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mardi 27 mars 2018

UN HEROS






Vendredi 23 mars 2018, à Trèbes, près de Carcassonne, l’hydre meurtrière au Coran frelaté a refait surface en tuant quatre personnes et blessant quinze autres.

Radouane Ladkim, loup solitaire, radicalisé, s’est transformé en monstre assassin au nom de Daech. Après avoir braqué une voiture et tué son propriétaire, Jean Mazières, il s’est attaqué à quatre CRS qui revenaient d’un jogging. Puis, il s’est retranché dans un supermarché de Trèbes. Il a froidement abattu le boucher de ce super U, Christian Medves, a ôté la vie à un brave retraité, Hervé Sosna, client fidèle du magasin, avant de prendre en otage des personnes, clients ou membres du personnel.

De fuites paniquées en refuge dans la chambre froide, le terroriste finit par ne détenir qu’un seule otage, la caissière Julie, dont il veut se servir comme bouclier humain.

C’est alors qu’intervient le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Il lance au loup de Daech la sommation suivante : « Libérez-la, elle n’a rien fait ! »

Et il propose au terroriste de prendre la place de la jeune femme. Radouane Lakdim accepte.
Les gendarmes qui accompagnent Arnaud Beltrame, exfiltrent Julie du magasin, et laissent le lieutenant-colonel face au terroriste. L’officier dépose sur une table son portable ouvert sans que son adversaire ne le remarque. 

Ainsi, à l'extérieur, ses collègues pourront entendre les discussions et comprendre en partie ce qui se trame à l'intérieur entre les deux hommes. Il semble qu'une ultime négociation soit entreprise. Deux membres de la famille de Redouane Lakdim sont amenés sur place, pour le faire céder. Mais en vain ! 

Alors que, sur le parking du supermarché affluent les gendarmes du GIGN de Toulouse et qu'ils s'apprêtent à se positionner pour un assaut éventuel, on entend soudain des détonations à l’intérieur du magasin. Il est 14 h 20. Les hommes du GIGN n'hésitent plus, ils donnent aussitôt l'assaut, deux d'entre eux seront blessés, et le terroriste est abattu.
Mais, ce qu'ils redoutent le plus s'est produit : le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a été très grièvement blessé, il est transporté au centre hospitalier de Carcassonne, entre la vie et la mort. Il mourra aux premières heures du matin.

L’acte d’héroïsme est aussitôt relayé par la presse et les réseaux sociaux. Arnaud Beltrame fait désormais figure de héros et s’impose comme un modèle pour une jeunesse en quête de repères et de valeurs.

Un hommage national sera rendu à Arnaud Beltrame, a annoncé samedi l'Élysée. 

D’aucuns crient à la récupération tandis que d’autres souhaitent la tête de Gérard Collomb, Ministre de l’Intérieur, pour incompétence à éviter un tel massacre alors que son instigateur était fiché « S » !

Éternelles polémiques qui nous font oublier l’essentiel : un homme a donné sa vie sauver celle d’autrui. Un exemple d’abnégation et de sacrifice ! 



Le printemps a fermé de ses vaines promesses
Les paupières à jamais, il repose en héros
Dans la brume des cœurs, mue de blanche tristesse
Un soleil effleurant la nuée des sanglots...

Il fallait qu’il tombât pour qu’une vie demeure
Il fallait que son sang coulât pour sublimer
La valeur de courage, la beauté supérieure
De cette abnégation aux élans spontanés

Arnaud vit désormais dans la mémoire des cœurs
La figure tutélaire du héros retrouvé
En ce désert moderne des valeurs éprouvées

Combattant altruiste sans requête de gloire
Détaché des honneurs qui façonnent l’histoire
Elégant chevalier sans soucis des honneurs.
 


lundi 19 mars 2018

MAILLE A PARTIR ET MAILLE HAUTE




Le département français de Mayotte, qui compte parmi les territoires les plus pauvres de France, est ravagé par les problèmes sociaux. Un mouvement social contre l'insécurité et l'immigration clandestine secoue l'archipel de l'océan Indien depuis plus de trois semaines et s’invite à l’élection législative partielle sur la 1° circonscription de l’île.

 
 
Jusqu'en 1975, vivaient quatre îles au large du Mozambique, à l’est de l’Afrique. Elles vivaient heureuses car la misère est moins pénible au soleil, comme le chante un vétéran. Ces quatre sœurs composaient un territoire d’Outre-mer pour notre Marianne chérie : les Comores.

Mais, le 22 décembre 1974, à l'occasion d'une consultation d'autodétermination des Comores, les habitants d'Anjouan, visiblement enjoués, de Moheli, aux mots émus allant,  et Grand Comore votèrent à plus de 95% pour l'indépendance. Seuls les habitants de Mayotte optèrent largement (64%) pour le maintien au sein de la République française. Ils jugèrent la volonté des autres comme hauts riens !

Alors, compte tenu de la position stratégique de Mayotte, de la richesse de ses fonds marins, et sans pousser plus loin la maïeutique, emmaillotée dans ses certitudes métropolitaines, la France décida de prendre en considération le choix de SON île, en violation du droit international.

L’ONU réagit aussitôt en évoquant une entorse à l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores. Trois îles sur quatre se sont engagées pour l’indépendance, elles sont majoritaires et lient l’ensemble insulaire. Mayotte ne peut jouer qu’à son insu l’air du rattachement à la France, c’est ce que l’institution internationale jugeait bon de préciser.

En dépit de maints rappels à l’ordre, la France continuera de considérer Mayotte comme territoire français, usant de son droit de veto au sein du Conseil de Sécurité de l’Onu.

Cette violation au droit international servira d’alibi, quelques années plus tard, lorsque l’annexion de la Crimée par les Russes scandalisera l’Occident. Le Kremlin aura alors beau jeu de rétorquer : balayez devant votre porte messieurs les Français, rappelez-vous de Mayotte !

Pour autant, outre l’intérêt stratégique qu’offre l’île, on ne peut pas dire que les Mahorais (habitants de Mayotte) aient beaucoup captivé les métropolitains. La France n’aida réellement ce petit bout de terre perdu dans l’océan indien que depuis sa transformation en département français (le 101ème), soit depuis 2011.


Les efforts consentis demeurèrent d’ailleurs faibles, pas suffisants pour qu’on sentît des fleurs au balcon sentant. L’investissement tardif dans l’île se noya dans un constat navrant :

-      Département le plus pauvre de France (84 % des habitants vivent sous le seuil national de pauvreté

-      En 2016, 69% des mères ayant donné naissance à Mayotte sont de nationalité comorienne.

Et c’est ce dernier point qui attire les feux de l’actualité. Mayotte, en dépit de sa pauvreté, attire tel un aimant, les habitants des autres îles. Dans cet océan de misère, la terre des Mahorais, aime, à hauts rets, capter dans ses filets des bans comoriens, pauvres poissons désespérés qui voient dans Mayotte un Eldorado.

On dénombre aujourd'hui environ 50 000 sans papiers pour 250 000 habitants. Pour essayer de stopper ces flux migratoires, le gouvernement français mit en place une procédure de visas pour les Comoriens souhaitant se rendre sur l'île de Mayotte. Ce visa dit « Balade dure », du nom de son inventeur, durcit les conditions d’accès à Mayotte pour les Comoriens.

Mais ce cataplasme sur une jambe de bois n’a pas vraiment stoppé les flux migratoires. L’attraction de Mayotte joue à plein, alimentée par des liens familiaux, culturels voire religieux qui demeurent enkystés dans la mémoire collective des habitants de l’archipel.

Pour autant, les Mahorais supportent de moins en moins ceux qui, avant, auraient pu être considérés comme des cousins. Ils imputent la précarité, la misère économique et l’insécurité aux Comoriens. Les appels au « décasage » s’intensifient. On expulse manu militari les familles comoriennes ayant établi des logements de fortune (pourtant misérables) sur des parcelles appartenant à des Mahorais.

On se fait justice soi-même, nonobstant les forces de la loi venues en grand renfort depuis le début du malaise. Le cri des "décasés" se drape d’échos morts…

Les politiques s’emparent de cette ébullition. En déplacement à Mayotte, Laurent Wauquiez, le nouveau chef des Républicains a déclaré : « quand un enfant naît ici de deux parents clandestins, il ne doit pas être Français ! »

Cette proposition qui ne semble pas applicable, car contraire au droit du sol, soulève bien le problème posé ! 

Annick Girardin, Ministre des Outre-Mer s'est aussi rendue sur place pour constater les blocages sur les routes, le mécontentement face à la pénurie et...le poids de l'islam ! Elle put constater que la religion se portait à bras le corps, Annick !

En attendant, à l’issue du premier tour de ces législatives, dans un contexte de tension endémique, deux candidats sont sortis des urnes.

Ramlati Ali, députée sortante, jadis accusée de fraudes électorales, est arrivée en tête (36,15 % des voix) devant le candidat LR Elad Chakrina (32,59 %) qui avait obtenu le soutien inédit de…Marine Le Pen !

Quel que soit le résultat définitif il faudra du temps et des efforts financiers pour donner à Mayotte un véritable statut de département français, doté d’infrastructures dignes de ce nom et assuré d’éduquer ses enfants dignement…

samedi 17 mars 2018

POUTINE PECHE LE POISON EN HOTE ROUBLE






A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi
Et regarder les gens tant qu'il en a…


Sergueï Skripal, 66 ans, chantonnait cette merveilleuse comptine à sa fille Ioulia, 33 ans, lorsqu’il se trouva mal. Il s’affala sur ce banc de Salisbury (sud de l’Angleterre) et sa fille le suivit dans le même geste d’abandon.

On retrouva les deux corps inconscients en ce 4 mars et, aussitôt, on sentit un mistral gagnant souffler le vent mauvais de Russie. Dans cette incoordination éolienne, due aux changements climatiques, on ne retint que l’origine russe de l’évènement.

Sergueï était jadis un agent double. Il avait bien connu le Kremlin avant de travailler pour les services de sa Gracieuse Majesté. Il était évident que les Russes avaient voulu lui faire la peau d’autant plus, qu’après expertise, il s’avéra qu’on avait utilisé du Novichok pour intoxiquer Sergueï et sa fille. Le Novichok est un agent neurotoxique développé par la Russie ; un laboratoire innove, y choque par son zèle destructeur.

De là à accuser Poutine il n’y avait qu’un pas que Theresa May, première ministre britannique de Brexit, s’empressa d’exécuter car on l’aime dynamique. Les Rosbif détestent voir que May mène aux pauses !

Le maître du Kremlin n’a pas apprécié, qui prépare sa réélection pour le poste suprême de Président. Les élections russes auront lieu ce dimanche et elles se seraient bien passées d’une telle mésaventure ! Il vaut mieux voter que fauter et le fait de se faire traiter d’empoisonneur empoisse honneur ! Tout irait mieux pour lui sans Skripal, concède un de ses conseillers, indien, d’un ton sanskrit, pâle…       

Emmanuel Macron, Angela Merkel et Donald Trump ont prêté leur concours à Theresa pour condamner la Russie qui reste emmurée dans le silence et ne veut pas donner plus d’explications. Dès qu’on veut y voir d’un peu plus près c’est alors « niet ! »

Theresa a exigé des sanctions contre Moscou, dont le renvoi de 23 diplomates dont les vies russes sont peu compatibles avec le système de santé, très défaillant, outre-manche.

Le ton monte entre la Russie et l’Europe. Aussi, pour calmer les esprits et passer un dimanche d’élections dans la sérénité, Poutine, voyant rouge, a donné le feu vert pour ouvrir une enquête russe. Et pour montrer qu’un vent nouveau, si russe, souffle le bon esprit, il a même accepté que le comité d’enquête russe (le CER) travaille sur une autre enquête.

Il s’agit de celle qui concerne « le meurtre » de Nikolaï Glouchkov, exilé russe au Royaume-Uni et retrouvé mort dans des circonstances troubles, à Londres, ce lundi. Le CER enquêtera mais qu’est-ce que le CER vaut ?

Il serait souhaitable que, de chaque côté, on évite les surenchères. Le spectre d’un retour de la guerre froide n’a jamais été aussi près de nous ressortir son show.

lundi 12 mars 2018

KIM ET DONALD EN BONS PERES PAIX NARRENT ?






Le JO d’hiver de Pyeongchang sont terminés mais ont laissé la flamme olympique aux athlètes handicapés. Les jeux paralympiques font la part belle aux fauteuils roulants et permettent à la Corée du Sud d’attirer encore les feux médiatiques.

Mais pas autant que sa voisine du Nord. Le maître des lieux, Kim Jong Un, vient de faire un pas vers l’accalmie et veut se rabibocher avec Donald Trump avec qui il partage une surenchère de vilains noms d’oiseaux depuis quelques mois.

Après avoir invité à sa table ses « nouveaux amis du sud » pour fêter un hypothétique rapprochement des deux Corées, le roi de Pyongyang, vient de proposer à la Maison Blanche de fumer le calumet de la paix.

Pour le petit roi des essais nucléaires il s’agit de s’offrir l’image du gentil, prêt à mettre de l’eau dans son thé afin d’amadouer l’oncle Sam et lui faire abandonner l’étau des sanctions économiques qui nuisent tant à son pays.

Pour Donald Trump cette invitation sent l’autosatisfaction de n’avoir jamais lâché la pression sur le dirigeant nord-coréen, de l’avoir menacé de représailles militaires, d’avoir montré les muscles et des tweets martiaux !

Mais, pour autant, la rencontre aura-t-elle lieu ? Le Pentagone dissuade Trump d’assister à ce sommet de la bonne entente. Car il y a un antécédent. Il y a 18 ans, la secrétaire d’état américaine, Madeleine Albright, avait accepté le même genre d’invitation. Il s’agissait, à l’époque, d’obtenir un moratoire sur les tests de missiles coréens en échange d’une levée partielle des sanctions économiques qui frappaient la Corée de Kim Jong-il.

Quelle ne fut pas la surprise de Madeleine lorsque lui fut projetée l’image géante d’un tir de missile longue portée !

Oui, la stratégie de la Corée du Nord semble bien être la nucléarisation qui permet de sanctuariser le pays et de lui donner des cartes pour négocier avec le géant américain.

Plus la puissance de feu nord-coréenne monte en puissance, plus Kim Jong-un s’érige en interlocuteur à prendre au sérieux. Dans ce jeu de dupes, on cherche encore à savoir qui sera le vainqueur !

Trump en obtenant de Kim l’arrêt des envois de missiles nucléaires expérimentaux ?

Kim en obtenant de Trump une collaboration économique et un retour à des échanges entre les deux nations par une promesse en l’air ?

Le Président américain s’avèrerait confiant. Il a rappelé que la Corée du Nord n’avait "pas mené d'essai de missile depuis le 28 novembre 2017", et qu'elle avait "promis de ne pas le faire" pendant la phase de rencontres entre les deux dirigeants.

Si cela pouvait être vrai !



Quand les jeux olympiques font plus que faits d’hiver
Permettant aux Corées de rapprocher leurs âmes
On se met à penser à des paix qui se trament
Un soleil vient chasser les menaces de guerre.

Le petit dictateur s’est assagi soudain
Grisé par cinq anneaux aux lueurs d’espérance
Ses missiles en sommeil prennent belles vacances
Il invite au banquet le grand Américain

Dénucléariser pour gagner le commerce ?
Ou seulement duper, quelque temps, l’Oncle Sam ?
Dans ce jeu de miroirs la duperie se pâme.

Entre l’envie d’y croire et le noir scepticisme
Une planète observe en de multiples prismes
La fragile embellie que des nuages percent…