CHERCHEZ DANS CE BLOG

mercredi 25 novembre 2015

LA VILLE NE RESPIRE PLUS





Bruxelles vient de sortir de quatre jours de paralysie.

Quatre jours, plus longs que des nuits, à observer de son balcon la solitude des soldats et des blindés, à l’affût de la moindre menace terroriste.
L’alerte maximale a rendu la ville quasiment morte. 

On craint les répliques d’attentat de Paris. 

Si les forces de l’ordre sont à la recherche de plusieurs suspects, elles traquent prioritairement Salah Abdeslam, un Français de 26 ans résidant en Belgique qui a joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris qui ont fait 130 morts. Neuf jours après, il reste introuvable alors qu’on vient de retrouver, à Montrouge (Hauts de Seine). une ceinture d’explosif qui aurait pu lui appartenir et qu’il n’a pas su activer ! 

L’homme ne s’est pas fait exploser ! A-t-il soudain renoncé à l’image du martyr ? Une peur humaine et viscérale s’est-elle soudain immiscée dans son être programmé pour l’apocalyptique hécatombe ?

Salah, qualifié d'« ennemi public numéro un » par la presse belge, aurait été exfiltré vers la Belgique, selon deux hommes qui disent l’avoir aidé.

Sa renonciation au sacrifice suprême peut lui valoir les foudres de Daech, son commanditaire. Peut-être ses compagnons d’armes l’ont-ils déjà pourfendu pour n’avoir pas été jusqu’au bout du combat !

Peut-être est-il toujours en vie, rôdant à Bruxelles ou se cachant dans quelque cave ou appartement vétuste en faisant le mort.

Bruxelles n’en sait rien et Bruxelles se protège à sa façon.

Quadrillage de la ville, fermeture d’écoles, d’université, de métros…

Paralysie officialisée, peur latente, attente auréolée d’incrédulité.

Pour un seul homme ? Pour un groupe de tueurs de sa mouvance, près à commettre l’irréparable ?

Bruxelles ne veut pas prendre le risque et revêt les oripeaux du fantôme…



La ville ne respire plus
Sous l’étau de la menace
Les façades dans la nasse
Tremblotent sans retenue

Le long des pavés mouillés
De la somptueuse place
Un soldat qui se déplace
La mitraillette aux aguets

On a fermé les écoles
Et les universités
De Brouckère vient d’héberger
Un métro sous camisole

Un décor fantomatique
D’une alerte maximale
Le prix d’un piège infernal
D’un Coran sous fanatiques

Au croisement de l’étuve
Et du chêne déprimé
De son jet trop angoissé
Manneken sent quelque effluve

L’émanation éthérée
D’urbanités angoissantes
Exhalées de peaux pesantes
De silences oppressés

Salah rôderait ici
Enfermé dans ses fantômes
Sous les sphères de l’Atomium
En novembre refroidi.

Salah, l’ennemi public
Traqué comme un rat de pluie
Jusqu’au plus noir de sa nuit
De planètes chaotiques.

Il se refusa d’occire
Au feu de déflagrations
Son corps ; belle abdication
Du culte ouvert aux martyrs

Salah pris d’incertitude
Dans son combat névrosé
Quand se baissent les volets
De boutiques d’hébétude

Éclair de lucidité
Dans cet orage assassin
Ou peur en peau de chagrin
En prélude au feu damné ?

La ville suffoque au tempo
Des battements de son cœur
Ses incompressibles  peurs
Le claquement de ses os

Le prix du renoncement
Par ses pairs est établi
Mort à lui s’il a trahi
Et que l’emporte Satan !

Salah torturé d’envie
De se rendre aux policiers
Quand résonnent le clocher
Royal de Sainte Marie…

La ville nimbée de torpeur
Anesthésiée de blindage
Au gré de ses quadrillages
Prend de grisâtres couleurs

Pour un seul homme en cavale
Dont certains croient qu’il n’est plus
Cafés, terrasses, se sont tus
Loin des bières abbatiales

La ville en sa peur s’enkyste
Sous le ciel gris pris d’antennes
Captant l’onde kafkaïenne
De présages pessimistes…
 

samedi 21 novembre 2015

MATOUS RAIENT, FÊLENT !



Matous raient, fêlent
Rien ne résiste
Me font querelle
Les terroristes !

Ma poterie
Ont fait tomber
Par minutie
L'ai recollée

Le canapé
Subit les griffes
L'ai protégé
Des agressifs

Pourtant ne peut
M'en séparer
Leurs petits yeux
Me font craquer

La dame en fer
Ignore ici
Que damne enfer
Des chats chéris

Matous raient, fêlent
Bêtises à scier
Mes rituels
De la journée

Étroit, sans maître
Est mon logis
Je sais admettre
Leurs facéties

Mater matous
Ne le puis point
Sont mes bijoux
Suis sans conjoint...



vendredi 20 novembre 2015

PUB 90


Publicité croisée
Radio motorisée
Ondes véhiculées
Consommation dopée
Consumérisme né
Juste un peu orienté
Vers l'électricité
Histoire d'être au courant
En tenant son volant
Se tenir informé
Qu'on va moins polluer
Juste un peu satisfaire
Le gentil nucléaire

LA LOI DE LA MARE





Sur la surface de la mare
Flottait le trèfle ; désir landais
De se rafraîchir d'eau bordée
De joncs, d'ajoncs et d'herbes rares

Un taon se reposa sur lui
Le temps d'un temps : sûr d'être en paix
Pour digérer le sang sucé
Ce vin d'ovin, bœuf détrempé.

Il se faisait sécher les ailes
Après l'orage qui n'avait plu
Qu'aux paysans poussant les zèles
A louer Dieu pour ses vertus

Une grenouille lorgnait ce corps
Qui se réchauffait indolent
Le vert amphibien transi s'tord
Fond sur sa proie mue d'un dos lent 

L’en cas en guise d'occis taon ?
Batracien, s'en se battre, eut sien !
Sur berge, le bœuf véhément
Se vit venger et en fit : bien !






A GRAND PERE



Depuis quelques jours, Molenbeek  fait l’objet d’une attention médiatique. Cette commune bruxelloise serait un repère de terroristes en puissance. La ville est considérée comme une pépinière de djihadistes, une base arrière de Daech, proche de la France, prête à envoyer sur l’hexagone une horde de tueurs !

Hélas, cette réputation ne peut s’améliorer à l’épreuve des faits, qui la confortent.

Dans le commando qui opéra à Paris ce vendredi 13 novembre 2015 sont apparus deux frères, Salah et Ibrahim Abdelsam. Ils étaient nés en Belgique et tous deux ont vécu dans le quartier de Molenbeek jusqu'aux attentats ! La famille y vit encore.

Par ailleurs, le cerveau présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, dont la mort vient d'être confirmée à la suite des événements de St Denis, était aussi originaire de Molenbeek.

Pourtant, si hâtivement présentée comme un ghetto islamiste, la municipalité est, en réalité, très contrastée.

 Il y a, en réalité, trois Molenbeek : celui de longues avenues, où des barres d’immeubles cossus abritent une bourgeoisie moyenne, celui de maisons individuelles et celui du « quartier arabe », autour de la chaussée de Gand.

Mais à l’époque, en 1877, cette ville jumelée depuis 1981 avec celle de Balkany, ignorait la menace islamiste. Avec ses quelque 50.000 habitants,  elle était un parc industriel qu’alimentait un canal reliant l’Escaut.

Mon grand-père paternel y naquit en 1877.

Il était charretier et je ne sais rien de lui si ce n’est qu’il était titulaire d’une carte d’identité dont j’ai hérité, au gré de circonstances familiales.

Un petit document émanant de la ville de Lille (il avait demandé la nationalisation française)  et que j’ai retrouvée, un jour, dans un dossier, avec une émotion non feinte.



Grand-père je ne t’ai pas connu
Mais je t’imagine aiguiller
Deux percherons de blanc velus
Le long des berges apaisées


Le long canal offre aux chevaux
La ligne droite vers le cœur
De la cité dont les fourneaux
Crache le fracas des fondeurs.


Sabots claquant sur les pavés
Au vent les crinières agitées
Douce euphorie, primesautière


Ta cogitation vagabonde
Sous le vol secret des arondes
Dans l’éclat bleuté des linières.




jeudi 19 novembre 2015

A LEUR SANTE



C’est un rituel immuable : chaque troisième jeudi de novembre, à minuit, la nouvelle cuvée de Beaujolais nouveau est débouchée. Il donne lieu à des festivités sauf, peut-être cette année, en raisons de événements tragiques !
Enfin, on pourra quand même en déboucher une petite à la santé du RAID qui a bien tué, durant l'assaut de l'appartement de St Denis, la vie ignoble d'Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats du  13 novembre.
Les policiers du RAID, qui ont vraiment de la bouteille,  y sont allés au culot pour tourner ces pages sans se faire clouer au mat des risées !
Oui, quand quelques spécimens de nos logis (d’œnologie ?) abritent de terribles terroristes, le RAID sait se montrer à la hauteur et mille aises y met.
Il ne se bat pas en vain et déloge l'intrus dangereux comme on fait sauter un bouchon de champagne à moins que ce bouchon ne saute de lui même.
Oui, buvons à la santé du RAID mais aussi à celle de la BRI qui aura mis à l'abri nombre de spectateurs du Bataclan, évitant ainsi un bilan encore plus épouvantable.
Buvons à ces vaillants protecteurs qui viennent devant danger pour nous permettre de retrouver la paix.





dimanche 15 novembre 2015

COMME DEUX LARRONS PAS EN FOIRE

Cliquer pour agrandir

Jésus fut cloué sur la croix et, à sa gauche comme à sa droite, sans connotation politique, étaient crucifiés des larrons. Chacun avec son parcours, ses travers à se reprocher et cette terrible peur de la Mort qu'attise une douleur incommensurable.

Jésus les prend tels qu'ils sont.

Ils iront au Paradis dans un délai plus ou moins long...

C’ÉTAIT, SELON FRANCIS, VENDREDI SOIR SUR LA TERRE




Ils étaient venus là, pour l’amour du métal
La vibration des corps, la transe musicale
L’attractivité folle d’une énergie primaire
Le soir d'un vendredi quelque part sur la Terre.

Ils fusionnaient leur âme au tempo des guitares
Évacuant le noir des jours qui désemparent
Ils étaient de tout âge, de toutes religions
La frénésie rebelle comme unique passion

Le fracas des tueries a recouvert l’éclat
Des pulsations vocales et l’enfer ici-bas
Dévoila son visage à leurs yeux effarés

Juste un éclair de feu, ils ont noyé le sol
De leur sang innocent, en tragique symbole
L'insupportable image de la bestialité…




samedi 14 novembre 2015

UNE NUIT D'HORREUR



Reims, le 13 novembre 2015, à la mi-journée, Christian, médecin de son état n’a guère en vie de déboucher le champagne ! Il est plutôt maussade en participant à une opération escargot pour s’opposer à la Ministre de la Santé, Marisol Touraine. 

Il n’en démord pas : la généralisation du tiers-payant va compliquer la vie des médecins sous le prétexte qu’elle exonérera le patient d’une avance d’argent pour payer une consultation de 23 € dont le prix est demeuré inchangé depuis le 1° janvier 2011.

Oui, Christian l’a mauvaise. Il vient de téléphoner à son cousin Rémi, urgentiste à Paris, pour savoir si la grève est suivie dans la capitale !

-      Ah, c’est toi cousin ! Vous faites l’escargot à Reims ! Ah ! Non le mouvement n’est pas programmé le même jour dans toute la France. Pour Paris la manif’ est prévue le 15 novembre, si j’ai bien compris !
-      Ah, le Dimanche ! Moi je serai de repos ! Mais peut-être que je viendrai à Paris ! On pourra manifester ensemble ?
-      Oui, ce serait sympa ! Bon écoute là on m’appelle aux urgences ! Je te rappelle !

Rémi travaille consciencieusement en tentant d’évacuer le mauvais sort qui s’acharne sur le monde de la Santé : tiers-payant, mise en place de réseaux de soins qui permettront aux mutuelles de conclure des conventions avec tel ou tel professionnel et donc de réduire le choix des patients. Il fulmine intérieurement mais ne veut rien laisser paraître. Le serment d’Hippocrate lui colle à la peau et s’insinue perpétuellement sous sa blouse blanche. Ce soir, s’il a un peu de temps, il suivra le match amical France-Allemagne sur le petit poste TV de la salle des transmissions. S’il a un peu de temps…

Il a juste une petite pensée pour Ludivine, sa petite sœur, l’allergique du ballon rond ! Elle, sa passion, c’est le rock de garage, bien métallisé : the Stooges, The Hives ou encore Eagles of Death Metal. C’est d’ailleurs ce groupe qu’elle a décidé d’aller voir, ce soir, au Bataclan !

Sacrée Ludivine qui s’est fait larguer par son copain il y a deux mois. Un drôle de type que Rémi n’a jamais trop bien senti. Un jour il a quitté toute zone de contrôle. Ses parents, eux-mêmes, ignorent où il s’est échappé. Ils craignent qu’il ne soit parti là-bas, en Syrie, faire le djihad, rejoindre Daech. Ils n’ont pas de nouvelles. Ils ont cessé de vivre, suspendus au moindre coup de téléphone, en toute inanité.

Ludivine a un grand pouvoir de résilience. Elle a beaucoup pleuré mais la vie lui a redonné des ailes en la personne de Julien, un copain de promo, qui écrit de jolis poèmes et tant pis s’il n’aime pas le son métallique d’une guitare qu’on violente ! Il aime Mozart et Brahms en vertu des longues écoutes d’un violoncelle larmoyant, magnifiquement caressé par l’archet magique de sa mère, concertiste professionnelle.

Ludivine ira seule au Bataclan. Julien restera chez lui, réécoutera la 3ème de Brahms, sous la baguette de Léonard Bernstein dirigeant le philharmonique de New York.

Il rejoindra le salon, à la fin du match, juste pour connaître le score de cette joute amicale dont il n’a que faire. Il sera alors sous les propos passionnés de son petit frère Lucas, relayés par son diable de père, supporter invétéré du PSG.

Dans sa chambre Julien règle son casque. Brahms envahit l’espace de volutes musicales, de beauté infinie.

Le 3ème mouvement ne cesse d’éblouir son âme, la contemplation est à son paroxysme et c’est tout juste s’il entend frapper à sa porte !

C’est son père ! Il semble paniqué ! Son visage est d’une pâleur moribonde :

-      On vient de voir Hollande quitter le stade ! On a entendu comme des pétards à proximité de l’enceinte ! On vient de parler d’une attaque terroriste ! Et...le Bataclan serait sous la loi de preneurs d’otages !

Julien bondit, saute sur le téléphone, compose le numéro de Ludivine. Il tombe sur le répondeur qui lui somme de laisser un message.

Angoisse ! Julien dévale les escaliers ! Dans le salon le téléviseur diffuse une édition spéciale. Paris en état de siège. Des policiers et des soldats partout, sur le qui-vive. On évoque le Bataclan ! François Hollande prend la parole. Le Président est particulièrement grave. Il parle d’état d’urgence, de fermeture des frontières.

Julien sent des larmes incontrôlées qui dévalent de ses yeux inondés. Une énorme boule phagocyte sa voix. Il tremble en tapotant le clavier pour adresser un texto à celle qu’il aime. Son père le serre contre lui et Lucas se glisse entre les deux hommes de sa vie, abattus, foudroyés par l’inexplicable nouvelle.

Le téléphone sonne. Un éclair d’espoir pour Julien ! Non, ce n’est pas Ludivine. C’est sa mère ! Oui, elle est au courant ! La répétition a été suspendue et le concert de demain soir est fortement compromis !

Sa voix est hachée, empreinte d’émotion proche du sanglot. Elle rappelle pour dire si le concert sera annulé.

Julien se dresse et quitte l’étreinte familiale. Il veut filer au Bataclan ! Il veut savoir ! Son père le raisonne, lui dit que tout le quartier est bouclé, qu’on ne peut rien faire que d’attendre, attendre, prier, croire au miracle.

Le téléphone retentit à nouveau ! Julien se précipite sur le combiné. C’est Rémi, le grand frère de Ludivine. Il ne parle pas de sa petite sœur. Il ne sait rien ! Il vit dans l’angoisse d’autant plus attisée qu’affluent, dans son service des cohortes de blessés, de mutilés, premières victimes d’une boucherie nocturne qui n’a pas encore trouvé son épilogue. Il n’a jamais vu une telle hécatombe et redoute la suite. Il demande si Ludivine a appelé. Julien sent sa voix se briser en disant « non, toujours pas de nouvelles ».

Rémi a raccroché, à son corps défendant. Il doit donner de sa personne pour sauver le plus de vies possible. Mais son âme est habitée par le visage de sa petite sœur. Difficile de déserter son poste pour courir vers la salle de spectacle au seul motif de se rassurer. Il sait très bien que les forces de l’ordre quadrillent le secteur et que l’assaut va être donné de façon imminente.

Son portable s’allume. Il voit apparaître le prénom de sa petite sœur. Elle est vivante !

-      Je…je…j’ai réussi à m’échapper…je…je suis vivante ! Je veux te rassurer…Je viens de téléphoner à Julien ! Tout va bien mais....mais ; mais je…

Elle fond en larmes, incapable d’en dire davantage. Rémi comprend. Il imagine la scène apocalyptique, le crépitement des armes, les hurlements, la panique entremêlée d’odeur de poudre et de sang jailli du cœur des innocents.

Ludivine est sauve. Il aurait presque envie de dire « c’est le principal ! » mais il ne le peut pas ! Il sait qu’il ne peut pas !

L’assaut vient de se terminer. Le Bataclan n’est plus qu’un parterre de gisants, de jeunesse ensanglantée, de cadavres enchevêtrés par l’ignominie d’une violence aveugle et insondable.

La journée de la gentillesse s’achève en tragédie sanguinaire.

Les chevaliers fous de l’apocalypse ont définitivement décrété une guerre de longue haleine dont l’holocauste de Charlie n’était qu’un avatar de préfiguration.

La nuit tombe sur Paris, ensevelissant nos rêves d’humanité, les vibrations de cordes métalliques et le but de Gignac...

La nuit tombe sur Paris, constellée d’étoiles bleues qui scintillent au gré des gyrophares. Le silence se déchire sous la cisaille des sirènes de l’impossible détresse, au milieu de l’effroi.

La nuit tombe sur Paris. Ludivine a retrouvé Julien.


Ils se regardent leur avenir avec des yeux plus qu’incertains… 

vendredi 13 novembre 2015

Haï, géhenne athée ? Oui c'est AIGNAT au milieu DU PONT des questions !

Cliquer pour agrandir (même si, franchement, ça ne casse pas trois pattes à un canard)


Nicolas Dupont Aignat, maire d’Yerres (91) remue aussi la merde aujourd’hui mais peut-être aura-t-il l’âme hère demain si sa peine vagabonde au fil d’une défaite électorale.

Invité par France Inter,  en ce jeudi 12 novembre (matinale de Patrick Cohen), il a brassé pas mal de sujets nauséeux dans la plus digne attitude d’une Marine Le Pen car l’homme, qui se veut au dessus des partis, sait braconner sur les mêmes terres que celles qui fustige l’UMPS (fusion implicite de l’UMP mort et du PS quasiment mort aussi).

Dupont Aignat, qui se dit Gaulliste n’utilise pas le mot « chienlit » comme le petit nerveux des Républicains.

Non, lui se spécialise dans les formules interrogatives à n’en plus finir pour combler le vide sidéral qui s’étale devant lui quand un micro se fixe à ses lèvres.

L’homme indu pond ténia, un long ver solitaire polysyllabique dont la queue ressemble à un point d’interrogation.

Les questions se succèdent, tissant une faconde indigeste et stérile. Ainsi, rien n’est vraiment dit sur les intentions du candidat aux régionales ! Dupont Aignat c’est Macbeth avec des « that’s the question » à la puissance 10.

Par moment un tic de langage fait surface : le fameux « vous savez ».

Là on quitte l’interrogation autogérée pour positionner l’ interlocuteur sur une stature d’omniscient soit une position aux antipodes de son attitude parasitée de questionnements !

En gros,  Dupont Aignat multiplie les questions qui l’angoissent pour broder son œuvre orale mais se rassure par la certitude que les autres sont censés détenir, à ses yeux !

Drôle de façon de s’exprimer et qui ne rassure pas sur l’évolution du gaullisme !

Le grand Charles, déjà bien mal loti avec l’utilisateur-usurpateur de sa « chienlit » doit se retourner dans sa tombe, quelque part du coté de Colombey-les-deux-Eglises !

C'EST LA JOURNÉE DE L'AGE ANTI-YES


Une journée de la gentillesse c'est gentil comme tout !

Les gentils, à l'origine étaient les non-juifs !

Si l'on s'en référait à cette étymologie nous fêterions donc aujourd'hui les non juifs !

De quoi mettre davantage en pétard ce brave Netanyahu, premier ministre israélien, remonté comme un ressort face à la décision européenne d'étiqueter les produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires occupés !

Benjamin Netanyahu a de nouveau activé le spectre du nazisme et de l'antisémitisme ! Il a étiqueté la commission européenne de sorcière anti-juive et a blâmé qu'on sacrifie l'éthique tant !

Côté palestinien, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a qualifié l'étiquetage de façon positive, mais insuffisante :

- L'étiquetage par l'UE des produits des colonies est un pas dans la bonne direction, mais il est insuffisant : les produits issus d'un crime de guerre doivent être interdits, pas seulement étiquetés, a lancé l'OLP.

Comme dirait un ami algérien mais néanmoins cyclothymique : on est bien loin de la gentillesse dans un monde où l'argent tiraille l'art gentil : raï !


mercredi 11 novembre 2015

C'est fini, après je ne me moque plus !



Finalement je plains ce pauvre homme qui avec sa pelle et son slip ridicule fait le buzz sur les réseaux sociaux !

Sur toutes les coutures, ses petits (et gros) défauts dépeints sont !

HOMMAGE A GLUCKSMANN



Le philosophe André Glucksmann, né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 19 juin 1937, vient de rendre l’âme, son dernier soupir et l’antenne à ceux qui lui feront hommage, fans comme détracteurs, puisqu’il en est ainsi quand quelqu’un disparaît !
L’homme s’est éteint  à Paris, dans la nuit du 9 au 10 novembre, en nous laissant au cœur comme un goût d’inachevé. Sa voix aurait pu encore vibrer de mille cordes pathétiques, colériques, exhortant à se battre contre les injustices pérennes et la menace de taches brunes qui, déjà, parsèment l’Europe.
Enfant juif, rescapé de la Shoah, André Glucksmann conservera jusqu’à sa mort, la haine des dictatures.
Plongé dans Mai 68 il en épousera les effluves maoïstes avant de s’en détacher face à l’ampleur de la purge des intellectuels chinois ! Il se rapprochera alors des deux frères ennemis, Jean Paul Sartre et Raymond Aron avec qui il se rendra à l’Elysée pour convaincre VGE d’aider les réfugiés vietnamiens  quittant l’enfer sur leur boat people.
Il enterre alors et définitivement tout approche marxiste tant le communisme l’aura dénaturée au fil des purges et des goulags si bien décrits par son ami Soljenitsyne.
Associé au mouvement des nouveaux philosophes il s’inscrit dans une dynamique militante et interventionniste en rejetant tout pacifisme bêlant, improductif à ses yeux.
Aussi, se battra-t-il pour Sarajevo et contre la face hideuse de la Grande Serbie incarnée par Milojevic. Il prendra position contre Poutine, le nouveau tsar qui désigne le Tchétchène comme le bouc émissaire par excellence.
Sa voix est vibrante et charismatique ! On l’écoute. Il sait en profiter pour émouvoir et déclencher les consciences pour le combat de causes qu’ils estiment justes.
Mais l’être humain n’est pas sans faille. Il soutiendra Nicolas Sarkozy en 2007 ! Quelques années avant il n’avait pas vu d’un mauvais œil la croisade de Bush contre l’Irak accusé, à tort, de détenir des armes de destruction massive.
Il acquiescera, tout autant, l’intervention en Libye sans imaginer le chaos futur qui en résultera.
Il se repentira de son soutien au petit Nicolas quand ce dernier continuera à courtiser Poutine sans ambages.
Il repose désormais et on oublie déjà ses petits égarements.
Il demeurera éternellement une voix, un cri de révolte, une conscience incarnée contre les dysfonctionnements planétaires et le vilain sort qu’on réserve aux minorités, aux réfugiés, aux sans grande.
Repose en paix, André !

A nous de poursuivre ton combat, à chercher la lumière quand bien même l’obscurité peut nous aveugler.

Enfant de la Shoah, rescapé de l’enfer
L’étoile jaune au cœur des années sanguinaires
Tu garderas en toi la nausée de la haine
Les chants des dictateurs et l’humaine géhenne.

Tu poursuivras crédule les aurores maoïstes
Émergeant d’une plage aux pavés bellicistes
Nimbé de lueurs floues aux halos d’utopie
Tu marcheras perdu dans l’impossible nuit.

Le grand soir te prendra en tes rêves d’errance
Sous le vent de Mao aux marxistes fragrances
Emportant quelque fois cette faim d’horizon
Dans les méandres gris d’indicibles démons.

Tant de corps sacrifiés, tant de barbelés noirs
Tant d’espoirs avortés dans le fil de l’Histoire
Sabreront les monceaux des dernières illusions
Dans les remugles gris d’impossibles raisons.

Ils viendront te cueillir Jean Paul Sartre et Aron
Comme un beau fruit mûri de féconds horizons
Jus de philosophie au zeste humanitaire
Que boiront, assoiffés, les parias de la terre.

La terreur de Saïgon fait jeter sur les mers
Des coquilles de noix, des rafiots salutaires
Boat People échoués sur ton cœur humaniste
Jetteront le fardeau des années communistes.

Une voix, la colère sous la crinière grise
Des combats solitaires qui parfois dynamisent
Dans les prismes d’écran le réveil des consciences
Et les luttes armées abreuvées d’impatience

Pacifisme bêlant relégué sous la toise
Au nom des droits de l’homme ton esprit s’apprivoise
Aux martiaux chants d’honneur de l’interventionnisme
Tu prôneras la guerre pour sabrer les fascismes

Souffles impétueux, aux splendeurs reconnues
Pour les rues libérées de Sarajevo nue
Véhémente faconde pour tenter de briser
L’hécatombe Tchétchène par Poutine attisée.

Mais lauriers voleront vers des cieux plus funestes
Quand ton choix portera sur quelque manifeste
Souillé de polémiques : la croisade en Irak
Sur un mensonge pieux voilant le démoniaque.

Tout autant terniront, avant le repentir
Les soutiens surprenants au gré de tes soupirs
Pour le roi Nicolas et sa guerre en Libye
Tu t’en éloigneras au fil de tes ennuis.

Un faux pas ressenti comme vive traîtrise
Pour qui te gauchisait en sa triste sottise
Tu n’avais que cherché  au plus profond de toi
L’inconnue vérité qui nous glisse des doigts…

Repose en paix, penseur, philosophe guerrier
Pourfendeur des ténèbres, pétri d’humanité
Ta voix nous manquera dans le concert du monde
Où geint le réfugié, où crie la bête immonde. 

mardi 10 novembre 2015

LA DERNIÈRE PRÉFACE DE GLUCKSMANN

Le philosophe André Glucksmann, né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 19 juin 1937, vient de rendre l’âme, son dernier soupir et l’antenne à ceux qui lui feront hommage, fans comme détracteurs, puisqu’il en est ainsi quand quelqu’un disparaît !

L’homme s’est éteint  à Paris, dans la nuit du 9 au 10 novembre soit quelques heures après que Bourgrain-Dubourg, un autre philosophe mais aviaire celui-là, a été menacé d’un coup de pelle par un adepte de la chasse aux pinsons.
Avant de rendre son dernier souffle le philosophe aura eut le temps de préfacer ce petit opuscule de 2 pages rédigées, fébrilement car encore sous le coup de l'émotion, par Mr Bourre grains du Bourg à donner aux oiseaux.
Deux pages sur le sort déplorable qui est réservé aux défenseurs des pinsons dans un univers coercitif à forte propension martiale sous l'égide d'un mouvement "chasse-pêche-tradition" élégamment orchestré par une engeance frontiste.
Quant à la préface de Glucksmann elle se teinte de références au regretté ornithologue russe auteur du livre "Sur ce sol j'ai nid d'cygnes".
Un livre dont les revenus de la vente iront à la PELLE  
PAIX, ŒUFS,  DEUX AILES, ŒUFS
Une association à but non lucratif (1901) qui défend la nidification et le plumage des oiseaux.