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mercredi 4 janvier 2023

UNE ANNEE IMPAIRE DURANT LAQUELLE JE NE SOUHAITE PAS EN COMMETTRE



Ce blog, que je délaisse un peu, reprend du service à chaque début d'année pour annoncer les faits marquants qui se dérouleront au cours des 365 jours prévus par le calendrier.

Alors, à vos agendas.


L’année 2023 commencera par une adhésion d’un pays à la zone euro. Les Croates quitteront la Kuna lacunaire pour adopter la monnaie européenne en souhaitant qu’elle combatte l’inflation.

Le 11 janvier, ses fans pleureront Jacqueline Maillan qui aurait eu 100 ans. Pierre Palmade, Muriel Robin et Michèle Laroque achèteront un bouquet commun, en forme de pièce montée.

Le 17 janvier, François Damiens, qui n’est pas Amiénois, fêtera ses 50 ans dans une petite ville minière du Pas-de-Calais car il a Harnes à cœur.

Le 20 janvier, ce sera au tour de Benjamin Biolay de souffler 50 bougies, chez lui. Il invitera son ancienne compagne au paradis "gainsbourien" en chantant « initiales BB »        

Le 27 février, les habitants de Tréguier (Côtes-du-Nord) s’inclineront devant la maison natale d’Ernest Renan né en 1823, soit 200 ans déjà ! Laïcs, catholiques et athées cesseront leur querelle de clocher pour commémorer, en positivant, non comme chez Carrefour mais comme Auguste compte !

Le 6 mars, lecteurs et lectrices honoreront les 50 ans de la mort de l’écrivain(e) américaine Pearl Buck, prix Nobel de littérature en 1938. Une belle occasion pour réhabiliter la Chine, empêtrée dans ses innombrables problèmes de santé, cernée par les virus biologiques mais aussi martiaux, un regard menaçant porté sur Taïwan.

Le 26 mars, à Belle-Ile-en-mer, les inconditionnels de Sarah Bernhardt défileront devant sa maison de la pointe des Poulains et de façon chevaleresque. On honorera la grande comédienne pour les 100 ans de sa mort ! Ce jour là, se réveillera le coq tôt pour chanter à la gloire de ce « monstre sacré » !

Le 29 mars, des vétérans ayant connu bail de haine se souviendront, qu’il y a 50 ans, ils étaient les derniers soldats à quitter le sud-Vietnam, pour se désembourber d’un enfer sanglant ayant taché d’horribles sangs la bannière étoilée.

Le 8 avril, les admirateurs de Picasso auront une pensée pour le maître décédé il y a 50 ans. Le Maire de Mougins (Alpes-Maritimes), Richard Galy commencera son discours (exorde) par : - Respect à toi, ô grand maître, qui termina son brillant parcours sur Terre en cette ville, que tu aimas, là, gars ! Et hop, un petit verre avant la suite devant un parterre de riverains parmi lesquels un vieux guitariste, une femme qui pleure et un garçon à la pipe !

Le 10 avril, Guillaume Canet fêtera ses 50 ans en compagnie de sa gentille Marion. L’émotion fera sortir les petits mouchoirs. Marion lui offrira une copie d’un tableau de Cézanne mais lui évitera un plat de nouilles car Canet le honnit !

Le 25 mai, en se gavant de rillettes, on fêtera dûment les premiers 24 H de course automobile, apparus en 1923 (cela s'entend !). A l’époque, 33 véhicules étaient sur le départ, prêts à polluer inutilement l’air manceau, d’errements sots !

Le 27 mai, si Dieu lui prête vie, Henry Kissinger soufflera ses 100 bougies ! Un bel exploit de longévité pour ce Nobel de la Paix (en 1973) pour son action dans la résolution de la guerre du Viêt Nam. L'homme au passé mouillé de controverses aura l'occasion de parler de l'Ukraine et de la nécessité de l'intégrer à l'OTAN, autant que perce feu alors qu'il disait, quelques mois auparavant : - Ce n'était pas une politique américaine judicieuse que de tenter d'inclure l'Ukraine dans l'OTAN !

Le 29 mai, ses inconditionnels fêteront les 100 ans de la naissance de Bernard Clavel. A Lons-le-Saunier, sa ville natale, on lira à voix haute, des extraits des Fruits de l’hiver (Prix Goncourt 1968). Plus que jamais, l’auteur appelle à le lire et jamais on ne verra la cru s’tasser ! Clavel, encore hèle (Clavelle, anchorelle ?)

Le 31 mai, comme un ouragan, le vent du souvenir soufflera sur Monaco. On fêtera, en effet, les 100 ans de la naissance du Prince Rainier III, d’une grâce qu’élit son destin ! Son fils, Albert II, fera un beau discours, un peu bêlant. C’est Albert : Je ris (s’étale bergerie ?).

Le 5 juin, des économistes poussiéreux secoueront leur perruque et se découvriront devant le portrait d’Adam Smith né il y a 300 ans ! Une main invisible viendra serrer leur petite poigne toute veinée de sang libéraliste. Un grand moment d’émotion.

Le 10 juin, des pêcheurs d’Islande pleureront Pierre Loti, mort depuis 100 ans. En France aussi, on y pensera, en lisant ses mémoires, empreinte laissée aux futures générations car ce capitaine devait sceaux !           

Le 19 juin, donc le lendemain du 18 juin et de sa pelle, on aura mille pensées pour Blaise Pascal né il y a 400 ans ! Le Pape François reparlera de la possible béatification de ce mathématicien philosophe en arguant que c’est un bon calcul !

Le 2 juillet, quelques historiens farfelus lanceront des tweets pour évoquer la mémoire de Louis XI, né il y a 600 ans ! Ça fleurera le poussiéreux monarchique mais beaucoup d’historiens, longtemps, comme mon ami Charles, dans le thème errèrent !

Le 6 août, des historiens (les mêmes que ceux du 2 juillet) sortiront les mouchoirs de soie pour y déposer des larmes en souvenir de Louis VIII, couronné le 6 août 1223. Soit 800 ans ! Ce fils de Philippe Auguste n’aura régné que 3 ans et 3 mois ! Il meurt vite. Nos jours sont de durées inégales et la Camarde aura décaper siens, avec précocité.

Le 31 août, les accros du western pleureront John Ford mort depuis 50 ans. Certaines chaînes de télévision nous abreuveront de scènes mythiques, à la gloire des tuniques bleues qui n’arrivent pas à tourner l’apache !

Le 11 septembre, les Chiliens auront un souvenir néfaste du coup d’Etat militaire, instauré par Pinochet. Le commandant tortionnaire aura marqué de son empreinte sanglante la vie de son pays, à la lumière des idées libéralistes d’un certain Friedman, évoquant le « miracle chilien » !

Le 4 octobre, on rediffusera « Ben-Hur » pour commémorer les 100 ans de Charlton Eston (mort en 2008). Il n’y aura pas de surprise : à la fin Jésus ressuscite, la mère et la sœur de Ben-Hur ne sont plus lépreuses.

Le 6 octobre, on se demande dans quelles conditions seront commémorés les évènements de la guerre du Kippour (6 octobre au 24 octobre 1973). Il y a 50 ans, l’armée israélienne était ébranlée par une coalition arabe (Egypte, Syrie, Maroc, Libye,…) et cette victoire des pays arabes allait déclencher le futur choc pétrolier, le 17 octobre). Affaire à suivre…

Le 2 décembre, on honorera Maria Callas, la grande cantatrice grecque née il y a 100 ans. Des récitals remasterisés fleuriront de ci de là, cahin-caha. On louera son talent, de vers dits ! L’auréole de la diva fera encore marcher le commerce, halo paiera !

Le 27 décembre, la tour Eiffel portera le deuil. Son créateur sera mort 100 ans auparavant. La dame de fer évitera de trop pleurer pour ne pas rouiller ! Des lumières noires l’éclaireront, lui donnant des petits airs de violettes impériales dont les valeurs s’cotent haut ! Le tout étant d’aimer ces airs !

Voilà pour les principaux évènements qui attendent l’année 2023 au coin de la rue. Cette jolie rue qu’il nous faudra encore traverser pour trouver un travail et le garder suffisamment longtemps pour attendre les 65 ans, sans période de chômage, et goûter à une retraite bien méritée. Poil au nez !

 

Meilleurs vœux !


dimanche 30 octobre 2022

SOULAGES LUMINEUX MAIS DOUTE RENOIR

 

Le petit Pierre naît à Rodez la veille de Noël 1919, donc sous une bonne étoile ! Il grandit en se passionnant pour la peinture et les vieilles pierres érodées par le temps. Pensionnaire chez les Frères des Ecoles chrétiennes, il se fâche avec un professeur de musique qui veut lui enseigner le piano : Pierre ne veut jouer que sur les touches noires et récolte des mélodies de demi-tons, aux accents asiatiques. Non, il lui faut la peinture !

Il commence par peindre des paysages divers, mais surtout d’hiver. Il met tout son art à faire ressortir des branches noires sur des fonds clairs.

La nuit, durant ses nuits blanches, il songe à la célébrité puis se rendort, sous les taies noires.

Face à la mer, il plonge son imagination dans la baie noire qui s’étale de tout son long sur le blanc de la toile.

Après quelques petits jobs, au black, Pierre s’oriente vers un professorat de dessin et passe avec succès le concours d'entrée à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts. Il refuse cependant de s’y inscrire car les œuvres de Cézanne et de Picasso agissent provoquent, chez lui, un choc artistique majeur. Sans broyer du noir, mais en l’utilisant avec maîtrise, il impose progressivement sa vision du monde.

La guerre se profile. Les chemises noires sont italiennes, mais ce noir-là ne le botte pas. Il est mobilisé en 1940 et envoyé à Bordeaux en tant qu'élève officier..

En 1941, il épouse Colette, à Sète. Il se marie en noir, mais ne pousse pas le bouchon à demander qu’à la sortie de l’église on ne jette que du riz noir ! Il est suffisamment éclairé pour ne pas prendre sa vessie pour une lanterne.

Dès 1948, Soulages intègre un atelier parisien de la rue Schoelcher où il prépare des expositions à Paris et à Berlin notamment la Französische abstrakte malerei. C'est ainsi qu'il intègre le cercle des premiers peintres abstraits.

Il peint, sans relâche, en écoutant diverses musiques, jazz noir, « noir c’est noir » puisque Johnny a l’idée de reprendre un titre de Los Bravos, l’aigle noir qui lui donne envie de garder barbe à ras. Oui, la musique l’accompagne tandis que sur la toile des couches de black s’abattent !

De 1949 à 1979, il expose successivement à Paris, New York, Londres, Sao Paulo, Copenhague, Hanovre, Noir-Moutier, heu non ! Puis, le centre Georges Pompidou lui présente le tapis rouge, en 1979. Il semble faux de penser que le rouge hait le noir car c’est là où ses toiles monopigmentaires sont présentées pour la première fois ! Elles révèlent alors la puissance de ce qu’il appelle l’”outre-noir”. 

Il se moque alors de ceux qui ne croyaient pas en lui et, véritables bêtes noires, disaient : - tu n’auras pas d’ouverture, ton avenir rétrécira si ton œuvre s’étend au noir !

Cet outre-noir est en réalité une multitude de gris plus ou moins lumineux qui se modifient en fonction des déplacements et des changements d’éclairage.

Désormais, il vit comme un roi dans un palais de charbons ardents, il est homme à noircir (il est au manoir, sire !)

Également auteur de décors de théâtre et de ballets, il réalise les 104 vitraux de l'abbatiale de Conques de 1987 à 1994. Le Guggenheim Museum, le Museum of Modern Art de New York, la Tate Gallery de Londres ainsi que le musée national d'Art moderne de Paris acquièrent en outre ses œuvres dès les années 1950.

En 2014, le musée Soulages ouvre ses portes à Rodez, ville de sa naissance.

Pierre Soulages, meurt à 102 ans : sang de Zan quand l’arrêt glisse vers les ténèbres encore plus noires.



Désormais, ces œuvres ont valeur de l’or noir ! Certains seraient prêts à les acquérir contre un chèque en blanc.


mardi 13 septembre 2022

GODARD, EN SA DERNIERE SALLE OBSCURE.

 


Il n’aura pas eu le temps de filmer les obsèques de Queen Elizabeth ! Il est mort dans la foulée du trépas monarchique.

Oui, Jean-Luc Godard est mort, à bout de souffle, ce 13 septembre.

Né le 3 décembre 1930, à Paris, le petit Jean-Luc va vite se retrouver en Helvétie, à Nyon plus exactement ! Dès lors Nyon lui ouvre les yeux sur la beauté suisse. Il y fait ses études et obtient le diplôme du collège. Puis, ses parents l’envoient à Paris pour décrocher le bac ! Mais ils divorcent, débordés par le mépris ! Il se retrouve abandonné et voit son bac à ras tant les crises talent ses fruits de recherche culturelle.

Il fréquente alors les cinémas. Puis, il va s’intégrer dans l’équipe de la gazette du cinéma et publie, à 19 ans, ses premiers textes critiques qui sont, pour lui, de haut vol !

En parlant de vol, c’est un adepte de la cleptomanie. Il vole à tout va. Ainsi, en 1953, il vole dans la caisse de la télévision suisse et se tape trois nuits en prison, dans le noir du temps (segment de Ten Minutes Olders, film collectif de 2002).

Pour éviter de partir en Indochine, jouer au petit soldat, Jean-Luc opte pour la nationalité suisse, à l’âge de sa majorité.

-         Genevois que cela à faire, lance-t-il !

Il réalise un documentaire sur le chantier du barrage de la Grande-Dixence, en Valais. Un film qui ne fera pas couler beaucoup d’eau.

Il est temps de passer aux choses sérieuses : réaliser des vrais films ! Avec des acteurs ! Il va donc s’y mettre et réaliser « à bout de souffle » (déjà cité en début de ce billet) et mettre en valeur un de ses acteurs préférés : Jean-Paul Belmondo !

Puis il tourne «Le petit soldat », un vrai coup de Massu pour l’armée française qui y voit une tentative de déstabilisation pour les pauvres types envoyés en Algérie. Cette œuvre n’est pas osée vainement !

Dans ce film, brille Anna Karina, une jeune femme talentueuse qu’il aura l’occasion de faire tourner dans moult films : Une femme est une femme (1961), Vivre sa vie (1962) Pierrot le fou (1965) Alphaville (1965) Made in Usa (1966).    

 

Complètement ancré dans la nouvelle vague, avec Truffaut ou encore Chabrol, il va chercher à réinventer la forme narrative du cinéma.

Ainsi, dans « le mépris » (oui, je sais, déjà cité au début de mon récit ! C’est décousu, mais c’est comme du Godard !), le réalisateur va transformer une histoire d’amour, somme toute banale, en transformant la narration classique et hollywoodienne. Il le fera en intellectualisant la rupture amoureuse et en donnant une dimension mythologique à l’homme, et humaine aux dieux, à travers la figure de Fritz Lang, metteur en scène cherchant à adapter Ulysse et l’Odyssée !

Dans ce film, Brigitte Bardot demande à Piccoli : - et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? Phrase culte qui ne devrait pas occulter le reste des séquences de ce grand film, un des plus romanesques de Godard. Je l’ai encore redit à mon petit voisin, Ali, qui y voit un film de cul ! C’est très réducteur ! Il faut bien qu’Ali pige !

Mais brusquement son moi s’accroche à Mao et il tourne « La chinoise et le Week-end » (1967) ! Un film finalement mal perçu par les maoïstes qui se voient représentés comme de jeunes bourgeois qui jouent aux révolutionnaires. Leur colère se livre, rouge !

Cette période maoïste ne dure pas pour éviter qu’en chie noise ! Jean-Luc entame alors une période vidéo, de 1973 à 1979 ! Il fera des films pour la télévision, comme « six fois deux » où il se met en scène en tant qu’interviewer d’un paysan, d’un journaliste, ou encore d’un horloger adepte du super 8, qui lui dit que son métier est passionnant mais que la caméra aussi l’est !

En 1980, il revient à un cinéma plus grand public qui attire des acteurs de renom. Il est sélectionné au Festival de Cannes trois fois pour Sauve qui peut la vie (1980), avec Isabelle Huppert, Passion (1982), avec la même Isabelle, et Détective (1985) avec Johnny Halliday et Nathalie Baye avant qu’ils ne se séparent en 1986 ! Il obtient le Lion d'or au Festival de Venise pour Prénom Carmen (1983) un film qui trompe son monde car la bande musicale ne vient pas de Bizet mais de Beethoven !

Dans les années 90 et 2000, Godard fait un retour à l'expérimentation avec Histoire(s) du cinéma (1998) et Eloge de l'amour (2001). Dans sa perpétuelle volonté de "peindre les choses qui sont derrière les choses", Jean-Luc Godard est un véritable novateur ! Sauf pour le clergé qui y voit un hérétique de première avec la sortie du film « Je vous salue Marie » (1985) ! Il faut dire que le réalisateur a la main lourde en transformant Marie en fiancée d’un chauffeur de taxi qui ignore qu’elle est enceinte. En matière d’apparition ironique le réalisateur ne tourne pas autour du Pau.

 

En 2010, il réalise Film Socialisme, qui suit des voyageurs sur une croisière en Méditerranée. C’est plutôt « la croisière s’amuse », en lieu de consommation ! Un socialisme où le mot rose n’a plus cours.

Le réalisateur s'intéresse ensuite à la 3D ; son film Adieu au langage est auréolé du Prix de Jury au Festival de Cannes en 2014 ! On y retrouve la patte de l’auteur : mouvements de caméra, son mal synchronisé, mise en abime…  C’est l’histoire filmée en 3D d’un chien qui parle à la place de ses maîtres ! On pourrait presque y voir un clin d’œil à Devos : - Mon chien c’est quelqu’un !

Voilà, caché derrière ses lunettes noires, le trublion du 7ème art français s’en est allé, de plein gré, parce qu’épuisé. Ballotant entre le cinéma populaire, voire mineur et la recherche de l’élitisme, naviguant entre dandysme de droite et gauchisme enflammé, le réalisateur en aura désorienté plus d’un !

Il laisse une œuvre polymorphe où se mêlent poésie, absurde, cheminements ésotériques et culture des paradoxes. Ses détracteurs en retirent des positions radicales, ses admirateurs aussi. Une œuvre riche qui parle beaucoup de l’évolution du cinéma et de la force des images, dans ce qu’elles disent et dans ce qu’elles ne disent pas.

Salut l’artiste !


samedi 10 septembre 2022

LA REINE A LACHE LES RENES ! GOD SAVE THE KING ♫

 Après un long silence, actualité oblige, mon blog reprend du service.

L'évènement est de taille : la mort d'Elizabeth II à l'issue de 70 ans de règne !

Son fils, le prince Charles, est désormais le roi : Charles III. L''anciennement dénommé Plum-pudding sait que ce ne sera pas du gâteau que de succéder à sa reine, lui qui va y plonger (dans l'arène). Les antimonarchistes l'attendent de pied ferme (et biologique !).

Voici donc un résumé (aussi résumé que possible, vu la longévité du monarque) de cette grande figure politique !




Le 21 avril 1926, la foule britannique se masse devant le 17 Bruton Street, à Londres pour voir le duc et la duchesse d’York présenter une petite fille aux boucles d’or. Elle se nomme Elizabeth et ne sait pas encore le destin qui lui est réservé.

Elizabeth grandit sous l’œil bienveillant de son grand-père, le vieux roi George V. Le vieil homme joue avec sa petite-fille à cheval sur son dos, en attendant qu’elle puisse, un jour, monter, un plus bel étalon, zain de préférence.

Le 20 janvier 1936, George V s’éteint et lui succède son fils sous le nom d’Edward VIII. Mais hélas, Edward qui parfois fume le cigare (comme le chantera Nino Ferrer) aime aussi une Américaine nommée Wallis Simpson. Une femme doublement divorcée, je vous demande un peu ! O my god ! Une telle femme ne peut être reine qu’on sort ! Edward renonce à la couronne, choisit Wallis et fut tu, na !! Affaire classée ! Au suivant !

Le suivant est le frère cadet ! Le père d’Elizabeth ! Il est bègue et cela n’arrange pas les choses lors des discours et des allocutions familiales. Roi, dès 1936, il voit monter les dangers du nazisme ! La période est trouble ! Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne hitlérienne.

Elizabeth grandit dans une ambiance de menace constante de l’invasion nazie. Mais elle veut résister à sa façon, et, à 14 ans, au micro de la BBC, elle prononce son premier discours à l’attention des enfants évacués de Londres pour fuir les bombardements !

Cinq ans plus tard, en février 1945, elle s’engage dans l’armée britannique avec l’accord paternel. Elle entre dans l'Auxiliary Territorial Service avec le grade honoraire de sous-lieutenant. Elle quitte le badminton pour un autre volant : celui d’une ambulance militaire. Son engagement d’acier galvanise les troupes plombées par six années de guerre.

Le 8 mai 1945, elle apparaît en uniforme militaire aux côtés de ses parents, de sa sœur et du Premier Ministre Winston Churchill (WC pour les intimes) au balcon de Buckingham pour fêter la fin de la Seconde guerre mondiale devant une foule en liesse, en fait qu’on délivre (en féconder livres, pas encore, car la monnaie anglaise doit se refaire une santé).

En 1939, George VI et sa famille visitent le célèbre collège de la Royal Navy. Elizabeth y rencontre son cousin germain qui ne semblent pas avoir légères manies. Elle en tombe amoureux. Il s’appelle Philip et sera l’homme de sa vie. Ce n’est pas pour lui déplaire qu’une image d’amoureux des chevaux Philip, haut, campe !

Le couple s’unit sous les voutes de l’abbaye de Westminster le 20 novembre 1947. Il met peu de temps pour avoir des enfants. Le 14 novembre 1948, Elizabeth donne naissance au prince Charles. Puis viendront Anne, Andrew et Edward.

En février 1952, le couple part pour une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Alors qu’ils séjournent au beau milieu des éléphants et des rhinocéros myopes, Elizabeth et Philip apprennent la mort de George VI ! Désormais, Elizabeth est reine d’Angleterre ! Trois lions se rapprochent d’elle et la saluent.

Après une année de deuil national, vient l’heure du couronnement. Elizabeth II est sacrée reine du Royaume-Uni le 2 juin 1953. Ce couronnement est une réelle exception dans l’histoire. Et pour cause, il est entièrement retransmis en direct à la télévision dans le monde entier. La mère d’Elizabeth est furieuse de toute cette rente télévisuelle : un côté plus qu’amer a manne !

En 1977, Elizabeth II fête son jubilé d’argent. Ses 25 ans de règne sont l’occasion de festivités grandioses pour une reine qui porte le chapeau rose tandis que la population est obérée (non basque). Deux ans plus tard, Margaret Thatcher est élue au 10 Downing Street. La première femme Premier Ministre de Grande-Bretagne n’a pas un caractère facile. C’est une dame de fer qui va redresser le pays par des saignées, enseignant le néo libéralisme et la fermeture des secteurs non rentables ! La gronde sociale monte face à celle qui soutient la fermeture des mines de charbon.

Entre Elizabeth et Margaret se noue un respect réciproque mais sans plus ! La Reine, qui ne prend jamais position se contentera de dire : - Le trône m’assied et sur d’autres sujets que la dame de fer je m’étale !

Le 29 juillet 1981, le prince Charles épouse Lady Diana Spencer, une jeune aristocrate de 19 ans qui cochait toutes les cases pour devenir une reine-consort. Retransmis en direct à la télévision, il attire des millions de téléspectateurs au point d’être surnommé « le mariage du siècle ».

Charles et Diana offrent à la reine deux héritiers, William et Harry. Hélas, Charles a continué sa relation avec une certaine Camilla Parker Bowles malgré son mariage. En adulte éreintée (en adultérin t’es !) Diana ne supporte pas cette relation. Elle tombe dans une profonde dépression. Elle commence alors à révéler aux médias le naufrage de son couple ! Elizabeth en voit des vertes et des pas mûres ! Passe au rouge ! Ris jaune ! Enfin, un véritable arc-en-ciel, à l’image de ses tenues de sortie.

1992 est l’Annus horribilis. En mars, le prince Andrew divorce de Sarah Ferguson. En avril, la princesse Anne divorce de Mark Philips. Et en décembre, Charles et Diana finissent par se séparer. La reine voit alors en une seule année, le mariage de ses enfants mis à bas.

Pour comble de malheur, la même année, un incendie détruit le château de Windsor. Celui-là même qui l’avait protégée de la barbarie nazie. Le château doit alors subir d’importants travaux et la population monte au créneau pour que la Reine paye elle-même la réfection ! Dès lors, la souveraine se voit assujettie à un impôt sur le revenu ! Une réalité qui était alors un rêve nu ! Une première dans le royaume !

Diana finit par critiquer ouvertement les capacités de Charles à devenir roi. Pour elle, King Charles reste une race de chien ! C’est de trop pour Elizabeth II qui ordonne au couple de divorcer. En 1996, le gouvernement annonce le divorce du couple héritier. Diana accumule, alors, les couvertures des tabloïds, aux bras d’hommes dont elle est l’amante, avec ou sans thé.  En août 1997, en compagnie de Dodi Al Fayed, elle est victime d’un accident de la route sous le pont de l’Alma à Paris suite à une course-poursuite avec les paparazzis. La princesse rend son dernier souffle quelques heures plus tard.

A ce moment-là, la reine est à Balmoral où l’écho s’est implanté (où l’Ecosse est un plan T ?)  entourée de sa famille. Pour protéger William et Harry, elle ordonne de supprimer toutes les télévisions et les radios de la demeure. Seul le palais de Buckingham ne voit pas son drapeau en berne ! Alors s’emballe morale ! Le peuple britannique s’indigne de ne pas voir d’hommages, dommage ! Pour calmer l’ire populaire, Tony Blair, premier ministre, réussit à convaincre la reine de rentrer à Londres. Trois jours plus tard, elle fait son entrée dans la capitale. Un drapeau est alors mis en berne sur Buckingham et la reine vient rencontrer son peuple apeuré devant les grilles. Elizabeth finit de rasséréner tout son monde par un discours où elle exprime son admiration pour Diana ! Il faut sauver les meubles !

En 2002, Elizabeth fête ses 50 ans de règne. Mais sans jubiler ! Car l’âme est ternie par les morts successives de sa sœur Margaret puis de sa mère Elizabeth Bowes-Lyon. Très attristée, elle sauvegarde malgré toutes les festivités qui ont un grand succès.

Pour être proche du peuple, Elizabeth joue la modernité. Elle utilise les outils modernes ! Elle est le premier chef d’Etat à envoyer un mail ! En 2019, elle arrivera sur Instagram alors que pic épique ses collègues rament !

Pour preuve de cette modernisation, Elizabeth II accepte l’union de son petit-fils William avec Kate Middleton, une roturière. Ce qui était rature, hier,  ne l’est plus ! Et puis, elle a tellement l’éclat, Kate ! On danserait presque avec elle ! Le couple se marie le 29 avril 2011 en l’abbaye de Westminster (encore ! Ça devient une manie !!) lors d’une cérémonie somptueuse retransmise en direct à la télévision.

En 2012, Elizabeth II fête ses 60 ans de règne. Le jubilé, cette fois-ci, est de Diamant, lequel est éternel comme le précise son fidèle agent secret, un certain 007, qui ne dit pas que des conneries !   La ferveur populaire est si grande qu’elle montre de nouveau une immense popularité accordée à la souveraine. Concert géant, cérémonie religieuse et parade navale sur la Tamise rythment le cours du jubilé.

Cette année-là, Londres organise les Jeux olympiques (voir mon billet). Pour la cérémonie d’ouverture, la reine a accepté de jouer son propre rôle dans un court-métrage au côté de Daniel Craig qui joue 007 ! Ce film est devenu culte aujourd’hui.

En mai 2018, son petit-fils Harry épouse Meghan Markle, une Afro-américaine divorcée. Ce qui eût été un scandale au paravent, heu auparavant, est accueilli comme le dernier signe de modernité. Mais à la fin de l’année 2019, le couple décide de quitter le noyau de la famille royale pour fuir aux Etats-Unis, se disant incapable de vivre avec les obligations et la couverture médiatique qui sent suie à force de cheminer ! Cette crise au sein des Windsor est vécue comme un ouragan. Les antimonarchistes, eux, ricanent (Hurricane).

En 2020, le monde est frappé par une crise sanitaire inédite. Le coronavirus né en Chine tue des millions d’individus, obligeant le confinement. En Angleterre le virus assombrit les jours et la vie rose biffe !  Avec leur grand âge, Elizabeth II et Philip sont considérés comme des individus à risque. La Reine lance ce discours :

« J’espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la façon dont [le peuple britannique] a répondu à ce défi. Ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que tous. Que les attributs de l’autodiscipline, de la bonne résolution tranquille et de la camaraderie caractérisent toujours ce pays. »

Ce discours est perçu comme l’un des plus importants de son règne. Jamais un discours de la reine n’avait été aussi repris par les nations européennes. Contrecoup du virus ou pas ? Toujours est-il que le 9 avril 2021, le prince Philip meurt à l'âge de 99 ans. Elizabeth devient veuve ! L’affection de ses chiens corgis et la beauté de ses chevaux sont, alors, de précieux trésors !

Elle a de plus en plus de problèmes de santé. Peut-être la vie devient-elle trop longue ?

Le 30 août 2022, elle apprend la mort d'un autre grand de ce monde : Mickael Gorbatchev, qu'elle avait rencontré jadis ! La roue tourne, le mur de Berlin est tombé, Poutine attaque l'Ukraine ! La roue tourne, inexorablement...

Le jubilé de platine n'aura pas lieu ! Le 8 septembre, la BBC annonce vers 19h40 (heure française) le décès de la reine Elizabeth II, à l'âge de 96 ans. La souveraine a rendu son dernier souffle au château de Balmoral, en Ecosse. Le prince Charles d'Angleterre lui succède sous le nom de Charles III, soit 337 ans après la mort de Charles II.

Ainsi se tourne une page d'histoire du Royaume-Uni, mais aussi de toute la planète. Car, qu'on soit monarchiste ou pas, cet évènement marque la fin d'une époque que je me suis limité à résumer.


vendredi 18 mars 2022

L'UKRAINE AU COEUR DE NOS PENSEES

 


Fabiano : Bonjour Professeur. Nous ne nous étions pas vus depuis juin 2020. A cette époque, nous évoquions l’émergence de la Covid et les problèmes sanitaires.

Prof Hitérole : Exact Fabiano ! Et depuis, que d’eaux vaccinales ont coulé sous les ponts ! Je me suis fait vacciner comme il se doit, ou plutôt comme il se doit d’obéir au laboratoire Pfizzer, avec qui j’avais déjà des relations eu égard à mes achats fréquents de Viagra

Fabiano : Ah, j’ignorais…

Prof Hitérole : Oui, enfin, je ne vais pas m’étaler sur ces petits problèmes de santé ! Je suis vacciné et j’ai mon pass sanitaire qui vit ses derniers instants ! Il devrait être suspendu à compter du 14 mars !

Fabiano : Oui, sauf pour les transports en commun et pas sans avoir créé des petits mouvements populaires, dignes successeurs des mouvances gilets jaunes !

Prof Hitérole : Oui, les gens ne voulant pas être vaccinés n’étaient pas sereins, gais ! Ils ont eu besoin de montrer leur acrimonie ! Enfin, ces petites guerres internes n’ont rien de commun avec la catastrophe qui nous tombe dessus ! C’est bien pour cela que nous nous rencontrons ?

Fabiano : Oui professeur ! J’aimerais discuter avec vous de cette guerre aux portes de l’Europe. Poutine attaque l’Ukraine. Que se passe-t-il dans sa tête ?

Prof Hitérole : Le Tsar, suivant le rêve de la grande Catherine, cherche à constituer une grande Russie qui engloberait l’Ukraine et possèderait toutes les façades maritimes de la mer Noire ! En transposant dans l’ère nouvelle, il veut reconstituer une partie de l’empire soviétique qui s’est écroulé avec la chute du mur de Berlin, en 1989. Ainsi que tu l’avais déjà écrit, Fabiano, dans un de tes articles, il a d’abord aidé les séparatistes du Donbass, pro-russes, à faire sécession. Il a toujours soutenu que l’Ukraine conservait en son sein un fascisme purulent qu’il fallait combattre ! C’est un argument récurrent chez lui ! Quasi obsessionnel !

Fabiano : C’est un argument pur Uhlan, comme le dirait un cavalier sale en Prusse, à la lumière de sa lampe russe.

Prof Hitérole : Joli ! Mais l’heure n’est pas à l’humour ! Poutine attaque l’Ukraine depuis le 24 février et ne cessera le combat que lorsqu’il contrôlera l’intégralité du pays et pas seulement les zones du Donbass et de Donietz, déjà à sa solde. Il entend « dénazifier » et « démilitariser » l’Ukraine afin que « jamais une menace quelconque visant la Russie n'émane de ce territoire » !

Fabiano : En réalité, il ne veut pas d’un voisin turbulent qui voudrait se rapprocher de l’Union Européenne ou adhérer à l’OTAN !

Prof Hitérole : Exact ! C’est sa hantise ! Il nourrit une paranoïa chronique ! Il a peur de voir s’implanter des missiles ukrainiens, made in USA, à sa frontière. Il reste donc droit dans ses bottes, en dépit d’un mécontentement croissant de sa population qui dit non à la guerre !

Fabiano : Et qui manifeste à ses risques et périls. Car les emprisonnements sont légion comme au bon temps du goulag !

Prof Hitérole : Oui, le peuple russe est très courageux de sortir ainsi pour manifester dans les rues ! Mais l’autocrate n’en a cure. Il gère sa répression malgré cette pression et celle de l’extérieur !

Fabiano : Celle de l’extérieur qui n’est pas militaire mais économique ! Les seules sanctions prévues contre le tyran sont d’ordre économique, c’est bien cela ?

Prof Hitérole : Oui, l’OTAN ne veut pas d’escalade ! Les USA rechignent à s’engager depuis pas mal de temps. Assez de voir des cercueils revenir chez l’Oncle Sam. L’Europe n’a pas d’armée et, quand bien même en disposerait-elle, elle ne l’engagerait pas sur ce théâtre guerrier. L’occident utilise donc l’arme économique : on réduit la Russie aux marchés européens des capitaux, on gèle les avoirs de Poutine, ceux qu’il possède en UE, on exclut les banques russes du système Swift qui facile les virements internationaux, on gèle les avoirs des oligarques, on ferme l’espace aérien européen à l’aviation russe…

Fabiano : On ressent les conséquences de ces dispositions ?

Prof Hitérole : Elles sont rapides et pleines de roublardise, si j’ose dire. En effet, le rouble, la monnaie nationale russe est en train de s’effondrer ! L’embargo va acculer la Russie à vivre en autarcie ! Elle pourrait tenir un an comme cela, selon les experts, mais pas plus ! Et un an de privation pour les Russes : pouvoir d’achat égratigné, pénurie et donc davantage de manifestations anti-Poutine !

Fabiano : Mais l’arme économique n’est-elle pas à double tranchant ?

Prof Hitérole : L’économie n’a que des cercles vicieux en temps de guerre, sauf pour les marchands d’arme ! Oui, cette arme est nid, comme dirait Aznavour, nid de boomerangs, de coups qui nous reviennent dans la tronche. Les entreprises qui exportent en Russie vont subir les conséquences : moins de débouchés. Et puis, il y a nos entreprises qui sont implantées en Russie et en Ukraine ! Pour ne citer qu’un exemple, le groupe LVMH, le n° 1 du luxe français, a annoncé fermer ses 124 boutiques en Russie ! Il y a du chômage dans l’air !

Fabiano : Oui, ça sent le gaz ! A propos de gaz, qu’en est-il de celui que l’Union Européenne achète à la Russie ?

Prof Hitérole : On fait comme si l’embargo n’existait pas ! En dépit de la crise actuelle et malgré la multiplication des sanctions occidentales, la Russie continue aujourd'hui d'injecter via des pipelines ce combustible fossile à l'Europe, qui ne se presse pas pour arrêter ces échanges ! En réalité, l’arme du gaz russe est terrible. L’UE est trop dépendante de cette énergie et donc continue à payer la Russie, laquelle récupère de l’argent pour s’acheter des armes !

Fabiano : Et continuer la guerre, à coups de bombardements contre les civils, destructions massives de villes et, conséquemment, exode des populations !

Prof Hitérole : Oui, c’est une des principales conséquences de ce conflit. Fin février, plus de 50.000 Ukrainiens avait fui les bombardements pour se réfugier en Pologne ou en Moldavie. Les secours s’organisent. L’aide internationale fait acheminer des vivres et médicaments. Mais en Russie, aussi, l’exode existe. Journalistes, intellectuels, artistes quittent leur pays pour ne pas être identifiés à un régime criminel sanctionnant toute critique de la guerre.

Fabiano : Quand cela va-t-il finir ?

Prof Hitérole : Nul ne le sait ! Il est possible que les armées russes s’enlisent dans le pays, par manque d’énergie pour les blindés ou parce que les Ukrainiens vont durablement pratiquer une guérilla urbaine dans les ruines des villes que les avions Mig auront bombardées dans le but de terroriser la population. Il est possible que la guerre perdure, voire qu’elle se propage ailleurs, en Pologne, en Moldavie, car Poutine est incontrôlable. Personne ne sait jusqu’où peut aller sa folie liée à une grande paranoïa !

Fabiano : Oui, il voit des nazis partout ! Il a l’impression que tout le monde lui en veut et se pose en victime. Dès lors, il a beau jeu d’utiliser la légitime défense !

Prof Hitérole : C’est exactement cela ! Et il agite la terreur, la menace nucléaire. Il multiplie les exercices d’intimidation, à proximité de la Pologne, notamment.

Fabiano : On ne peut rien faire pour l’annihiler ?

Prof Hitérole : Difficile. La Cour Pénale Internationale a ouvert une enquête sur les crimes de guerre perpétrés en Ukraine. Une lettre morte, car Poutine n’a que faire de ces procédures qui exigeraient qu’il soit arrêté par des membres de son propre gouvernement ! Or Poutine contrôle tout, il musèle la Presse, agite sa propagande sur les chaînes de TV qui lui sont inféodées !

Fabiano : Donc la guerre va continuer avec ces bombardements aveugles, ces victimes civiles, l’exode, et…la crise économique !

Prof Hitérole : Oui, et avec un président Zelenski, ancien clown devenu héros national dans ce pays au drapeau jaune et bleu ! Cette guerre nous montre, encore une fois, la complexité de notre humanité ! Il y a des héros, des salauds, des lâches, des résistants, des gens qui souffrent de pénurie, d’autres qui perdront leur emploi, par répercussion ! Il y a les vendeurs d’armes qui s’enrichissent, les politiciens frileux qui atermoient, et les va-t'en guerre, prêts à en découdre !

Fabiano : Et cette dramatique se déroule en pleine campagne électorale, chez nous !

Prof Hitérole : Oui, et elle l’éclipse ! Je pense que l’abstention sera forte ! Mais le phénomène n’est pas vraiment nouveau !

Fabiano : Ce n’est pas faux ! Bien, attendons la suite des évènements ! En attendant je vais aller aider des voisins qui organisent des collectes de vêtements et médicaments pour nos frères ukrainiens !

Prof Hitérole : Bravo Fabiano ! Je vais faire de même dans deux jours ! Au plaisir de se revoir !

             


vendredi 21 janvier 2022

GASPARD AU TRAGIQUE DESTIN

Gaspard Ulliel vient de mourir, à l 'âge de 37 ans. Ce brillant acteur nous avait fait rêver par ses interprétations dans "Un long dimanche de fiançailles" ou encore dans "St Laurent" où il interprétait le grand couturier. On le retrouvera dans "Juste la fin d'un monde", un film qui le couronnera avec un césar du meilleur acteur. Mais la mort frappe n'importe quand ! Un stupide accident de ski, une irrévérence du destin, et Gaspard rejoint le Paradis des étoiles filantes...  



La neige est écarlate, c’est un beau jour d’hiver. Gaspard respire à fond cet air des fraîches Alpes. Un parfum d’Italie ravive son élan. La frontière n’est pas loin, il pense un jour tourner au pays de Risi, de Visconti, de Fellini.

Mais pour l’instant il skie, loin des lieux de tournage. Loin du tapis rougi des vanités de Cannes. Il skie dans la grandeur de cette plénitude. C’est une piste bleue, elle s’offre à sa jeunesse, à cette joie nourrie d’une ineffable ivresse.

C’est un mardi, paisible, dans l'écrin de La Rosière, loin des masques urbains, des attentes ourdies par l’urgence des tests. C’est un après midi de longues fiançailles avec ce que la vie nous offre de meilleur.

Il descend, prend le pouls d’une vitesse vive, pour rejoindre là-bas des amis qui l’attendent. La piste se sépare en deux tronçons dociles. Il bifurque, enivré, vers le chemin de gauche.

Le choc frappe son corps, il se fond dans la neige. Sa tête cherche, en vain, le casque salvateur. Mais déjà il n’est plus, il sombre dans la nuit sous le ciel silencieux des cimes éternelles.

Juste une collision avec une autre vie, qui sortira indemne du tragique chemin. Gaspard rejoint le ciel, dans le bruit d’un rotor. Est-ce ainsi qu’on rejoint le Paradis promis, en vol d’hélicoptère, aux pales désespérées ?

Des brumes éthérées baignent la chambre noire. Les hommes en blouse blanche rejouent les égarés. Il ne survivra pas, juste la fin du monde. Juste la fin qui pleure qu’elle n’y peut rien, oui mais…

Oui mais, s’éteint le feu, s’installe le silence. S’étire la nouvelle dans le ruisseau des larmes, défile en longue peine dans une robe noire, l’ombre de St Laurent, et l’âme des vivants.

Gaspard s’en est allé rejoindre les étoiles, trop vite disparues, dans ce monde incertain.

Des regards interdits, hébétés, sans paroles, relisent la dépêche, aux éclats inouïs.

Gaspard, rejoint le ciel des tragiques destins, laissant à l’horizon des promesses perdues, des rêveries brisées et des cœurs orphelins.


mardi 18 janvier 2022

ALMATY SOUS LE METAL MATEE

 


Le Kazakhstan tel un volcan a déclenché son éruption. Dans sa plus grande ville, Almaty (qui n’est pas la capitale, laquelle se nomme Nour-Soultan) des soulèvements se sont multipliés dès le 2 janvier pour contester la hausse des prix de l’énergie.

La colère devient politique, mais au départ elle est toujours d’ordre économique ! En l’occurrence, l’augmentation du prix du gaz naturel liquéfié, carburant le plus utilisé pour les voitures kazakhes, a mis le feu aux poudres !

L’annonce du doublement de son prix a déclenché l’ire. Ce courroux est d’autant plus compréhensible que le sous-sol du pays regorge d’énergies naturelles, plus qu’il n’en faut ! Le pays en dispose tant qu’il en exporte : pétrole, gaz, et même de l’uranium dont se servent nos centrales nucléaires bien françaises !

La brutalité de cette hausse a donc entraîné un séisme révolutionnaire que le pouvoir en place s’est empressé de réprimer ! Officiellement, il y aurait 225 morts. La réalité se cache dans le silence gouvernemental ou aux fonds des geôles où le pouvoir fait pratiquer la torture pour dissuader les pauvres âmes à vouloir continuer la lutte !

Le pouvoir a réagi en utilisant à la fois la carotte et le bâton. D'un côté, il a procédé à un changement de gouvernement et a rétabli le prix d’origine du gaz ! D’un autre côté, il a géré une répression et instauré l’état d’urgence, comme il se doit dans toute bonne dictature qui se respecte !

 

Cette politique coercitive a trouvé son soutien dans l’intervention des forces russes venues à la rescousse pour aider le président Kassym-Jomart-Tokaïev à rester sur son trône. Il faut dire que ce « brave » homme s’est empressé de téléphoner au tsar Poutine dès que les émeutes ont surgi. Les forces russes sont intervenues, puis se sont retirées. La Russie orthodoxe avait intérêt à montrer qu’elle tenait au Kazakhstan (et à ses richesses) ! Ce voisin turbulent en serait davantage son vassal, comme à la bonne époque de l’URSS, plutôt que de vouloir se rapprocher de la Turquie musulmane (la Kazakhstan compte 19 millions d’habitants à majorité musulmane) !

 

Car les calculs géopolitiques continuent à fleurir dans cette région du monde depuis la désintégration de l’Ours soviétique dans les ruines du mur de Berlin.



Almaty se soulève dans les brumes kazakhes

L’hiver se fait volcan dans les rues échaudées

Devant elle un tyran ne tourne pas casaque

Son âme de démon conserve dureté

 

Les prix sont oppressants, qui tissent la disette

La paupérisation et les pleurs des enfants.

Un monde sous-terrain aux colères muettes

S’est soudain redressé, nu, pacifiquement !

 

On réprime, on torture, pour la raison d’Etat

On phagocyte l’âme en blindés de Russie

Pour mieux souffler l’éther d’un semblant d’éclaircie

 

Le carcan se maintient, cadenasse les cœurs

Les richesses minières et les chants du bonheur

Une rancœur abreuve l’horizon des combats...


dimanche 16 janvier 2022

L'AUSTRALIE ETAU, SERRE VIS ! NOVAK EN FAIT LES FRAIS !

 


Novak Djokovic vient d’essuyer un revers de la main droite, à moins que ce ne soit de la main gauche après avoir tenté de monter au filet anti vaccinal qui était, pour lui, synonyme de racket !

Oui, le natif de Belgrade, ne pourra briguer une 21ème victoire en Grand Chelem, synonyme de record absolu dans le tennis masculin, lors de l’Open d’Australie. Sans vaccination, il a subi des critiques à Serbes de la part des organisateurs au visage de dingo que les crocs hâtent !

Donc Novak qui pensait se mettre dans la poche un nouveau trophée, au pays des kangourous, se voit contraint de revenir au bercail où un de ses amis, plutôt adipeux, a dit peu sur le problème mais n’en pense pas moins ! Ruminer le rebelle gras doit (Rue, miné, l’heureux Belgradois ?)

Oui, pas de tennis (attention à la contrepèterie !) pour Novak qui pensait être au-dessus des lois vaccinales ! Non seringué, il revient chez lui, non serein et pas gai ! Les instances du Tennis ont joué en fond de Cour, à l’arrière, en défensive, en refusant l’entrée d’un sportif qui pourrait, potentiellement, contaminer Melbourne et ses environs !

Pourtant, un juge australien avait été gentil avec le Serbe. Après avoir reçu un autographe, il lui avait rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate alors que le tennisman était en séjour au Park Hôtel, sympathique lieu de rétention pour étrangers en situation irrégulière.

Mais, vexé, le ministre de l’immigration australien, Alex Hawke, c’est-à-dire Alex le faux con, a annulé, de visu, le visa de Novak le visé !

Donc, pas de tournoi pour le Novak et son ciné de non-vacciné !

Les instances de l’antidopage notent que c’est la première fois qu’un sportif se voit condamner pour n’avoir pas voulu se faire piquer !