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vendredi 25 septembre 2020

ET PLEURE ST GERMAIN-DES-PRES


Juliette Greco est née le 7 février 1927 à Montpellier, d’une mère bordelaise et d’un père d’origine corse, Gérard Greco, dit GG pour les intimes mais qui ne fut guère héros dans l’Hérault car il abandonna sa famille. Aussi, la petite Juliette est-elle élevée avec sa sœur Charlotte à Bordeaux par ses grands-parents maternels avant que leur mère ne les rejoigne en 1933 pour les emmener dans la capitale. Tu la rappelles Hérault mais haut est Juliette, haut, dans ses rêves parisiens…

Là, attirée par la danse, elle devient petit rat à l’Opéra Garnier, petit rat se faufilant entre chats. Mais la guerre éclate et comme la mère fait de la résistance, les deux sœurs sont vite impliquées ! Aussi, Juliette aura-t-elle le malheur de connaître la gestapo et la prison de Fresnes. Sa mère et sa sœur ainée seront, elles, déportées à Ravensbrück d’où elles reviendront, miraculeusement.

Dans ces années 50, de reconstruction, Juliette se retrouve à St Germain-des-Prés, lieu foisonnant d’artistes d’âme rive-gauche, mais loin d’être maladroite. C’est dans ce bouillon de culture qu’elle tisse des liens : Boris Vian, Jean-Paul Sartre, Camus…

En 1949, alors que les trente glorieuses fait la part belle aux banquiers et que s'ingèrent mains des prêts, elle joue dans Orphée de Jean Cocteau, lequel (ironie du sort) écrivit « le mythe du Greco » en 1943, en hommage au grand peintre !

En 1951, elle enregistre son premier album, Je suis comme je suis, de Prévert et Kosma. L'auditeur, lui, dira : Je la suis, comme je la suis, depuis le début, avec avidité !

Au milieu des années cinquante, elle chante Aznavour, Trenet et Brel dont le pianiste, un certain Gérard Jouannest, sera son compagnon de la dernière route.

Auparavant, la dame brune, jolie môme, aura connu un impossible amour avec Michel Piccoli, et la maternité avec Philippe Lemaire, une figure du cinéma de cape et d’épée (2kpdp). En 1957, elle se rend à Hollywood pour y interpréter quelques rôles pour des réalisateurs prestigieux tels que John Huston « les racines du Ciel » avec Errol Flynn, ou Richard Fleischer « Drame dans un miroir », film de 1960 où elle rencontre, ni plus ni moins, Orson Welles !

Puis, de retour à Paris, elle enregistre « jolie môme » une chanson de Léo Ferré. Mais, surtout, elle interprète une dizaine de chansons de Serge Gainsbourg, dont la Javanaise en 1963. Gainsbourg dira :

Cette Javanaise, qui fut si incomprise parce que j'y parle javanais, je l'ai écrite pour Juliette Gréco et je lui ai donnée aussitôt son retour des Amériques (sic). Je pense être un auteur privilégié puisqu'elle m'a chanté et je pense qu'il n'y a pas un auteur digne de ce nom ou au moins ayant un tant soit peu de tenue littéraire qui n'ait souhaité écrire pour elle.

En 1965, son rôle dans la série Belphégor fait grimper sa popularité. La France de l’ORTF découvre la chanteuse en fantôme masqué et hantant les couloirs du Musée du Louvres, d’avant la pyramide ! Ca fait faire peur mais sans jamais donné dans le sanguinolent (d'ailleurs, en noir et blanc, le sanguinolent, hein ?). En aucun cas la belle fait gore !

En 1968, elle inaugure la formule des concerts de 18 h 30 au théâtre de la Ville à Paris. Elle y interprète l'une de ses plus célèbres chansons que n’aurait pu imaginer Charlélie Couture «Déshabillez-moi », tube, qui depuis, n’a jamais pris une veste.

En 1982 sort Jujube, son autobiographie, ainsi qu'un nouvel album. Elle s'éclipse ensuite pendant quelques années et revient au début des années 90 avec deux albums. En retrouve son public de l’Olympia en 1991 !

En 2004 sort « Aimez-vous les uns les autres ou bien 10 x éc..heu, disparaissez ! », album sur lequel travaillent notamment Benjamin Biolay, Art Mengo, Bernard Lavilliers et Christophe Miossec. L’accueil de ce dernier album lui confirme l’indécrottable fidélité de son public et cette faculté de se fondre dans toutes les générations !

Elle sort « Le Temps d’une chanson en 2006 », album réalisé à New-York avec de vrais jazzmen.

Début 2015, elle annonce une ultime tournée qui débutera fin avril 2015 :

 - J'ai 88 ans, et je n'ai pas envie de monter sur scène en boîtant. C'est une question de courtoisie, de dignité. [...] Je veux partir debout. Je ne voudrais pas faire pitié. J'ai horreur de ça !

Ce 23 septembre 2020 s’en est allée la muse de St Germain des Prés. Il n’y a, désormais, plus d’après à la silhouette de la belle dame en noir et blanc, à la voix mystérieuse, aux cristallines aspérités masculines, aux mains frétillant de volubilité, au regard noyé de malices et d’étrangeté !

 Il n’y a plus d’après à la jolie môme !

Une page s’est fermée ; notre vie sous masque a l’rimmel qui fout l’camp, et l’âme des amants est toute nue sous le pull de laine rêche dans l’automne abandonné..


mardi 22 septembre 2020

IL ETAIE UNE FOI, UN GRAND COMEDIEN...

 


Michael est né à Paris, en 1931, d’un père anglais, d’Edward Lonsdale-Crouch et d’une mère française, Simone Béraud.  Il passe une partie de son enfance à Londres avant que sa famille ne s’installe au Maroc en 1939. Son père y est négociant en engrais ; l’anglais, en gros, file pour l’engrais anglophile. C’est dans ce beau pays du Maghreb que futur acteur anime, dès 1943, des émissions enfantines sur Radio-Maroc dont la plus connue « la case à Blanca » rabat les suffrages. Son tout premier rôle, radiophonique, est Atchoum, un des sept nains ; un avant-goût de sa recherche mystique : éther, nuées…

En 1947, après la guerre, il vit en France et rencontre Roger Blin, acteur mais aussi grand metteur en scène des pièces de Beckett. Roger lui fait découvrir le théâtre et les planches ne tarderont pas à vibrer sous la voix chaude et voluptueuse de ce néophyte qui picore ça et là des pousses d’alexandrins et becquette.

On le voit dans, en 1955,  dans « Pour le meilleur et pour le pire » mis en scène par Raymond Roulleau, bien loin d’y être au bout tant il est passionné. L’année suivante, Michel démarre sa carrière au cinéma dans « C’est arrivé à Aden (1956) de Michel Boisrond, un meneur d’homme assez carré.

L’acteur s’illustre rapidement devant la caméra de cinéastes prometteurs comme Gérard Oury (La Main chaude 1960, Le crime ne paie pas 1962 – un film à sketches     ) ou Michel Deville (Adorable Menteuse - 1961). Mais c’est avec Jean-Pierre Mocky que la relation semble la plus forte. Sous la direction de JPM, il jouera 8 films dont « Snobs » 1962, « la grande lessive » 1968, avec Bourvil. C’est un film mené tambour battant dans lequel son prénom rétrécit au lavage du générique : il y figure en tant que Michel !

Le petit écran ne l’oublie pas, qui lui fait tourner dans des courts métrages comme « Escale Obligatoire » de Jean Prat, en 1962. De théâtres en écrans il multiplie les projets et impose son aura charismatique dans des films d’auteurs comme « La mariée était en noir (1967) et Baisers volés (1968) de François Truffaut ou encore British Sounds (1969) de Jean-Luc Godard montrant ainsi son intérêt pour la nouvelle vague où l’onde hale le navire de la modernité.

Mais, pour montrer son éclectisme, le comédien s’investit avec le même bonheur dans des œuvres populaires : « Hibernatus » (1969) de Molinaro où il donne la réplique à De Funès, ou encore « Le bon roi Dagobert « (1984) de Dino Risi où, en tant que St Eloi, il croise Coluche (le roi fainéant).

Il crée même la surprise en jouant un rôle de méchant dans un James Bond de 1979 « Moonraker ». Il incarne Sir Hugo Drax qui, sur fond de navette spatiale, donne du fil à retordre à l’agent de sa gracieuse majesté (Roger Moore). Mais 007, une fois encore, gagnera et fera mieux que Drax taire (si vous motorisez ce calembour) : il l’enverra dans l’espace.

Le jeu de l’acteur se caractérise, à chaque fois, par une distanciation (bien avant la Covid) avec le personnage qu’il incarne. On y trouve toute une palette de couleurs : ironie, tendresse, réflexion, introspection… Selon ses humeurs ou les volontés du metteur en scène, l’homme est capable de passer d’une voix suave, voire sirupeuse à l’explosion volcanique mais jamais létale car jamais lave-haine tuera (oui, bon, si on ne peut plus placer un tube de Stone et Charden !)

Il passe allégrement de l’ange au diable et cette dimension manichéenne touche au mystique. L’acteur se sent de plus en plus à l’aise dans les rôles ecclésiastiques, tout imprégné qu’il est d’une foi chrétienne. On le voit jouer un abbé bibliophile dans « le nom de la rose », 1986, de Jean-Jacques Annaud (d’après l’œuvre de Umberto Eco) et surtout il est consacré pour l’interprétation du frère Luc Dochier dans « des hommes et des dieux » , 2010, de Xavier Beauvois. Un film qui évoque l’assassinat des moines de Tibéhirine et qui lui vaudra, enfin, un César, celui du meilleur acteur de second rôle.

Michael, vivra de sa foi jusqu’à son dernier souffle. Il deviendra, ainsi, un acteur à part dans le 7ème art. Jamais totalement avalé par le showbizz, il demeurera une sorte de moine comédien, célibataire car la seule femme de sa vie, une certaine Delphine Seyrig, avec qui il joua souvent (« Baisers volés » -Truffaut, « Chacal » - Zimmerman, « son nom de Venise dans Calculta Desert » – Marguerite Duras…) aura brisé son cœur !

Il dira d’ailleurs :

 "J'ai vécu un grand chagrin d'amour et ma vie s'en est trouvée très affectée. La personne que j'ai aimée n'était pas libre... Je n'ai jamais pu aimer quelqu'un d'autre. C'était elle ou rien et voilà pourquoi, à 85 ans, je suis toujours célibataire ! Elle s'appelait Delphine Seyrig.

L’amour conjugal impossible mais amour de toute une vie pour l’humanité, derrière le visage d’un Christ ressuscité, qui, jusqu’à son dernier souffle aura habité l’âme de ce merveilleux comédien.

Il nous quitte, en ce 21 septembre 2020, dans son sommeil, en paix, dans la sérénité et le regard de Dieu en nous laissant le souvenir de sa voix mélodieuse et son regard interrogatif qu’il posait sur les êtres…


mercredi 2 septembre 2020

ITINERAIRES SYMPAS - XIII

 


Voici ma treizième planche d'itinéraires sympas à effectuer avec ou sans le masque, en fonction de votre éthique plus ou moins étique.

mardi 11 août 2020

LA MALEDICTION LIBANAISE

 


Le Liban vient de vivre un drame sans pareil.

Deux fortes explosions ont secoué Beyrouth, ce 4 août, semant morts et désolation.

Selon le dernier bilan du gouverneur de Beyrouth, la catastrophe a fait au moins 158 morts, plus de 6 000 blessés et 300 000 sans-abris.

A l’origine de la déflagration : un stock de 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées dans un entrepôt. Cette substance est bien connue chez nous pour avoir causé l’explosion de l'usine AZF à Toulouse (2001).

Pour des raisons qu’il reste à éclaircir la combustion a ravagé l’entrepôt dont on connaissait, depuis longtemps, la nocivité potentielle. Les explosions s’en sont ensuivies, meurtrières, laissant la ville dans un état chaotique de fin du monde.

Notre Jupiter national s’est rendu sur place, très vite, en lançant comme un « je vous ai compris ». Emmanuel Macron a assuré le soutien de la France en laissant poindre la nécessité de réformer le pays du cèdre, sérieusement enlisé dans la corruption de ses dirigeants !

Car un tel accident n’aurait jamais dû se produire dans un pays où la démocratie circule en toute liberté.

Hélas, le Liban, déjà atteint d’une crise économique, supporte depuis longtemps un régime vérolé par les combines, les passe-droits, les dessous de table.

Le Président de la République, Michel Aoun, avoue lui-même avoir été informé de la présence du produit dangereux, seulement le 20 juillet dernier alors qu’il était en poste depuis 6 ans ! Toutefois, il n’a jamais pu ordonner le moindre déplacement du stock à défaut de prérogatives nécessaires attribuées à son poste !

Dans ce pays gangrené, les banquiers, les politiciens mafieux mènent le bal et, maniant les rouages du pouvoir, freinent des deux pieds pour éviter que la moindre avancée positive pour le peuple nuise à leurs petits intérêts personnels.

Le peuple, après avoir encaissé le choc, s’est mu dans la résilience et la colère. Un parfum de jasmin est monté dans les rues.

La jeunesse encadrée par des militaires à la retraite s’est ruée contre les édifices gouvernementaux. La colère a gagné les rues acculant le gouvernement a démissionné.

Tout reste à faire au Liban : les aides humanitaires sont impératives puis viendra la reconstruction des immeubles.

Une page devrait se tourner pour aboutir à un système politique épargné par les scories mafieuses. Mais la situation sera difficile : les bénéficiaires de l’ancien régime feront tout pour conserver une part de leurs avantages tandis que, déjà, beaucoup de jeunes lorgnent vers l’étranger, vers un exil salutaire puisqu’ici « rien ne leur est proposé ».


Deux immenses tonnerres, brisures, déflagrations

Beyrouth enseveli sous les gravats d’enfer

Le regard éborgné vers l’ombre d’une mer

Qui pleure en ses marées cette désolation

 

Nitrate d’ammonium en stockage funèbre

Contait de fatalisme l’éminence du feu

Les cris d’apocalypse, la terreur dans les yeux

L’ineffable chaos qui rejoint les ténèbres.

 

Souffles impétueux d’années d’impéritie

Le péril opérait sous des regards tacites

D’un pouvoir ossifié de crédos illicites

Corrompu jusqu’au fond de son derme flétri.

 

Décisions sclérosées dans le lit des prébendes

Où s’endorment banquiers dans des rêves d’égo

Tandis que d’une lune émerge le chaos

Les étoiles vidées de lueurs sarabandes

 

Le port n’est qu’une plaie de décombres maudits

Où survit l’indigent que l’avenir apeure

Une rue mutilée enfante sa douleur

Les quais noirs, éventrés, se meurent dans un cri.


Le cèdre a tant gémi en regardant le ciel

Les nuages blanchis de vaine providence

Il a pleuré les morts dans les plis de l’absence

La rage d’un sanglot, le deuil en traits de fiel


Puis, du profond secret de cette Terre fière

Il a senti monter la sève des racines

Nourrissant, tel un cœur d’une source divine,

Un jardin de combat, aux effluves altières

 

Il a vu le drapeau crier l’ignominie

A la face des rois pantelant sur le trône

Se lever le matin des ires mégaphones

Des parfums de jasmin aux aplombs infinis !

 

Les puissants frelatés ont laissé place claire.

A l’horizon frileux de cette démission

Naviguent en fantômes d’indicibles questions

Où se perdent déjà les cédraies visionnaires 

 

Jupiter, en ces lieux, a promis le salut

Le soutien cocardier et les mannes d’Europe

Au large des trafics et des voies interlopes

Tant de bouches à sauver, tant de ventres ténus !

 

Beyrouth attend le vent dans les ailes syriaques

Du serin souverain au nid de probité

Sur les visages las par des masques celés (*)

Le soleil irradie de douceurs élégiaques…


(*) La Covid 19 est présente, également, au Liban. La crise sanitaire amplifie les difficultés.

samedi 11 juillet 2020

MORRICONE COMPOSA POUR LE CINEMA, CASTEX SON GOUVERNEMENT





Ce 6 juillet 2020, deux événements faisaient la une : la mort d’Ennio Morricone, le grand compositeur de musiques de films et l’avènement du gouvernement Castex, en France. La tentation était grande d’associer les deux informations.


Ennio Morricone a donc tiré sa révérence à l’âge de 92 ans, 31 ans après la disparition de son grand ami, Sergio Leone, créateur des westerns spaghettis dont il fit les bandes musicales. Mais Ennio c’est aussi près de 500 compositions pour tant de metteurs en scène : Verneuil, Brian De Palma, Corbucci, Tarantino…

Jean Castex lui, arrive avec une étiquette qui pourrait être « Mon nom est personne ». Le remplaçant d’Edouard Philippe à Matignon démarre avec un capital de notoriété assez proche du nombre de décibels qu’on puise dans la voix de Carla Bruni.

L’homme du Gers (d’ailleurs Castex est une ville de ce département), à l’accent rocailleux, est un homme du terroir, maire de Prades (Pyrénées Orientales), plutôt reconnu comme Haut Fonctionnaire. Il est peu roué aux arcanes du pouvoir centralisé même s’il fut secrétaire général adjoint à l’Elysée à l’époque où régnait le mari de la chanteuse susnommée qui aurait aimé posséder les trilles d'Edda DELL'ORSO, inoubliable voix qui accompagne la descente du train de Claudia Cardinale dans « il était une fois dans l’Ouest ».



Jean arrive et déjà on le surnomme « Casse-tête », le jeu de mot qu’il traîne depuis l’enfance. La finale de son patronyme est sujette à de véritables pitreries. On imagine dans les couloirs des ministères les futurs remplaçants : Playtex, à la condition féminine, Rolex à l’économie, Télex aux communications. On rit dans la crainte, on a peur d’être dégommé !

Car Jean a une mission, quasi divine :

-       Tu as un rôle, ange, aux faits ! lui a lancé Jupiter sous un fonds musical morriconesque

Oui, ce rôle, cette mission (si vous l’acceptez) : constituer un gouvernement de combat (mais pas d’œufs qu’on bat car dans ce cas l’homme l’étale l’antienne...du fiasco). Un gouvernement qui puisse :

-      *  Relancer l’économie après un long confinement sanitaire, le bon
-  * Promouvoir l’économie qui a eu le vent en poupe lors des dernières municipales,   l’abrupt
-       * Gérer le social et désamorcer les conflits latents, le trouant (trous dans le budget)

Pour le bon, la relance de l’économie, Jean confirme Bruno Lemaire à Bercy. L’homme s’occupera des finances et de la relance, seul, comme un grand, sans Gérard Darmanin qui quitte le budget pour se retrouver premier flic de France, pour quelques dollars de plus ?

Donc au revoir Castaner, l’homme à l’arme honnie, cas de discorde au sein même du gouvernement ! L’ancien ministre de l’Intérieur part, tête basse, sans sortir de téléphone pour appeler qui que ce soit, sans mobile apparent ! Son remplaçant, en portant en bandoulière un vilain tour qu’est noise (une sombre histoire de viol), mélangera sa présomption d’innocence avec une volonté d’en découdre avec l’islamisme guerrier. Il mettrait au point (aux poings ?) une arme de dissuasion, projetant du liquide soporifique. Il était une fois la révolution dans l’armement des policiers : jet rare d’arme à nains !

Jean-Yves Le Drian, reste aux affaires étrangères, conforté par l’avis de son nouveau chef :

-       Être en Gers est une belle réalité !

La chancellerie, chancelle, rit ? On ne sait pas quoi penser de l’arrivée d’Eric Dupont-Moretti, l’avocat, pourfendeur des juges, homme de théâtre qui devient le garde des Sceaux ! Il ne voudrait pas se faire passer pour le Marginal de service. Alors, après avoir brûlé les planches, se demande comment il réhabilitera le parquet.

L’autre surprise vient de la Culture ! Roselyne Bachelot quitte les grosses têtes où vit en paix Ruquier (tête, perruquier, vous avez saisi le calembour tiré par les cheveux ?) pour le Ministère glorieux où brillèrent Malraux, Lang, le neveu du Sphinx…

Mamie Rose de retour dans un ministère ! Une farce à garnir une dinde du Gers, ma parole. Elle disait ne plus vouloir faire de politique ! A défaut de récolter les moissons du ciel, elle risque de compter les jours. Les mois sont du fiel ! On va la railler et ressortir régulièrement, sur les réseaux sociaux, ses plaisanteries à quatre sous qui faisaient rire la bande à Laurent.

L’abrupt, le pic écologique, l’épine dans le pied du macronisme, c’est désormais Barbara Pompili qui va l’incarner, en lui souhaitant un autre destin que celui de Mr Hulot ! Espérons qu’elle ne sera pas la femme invisible, touchée par le venin de la peur ! Car, la lutte pour sauver la planète devient plus qu’un impératif ! Il faudra injecter de l’argent dans son ministère avec pompe illimitée pour ne pas voir Pompili mitée !

Jean-Michel Blanquer reste dans l’Education ! Il fut pourtant dans la ligne de mire des enseignants qui lui reprochaient amèrement des directives incompatibles avec certaines réalités du terrain ! Notamment lors de la crise sanitaire ! Mieux que cela : ses prérogatives s’élargissent. Il hérite de la jeunesse et des sports, lesquels n’ont rien à voir avec les spores même si ses actes beaux-laids dans les coûts le mêlent ! L’homme devra obtenir un meilleur bulletin scalaire (oui pour un ministre qui nage en eau douce on parle de scalaire) s’il ne veut pas vivre la tragédie d’un homme ridicule !



Annick Girardin hérite d’un ministère de la mer ! Ça ne fait pas de vagues, mais quand même, on crée un portefeuille pour la mer ! Le petite Annick évitera de couler et veillera à bien s’asseoir sur son beau fauteuil, veiller au séant ! Elle devra convaincre, tisser des liens pour ne pas s’échiner avec des « si » hypothétiques au bord de l’amer. Elle évitera le clan des « si » si liens !

Julien Denormandie, comme son nom l’indique, devient ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Sera-t-il efficace ? p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non ! Il devra sûrement gérer les futures crises agricoles, sous le ciel de plomb ! Qu’en pense la FNSEA ? Il faudra vérifier ce que sa norme en dit ! Il faudra certainement arroser la profession pour s’ouvrir des portes, car laid huis à l’eau part !

Parly, toujours en baignade dans les flots rances des conflits, reste ministre des Armées et de la Défense ! Pour éviter « il était une fois l’amer hic » elle devra continuer à chouchouter nos militaires qui restent encore sous la folie meurtrière des jihadistes, notamment au Mali !

Olivier Véran demeure ministre de la Santé et des Solidarités eu égard à ses bons et loyaux services durant la crise du Covid. S’il se pose des questions de stratégie, il pourra demander des conseils à Roselyne, spécialiste de la culture, notamment en laboratoire (LOL !).  Il faudra continuer à maintenir la prudence pour éviter peur sur la ville !

Le trouant sera le ministère d’Elisabeth Borne, ministre du Travail de l'Emploi et de l'Insertion ! Des trous dans le budget pour permettre à des jeunes de ne pas rentrer dans la génération sacrifiée. Le projet de borne est haut, elle prend les problèmes avec l’aise et les fend ! Mais ne nous y trompons pas : l’argent manquera à la grande bourgeoise dans un contexte de reprise aléatoire, toujours sous la menace d’un rebond viral !

Amélie de Montchalin, ministre de la Fonction et de la Transformation publiques, cherchera aussi à creuser des trous, pour améliorer le traitement des fonctionnaires, mieux rémunérer le petit personnel soignant qui fut premier de corvée lors de la crise sanitaire ! La gestion sera à couteau tiré ! Certains disent déjà qu’elle ne fera pas de vieux os !
-       J’en laisserai peut-être quelques-uns, dit-elle avec humour, une dizaine. Une partie de moi-même : ainsi, naît ma part à dix os !

Quel humour non amolli qui omet lie des maux laids, Amélie ! On te le souhaite pugnace ! 
Et tandis que Jean Castex, dans son bureau de Matignon, se récoute pour la 20ème fois les œuvres de Ennio Morricone, le petit peuple s’interroge :

-       Castex, c’est brillant ou est-ce terne ?





Thème de Cinema Paradiso (1988)



  

mardi 30 juin 2020

L'AVENIR DÉPEND DES MYSTÈRES (des pandémies s'terrent)...




Il y avait bien longtemps que je n'avais pas invité mon ami le Professeur Hitérole. Ce fut un bonheur de le retrouver, chez moi, pour parler de cette longue période de confinement puis de déconfinement.




Fabiano : Bonjour Professeur, heureux de vous revoir après une telle période de confinement. Comment allez-vous ?

Prof Hitérole : Très bien ! J’avance encore masqué en cette ville de Toulon où, désormais je réside. J’utilise des masques à rade, petites créations textiles venant tout droit de l’atelier de ma chère épouse.

Fabiano : Ah oui ! La fameuse production locale dont le produit sain gère la pénurie d’Etat !

Prof Hitérole : Oui, ma femme pique et pique et collègues rament dans leur télétravail. Oui, ma douce et tendre vient d’achever son 20ème masque et, de par sa couture amortit les coups durs ! Ah, cette fameuse pénurie de masques qu’on a masquée par des « les masques ne sont pas obligatoires sauf pour les personnels de santé » ou par des « de toutes façons vous ne sauriez pas les utiliser » ! On a cherché à cacher quelque incurie basée sur une politique libéraliste qui remonte à quelques années. Marisol Touraine, en plein Hollandisme flamboyant a pratiqué une gestion de stocks limitant les coûts.

Fabiano : C’est-à-dire ?

Prof Hitérole : C’est-à-dire que, pour éviter de se faire railler comme Mamie Rose (Christine Bachelot) à l’époque du H1n1, on ne commande pas trop de produits. A l’époque il s’agissait de vaccins qu’on commandait par de vagues « si non… ». Oui, celle qui n’était pas encore une grosse tête voulait un fond de rue quiet et argumentait ses achats amples étatiques (emplette à tic) par des « si non on va manquer de tout ! ». Résultat : on s’est retrouvé avec des tonnes de vaccins qui ne servirent à rien. Désormais, afin d’éviter de se retrouver avec des stocks inutiles et coûteux, on fixe un stock minimum et on opte pour un système de pré-commandes, prêt à dégainer en cas de pandémie.  On a agi ainsi pour les masques ! De « stocker pour être sûr d'avoir en cas de crise, car c'est vital » se substitue la logique « être sûr de ne pas trop stocker car c'est essentiel de ne pas dépenser plus qu'il ne faut ».
Fabiano : D’où une pénurie et cette panique étatique qui finit par décréter la réquisition de tous les masques de l’hexagone.
Prof Hitérole : Oui, et comme les masques viennent lentement, que la Chine met un temps pour nous les exporter, on place les gens en confinement. On les oblige à rester chez eux, par principe de précaution. Ils ne peuvent sortir qu’une heure avec un ausweis. 
Fabiano : Drôle de période de croissance interrompue !
Prof Hitérole : Oui, avec ses bons aspects ! Pas d’avions dans les airs, les rues abandonnées par les véhicules polluants, le silence qui s’installe, les animaux qui se réapproprient des espaces jadis souillés par notre productivisme outrancier. Autant de belles réalités qui font les choux gras des écologistes. Les dernières municipales l’attestent : une vague verte a déferlé alors que notre ancien système a des fers laids. Mais, le mauvais point demeure les sombres prévisions pour l’avenir : un chômage qui va croître à la suite de fermetures de société, des plans sociaux, comme à Air-France ! J’en ai les bras qui tombent et l’épaule en ploie !
Fabiano : On ne va pas s’en remettre ?
Prof Hitérole : Seuls, non ! La France, déjà bien endettée, a continué à emprunter pour financer le chômage partiel. Elle continue à procéder ainsi ces temps d’été même si l’activité est par ciel plus clément. Une reprise s’amorce, on relocalise des productions, par exemple l’industrie du paracétamol : on veut gagner en souveraineté pour ce genre de produits stratégiques et de première nécessité, vitaux en cas de pandémie.
Fabiano : C’est l’aspect giclant (l’Aspégic lent) d’un interventionnisme d’Etat mais qui cache bien des incuries, non ?
Prof Hitérole : Oui, et j’en reviens à mon propos. La France ne peut s’en sortir qu’avec l’Europe ! C’est pourquoi, par visio qu’on fait rance, on s’est entretenu à couteaux tirés, entre partenaires européens. Il existe quatre frugaux, les Pays-Bas, l’Autriche, le Danemark et la Suède qui veulent bien que l’Europe se relance mais pas à coup de subventions, à fonds « perdu ». Ils préconisent donc un système de prêts ! Mais le bonheur est dans le prêt que pour ceux qui peuvent rembourser. L’Espagne et l’Italie sont loin d’un prêt vert car la période des vaches maigres s’instaure. On ne peut augmenter la charge d’une dette pour des pays déjà bien plombés par un passif notoire ! Il y a aussi des pays, comme la Hongrie, la Pologne ou encore la Slovaquie très réfractaires à l’idée que Mme Merkel et Mr Macron puissent bénéficier, en priorité, des aides européennes. Ils jugent qu’il est encore trop tôt pour décider qui sont les principales victimes de la pandémie !
Fabiano : En fait, on se jalouse dans cette basse-cour et la sonorisation harmonique ne connaît pour l’instant qu’écho vide !
Prof Hitérole : Bien vu, Fabiano ! Et c’est dommage car l’Europe a une belle carte à jouer dans ce nouveau monde où la guerre froide entre la Chine et les USA s’avère de jour en jour ! Se relancer pour éviter la dépendance avec Pékin et contourner les obstacles douaniers de Trump serait profitable à tous !
Fabiano : On peut vraiment parler de guerre froide entre la Chine et les USA ?
Prof Hitérole : Non, l’expression est galvaudée même si l’antinomie des sons de cloches sonne le glas-glas ! Les deux super puissances se jaugent économiquement et l’idéologie n’a que peu de place dans la rivalité. Le capitalisme a gagné ; la Chine est devenue le grand fournisseur de la planète. Ses ateliers tissent ainsi nos fils (cette hâte liée tisse un sinophile ?). C’est son hégémonisme économique qui rend Trump malade, jusqu’à proposer de l’eau de javel à boire sans modération pour éradiquer le covid-19 !
Fabiano : A propos de ce virus, les USA n’accusent-ils pas la Chine d’avoir manipulé l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ?
Prof Hitérole : C’est ce qu’on dit. Trump, qui pourtant ne s’est pas privé de limiter son aide à l’OMS, accuse cette agence onusienne d’avoir laissé faire la Chine, de ne pas l’avoir suffisamment contrainte à communiquer des informations sur cette pandémie née à Wuhan. Ce n’est que le 30 janvier que l’OMS décrétera que l’épidémie constitue « une urgence de santé publique de portée internationale » alors que l’épidémie affichait déjà un bilan de plus de 8.100 morts, avec des cas de transmissions entre humains apparus en dehors de Chine, y compris aux USA ! Trump, très en colère, a rompu ses relations avec l’OMS !
Fabiano : Un peu d’eau et messe pourrait-il redonner l’esprit saint au Shérif de Washington ?
Prof Hitérole : Ah, ah, ah (rires). Je ne pense pas que Mr Trump se dirigera vers un statut de grenouille de bénitier et, qu’en terme de coulpe, battra sienne ! Il durcit son discours pour montrer sa force ! C’est pour lui un gage de réussite à sa réélection en novembre 2020.
Fabiano : Sauf si le virus passe par là !
Prof Hitérole : Oui, mais le pire n’est jamais sûr ! Hihihi (rires) ! Bon, sur le coup on devient mauvaises langues ! Et si on passait à table ?
Fabiano : Ça c’est une idée ! Que pensez-vous d’un pangolin farci aux amendes !
Prof Hitérole : Ah, ah, ah, dans ce cas dans la contre-danse le menu est !

mercredi 24 juin 2020

ATHÉE RIT POUR NE PAS PLEURER



Il avait ras le pompon de ces plaisanteries qui lui tombaient dessus comme les gouttes de pluie sur Brest où l’homme à la barre, barra en sifflotant une chanson de Prévert.

Oui, il en avait ras le pompon de ces calembours douteux qui l’assénaient depuis qu’il avait avoué son athéisme.

Ils faisaient feu de tout bois : catholiques invétérés, orthodoxes indélicats, séfarades saouls foireux, et même sunnites à sornettes.

La vanne qui revenait le plus souvent portait sur ses pupilles, ce qui le blessait doublement car il l’était de la Nation.

-  - Tu as de drôles de pupilles, dis, l’athée, se moquait régulièrement son collègue de travail, un pourtant pas gâté pour l’héritage visuel tout handicapé qu’il était d’un double foyer, ce qui se confirmait dans l’addiction à la bigamie.

-         Ta gueule, lui lâchait-il, las de cette boutade !

Il allait trouver la paix en se promenant dans les prés, un petit tour athée qui était loin de l’être. Il conservait sur lui un porte-bonheur venant d’une pâture, joli grigri qui s’en trouvait, dès lors, trèfle athée, comme par mimétisme.

Oui, il ne croyait en aucun Dieu, car athée ! Il pratiquait l’art martial en guise de religion et, même athée, aimait mater son principal adversaire, athée lui aussi ! Il l’envoyait souvent au tapis et le pauvre s’entendait dire par l’entraîneur :

-       -   Tu te prends pas mal de chocs haut, l’athée !

Alors, prenant la défense de son valeureux challenger, il lançait à ce moniteur zélé :

-   - Moi aussi je suis athée ! Je suis de son coté et vous ne verrez pas d’inconvénients à ce que l’athée râle !

L’entraîneur ne comprenait rien à la subtilité de ce langage eu égard au niveau d’études qui rasait les pâquerettes austères assez !

Son brillant vaincu, Salim, venait du sud, et, de son côté subissait souvent :
-         Tu es métèque, l’athée ?

Oui, il aimait s’éclater sur un tatami, comme une ivresse ! Cette soif c’est l’athée qui l’a ! Qu’il soit d’ailleurs ou d’ici !

Les deux rivaux, devenus amis, ne voulaient pas jouer les candides athées et ne postulaient pas pour situation de naïveté pérenne. Ils savaient pertinemment, par une simple intuition, que dans les chaumières de bonne foi religieuse, on cassait du sucre sur les vilains de l’athéisme. L’athée laid pâtit !

Ils n’en avaient cure de ces buveurs de vin de messe qui rendent affreux l’athée et refusaient de répondre aux abordages des lazzi, ce qu’eût pu faire le pire athée.

Non, pas le moindre écart de conduite !

-   - Si l’écart happe athées, c’est mauvais, disait-il à Salim ! Il vaut mieux retrouver sa bergerie de moutons sages !

Oui, sois doucereux l’athée, d’où se relater des bons moments empreints de positif en évoquant des souvenirs de voyage où les lieux pouvaient bien avoir hérité de leur essence : ô Rhodes athée, et les steppes athées qui laissent t’épater !

Tous deux avaient beaucoup voyagé, pour oublier cette ville qu’ils eussent aimée moins religieuse ! Pourquoi ne pas connaître Mende athée ?

Ils étaient assez lucides pour mesurer qu’aucun lieu n'est en forme athée ! 

Même la ville qui porte ce nom ne peut prétendre à croire en l’athéisme, foi de Bourguignon !

Mais, une fois encore, ils n’en avaient cure ! Ils se le disaient tout en sirotant, dans une tasse à thé, une tisane, heureux d’être ensemble, assis sur la terrasse en blanc, pour l’athée rassemblant !