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lundi 28 mars 2016

DECAUX ENTRE DANS L'HISTOIRE MAIS N'EN EST JAMAIS SORTI



Alain Decaux est né le 23 juillet 1925 à Lille. Oui, à Lille, comme le grand Charles ou comme votre serviteur et ce n’est pas là la moindre fierté émanant d’un chauvinisme local.

Enfant, il va à l’école à Wattignies (ville natale de Monseigneur Decourtray), puis étudie dans un lycée fait d’herbes, à Lille, qui, paradoxalement ne lui donnera pas l’herbette.

Il part, un peu gauche, étudier le Droit, à Paris. Mais c’est l’Histoire qui l’attire et comme il la sort bonne, il s’y installera durablement. Cependant, il ne fréquentera pas Sup’Decaux car il pense que le mobilier urbain n’est qu’un détail de l’histoire, comme dirait un ancien d’Algérie que les souvenirs âgés gênent…

Durant la guerre il fait connaissance de Sacha Guitry. Il gardera sa maison, le temps de l’arrestation du grand maître. Lana, la dernière épouse du dramaturge, lui en sera grée, le gratifiant d’une émeraude en vert et contre eux tous (tous ces collabos de Caux à Caux).

Journaliste, en 1944, il publie ses premiers articles que chacun lit, hagard, car Decaux munit quais de communiqués. Il faut qu’il élève le niveau de sa voix (fait Rey) et, en 1946, il publie Letizia : Napoléon et sa mère. Ce livre est récompensé par le prix d’Histoire de l’Académie Française.

En 1951, il crée, pour la Radio, la Tribune de l’Histoire qui sera dix fusées jusqu’en 1997 ! Une longévité astronomique !

En 1957, il crée la caméra explore le temps qui n’a rien d’une émission météorologique même si elle a beaucoup plu.

De 1969 à 1988, ce génial conteur pour les lectrices citées (ah ben non, finalement, je ne les ai pas citées) crée pour l’ORTF, puis pour Antenne 2, Alain Decaux raconte. Les téléspectateurs sont éblouis par cet homme en costume cravate, alliant gestes et paroles énergiques, pour raconter la vie carrée de Cicéron, la fureur d’Hitler, le regard franc de Clovis, les cent heures des plantes à genets, les mises en rayon du roi Soleil ou encore les crues de l’Inde où longtemps s’étendraient castes et l’eau (qui eut crue)…

Cette démonstration scénique fera la joie d’un imitateur qui en prendra la grosse tête sans qu’il se rende compte qu’il sème honte à niais !

Cet homme extrêmement cultivé, ouvert à la vulgarisation de l’Histoire, veut de plus en plus maîtriser l’art de la communication. Comme il sent que les poids de lacune en sa matière lourds sont : Decaux l’art gaule !

Il attrape la muse littéraire et elle ne le quittera plus. Les ouvrages vont se succéder. Une bonne quarantaine de livres vont raconter la révolution française, Victor Hugo, les époux Rosenberg ou encore Raspoutine, bien avant que Boney M ne le récupérât ! De Decaux à disco, quelques années vous contemplent.

Robert Hossein n’est pas sourd à son talent. Il lui demande de collaborer même si, dans les tympans de l’illustre historien, ce verbe a quelques relents nauséeux !

Les deux hommes œuvreront ensemble pour le bonheur de grandes fresques historiques, spectacles interactifs hauts en couleurs (un homme nommé Jésus, Jules César, Jean-Paul II…).

En 1979, il est élu sous la coupole. Il reprend le fauteuil de Jean Guéhenno, un écrivain et critique littéraire non né dans le gai Hainaut (où jadis tournait en char le roi) mais à Fougères (où on célébrait un roi échouant). Le voilà immortel ! On ne verra jamais Decaux mort, lance alors un Comorien qui voit mort honnie.

Les politiques lui font aussi les yeux de Chimène ! Il est nommé ministre délégué auprès de Roland Dumas (ébloui par le livre Dumas le magnifique écrit par Alain, en 1971).C’est alors l’ère rocardienne et Mr Decaux se voit chargé de la Francophonie (1988-1991) après avoir, quelques années plus tôt, disserté sur l’Espagne et Franco « faux nid ».

Un prix Alain Decaux de la francophonie voit le jour en 1999. En 2010, à l'Unesco, Alain Decaux reçoit le prix de la Fondation Pierre-Lafue pour l'ensemble de son œuvre. Quel honneur, pour qui ne sait plus descendre, Lafue met !

En juin 2015, le biographe féru d'histoire publie un ouvrage chez Perrin intitulé Fabuleux Destins. Il laisse à un cinéaste jeunet le soin de disserter sur celui d’une certaine Amélie (croqueuse de chocolat Poulain à en déclencher des pathologies non remboursées par l’Assurance Maladie) pour s’intéresser à neuf figures historiques parmi lesquelles Churchill, les Bogdanov, heu…non, les Romanov ou encore cet homme en or, Gandhi !

Le grand homme s’éteint, en ce 27 mars 2016, à Paris.

Tu pars Alain, laisses tes fans en Bern !


Mais tu auras marqué l’Histoire pour l’avoir si brillamment racontée ! 

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