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vendredi 6 septembre 2019

LES ARROSEURS ARROSES


En politique, comme en poker, on peut perdre une partie stupidement alors qu’on croyait détenir la victoire.

L’été politique européen illustre, avec deux exemples, les infortunes de supposés winners qui se retrouvent Grosjean comme deux vents soufflant sur l’art aux heures à rosée ! Je veux parler de l’art de la politique.

En Italie, Mattéo Salvini, le ministre de l’Intérieur aux méthodes musclées à l’égard des flux migratoires, croyait faire exploser la coalition italienne confectionnée avec le Mouvement 5 étoiles pour provoquer de nouvelles élections et les emporter haut la main. Mais de nouvelles élections législatives il n’y aura point. A son grand dam, son allié d’hier, brillant de ses 5 étoiles, a négocié une nouvelle coalition avec le Parti Démocrate de centre gauche et sous la direction du même premier ministre, Giuseppe Conte, dit « de faix » car il supporte toutes les charges !

Au Royaume-Uni, Boris Johnson, le nouveau premier ministre, pensait remplacer Theresa May avec bonheur en insufflant une sortie du pays (le fameux Brexit) sans négociation avec l’Europe pour la date (prévue) du 31 octobre 2019.

Mais il s’est fait piéger en croyant détenir une majorité qui, en réalité, n’était qu’une chimère. Avec 327 voix contre 299, la chambre des Communes a approuvé un texte exigeant que le Brexit soit repoussé jusqu’à fin janvier 2020. Dépité, Boris à la tignasse douteuse a réclamé qu’on vote pour procéder à de nouvelles législatives ! Des « anticipées » comme on dit, et pour le 15 octobre ! Mais une telle volonté hante, ici, paix de la perfide Albion. Pas de cela, ont répondu les députés qui, là encore, ont voté le veto, évitant l’envouté, évinçant les vains sons de trompette bouchée d’un Boris à beaux risques !

C’était une jolie façon de se venger du nouveau résident du 10 Downing street qui avait décidé, en force, de suspendre le Parlement du 9 septembre au 14 octobre, certainement pour empêcher tout débat sur le Brexit et accélérer, sans coup férir, une sortie sans accord.

La motion gouvernementale n'a obtenu que 298 voix, soit moins que la majorité des deux tiers de la Chambre des communes nécessaire pour être adoptée, les élus de l'opposition travailliste s'étant abstenus. Il s'agit d’un nouveau revers cinglant pour Boris Johnson !

Affligé, l’ex  journaliste du Daily télégraph a téléphoné à son compagnon d’infortune italien.

Boris : Hello Matteo, c’est Boris, comment vas-tu après ce revers ?

Matteo : L’heureux vert ne me rend pas d’échos logiques ! Je m’attendais à gagner des élections, du haut de ma grandeur aquiline et ça a fait pschitt, comme dirait un vieil ex-président des mangeurs de grenouilles. Me voilà hors course mais…attention, toujours prêt à rebondir. Un Matteo Salvini sait mater aux salves iniques, et pas que les migrants venant d’Afrique ! Et toi, alors ! La Berezina aussi ?

Boris : Je suis out, accablé voire à câbler pour me faire dépanner (fin d’us) pour rupture des usages : les gens ne respectent plus rien ! Des fidèles à ma majorité m’ont fait faux bond ! Les traitres ; j’ai viré les véreux avérés, les vauriens !

Matteo : Ah oui, la fidélité se fit déliter ! Mais à force de virer tes amis tu vas te retrouver seul ! Tu penses faire encore longtemps le job de premier ministre de sa gracieuse Majesté ?

Boris : Je ne sais pas ce que je peux faire d’autre ! Comme toi, je suis un homme politique populiste qui parle et ment au Parlement ! Entre nous, si je veux qu’on sorte au plus vite de l’UE, c’est pour que je puisse appliquer de sympathiques petites règles néolibérales. L’Europe c’est trop contraignant ! Trop de normes, trop de règles notamment au niveau du droit du travail ! Tu ne trouves pas ?

Matteo : Oui, enfin moi, mon souci c’est l’Euro que ton pays ne connaît pas car il sent des livres (sterling). L’Euro, et sa défense, force chaque pays à ne pas faire filer les déficits publics. Mon pays en crève ! L’Italie a une dette de 2.300 milliards, soit plus de 130 % du PIB ! C’est insuffisant ! Il faudrait qu’on puisse atteindre 200 % du PIB, au minimum ! Pour relancer la consommation, accroître le revenu des ménages qui en ont marre de bouffer des spaghettis à longueur de journée ! Et puis vient la crise migratoire ! L’Europe ne fait rien pour nous aider à nous débarrasser de ces hordes de migrants qui traversent la Méditerranée, aux îles d’or ensoleillées mais, désormais avec des rivages à nuages car ça sent le Rossi !

Boris : Ah, oui, les migrants ! Tiens, en parlant de ça, tu ne viendrais pas me rejoindre à Londres ? On pourrait refaire le monde, préparer un deal italiano-british ! Relancer nos économies par des transactions réciproques ?

Matteo : Merci, sans façon ! Je reste ici en embuscade ! La nouvelle coalition qui se profile me semble baroque ! Ce ne sera pas l’amour à l’attelage, ahou, chachacha ni les yeux dans les yeux ahou ahou ! Ce sera un nid à « gare à », gare à toi, gare à nous ! Les fidèles du clown Pepe Grillo ne vont pas longtemps supporter les gauchistes démocrates ! Alors je ramasserai tout cela à la petite cuillère.


Boris : Ok, bon, c’était juste une proposition. Bon, je te laisse ! C’est l’heure du thé ! On peut être populiste on n’en est pas moins empreint de traditions !

mercredi 4 septembre 2019

L'AMER MICHEL




Michel Sardou, aujourd’hui peut-être ou alors demain, cassera sa pipe à force de la bourrer, ou plutôt de labourer les scènes des théâtres après avoir usés celles de la chanson. Il interprète, actuellement, Daniel Bachelet qui n’a aucun lien avec l’auteur des Corons, paix à son âme. Il s’agit du héros de  N'écoutez pas mesdames !, une pièce de Sacha Guitry mise en scène par Nicolas Briançon.

L'artiste est venu sur RTL pour faire sa petite promo, comme il se doit dans le né ; ce monde bien né, celui de l’ancien temps dont Michel garde tant de nostalgie.

Oui, Michel en a profité pour exprimer sa haine de notre époque !

-          Je hais cette époque. Je hais ce siècle, j'aime pas du tout, a-t-il commencé. On n'a plus aucune liberté. Rappelez-vous les années 70-80, on fumait, on faisait l'amour, on roulait vite, on pouvait boire, le théâtre marchait, les affaires marchaient. Maintenant, tout est des réseaux sociaux ridicules où des gens s'expriment quelque fois bien mais très souvent c'est des abrutis...".

Les médias ne sont pas épargnés par l’artiste quelque peu amer. 

-          Vous regardez la télé, ce ne sont que des débats. Que va dire le président de la République ? Huit émissions. Une fois qu'il a parlé, qu'est-ce qu'il a dit ? On répète ce qu'il vient de dire... Ils nous prennent pour des cons quoi !

Quelque peu excédé l’auteur à succès se lamente d’une vie qui devient moins souple, moins détendue que dans les années 80.

-          Je hais cette époque et ce siècle, tout m’irrite Le téléphone portable, je hais ça, les réseaux sociaux, n'en parlons pas, et les 'gilets jaunes', et les 'gilets rouges', et les 'gilets bleus', et les 'gilets verts'... Et merde, ça va. La seule politique que je pratique c'est que je fais partie du parti animaliste !

C’est déjà ça, Michel ! J’espère que les animaux reconnaissent en toi une ancienne bête de scène ! En attendant, ton animosité anime alliés à ta cause : celle des grincheux lucides dont je pourrais faire partie tant une part de vérité émane de tes propos.

samedi 31 août 2019

G7 CINEMA DE BILLES A RITZ







Le G7, groupement des 7 pays dits les plus riches de la planète (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada) s’est tenu à Biarritz, du 24 au 26 août, au grand détriment des habitants !

Très vite dégobillent haro d’égaux Biarrots, excédés de voir les force de police quadriller la noble cité qui a toujours de soif de génie l’impératrice urgence.
Oui, pas drôle pour les riverains et les vacanciers de voir se dresser des barrages de contrôle de sécurité. On se croit revenir à l’ancien temps de l’occupation.

-      Le pire est né, hâte l’antique, précise d’ailleurs un habitant stressé.

Oui, le choix de Biarritz, en plein période estivale, n’est pas des plus malins. Mais bon, ne polémiquons pas davantage et passons au menu. Que s’est-il passé au cours de ces 3 jours de G7 ?

Le sommet a été perturbé, comme cueilli à froid, par le chaud, le très chaud, le très très chaud show du feu en Amazonie. Le désastre est planétaire ! L’Amazonie, cette immense forêt sud-américaine, de plus de 5 millions de km², est le poumon de la planète. Elle absorbe environ 15% du dioxyde de carbone mondial que l’humanité rejette salement dans l’atmosphère. Sans ce puits de CO2, la température à la surface de la planète serait déjà beaucoup plus élevée.

On ignore l’origine des feux mais on sait que l’esprit humain a ses limites et l’âme a zones. On détruit la forêt en ne voyant pas plus loin que son nez ou plutôt en ne voyant qu’un profit de court terme. L’espace récupéré permet la production de soja, huile de palme ou l’élevage bovin (lequel émet du méthane, donc un GES) mais, au même moment, libère dans l’atmosphère le carbone qu’il renfermait ! Le réchauffement planétaire s’accélère !

Aussi, à défaut de pouvoir jouer les pompiers de service sur place, les membres du G7 ont décidé de retirer sous le sabot d’un cheval (jadis monté en amazone) la modique somme de 20 millions d’euros pour combattre les incendies dans la forêt brésilienne. L’idée d’envoyer des bombardiers d’eau Canadair avait été émise mais le président brésilien, Jair Bolsonaro, a refusé :

-      On se débrouille très bien tout seul ! J’ai mon armée personnelle qui domine sa peur et va tout feu tout flamme combattre le brasier. En revanche, je remercie Mr Macron de m’avoir traité de menteur quand j’affirmais vouloir m’engager dans l’écologie.

Et Jair, de jaillir, pour se venger, et d’envoyer sur Facebook un billet raillant la charmante épouse de Jupiter. Brigitte Macron en a pris pour son grade ce qui n’a fait qu’envenimer les relations franco-brésiliennes qui finiront par une brouille dense et laçant bas…instincts !

Un véritable coup de théâtre diplomatique s’est déroulé le dimanche 25 août ! Emmanuel Macron a créé la surprise en invitant à Biarritz le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, afin de discuter d’une sortie de crise nucléaire avec son homologue français Jean-Yves Le Drian. Le but  jupitérien est de relancer la discussion avec l’Iran que Mr Trump abhorre chaque jour davantage depuis les échauffourées dans le détroit d’Ormuz. Le grand méchant loup américain est sorti de l’accord signé en 2015 à Vienne par son prédécesseur Obama. L’homme de la maison blanche ne croit pas que l’Iran puisse être moins belliqueux et tempère ses polices. Il pense que cet accord est fait raté, errant dans l’utopie de voir les mollahs frappés de maux las et prêts à jouer les brebis pacifiques.

Donald Trump a affirmé, lundi, avoir donné son feu vert à Emmanuel Macron lorsque ce dernier lui a annoncé la visite impromptu mais il n’a pas souhaité rencontrer Mohammad Javad Zarif, jugeant qu'il était "trop tôt" (mais pas "trop tare"). Toujours est-il qu’un premier pas, certes fragile, est lancé. Verra-t-on Mr Trump rencontrer le Président Rohani pour parler nucléaire en y trouvant des atomes crochus ?

Au cours de ce G7, notre Président a également cherché à convaincre ce diable de Trump de ne pas sanctionner le vin français en représailles à décision de Paris de taxer les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple et autres géants du numérique américains). L’homme de la Maison Blanche est vivement opposé à cette taxe, qui prévoit d'imposer ces grandes entreprises du numérique à hauteur de 3% de leur chiffre d'affaires à partir du 1er octobre.

Après moult tractations, il a été précisé que les pays du G7 étaient convenus de « trouver un accord en 2020 dans le cadre de l’OCDE » au sujet de cette taxe GAFA.

-      Le jour où on a cette fiscalité internationale, la France supprime tout projet de taxe. (...) Et tout ce qui a été payé au titre de cette taxe sera déduit de cette taxe internationale, a affirmé Jupiter en espérant sauver le vin français et tourner cépage ! GAFA signifie gaffe à nos vins ! L’aviné, heu, la vie naît de petits compromis entre amis. Il faudra tourner cépage !

Le président français a aussi évoqué la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis :

-      On voit que les choses bougent. Mon souhait, c'est qu'un accord soit trouvé. Ni les USA ni la Chine ne sont naïfs, nous devons veiller à ce que cet accord réduise l'incertitude pour ces deux pays, mais aussi pour l'économie mondiale ! Comme avait dit Perfide : « la Chine s’éveillera » et là, elle est vraiment réveillée car sur 10 jouets achetés, jeunes en Pékin, heu, je n’en paie qu’un qui soit fabriqué en France. Le reste c’est du Made in China ! L’Empire a bien changé et sa mue raille notre retard. Alors je comprends Trump pour qui le « first America » nécessite qu’on importe moins de produits venant de cette Asie ! Il ne faut pas que le chemin du succès de l’un, pour l’autre déroute de las soit ! De mon côté, je ne suis pas contre les Chinois tant qu’ils n’envahissent de soucis nos logis (de sous-sinologie)


Ce G7 fut aussi l’occasion pour Trump de rencontrer le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, le défenseur du Brexit dur ! Les deux dirigeants se ressemblent dans leur excentricité et se sont entendus comme larrons en foire ! Boris s’est, quand même, permis de dire à Donald qu’il regrettait que des barrières douanières considérables freinent  les exportations britanniques aux Etats-Unis !

-      Il faudrait que vous les levassiez, a-t-il imploré au milliardaire.

-       Don’t  worry ! Be happy !  Nous allons conclure un très grand accord commercial ! Avec d’autres pays, j’en conviens, gens cons viennent et ne m’inspirent pas confiance. Je les regarde sous l’angle du scepticisme. Avec vous, non, je veux cet angle taire !

Mais tandis que les dirigeants des sept pays discutaient à huis clos, le Pays basque avait des allures de camp retranché. Quelque 13 200 policiers (les fameux poulets basquais) et gendarmes, appuyés par l'armée, ont sécurisé les lieux !

Difficile dans ces conditions de manifester à Biarritz. Aussi, des responsables d’Alternatives G7 et de G7 EZ ont entamé, lundi midi, une marche symbolique pour tenter de pénétrer jusqu'à la zone rouge, aux abords immédiats du sommet, afin d'accuser "publiquement" les sept dirigeants "d'illégitimité".

D’autres plaisantins ont organisé une marche des décrocheurs de portraits. Ils ont brandi la photo de notre cher Macron la tête en bas. Ces portraits décrochés des murs de mairie se voulaient revendicatifs pour dénoncer « la politique climaticide » du Président.

-      Comme tu n’as pas tes talents verts tu auras tête à l’envers, lança une manifestante ulcérée qui ne craignait pas le risque de 5 ans de prison et de 75.000 € d’amende pour « vol en réunion ».

Ainsi se termina ce G7, nourri de promesses et de bonnes intentions, de tapes dans le dos et de sourires de façade, dans un monde où le climat se dérègle et les poudrières s’accumulent…


vendredi 9 août 2019

PUB 133



M-Y-O, émit Gréco
En ce Lausanne
Sans l'aigre écho
De vilains ânes.

MYO, sushis
Même lausannois
Elle apprécie
Oui, hosanna ! 

MYO, Japon
Mais suisse idée
Juliette a bon
Goût d'apprécier !

 

MAUX QUI TUENT ET MOCKY TU...




Mocky, pour moi petit enfant, c’était le compagnon de Poupy. Ils formaient un charmant petit couple d’indiens dans une bd-western humoristique que je retrouvais au cœur de mon magazine Fripounet !

Puis j’ai découvert Bourvil dans « un drôle de paroissien » et j’ai su que le film était de Mocky. Et comme indien ne vaut pas toujours mieux que deux « tu verras », j’ai eu l’occasion de voir d’autres films de ce trublion du 7ème art.

Oui, Jean-Pierre Mocky a toujours détonné dans le paysage du cinéma français. C’est d’abord une grande gueule qui sait appeler un chat, un chat et ne va pas par le dos de la cuillère pour se moquer du clergé ou de la société de consommation.

Lui-même ne fond pas dans la dépense. Il est particulièrement parcimonieux avec mots des rations. Il limite le travelling coûteux, rémunère peu ses acteurs et  tourne ses films rapidement (le glandeur aurait été tourné en 12 jours, ce qui semble paradoxal eu égard au titre !)

Mais de passer derrière la caméra, Jean-Pierre Mocky aura débuté au théâtre ! Il suit les cours de Louis Jouvet (car c’est un homme qui est berge). Le cinéma viendra plus tard. On le voit, en 1949, au théâtre Montparnasse dans Le roi pêcheur de Julien Gracq.

C’est en 1959 (mon année de naissance et je n’en suis pas peu fier) qu’il crée son premier long métrage « Les Dragueurs » dont lequel on retrouve Charles Aznavour et Anouk Aimée, rien que ça !

Il enchaînera sur 65 autres longs métrages avec la même rage de déranger le petit esprit bourgeois. Beaucoup lui prêteront un certain cynisme dont il saura se servir pour signer des œuvres à l’humour grinçant enrobé de loufoqueries.

Le pamphlétaire caméraman n’a pas son pareil pour critiquer la société. La Grande Lessive (1969) stigmatise, déjà, les travers de la télévision (il faut dire que Drucker y sévissait déjà), « Un linceul n’a pas de poche »  en 1974, fustige le milieu du journalisme et « A mort l’arbitre », en 1983, tire à boulets rouges sur le monde du football !

Les années 2000 s’avèrent pénibles pour cet empêcheur de tourner en rond ! Les difficultés à financer les films s’accumulent !

En dépit des tempêtes, il tient bon la barre et n’hésite pas à dénoncer le lobbying des box offices français.

En 2010, il reçoit le prix Henri-Langlois pour l’ensemble de sa carrière et, en 2013, le prix Alphonse Allais même si sa fortune a l’fonds salé par les vagues d’emprunt.

Il nous quitte à l’âge de 86 ans en nous laissant une œuvre éclectique où reposent, à tout jamais, la malice d’un Bourvil, la pétulance d’une Jacqueline Maillan ou encore le cabotinage d’un Michel Serrault !

Salut l’artiste !






SYNOPSIS QUE LE MAITRE N'AURA PAS L'OCCASION DE DECOUVRIR


Un drôle de paroissien sortit de l’hôtel l’Ibis rouge, situé 13 french street (mais, pourquoi cet anglicisme ?), en se disant que le lieu était le piège à cons pour les touristes, oh yes !

Les araignées de la nuit ne lui avaient pas laissé l’ombre d’une chance et il avait passé des heures à jouer les insomniaques pour faire la grande lessive !

On aurait pu l’appeler Monsieur Cauchemar tant ces heures vénéneuses l’avaient éreinté jusqu’à lui flanquer la grande frousse !

Il s’était plaint auprès de l’hôtelier en lui reprochant ce sommeil noir comme le souvenir mais l’homme avait feint de comprendre.

-      Vous avez dû avoir des cauchemars ! Ici, tout est calme ! Tous mes clients vous le diront : on goûte ici les saisons du plaisir ! Croyez-moi, cela vaut bien mieux qu’une nuit à l’Assemblée nationale ! Je sais de quoi je parle : j’ai été député, le mentor des radicaux chrétiens, la victime de calomnies de la part de mes détracteurs. On disait : tiens, voilà le glandeur ! Ou pire : le roi des bricoleurs ! Sans vouloir jouer les vierges effarouchées, je peux vous dire qu’il y avait du grabuge dans l’hémicycle ! C’était vraiment la machine à découdre ! On n’y trouvait guère la bête de miséricorde qui eût pu rendre les ballets écarlates ! Je me souviens ! Quand j’ai dû m’expliquer sur le dossier Toroto, vous vous souvenez de l’affaire ? Non ? Et bien on m’a traité d’agent trouble ! Je me suis demandé si j’étais bien dans mon pays, presque à m’exclamer : y a-t-il un Français dans la salle ? Ah, mes adversaires ne me faisaient pas de cadeaux. J’en étais à regretter les compagnons de la pomponette, l’amicale de mes débuts où je criais : votez pour moi !

-    -  Je n’ai que faire de votre vidange verbale, monsieur, lui avait répondu le client sans jouer les snobs ! Je ne viendrai plus chez vous ! J’ai eu le tort de suivre les conseils de la candide Madame Duff, oui, vous la connaissez, elle est déjà venue chez vous avec le Mari de Léon, votre associé, avec qui, jadis, vous formiez un couple !

-  -    Et alors ? Mes affaires de cœur ne vous regardent pas ! J’ai le droit de jouer les dragueurs avec qui bon me semble ! Alliance cherche doigt où bon lui plaît ! Je joue l’étalon comme il me sied, en solo si je le désire et vous dis bien le bonsoir !


Ils s’étaient quittés fâchés. Il était désormais le témoin que dans cette ville à vendre au diable il ne serait pas le miraculé à même d’accorder crédit pour tous !

Il longea des jardins et goûta le mystère des jonquilles. Rouges étaient les lilas quand il retrouva le jardin public si bien agencé par les compagnons de la marguerite. Il y retrouva le cabanon rose où, jadis, il avait connu Sylvia, la fille du robin des mers, un humaniste dont le deal se résumait à redonner la bourse et la vie à des miséreux. Il les faisait voyager sur son voilier l’Albatros et jouait le bénévole de service en distribuant son épargne. Le pactole changeait de mains, fuyait tel le furet dans le bois pour éviter le renard jaune !

Oui, il avait rencontré Sylvia !

-     -  Tu es si jolie ce soir, lui avait-il murmuré
-    -  Chut, avait-elle répondu…

La première nuit, alors qu’il voulait, la divine enfant lui avait susurré :

-      -  Dors mon lapin

Il l’avait mal pris, et, comme il gèle en enfer, s’en était allé, seul, dans la nuit, comme perdu dans Litan, la cité des spectres verts, en référence à ce film qui appartient à la Mocky Story. En revenant, il avait croisé des supporters ivres, de retour d’un match décevant et qui vociféraient : à mort l’arbitre !

Puis, le cœur vide, ils avaient rencontré les filles de joie.

-      - Tu viens chéri ?
-    -  Je n’ai rien à donner ! Mes poches sont vides ! Et d’ailleurs un linceul n’a pas de poches ! Alors, à votre bon cœur, mesdames !

Il s’était enfoncé dans la nuit…

Une même nuit de cauchemars, comme si la roue ne cessait de tourner.

Comme un moteur de caméra...