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mercredi 8 janvier 2020

Cette rancoeur que J'AI A CHAUD, EST-CE HAINE ?






Il y a un an, jour pour jour, Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, se retrouvait dans des enquêteurs japonais. Il devait ensuite être emprisonné pour plusieurs motifs : non déclarations de revenus qu’il proclame différés, imputation de pertes sur investissements personnels sur les comptes de Nissan, abus de confiance pour s’être porté garant dans une opération financière de 14,7 millions d’euros exécutée à titre personnel…

Je ne reviendrai pas sur les faits que vous pourrez reprendre dans mon billet du 3 février 2019 et axerai ma prose sur les nouveaux évènements autour de cette affaire.
Carlos s’est évadé de sa résidence japonaise où il était censé se faire du sushi et des problèmes de cent thés. Il n’a pu résister au climat nippon, au saké d’Osaka, aux œufs au riz de passage. Il a délocalisé sa prison pour s’installer au Liban, où il a tant d’amis.
Il s’est fait la malle avec l’aide de complicités dont on ne sait rien. 

Le voici au pays du cèdre et, à Beyrouth, il vient de tenir une conférence de presse en ce mercredi 8 janvier.

L’homme se défend. Il accuse Nissan d’avoir fomenté avec la justice japonaise une vilaine machination pour le nuire. Il cite des noms : Hiroto Saikawa, l’ancien responsable de la communication et des relations avec le gouvernement de Nissan, Hitoshi Kawaguchi, ainsi qu’un autre cadre de l’entreprise japonaise, Hidetoshi Imazu.
Il rejette toutes les accusations portées contre lui et avoue avoir fui l’injustice.

Les anti-Ghosn n’en reviennent pas qu’il les prenne pour des gens à nouilles, enfin d’aigres nouilles se montrant crocs à sang. Comment ose-t-il inverser les rôles ? C’est lui le coupable !

Carlos, bon seigneur, accepte de se rendre à la disposition de la justice française. Son plaidoyer en mauvais anglais n’a pas convaincu les Japonais qui se sont exclamés :

 
   Dans quel déshonneur nous nous nippons !

Le but de cette conférence était évident : essayer d’expliquer que "l’affaire Carlos Ghosn" était avant tout un complot ourdi parce qu’il gênait, et qu’il fallait l’éliminer pour que la France ne renforce pas son pouvoir chez Nissan.

Mais ces quelques explications ne suffiront pas à calmer l’affaire. Le parquet de Tokyo a d'ailleurs immédiatement réagi mercredi, à la fin de la conférence de presse, évoquant des critiques "unilatérales" et "inacceptable" à l'encontre de la justice nippone.

lundi 6 janvier 2020

L'AUSTRALIE EN FEU





Depuis septembre 2019, l’Australie fait face à un réel désastre écologique. Une catastrophe inimaginable. Un deuil mondial pour les Terriens.  480 à 500 millions d’animaux ont perdu la vie dans les brasiers tentaculaires. Parmi eux, des mammifères protégés, des oiseaux et des reptiles, ainsi que des insectes, des grenouilles et des chauves-souris ; le nombre de victimes est inconnu. Mais celui qui paie le plus grand tribut demeure le koala. Le petit marsupial n’a pas la vélocité de son cousin, le kangourou, pour échapper aux flammes, il voit aussi la majeure partie de son habitat naturel, 30% selon la ministre de l’Environnement, Sussan Ley, partir en fumée.
Ainsi, selon le Times, un tiers de ces animaux vivant au nord de Sydney aurait disparu ! Et comme les incendies n’entendent pas cesser eu égard au maintien de température extrêmes (entre 45 et 49°), on est en droit de craindre le pire pour l’écosystème australien.

Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000, les Montagnes Bleues se situent en Nouvelle-Galles du Sud ! Elles ont été impitoyablement meurtries par la fournaise. Selon les dernières estimations scientifiques, 50% de la superficie de cette chaîne montagneuse aurait déjà disparu emportant dans le néant des petits animaux comme les wombats ou les opossums.

Par ailleurs, 2 500 bâtiments ont été détruits depuis septembre 2019, principalement en Nouvelle Galles du Sud. Parmi eux, 1 300 maisons.  Épargnées  par les violents feux, les métropoles australiennes n’en restent pas moins touchées par les émanations toxiques. Melbourne, Sydney et Canberra respirent ainsi un air de plus en plus pollué, faisant craindre des répercussions sanitaires graves. Le port du masque s’avère systématique.  

Face à la gravité de la situation, le premier ministre australien, Scott Morrison, n’a rien trouvé de mieux que d’apporter son soutien à l’industrie du charbon (sauvegarde de l’emploi oblige) alors qu’on n’ignore pas l’impact de cette énergie fossile sur le réchauffement climatique. Mais comment convaincre un  climato-sceptique de la trempe de Trump ?
 
En attendant, c’est plus de six millions d’hectares de forêts qui auraient déjà été rayés de la carte, soit l'équivalent de deux fois la superficie de la Belgique. Mais le pire semble venir : les pics de chaleur vont précipiter les gens sur les routes, acculés à l’évacuation face à l’ennemi redoutable !

L’Australie sombre sous le ciel de l’enfer.



Le mercure éclaté suffoque les poumons
Des feux cyclopéens déversent leur colère
Noircies d’ombres atones les forêts centenaires
Pleurent les eucalyptus en tristes oraisons

Le cri du koala dans cette incandescence
Se perd dans le fracas des abris calcinés
Un kangourou s’égare, les yeux déboussolés
Sur ce sol orphelin de toute renaissance

La peur saisit les cœurs, et l’angoisse nourrit
Des lendemains cloués au trépas de l’exil
On quitte sa maison vers l’impossible asile
Vers l’impossible cours d’un affluent de vie.

Les efforts dérisoires face au géant de flammes
Sirènes de pompier sous les nuages gris
Quelque désespérance semble y poser son nid
Le pire chante l’écho d’un futur né de drames.

L’Australie se détruit dans les feux de l'horreur
Emportant dans sa tombe la conscience du Monde
L’utopie d’un bonheur et l’harmonie des ondes
Ne restent que les larmes sous nos yeux de terreur.
 


samedi 4 janvier 2020

VOEUX JUPITERIENS





Comme chaque fin d’année, avant que le gui ne tremble sous les coupes de champagne, avant que ne brûlent des voitures alsaciennes, le Président a présenté ses vœux à la Nation, pour la nouvelle année, voire la nouvelle décennie.

Dans une allocution de plus d’un quart d'heure (mais qui n’avait rien à perdre la laine, comme dirait un cardeur), Emmanuel Macron a assuré avoir entendu « les inquiétudes » sur la réforme des retraites mais n’a pas battu, en retraite, puisqu’il persiste et signe.

-         Je ne céderai rien au pessimisme ou à l'immobilisme

Dans un climat de grève générale où le petit caporal cégétiste, voire moustachu, Martinez joue les pères fouettards, Jupiter a encensé, en censeur, le mérite d’un "projet de justice et de progrès social". Il a donc appelé le gouvernement et les syndicats à trouver un "compromis rapide" en tablant sur une table ronde plutôt en noyés car il se méfie des marauds niais.

-         La réforme des retraites (...) sera menée à son terme car c’est projet de justice et de progrès social parce qu'il assure l'universalité (...) plus d'équité (...) et repose sur un principe de responsabilité !

Jupiter n’a pas parlé de l’abandon de l’âge pivot, le fameux cap des 64 ans qui permettrait d’entrer dans l’ère de la retraite et en deçà duquel on peut atteindre l’ère du repos mais avec une des cotes en moins, heu, une décote en plus. Néanmoins il s’est montré ouvert sur le sujet de la pénibilité au travail car certaines tâches sont difficiles et devraient permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt. Le tout est de mesurer la pénibilité : c’est un travail pénible. Que retenir comme critères ? Le bruit ? Les heures de nuit ? La cohabitation avec un collègue qui vote FN et qui refoule du goulot ?

Auparavant, le président a évoqué les grands moments qui ont émaillé l'année 2019  (l'incendie de Notre-Dame, la mort de Jacques Chirac...), mais il s’est également donné des lauriers pour l'action engagée par le gouvernement depuis deux ans et demi, notamment sur le plan économique avec un bon coup de barre atteint (pas à thym, je rappelle qu’on évoque les lauriers).

Oui, il s'est réjoui de la création de "plus de 500 000 emplois" depuis son élection, sans préciser s’il s’agissait de CDD ou de CDI car tout contrat comptera.

Il est revenu sur la première grande crise sociale de son quinquennat : les gilets jaunes, estimant que ces vêtements réfléchissants avaient nourri la réflexion donc le dialogue ! Il pensait intérieurement à toutes ses prises de paroles dans tout l’hexagone pour le grand débat pour que la faconde féconde.

Jupiter a rappelé que l’impôt sur le revenu baisserait et que la taxe d’habitation serait supprimée sans préciser aux maires (qu’il aime) comment ils allaient procéder après leur élection (ou réélection) avec moins d’entrées de recettes fiscales ! Comment les collectivités pourront les collectes éviter ?

Emmanuel  a promis d'"aider les agriculteurs et les pêcheurs à vivre mieux de leur travail", "investir davantage dans l'éducation et la santé", continuer "de faire de l'école, de l'apprentissage et de la formation tout au long de la vie le socle de notre société" et de prendre "des décisions essentielles pour nos concitoyens en situation de handicap et nos aînés dépendants".  Un joli catalogue de promesses bien semées mais qui, peut-être déjà, se meurent.

Par ailleurs, il a certifié qu'il attendait au printemps les propositions des 150 citoyens tirés au sort pour participer à la Convention citoyenne pour le climat. Que peut-on attendre de ces citoyens. Beaucoup y voient une comédie haddock avec Macron qui aime enfler tant (en flétan ?). Le tirage au saur est-il hareng ?

Enfin, Jupiter a appelé à construire une "Europe souveraine", et alors que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 janvier, a promis de "maintenir entre nos deux pays une relation solide". 

And God save the Queen !