundi 19 décembre 2016

DU NEUF EN MON MUSEE




Mon petit musée virtuel s'enrichit d'une nouvelle pièce de choix. 

Le tableau représente un sabre de Mohamet qui, à l'accoutumée, lisse l'âme.

Le manche est composé de 3 perles numérotées H16 (soit H de Hégire et 16 pour 16 juillet 622)

Il semblerait que cette arme n'ait jamais tué ni opéré décollation même si des collations furent prétexte à la voir sabrer le champagne.



dimanche 18 décembre 2016

GATTAZ EST L'AIGRE AUX MAUX


Le parquet de Bobigny a demandé, ce jeudi 15 décembre 2016, la condamnation pour diffamation du patron du Medef, Pierre Gattaz. Ce dernier avait comparé des militants CGT à des "terroristes" et des "voyous", en plein conflit sur la loi travail (dite loi El Khomri).

Il est vrai que les hommes de Philippe Martinez, l’homme qui suinte dans ses moustaches rebelles, n’avait pas fait dans la dentelle de caler une frange de l’économie sous les pieds des stalles de l’orthodoxie cégétiste. Blocages de routes, opérations escargots, avaient paralysé une partie des dynamiques économiques pour n’évoquer que des rimes en hic.

Pour autant, le terme de « terroristes », loin de s’épandre sur des terres aux risées, aurait vertu à plonger dans l’amalgame d’enfer (car Dante y est) le brave ouvrier qui s’est vengé (lisez…selon St Marx) avec le voyou radicalisé ayant signé un contrat à durée déterminée avec Daech.

Oui, les mots ont un sens comme les rues d’une capitale fréquentée tantôt par les pères tantôt par les impairs dès qu’ils sont à côté de la plaque.

Alors Gattaz se calmera une prochaine fois :

-         Par traque à CGT, tracassé j’étais ! J’ai dit « terroriste » et je n’aurai pas dû ! Ce ton féroce indiquait hauts fers aux syndiqués, je regrette !

Alors, ayons pitié et commisération pour ce patron des patrons, au bord du burnout.

Tant de sollicitudes, tant de choix cruciaux pour investir et développer son entreprise, tant de coûts salariaux à assumer, tant de cotisations à payer…
On peut comprendre que les nerfs lâchent !

Alors oui, pitié pour le boss qui crée les emplois car les ouvriers s’empâteront sans patron ?

samedi 17 décembre 2016

A ORAN



Un Oranais, tout là-bas guette
Et tu le crois sans brio chez
Dame indigence : Pauvre chou quête
Tu le crois sans chaud col, hâté
A mendier. Vient ton mépris.

Mais lui qui veut dévier noises rit !

vendredi 16 décembre 2016

LES DISPARUS (Hommage à PEREC)




Hollande s’en va, le cœur un peu vague, avec élégance pour l’un, mais sans surprise pour celui qui avoue ne pas l’aimer.

Juppé, bordelais qui a navigué en vain, échoue aux primaires organisées par son camp. Il accompagne Sarkozy, le nerveux, dans les gémonies de la République.

La fin d’un monde.

Près de nous, au-delà des Alpes, Monsieur Renzi, à l’issue d’un référendum qui a joué en mauvais boomerang,  abdique, lui aussi,  de Rome, comme après un séisme.

Obama, comme prévu, lance un adieu à la Maison Blanche. Il ignore ce que l’avenir réservera à l’Oncle Sam, menacé de loups subjugués par la puissance russe.

Un monde s’écroule sous le poids du populisme qui féconde de nombreux disciples.

Alep en sang, en ruines, nous renvoie le pauvre visage de l’incurie onusienne. L’humain, en ces derniers soupirs de fin d’année (voire de faims damnées), suffoque au bises  irrespirables  des religions exacerbées. Le prince de Moscou s’exerce à un  drôle de jeu sur l’échiquier maculé de sang qui lance sur les voies de l’exil des milliers d’âmes démunies.

Un monde malade prend naissance à l’approche de Noël ; il nous accable de réflexions sur nous-mêmes,  sur nos reculades, nos ignorances nourries d’indifférence.


Un monde qui rend difficile l’expression de la formule magique : bonne année, bonne sans ….

jeudi 15 décembre 2016

PUB 110


Les pierres qui roulent n'amassent pas mousse !

Mais l'eau de la piscine peut vous amener des champignons qui n'ont rien d'hallucinogène !


Alors, quand l'ami cause de petits désagréments entre les doigts de pieds, faites comme Mick Jagger : une couche de Mycoster sur le dermique austère et hop ! C'est fini !


mercredi 14 décembre 2016

PINEL Y VA



Sylvia Pinel, Ministre du Logement et bien connue pour sa loi permettant une défiscalisation sur le prix d’un bien immobilier à condition qu’il soit loué au moins 6 ans, oui, Pinel Sylvia (dite PS), au nom du Parti radical de gauche, sera la seule femme à participer à la primaire de gauche.
Elle est l’équivalent de NKM qui tenta de survivre au sein de la  primaire à droite : seule élément féminin face au machisme ambiant !
La présidente du PRG avait tout d'abord annoncé son intention de briguer l'Elysée sans passer par la case « primaire » à l’instar de Macron. Puis elle a estimé que le renoncement de François Hollande avait changé la donne.
D’aucuns lui prédisent déjà un délogement dès le premier tour et qui lui fera raser les murs ou essuyer les plâtres ! Certains, qui ne vont pas avec le dos de la truelle, raillent avec un certain vil aplomb que la belle serait plutôt cave et va devoir plancher pour maîtriser les dossiers sans risque de se faire chambrée !
Un socialiste, aigre niais, sourit goguenard :
Sylvia ne peut même pas se targuer de la relance du bâtiment (+1 ,9 % en volume contre +0,9 % attendu) pour cette année. Sa petite loi ne pèse rien face au faible niveau des taux immobiliers ! C’est ce facteur qui incite à la construction mais elle n’y est pour rien ! Le prêt à taux zéro booste aussi le secteur mais elle n’en est pas à l’origine !
Sylvia, elle, ne l’entend pas ainsi. L’âme hait zoner ! Elle revendique les fruits de son travail et, lors des primaires, ne craindra personne. Il n’y aura pas de fort Alamo Pinel (pas de fort à lame opinel), se convainc-t-elle ! Pas d’état de siège à son encontre parce qu’elle serait une femme !
Et comme Macron elle se lance : en marche, opérons ! Est-ce qu’allié viendra me soutenir ?
En elle une force demeure et elle peut compter sur sa résilience secondaire, en béton voire embêtante pour qui la sous-estimerait !

Oui, Sylvia va se retrouver devant 7 hommes (oui 6 si la probabilité de participer de l’un : c’est Filoche…) et fera tout pour éviter qu'ils n'éructent les quolibets de leur sale âme en jets ! Elle sera dans son joli tailleur rouge comme un p’tit coquelicot mesdames, comme un p’tit coquelicot parmi les sombres costumes.
Au nom de la rose, et de la galanterie.

lundi 12 décembre 2016

ALEP MARTYRE SI UTILE POUR BACHAR

Les troupes de Bachar reprennent Alep, ville martyre mais aussi ville symbole d'une Syrie utile


La bataille d'Alep touche à sa fin. Lundi 12 décembre, les rebelles syriens, affamés, sans vivre, quasiment sans munitions, quittent peu à peu les dernières poches de résistance.

Alep est quasiment tombée aux mains de Bachar Al Assad, le roi de Damas. L’homme de fer avait besoin de cette victoire, extorquée aux prix de milliers de bombes, d’attaques au souffre, avec l’aide de la Russie de Poutine et de l’Iran des ayatollahs.

On parle de tournant de la guerre, en froid langage stratégique, en gommant toutes les souffrances de civils, de femmes et d’enfants, traqués comme des rats, proche de la mort par inanition, dans le grand silence de l’occident.

On dit que « sans Alep, Bachar n’était qu’un demi président ». Quelle légitimité peut-il acquérir en ayant brisé par tant de violences et d’horreurs un mouvement rebelle pas nécessairement terroriste comme tend à le distiller dans les esprits la propagande pro Bachar.

Bachar regagne une ville exsangue, à reconstruire et dont les habitants ont fui. Ceux qui sont restés porteront, sous leur humiliation, une haine viscérale contre le tyran.

Bachar doit composer avec ses alliés. Son pays ne lui appartient déjà plus. Il devra composer avec Poutine qui l’aura sérieusement aidé. Dans une moindre mesure il aura intérêt à négocier (quoi ?) avec l’Iran et le Hezbollah libanais qui ont, eux aussi, contribué à sa victoire pour la défense du chiisme contre le sunnisme de l’Arabie Saoudite et indirectement contre celui de Daech.

Bachar, l’alaouite (une branche minoritaire du chiisme) ne devra pas être ingrat envers ses alliés. D’autant plus que le combat contre Daech n’en finit plus. En se focalisant sur Alep, symbole d’une Syrie utile, il a laissé reprendre Palmyre, la ville antique, par les forces de l’Etat islamique.

Bachar n’a pas fini de se battre contre ses ennemis, les vrais, ceux du djihad aveugle, pas ces pauvres bougres dépenaillés qui se terraient comme des rats dans les décombres d’Alep.


Bachar face à son avenir. Un règne sous contrôle du Kremlin, une couronne tachée de sang qui aura coûté la vie à 300.000 personnes et projeté sur les routes de l’exode des millions de désespérés…



Décimer l’affamé et trucider l’enfant
Se glorifier du fruit, recueilli dans le sang
Comment s’enorgueillir en tyran de Damas
De faire tomber Alep, éventrée dans la nasse ?

Peut-il dormir ses nuits sous draps d’impunité
Quand féroces soldats, vidés d’humanité
Ont rayé l’hôpital et déversé l’enfer
Sur la ville martyre ? Que tirer d’un calvaire ?

Quel sourire arborer, toi,  le maître  bourreau
A cueillir en tes mains cette ville en lambeaux ?
Les gravats exhalant flux de sangs et de souffre ?
Les cris de mille enfants émergeant de ce gouffre ?

Maudit sois tu, pantin, sous les mains de Poutine
Crains de noirs lendemains, l’ombre en noir se mutine
Fantômes guident la nuit d’une tragique plainte
Pour te juger un jour d’une colère sainte.

Tu répondras du sang, de cette déchirure
Au fil des châtiments assourdis de tortures
Ton pays maugréera  au berceau des vengeances
Soufflera dans l’azur vent  des réminiscences

Qu’espères-tu, ô Bachar, de ces odieux lauriers
Du statut « terroriste » en la femme éplorée
De ces trêves sanguines sans que paix ne s’érige
Des ardeurs assassines que ton âme dirige ?

Tu t’élèves en sauveur, contre l’opposition
Assuré d’avorter les sunnites passions
Pauvre cœur d’Alaouite, dans l’hiver de Russie
Pitoyable Pyrrhus gonflé d’impérities

Autour de toi l’Iran de ses faux bras amis
Ne défend que chiisme, et n’a de sympathie
Pour ton astre éphémère tant qu’il se fait rempart
Contre l’hydre sunnite ou Daech, avatar.

Muraille que tu n’es plus, Palmyre vit sous le joug
Des diables djihadistes mais qu’importe la boue
En cette ville antique : Alep ensanglantée
Enfin t’est revenue pour ton règne assurer !
        
S’il demeure la justice dans ce monde bancal
Que tombe  un jugement, au cœur du Tribunal
Le ciel gris de La Haye, châtiera tes errances
Qui auront scellé celles de ton peuple en souffrance.

dimanche 11 décembre 2016

PETIT DEJ' AU LIT, Ô MARI !


Patrick au lit et MAM (qui s'allie au mari) pour un petit déj' constructif ! 


- Tu n’es pas sérieuse, tu ne vas pas y aller ?
- Mais si, Messie le Sarthois m’importune et les primaires sont anti-démocratiques, je te l’ai déjà dit Patrick ! Donc je me présente !
- Mais tu vas droit dans le mur ma chérie ! Tu vas te "copériser" un max !
- Je ne ferai pas le score minable du Meldois lors des primaires. Moi, je connais le prix des choses ! Je sais qu’un kilo de caviar coûte 3.500 euros, enfin, quand il s’agit de Beluga !
- Non mon chou ! Plus maintenant ! On en vend désormais en supermarché au prix modique de 10 € la boîte !
- Mais c’est scandaleux ! Qui a le droit ? Qui a le droit ? Qui a le droit d’faire ça  ♫ à des œufs d’esturgeons qui ne pensaient qu’à s’aristocratiser de façon pérenne !
- Mais oui ! Mais tout se démocratise désormais ! Bon pour revenir à nos propos : tu ne crains pas le ridicule ?
- Il ne tue pas, je te le rappelle ! Et puis j’ai un long passé qui plaide pour moi ! J’ai été la première femme ministre des armées !
- Plutôt désarmée face aux printemps arabes ; cela ne t’a pas apporté de beaux lauriers !
- Bon, ça va ! Ne remue pas le coup tôt dans l’appelée (sous les drapeaux). J’ai été aussi garde des Sceaux !
- Ah, oui ! Des sots ! Des sots ternes mis en carafe par Sarkozy ! Il faut tourner cépage !
- J’ai également assumé le rôle de Ministre de l’Intérieur !
- Ah oui, c’est vrai ! J’avais oublié ce détail : une femme à Beauvau, à beaux veaux lançaient les railleurs cherchant à tester jusqu’où la gêne hisse, par dépit ! C’est vrai mon chou, tu as une sacrée carte de visite !
- J’ai même été Secrétaire d’Etat à l’Enseignement sous les ordres de Monory, à l’époque de Giscard, en 1978.
- Ah oui, avec Monory, c’est là que le poids te vint et que tu refis du sport !
- Bon, tu vois que j’ai de la bouteille et un CV qui parle pour moi !
- Oui, mais sans te vexer, mon cœur, tu ne représentes pas vraiment le renouveau !
- Je sais ! Je l’assume ! J’incarne le passé gaulliste ! J’en suis fier ! Fillon n’est pas de cette fibre ! Il est libéral et me fait peur avec son programme !
- Bon ! Donc tu es décidée ! Tu as un programme, au moins ?
- Non ! Mais j’ai déjà un slogan : « retrouver l’esprit de conquête ! »
- Ah, ça me rappelle nos premières rencontres ! La conquête…Mon cœur voyait ton cœur, je l’ai vu le conquérir.
- J’ai vu le Conquet rire ? Non, c’était à St Jean-de-Luz ! Non, je plaisante. Ah oui, nous étions encore relativement jeunes, enfin, quadra, j’avais quitté Michel Alliot 4 ans auparavant. Nous avions fait une ballade à pieds, tu portais un lourd sac à dos.
- Ah oui, et tu m’avais dit : cela semble lourd sac, Ollier ! Ah, ah, ah, ah, ah (il manque s’étrangler)..Je n’avais pas tout de suite compris « cela semble l’ours à colliers » !
- Oui, tu avais le cerveau lent, mon chou. Bon, donc j’ai mon slogan et même une affiche. Je te la montrerai !
- Et tes signatures ? Tu as tes signatures ?
- C’est en bonne voix, une voix plutôt gaullienne du genre « je vous ai compris ! ». Oui, ils comprennent mon initiative !
- Je reviens à ton slogan « l’esprit de conquête »…Heu, tu n’as pas peur des mauvais jeux de mots style « l’esprit des cons quête » ou de contrepets « laisse cris de compète » !
- Ah, si c’est pour laisser des cris je veux bien ! Je ne vais pas m’égosiller comme le petit Macron qui nous fait une crise de puberté ! Je ne vais pas me caver la soie, heu, me casser la voix d’une septuagénaire !

- Tu as raison, mon chou, mais bois ton café, il va refroidir !