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vendredi 26 janvier 2018

LA COHUE PLEIN POT

COHUE MONSTRE CHEZ INTERMARCHE POUR DES POTS DE NUTELLA TRA LA LA LA...



Une sympathique promotion proposant le pot de Nutella (950 g) à 1,41 € au lieu de 4,50 € a été proposé par quelques magasins « Intermarché » de la région Grand Est (Forbach, Haguenau…).

Intermarché a, par cette démarche promotionnelle, provoqué un branle-bas de combat. Les clients se sont précipités sur les fameuses pâtes à tartiner dont on connaît la contribution dans l’accroissement de l’obésité.

Oui, on s’est bousculé pour devancer le voisin, lui ôter les pots convoités sans plus se soucier que le groupe Ferrero (producteur de Nutella) utilise de l’huile de palme et, qu’à ce titre, il participe à la déforestation mondiale. On plante des palmiers là où d’autres espèces accueillaient sous leur frondaison des singes au grand cœur : les orang-outang. La conversion des terres en plantations de palmier est, à elle seule, à l’origine de 40 % des pertes de couvert forestier naturel autour de la planète, principalement en Indonésie et en Malaisie.

Ce n’est donc pas un réflexe écologique qui a poussé des consommateurs reptiliens à se ruer sur les pots chocolatés  mais, bel et bien, le souci de faire des économies en profitant d’un effet d’aubaine.

Les nutritionnistes ont dû s’arracher les cheveux en observant une telle effervescence. Avec 60% de sucre et d'huile de palme, le délicieux Nutella fait figure de bon apôtre dans la lutte contre la baisse de l’IMC (Indice de Masse Corporelle) et nous prépare de merveilleuses maladies cardio-vasculaires !


Et Paul Bocuse qui n’est plus là pour leur dire…



Tu t’es levée, t’es nue, t’es là
Mais pas longtemps, tu fais fissa
Pour t’habiller. Ton attitude
Sort des standards de l’habitude.

Tu cours vers cet enfer, héros
Le temple des grands commerciaux
Qui te voient « cible », un terme archer
La promotion t’a alléchée.

C’est la cohue ; quel choc, oh là !!
On joue des coudes, des mains, des bras
Les pots de pâtes à tartiner
S’arrachent au cœur de la mêlée

Loin de la déforestation
Ton corps se donne à sa passion
Peu te chaut cette huile de palme
Ou qu’on te crie : - hé tu te calmes !

Tu pousses, tu sais vociférer
Ce noir sésame vaut six ferrés
Pour lui tu deviens la guerrière
Noise et noisette se font bannières

Tu prends des coups pour un coût bas
Ça vaut le coup ce pugilat
Ton caddy reflète l’âme aux zèles
Tu t’es bien battue, demoiselle

Sur ton étagère Ikea
Vingt pots se figent ; fin d’un combat !
Un prochain viendra titiller
Ton corps empreint d’obésité…

mercredi 24 janvier 2018

PAUL BOCUSE REJOINT D'AUTRES ETOILES




Paul Bocuse vient de nous quitter. Son nom, mondialement connu, évoque la gastronomie française, les saveurs de notre pays, la richesse des plats, la sophistication des mets.

Il incarnera toujours la bonne cuisine française et nombre de chefs, étoilés ou non, viennent de perdre leur père spirituel.



Le petit Paul naît dans une famille de restaurateurs fixés dans la région lyonnaise et reste orateur culinaire dès sa plus tendre enfance. Il ne parle que des mets ! Il faut dire qu’il baigne dans un environnement gastronomique ; oui, c’est comme un monde astronomique mais dont les étoiles ne brillent qu’avec la présence d’un G, G comme Gourmandise, Gourmet, hum…  

 

Paul rend souvent visite à ses grands-parents paternels qui tiennent des auberges où il n’y a pas de fumets sans feu. Il observe les plats mijoter dans la poêle et sera pour la cuisine l’ami tôt né !

À l'âge de 10 ans, Paul emménage avec ses parents dans l'hôtel-restaurant familial, baptisé L'Auberge du Pont. Mais pour ce qui est du pont on repassera : on y travaille le dimanche, la cuisine domine, y cale ses impératifs. Le jeune homme apprend l’exigeant  métier où l’expression « avoir poêle dans la main » n’a pas le même sens. Il entreprend, à l’âge de 15 ans, un apprentissage auprès du chef cuisinier Claude Maret. C’est un bon tuteur mais qui peut se montrer l’âpre, anti-sage, aux yeux de Paul, pour les besoins de la cause. On voit parfois Maret chausser les pompes du flic qui surveille le jeunot. Paul se souvient d’un Maret salant un plat qu’il n’avait pas suffisamment peaufiné. Ah, souvenirs !

Mais la guerre éclate ! Finis les confits de canard des champs ! On passe au conflit de canardés, vil ! Paul est alors majeur et,  pour ne pas être à l’index, s’engage au sein des Forces Françaises Libres (FFL), dans un bataillon de marche avec de gros durs à cuire, héros tissant leur toile de bravoure (bravitude dirait quelqu’un d’un ton royal).

Il est blessé en Alsace mais au niveau de l’aine ! Il n’a jamais été très bon en géographie car seule la cuisine le captive. Il est soigné par des soldats américains qui lui tatouent un coq gaulois sur l’épaule gauche ! Oui tatoué l’est Paul ! Dans la foulée, il est décoré de la Croix de Guerre pour avoir intégré une équipe d’œufs qu’on bat.

Il reprend la vie civile en voulant faire du passé table rase. Loin d’être nouille, il se fait remarquer par des chefs étoilés qui vont lui accorder la confiance et par la voix l’acter ! Sans jouer les fayots (ce qui serait bette comme chou) il s’adonne à sa tâche, sans se défiler, mignon ! Il se lie d’amitié avec les frères Troisgros qui, en réalité, ne sont que deux et pas spécialement obèses. Il continue d’apprendre le métier puis quitte l’escale, hop ! Le voilà  le chef cuisinier plus vite qu’il ne le pense et rejoint l'équipe de Fernand Point dans son restaurant La Pyramide, à Vienne, près de Lyon. Le lieu n’évoque pas l’Egypte mais délecte tout palais et même la pire amygdale avec ses filets de soles aux nouilles. Du beau monde s’y retrouve : Guitry, Cocteau, Fernandel…

Chez Point pas de suspension, il faut agir vite. Paul met le turbot, et, même si les creux vissent son estomac, il oublie sa faim pour penser à celle des autres. Paul travaille près de dix ans chez son mentor ; son énergie brûle pour Point ! Il apprend beaucoup, sans rechigner, larme honnie et sans être contre Point.

Puis Paul ne désirant plus que Point l’appointe décide de voler de ses propres ailes après en avoir tant déplumées. En 1958, il décide de reprendre le restaurant de ses parents, à Collonges.

L'établissement, renommé « Paul Bocuse ", rencontre immédiatement un succès fulgurant sans que le concurrent trouve ça louche. Bientôt, il obtient le prix du Meilleur Ouvrier de France et brille en société (en sauce y était aussi).

En 1965, Paul Bocuse décroche sa troisième étoile Michelin et une vieille casserole pour la mettre au rebut. Son talent qui vaut bien celui d’Hugo est mis haut ! On vient des quatre coins de France pour goûter ses saveurs. On y fait blanquette, en salivant même en période de sale hiver. Le gratin est là mais aussi des gens plus modestes qui ont économisé du fric assez pour s’acheter un poulet au champagne.

Tout baigne dans l’huile pour celui qui reste au rang des grands étoilés sans mépris pour les pâles toqués. Il fait son beurre à un tel point que la mayonnaise prend quand il décide d’ouvrir des restaurants et des « corners » partout dans l’hexagone.

Parallèlement à ses activités culinaires, il crée, avec d'autres chefs étoilés, une association de défense de la gastronomie française, ainsi qu'un Concours mondial de la cuisine (le "Bocuse d'Or") en 1987 et dont le premier récipient d’air (effet Michelin ?) sera Jacky Fréon.

Paul est décoré de la Légion d’honneur et devient le premier chef à entrer au musée Grévin, par un concours de cire-constance, gratifiant ses efforts jamais instables (à napper). Les critiques écrivent mille-feuilles sur cet artiste qui jamais ne tire au flan.

Mais l’homme fatigue. On sent qu’il est à plat ! Il est, dans bien des cas, saoulé par cette renommée qui lui colle comme une crêpe sur la poêle non graissée.

Il commence sérieusement à sucrer les fraises. Il subit trois pontages ce qui lui fait dire :

-      J’ai trois étoiles et j’ai eu trois femmes dans ma vie. Le chiffre 3 me va comme un gant de cuisine, comme dirait Mannick, une ancienne employée.

L’homme s’éteint ce 20 janvier 2018, dans son auberge du pont de Collonges. En deux coups de cuillère à pot  la camarde, avec son art en sorcellerie (hareng saur-céleri), a scellé son sort !

Le pape des gastronomes nous quitte et pleurent les chefs qui se réclament de lui. Il laisse un empire pesant quelque 50 millions d’euro de chiffre d’affaire et de bons souvenirs chez nous, tout comme au Japon et même aux USA ! 

vendredi 19 janvier 2018

LA FIN D'UN LONG FEUILLETON . AH AYRAULT NOTE HIC !




Jadis, un avion qui s’appelait Concorde rêvait de décoller du Nord de Nantes pour gagner les Amériques. L’aménagement d’un aéroport du grand ouest était alors dans la tête de certains politiciens et, dès 1970, le site de Notre-Dame-des-Landes était retenu par l’Oream, (l’organisme régional d’étude et d’aménagement d’aire métropolitaine), parce qu’il le vaut bien.

C’était un beau petit terrain, bien plat, terre agricole en partie sillons, jolis champs qu’évoqua Lise, une ancienne paysanne dépossédée de sa terre.

Car, en 1974, une ZAD (zone d’aménagement différé) est créée. Elle permet au conseil général de la Loire-Atlantique d’acquérir, par droit de préemption, de la réserve foncière ! Le département acquiert ainsi, jusqu’en 1988, 850 hectares sur les quelque 1.250 prévus (et qui deviendront ensuite 1.600 ha).  Dura lex sed lex : la loi rate l’antique ! L’ancien décor perd une belle occasion de rester ce qu’il est.

C’est d’autant plus vrai qu’en 2000, sous le gouvernement Jospin, le projet ressort de la plus belle manière. La ministre écolo de l’époque, Mme Voynet, voit né..cessairement  (sans ses errements) l’urgence de rééquilibrer territorialement l’implantation des dessertes aériennes. Pour ne pas rendre l’ouest sinistré,  il semble urgent de déplacer l’aéroport de Nantes-Atlantique (créé au début des années 60) sur le site de Notre-Dame-des-Landes ». 

Mais c’est surtout Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes,  qui poussera à relancer cet aménagement dont il veut se faire le héraut. Il est, en effet, aux héritiers « Dumont* » peu lié.

La déclaration d’utilité publique est signée en 2008, en plein sarkozysme flamboyant, pour un aéroport qui accueillerait à terme neuf millions de passagers (pour un coût estimé à 581 millions d’euros). En 2010, l’Etat signe avec Vinci un contrat de construction et de concession du futur aéroport pour 50 ans. Couper les aulnes : art de Vinci !

Alors la révolte verte gronde. Une chaîne humaine se compose et scande « Aéroport Non ! ». On dirait actuellement #balancetonaéroport !  En 2009, un premier camp d’opposants s’installe sur les lieux, avides de militer, d’humilité en humidité (les terres le sont). Bientôt se crée la ZAD : la Zone à défendre. Le terrain devient belliqueux, ZAD y guerroie car il faut vols taire (Zadig est roi, car il faut Voltaire).

A l’automne 2012, c’est l’opération « César ». L’état tente, avec plus de 1000 gendarmes et policiers, d’évacuer les « zadistes » spécialiste de l’are ZAC (Zone à Conserver) et qu’ils veulent réduire à plat tôt en faisant sonner La Cavalerie. S’ensuit une guérilla bocagère : beaux cageots, boques âgées, bacs à joncs, sont lancés sur la tranche des représentants des forces de l’ordre. C’est la croix-ZAD visant à mettre une croix sur ce lieu de résistance et réduire à l’échec les chouans.

Mais César est contreproductif en voulant reconquérir ces ares avec tant de brutes us ! La lutte s’érige en symbole. Des soutiens viennent du monde entier pour encourager la ZAD. On ne regarde plus les rebelles comme des animaux curieux. On est loin des « ZAD : hommes à zoo » !

Le 16 novembre 2012, François Hollande réaffirme son soutien au projet et ne fait que remettre de l’huile sur le feu ! Le lendemain, une manifestation de « réoccupation » rassemble quelque 40 000 personnes dans la ZAD qui gênent Ayrault, génèrent râles ! Le premier ministre propose alors une commission de dialogue comme unique entame, communicante âme mais qui ne sert à rien.

A moult reprises, entre 2013 et 2015, le gouvernement tergiversera, attentant les décisions de justice pour lancer les travaux et permettre à Vinci, évincé, de vivre enfin lents travaux têtus avec l’entrave ôtée, tue…

En octobre 2015 des procédures d’expulsion reprennent et redoublent avec l’arrivée de Bruno Retailleau (LR) à la tête de la région des Pays de la Loire. L’homme heureux taille haut et aimerait que les bas-bas coulent.

-         Otez moi ces gueux de la ZAD, lance-t-il, en voulant leur faire boire le calice jusqu’à l’hallali ! Re-taïaut, taïaut !

Ces expulsions sont confirmées en janvier 2016 par le TGI de Nantes et provoquent un regain de tensions à Notre-Dame-des-Landes ! Pour calmer le jeu François Hollande propose un référendum local.

-         Si c’est oui à la question « Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? » alors le projet sera entériné.

En terrine est cette décision tant elle sent le pâté ! Les opposants désapprouvent le périmètre électoral retenu (le département) et la formulation de la question ! Comment en aimant autant leurrer faire un dogme ?

Il n’empêche ! La consultation a lieu et pond un 55,17 % de votes « OUI ». Donc, logiquement, l’aéroport aurait dû voir le jour mais les Zadistes n’en démordent pas et s’engouffrent dans une brèche gouvernementale : Ségolène Royal voudrait « arrêter les frais » et fait son show qui sème l’effroi chez Valls qui confirme une évacuation imminente de la ZAD !

Quand sur une case neuve se pose le remplaçant de Valls, il n’est plus question d’évacuer si ce n’est l’idée d’évacuation. Cela peut attendre ! Le nouveau premier ministre invoque un conte-en-cieux européen, une jolie fable étoilée qui vêt de l’habit du grand méchant loup l’Etat français pour sa mauvaise gestion du dossier !

Puis Macron devient Président et ravale sa position de campagne. Initialement il suivait le verdict populaire, celui du référendum. In fine, pour plaire à son Ministre Nicolas car toute situation qui sourit aime Hulot (souris et mulots ? Qu’est-ce-que cela vient foutre dans cette histoire ?). Par ailleurs, Emmanuel ne veut pas se trouver en porte à faux (de paysan) avec les engagements de la Cop 21 : l’avion ça pollue et fait qu’erre haut zen ! Lui, il a besoin d’être zen ! Pas de troubles ! Pas d’aéroport ! Il ne peut imaginer les bords d’ailes !

Notre Jupiter finit par jeter l’éponge !

Le projet tombe à l’eau : plouf ! Les Zadistes lèvent leurs verres, dans un même élan vert et crient victoire. Ayrault tique ! Retailleau pleurniche autant qu’après l’Affaire Fillon. La maire de Nantes, Johanna Rolland se demande ce que cet Etat ronce vaut et hurle à la « trahison ».

Il faudra négocier avec Vinci pour limiter les coûts de rupture de contrat car comme dirait un rocker mort : « les coûts, quand ils vous arrivent, oh oui, ça fait mal ! » et proposer d’élargir l’actuel aéroport de Nantes pour ne pas donner l’impression qu’on abandonne l’Ouest !

Et puis, il faudra engager la réallocation des parcelles agricoles. Les terres devraient revenir aux agriculteurs expropriés en 2012, contre restitution de l’argent obtenu lors de la cession. Encore faudra-t-il que les Zadistes évacuent les lieux sans broncher ! Or j’ai cru comprendre que certains n’en avaient pas l’intention et étaient prêts à en découdre avec les forces de l’ordre !


Affaire à suivre…

jeudi 18 janvier 2018

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS


UN FILM NOURRISSANT






On pensait qu’elle avait tourné définitivement la page du septième art mais c’était sans compter sur l’obstination de Marc Hélezespris. Le jeune réalisateur a su convaincre notre BB nationale de se remettre devant la caméra, pour le plus grand bonheur de ses fans (chiens de tous poils, bébés phoques et même quelques humains nostalgiques…).

Le film est insipide comme le goût des plats que tente de savourer Aubin Marie (Brigitte Bardot), boulimique frappée d’agueusie.

Le scénario est bien plat, mal cuisiné et ne tient pas la distance avec le modèle du genre « la grande bouffe » de Marco Ferreri (1973).

Marie ne peut s’empêcher de manger, de se perdre dans la nourriture pour oublier le mal qui la ronge : un passé glorieux d’actrice vénérée la rattrape dans ses nuits. Elle se lève (long passage nocturne où on devine vaguement une silhouette empâtée qui pourrait tout aussi bien être celle de Maïté évoluant dans une galerie minière, houilles ouille ouille !) et descend à la cuisine pour vider le réfrigérateur.

Pour l’accompagner dans cette déchéance  elle écoute un tango d’art (et non pas « elle écoute un temps Godard »). Ça lui donne un rythme soutenu et permet surtout de donner à ce film son unique support musical.

Elle mange, engloutit tout en vitupérant contre ces jeunes artistes allumeuses qui balancent leur porc sur les ondes et les réseaux sociaux. Et en parlant de porc, eh bien, elle en reprend. Et pas qu’un peu ! Avec de la mayonnaise mélangée à la Chantilly !

Mais le goût n’est pas au rendez-vous. Elle consulte un spécialiste, le Docteur Sam Etausne (joué par un jeune peu prometteur, Michel Picolloli, dont le nom n’est même pas inscrit sur le générique). Le spécialiste s’avère charlatan et, comble d’ironie, se vautre également dans l’abondance alimentaire.

Les deux êtres vont fatalement se retrouver dans la bombance orgasmique. Les morphales évoluent de concert, ignorant les maux des rations. Aucun des deux ne relèvera l’autre.

La fin suicidaire sous le miaulement strident des chats et l’aboiement douloureux des chiens constitue le point d’orgue de ce court métrage quelque peu navrant.

On se demande encore pourquoi BB s’est lancée dans cette aventure dans laquelle Hélezespris jouait gros (il aurait hypothéqué son mas « Scarpe-Aulne », belle résidence douaisienne où il a planté l’alnus).


Jouer gros pour un résultat qui risque d’être maigre…

mercredi 17 janvier 2018

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DRAME SOUS UN TOIT




En Californie, alertée par une adolescente échappée de l’enfer, la Police a découvert une nouvelle maison de l’horreur. Un lieu sordide se révéla aux yeux des policiers : treize frères et sœurs enfermés, dont un bébé de 2 ans, certains enchaînés à leur lit, affamés par leurs propres parents !
L’incommensurable ! Comment de telles situations sont-elles possibles ?
Le couple de bourreaux a été mis sous les verrous pour cas de torture et mise en danger d'enfants. Une caution de 9 millions de dollars chacun a été fixée pour leur éventuelle remise en liberté, a annoncé lundi la police du comté de Riverside, où est située la maison à Perris, à deux heures au sud-est de Los Angeles.
David Turpin, 57 ans, et son épouse Louise, 49 ans, n'ont, pour l'heure, pas expliqué pourquoi plusieurs de leurs enfants ont été retrouvés enchaînés à leur lit, en pleine obscurité et dans un environnement pestilentiel.
C'est l'une des sœurs, âgée de 17 ans, échappée de la géhenne, qui aura réussi à appeler le numéro d’urgence 911 depuis un appareil portable trouvé dans la maison.
Les services de protection de l'enfance ont ouvert une enquête.
Le plus surprenant voire le plus incroyable est que David Turpin est cité comme directeur d'une école privée à Perris, Sandcastle Day School, par un site internet du département de l'Education !
Autre fait insensé : l’inertie des voisins. Comment un couple a-t-il pu durablement séquestré une telle progéniture sans que cela n’attire l’attention ?
Une voisine, Kimberly Milligan, aura bien confié au quotidien Los Angeles Times que beaucoup de choses sur cette famille semblaient étranges, que les enfants étaient pâles, qu’ils avaient le regard vide, qu’ils ne sortaient jamais jouer, que peut-être ils suivaient des cours à domicile, sans pour autant chercher à en savoir plus.

Nous ne sommes pas dans ces pays déshérités où l’enfant sert d’esclave ou de petit soldat. Nous sommes en Californie, dans l’assèchement de cœurs parentaux et baignant dans les eaux troubles d’un voisinage aveugle.


Deux et deux feront treize
C’était plus qu’il ne faut
Quand on n’est pas à l’aise
Pour aimer ses marmots.

Un papa, une maman
Lançaient les anti-gay
A quel prix cependant
Quand le cœur s’est vidé

Quand la chair de la chair
Ne suscite qu’ennuis
Frelatés en colères
Dans le froid de la nuit

Treize enfants dévastés
Par ces jours innommables
Sans moindre humanité
Dans les yeux des coupables

Dans le noir, enchaînés
Sans mobile apparent
Une enfance brisée
Cents maux, biles, ah parents !

Ah parents sans statut
Sans dignité, sans âme !
Un univers s’est tu
Sous vos rites infâmes

La maison des souffrances
N’émut pas tant le doute
Des soupçons sous silence
Marchaient au long des routes

Treize vies sacrifiées
Le futur douloureux
Apprendre à retrouver
La passion d’être heureux…


mardi 16 janvier 2018

LES TRIBULATIONS D'UN MACRON EN CHINE





Emmanuel Macron avait souvent chiné dans sa vie, s’était échiné à trouver l’objet rare : la queue de lézard dans un bocal de formol qui complèterait sa collection.

Il en avait vu des chineurs, mais pas de Chinois. Et pourtant, la Chine il en rêvait depuis qu’il avait dévoré, à 4 ans et toutes ses dents, le livre d’Alain Peyrefitte « Quand la Chine s’éveillera…le monde tremblera », paru en 1973.

Le manque vient d’être comblé sous l’effet d’un superbe voyage en Chine où notre Jupiter national prit plaisir à discuter avec des dirigeants toujours disposés à parler d’hommes en marche. On n’oubliera pas la longue marche de 1934 que la Chine aime à honorer, vénérer  (La Chine et Mao : nos rêves aînés raient !).

Oui, Emmanuel a atterri à Xian en gommant toute trace de moue à l’endroit de l’Empire du milieu qui propose à tout temps pire d’humilier. Oui, cette moue réprobatrice, seul indice de mécontentement, ce lundi s’éteint, ce lundi 7-01.

Il ne s’agit pas de fâcher l’hôte à riz, cantonné dans son mauvais rôle. Alors notre Président déploie un grand sourire en visitant  Xian, la cité millénaire sans ressentir qu’on y ait mis les nerfs de l’insupportable. Xian est le point de départ de l’ancienne route de la Soie. C’est donc tout un symbole qui va de soi, et pour lequel on doit lever nos vers, dirait Virgile.

Le Président chinois Xi Jinping n’est pas d’ailleurs le dernier à apprécier cette route qui menait, jadis, à Antioche et s’assoit, rit, en levant son verre tout en martelant gaiement qu’il va créer de nouvelles routes :

-      Soyons soyeux, et construisons des nouvelles routes, des ports, des lignes de chemins de fer qui impliqueront 65 pays et nous feront débourser plus de 1.000 milliards de dollars.

Emmanuel approuve car la France pourrait bien profiter de cette manne. D’ailleurs il va en reparler ce soir, au dîner. S’il pouvait placer quelques contrats juteux pour Areva, Airbus, Thalès…

Effectivement, le soir, dîne avec Xi Jinping et sa femme. Brigitte est là également et ne tarit pas d’éloges sur le petit panda du zoo de Beauval dont elle est la marraine.

-      Il est trop mignon, lance-t-elle, tout en mastiquant un nem récalcitrant. Merci pour ce cadeau !

Oui, rappelons que la mère du Panda est un présent (enfin un prêt) fait par les Chinois en 2012. Mais le centre de la discussion s’oriente surtout vers la continuité des relations économiques entre les deux pays : tout arrêt valide heurts et presse anti-Paris ! Et donc tout Areva, leader est pressentie ; pari !

La grande entreprise française gagne le gros lot : la construction d’une usine de retraitement de combustibles nucléaires en Chine. Le contrat pourrait faire gagner 12 milliards d’euros à la société dirigée par Philippe Varin.

-      Vous verrez, lance Macron, Areva maîtrise parfaitement, comme à la Hague, chez nous ! Hague y chante l’attrait ! Tous les pays nous envoient leurs déchets ! Ils en profitent aussi, parfois, pour nous acheter du vin. C’est l’heure des chais ! Vous aussi, Chinois, n’utiliserez pas en vain l’atome ! Vous honorerez la Cop 21 du début à la fin : production et retraitement. Une véritable transformation, loin des énergies fossiles mais si certains, en voyant la mue, raille !


-      Vous voulez parler de Trump, le climato-sceptique ! Bah, ne gâchons pas notre repas avec cet individu raciste qui compare certains pays à de la merde et de ce fait cale dans son honneur, sans compter qu’il a des propres problèmes avec ses amis et se voit haïs siens !

-      Oui, évitons de parler de ce psychopathe. Tiens à propos de fou furieux, que devient votre voisin, le Coréen Kim Jong Un ?

-     Il a l’air de se calmer et j’ai même entendu dire que Pyongyang pourrait participer aux JO d’hiver de Pyengchang. Nord et Sud se rapprochent, apparemment.

-      Ah, ah, c’est bien ! Rien de tel que le sport pour ressouder un peuple. Espérons qu’ils auront des médailles en étant des Corées.

-      Hi, hi, très bon humour, me glisse mon interprète. Je pense que Kim va s’assagir. Actuellement, sa menace nucléaire s’estompe car il veut faire l’exquis, et pour c’là l’omet !

Les agapes se poursuivent et sont l’occasion d’autres discussions à caractère économique.

Avec la levée de l’interdiction pour les couples de n’avoir qu’un seul enfant notre natalité décolle et nous pose des colles et pas mal d’écoles. Le lait infantile pourrait nous manquer ! Cher Emmanuel, la France pourrait-elle nous livrer ce genre de denrée, lance Xi ?

Et bien, heu, c’est-à-dire, mon cher Xi Jinping, la conjoncture est assez défavorable. Notre groupe Lactalis a, disons, quelques problèmes. Mais que faire alors que l’absence de probité ne devrait pas atteindre un grand groupe mais que la sale monnaie l’ose ?

Le repas s’achève sur une boisson que Brigitte ne peut saquer tant elle fait des cauchemars la nuit.

Le lendemain, elle est tout juste « frais et dispo » pour visiter la cité interdite. Elle admire les pavillons de l’harmonie suprême, de l’harmonie parfaite, de l’harmonie préservée en se disant que ce mot d’harmonie, lui va droit au cœur, et à celui de son mari, si loin de larmes honnies. Emmanuel, lui, tout en devisant de la beauté architecturale, place de ci de là, cahin caha, quelques dithyrambes sur les joyaux de l’industrie française.

Une cérémonie d’accueil a lieu au Palais du Peuple, érigé du côté ouest de la place Tian’anmen et Jupiter pense, inévitablement, aux évènements de 1989. Il ressent l’envie de parler des droits de l’homme mais, une petite voix l’en dissuade et il retire cette pulsion de la même façon qu’une jeune servante, pour ne pas salir le mas, ôte ses tongs.

Vient la grande cérémonie des accords et des contrats. Outre le mirifique marché pour Areva, on notera une superbe bouffée d’oxygène (il vaut mieux car l’occis gène) pour Airbus : 184 moyen-courriers A320 ont été commandés par les Chinois. Dans un grand élan de reconnaissance, pour tant de bontés, notre Jupiter offre à son hôte un superbe cheval de la garde républicaine.

-      Je vous offre cette ombre gaie, heu, cet hongre bai, brun, de 8 ans. Voilà, je vous le montre en photo. Il se nomme Vésuve de Brekka et vient d’un haras de la Manche. Il est très propre, jamais de Brekka sent, en revanche, heu Debré cassant…mais, heu, je ne vais pas vous parler de politique française. Par contre, heu, en n’étant pas trop à cheval sur la diplomatie de Bonn-à-lois, pour évoquer la rigueur de la chancelière, j’aimerais vous parler des droits de…

-      Oui Emmanuel ?


-      Des droits de..de hauteur, heu, des droits d’auteur ! Je voudrais exporter mon livre « Révolution » vers votre beau pays. Je pense que le titre vous paraît déjà très culturel !

-      Nous verrons cela plus tard, cher Emmanuel. Allez, trinquons encore.


Mercredi, Brigitte et Emmanuel quittent le sol chinois. L’homme en marche voit se dérober les contours d’un pays dont il est devenu un gros fournisseur. Un petit pincement l’étreint dès qu’il songe à la veuve du dissident Liu Xiaobo (Prix Nobel de la Paix – 2010), placée en résidence surveillée. Il pense à Liu, l’écrivain qui ne laissera pas l’écrit vain après sa mort par cancer. C’est sûr, la prochaine fois qu’il verra Xi Jinping, il parlera franchement des droits de l’homme…

samedi 13 janvier 2018

MARINE EN PERM' A NANTERRE, PERD MANNES, ENTERRE...SES ILLUSIONS



Depuis son débat raté qui n’était pas débat racé (de toute idéologie) Marine Le Pen broie du noir (remarquez que ça ne change pas trop ses habitudes) et voit des envahisseurs partout. Elle a consulté son médecin qui lui a dit, parodiant notre chère France, récemment disparue :

Débranche ! Ou bien résiste !

Marine n’a jamais su trancher. Elle aurait bien envie de tout débrancher, de tout lâcher. Mais qui pour la remplacer ? Elle ne voit pas de successeurs et ne verraient pas briller avec succès ses sœurs. Marion ? La nièce a décroché et on ne peut dire que le poste de la tante la tente. On est dans l’attente ! Que faire ?

Résister ! Oui, pourquoi pas ? Changer de nom pour le parti ? Le FN n’a que trop vécu et il véhicule une réputation sulfureuse ! Élan souffre ! Ne dit-on pas régulièrement F-haine ? Mais quel nouveau nom ?

Elle a conscience que près de 80 % des adhérents sont contre tout changement de nom ! Un sondage le rapporte et elle a fini par croire autant aux sondages qu’elle n’espère plus rien des banquiers. La Société Générale lui a fermé ses comptes et ça l’empreint ! Pour trouver de l’argent elle a dû vendre le Paquebot, son siège, et ça lui fait mal aux oreilles comme l’otite à niques ! Elle a des à-coups-FN et c’est particulièrement désagréable.

Elle a retrouvé le siège du mouvement, la mort dans l’âme, enfer blanc. Le fameux siège de Nanterre où FN enterre ses illusions dans un sol minant, terrien (sol mis nantérrien).


Elle est fatiguée et repense à cette vie de politicienne de guingois. Elle aurait tant voulu être actrice. Sa blondeur, après tout, aurait bien donné le change à celle de Marina Vlady. Ah, la pauvre Marina. Avoir eu tant de gloire et terminer misérable avec une retraite de 600 euros par mois. Bah, finalement elle lui ressemble. Elle aussi, Marine, n’a plus rien à Smet et jaunit à l’idée de vendre des bijoux de famille. Mais enfin, à choisir, elle préférerait être impécunieuse mais avoir le passé glorieux de la blonde cinématographique !


D’une princesse de Clèves elle aurait eu l’aura
Loin des affres du père, la gégène à Papa
Elle aurait su jouer l’adorable menteuse
Un rôle conçu pour, sans se dire prétentieuse

Devant la caméra que la fête commence !
Sa blondeur, son sourire auraient crevé, immense
L’écran des salles sombres ! Elle eût été sorcière
De ce grand septième art, sous l’éclat des lumières !

Marine est Marina et sa robe erre aux scènes
Elle reçoit des oscars, des trésors de mécènes
Et pour les bonnes causes donne un peu de sa vie

Mais voilà, tout se meurt dans la nuit des espions
Liberté surveillée, l’héritage d’un nom
Fait qu’elle ne fut pas elle : La Marine, hâve, l’a dit !



jeudi 11 janvier 2018

ET JEAN-JACQUES DE TEMPÊTER !




C’était en 2014, en février. La tempête Andréa avait frappé le littoral atlantique et la plage de Lacanau, en Gironde, avait perdu cinq à dix mètres sous les assauts de l’océan.

C’est à cette époque que Catherine Ceylac, après avoir hésité entre thé et café, s’était concocté, in fine, un chocolat chaud avant que de sortir prendre l’air et d'être en jetée (et d'étranges thés ?). Elle avait quitté ce petit meublé loué sur place et, la tempête s’étant essoufflée, avait profité d’un rayon de soleil pour se faire une cure d’iode.

Sur la plage gît rondin. De ce tableau déborde laid, sinistre le sentiment d’abandon.

Qu’elle ne fut pas sa surprise de croiser Jean Jacques Annaud. Le cinéaste ne la reconnut  pas. Elle avait l’impression qu’il rasait les murs à défaut de sa chevelure blanche de plus en plus impressionnante. Catherine crut d’abord qu’il faisait l’ours mal léché sortant de sept ans au Tibet sur un coup de tête ! Elle l’interpella :

-      Hé, Jean Jacques, c’est moi, Catherine Ceylac !

L’homme ne réagit pas et il n’y avait guère du feu dans son regard fatigué.

-      Catherine Ceylac, de France 2 ! L’émission « thé ou café » !

L’homme la dévisagea, hébété, puis se risqua :

-      Désolé, je ne connais pas tout le monde ! Je ne vais pas vous faire du cinéma : votre tête ne me dit rien !

Catherine s’enflamma :

Ma tête non ! Mais ma bouche oui ! Elle vous dit que je suis Mme Ceylac ! Vous ne m’avez jamais vue à la télé ?

L’homme lui tournait le dos, hypnotisé par le désastre de la tempête :

Qui que vous soyez, Madame, vous n’êtes qu’un grain de sable dans cet univers en colère. Regardez-moi cette apocalypse. Les éléments se sont déchaînes. La nature reprend ses droits ! Érosion, tempête, montée des eaux seront le lot de l’humanité dans les années futures. Ici même on construira une digue. Mais elle ne durera pas. D’autres tempêtes afflueront, à qui on donnera de jolis prénoms comme Carmen ou, je ne sais quoi d’autre encore, peut-être Eléanor. Ce genre de vain combat, belle illustration du mythe de Sisyphe, pourrait bien faire l’objet de mon prochain long métrage. C’est pourquoi je suis venu ici ! Trouver mon inspiration.

Catherine se piqua de curiosité :

Mais c’est  un cas fait récent, heu un thé récent, heu… intéressant ! Vous aimeriez qu’on en parle en face à face lors de mon émission ?

Le cinéaste se retourna, la fixa dans les yeux :

Je n’en vois pas l’intérêt !

La dame cathodique, d’un ton catholique, fit preuve de courtoisie :

Allez, on en parle autour d’un pot !

Un pot ! Le mot résonna dans sa tête et devint impôt. Il se sentit mal dans son assiette ! Une autre tempête souffla dans son crâne, dont il ne pouvait se vanter. Il se vit, sous le vent, soulevant des remords d’avoir placé sa richesse aux paradis et aux liens éoliens des îles Caïman.

Il sortit de sa torpeur, esquissa un sourire et finit par dire, laconique :

Ok !

C’est à ce moment-là qu’un touriste prit une photo à la dérobée, utilisant un smartphone scélérat. Jean-Jacques le somma d’arrêter mais il était déjà trop tard. L’homme avait pris jambes à son cou comme le dernier loup échappant à une meute de chasseurs mongols fiers.


Et c’est cette dernière image qui influença le metteur en scène…

mardi 9 janvier 2018

FRANCE DÉBRANCHE ET REJOINT MICHEL DANS LE PARADIS BLANC


C’est le 9 octobre 1947 que naît à Paris, Isabelle Geneviève Marie Anne GALL  qui se fera connaître sous le nom de France-Gall pour faire un clin d’œil à une rencontre du tournoi des cinq nations durant laquelle un coq se bat contre le poireau, sans qu’aucun des deux n’ergote ou ne poireaute.

A l’image d’Obélix qui est plongé petit dans le chaudron de potion magique, France baigne dans la musique, dès son enfance. Son père est Robert GALL (RG mais à ne pas confondre avec le père de Tintin). Il est chanteur et auteur mais, musicalement, il ne joue pas de scie, Gall. Sa plume est brillante. Il écrit notamment « la Mamma » pour Charles Aznavour. Du côté maternel, France est gâtée aussi. Cécile Berthier, sa mère, n’est autre que la fille de Paul Berthier, cofondateur des petits chanteurs à la gueule de bois, mais également nièce de Jacques Berthier, compositeur et organiste.

Toutes les bonnes fées musicales se penchent donc sur son berceau et de brillants trouvères sont invités par ses parents : Hugues Aufray, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud…

Avec une méthode à 6000 (partitions) et une grande facilité, Isabelle (oui elle s’appelle encore Isabelle)  commence le piano à 5 ans. Puis la guitare la démange, alors elle gratte un p’tit peu.

Avec ce petit bagage musical elle rejoint ses frères jumeaux pour former un groupe « les martin-gall » car les deux frangins sont baryton martin. La formation fait son petit bonhomme de chemin de Gall-à-pas gosses...

En 1963, elle enregistre ses premiers titres sous l’impulsion de son père, qui remettra les enregistrements à Denis BOURGEOIS, éditeur de musique. Et Bourgeois, gentilhomme, qui la trouvait très molle hier, jugera qu’elle a beaucoup plus d’entrain.

Rapidement France est appelée à auditionner au Théâtre des Champs-Elysées, et signe alors un contrat chez Philips qui ne trouve pas rasoir sa musique. Hélas, c’est  à ce moment-là  qu’elle se voit acculée d’abandonner son prénom, à cause d’une certaine Isabelle Aubret :

De ce prénom j’en fais ras, tant pis, je prends donc le pseudo de France Gall !  

Le 9 Octobre 1963, le jour de ses 16 ans, France entend pour la première fois une de ses chansons à la radio. C’est « ne soit pas si bête », un tube pour les idiots qui, bien ancré, tint.

Denis BOURGEOIS a la chance de veiller à la carrière de Gainsbourg. Aussi, demande-t-il à l’homme à la tête de chou d’écrire quelques feuilles, aux petits oignons, pour France. Ainsi naîtra, entre autres, "N'écoute pas les idoles" qui se place en tête du hit-parade du mois de mars 1964 et qui énerve Johnny, notamment lorsque l’idole déjeune.

L’époque est aux artistes qui pillent allègrement dans le répertoire américain ! Johnny va revisiter le pénitencier des animaux (The animals) et Cloclo utilise le marteau (pas la faucille) des Weavers.

France, elle, souhaite chanter des titres originaux et, pour ce faire, s’entoure de brillants paroliers : Gérard Bourgeois, Pierre Cour, Joe Dassin, Pierre Delanoë, Alain Goraguer et même Guy Magenta qui verra rouge en écrivant « on t’avait prévenue »

On l’avait prévenue, mais de quoi ? Qu’elle serait sélectionnée pour représenter le Luxembourg, ce paradis fiscal, pour le grand prix de l’Eurovision ! Attention aux conflits d’intérêt. C’est encore Serge qui s’y colle en pondant une « poupée de cire » (nullement enregistré dans les studio de l’abeille-rôde), quelque peu controversée, et qui permettra à France de remporter le grand prix (1965). La chanteuse décroche le gros lot en dépit d'une prestation moyenne au gré d'un filet de voix mal posé dont la justesse laisse à désirer. Par la suite, France gagnera en exactitude, en souffle, en maîtrise de ses cordes mélodieusement vocales.

L’année suivante, l’homme qui ne souhaite pas que gains s’barrent,  sort un nouveau tube pour la blonde candide « Baby pop », initialement prévu « Bée bis pope » et qui aurait dû évoquer un religieux orthodoxe entrain de bayer aux corneilles mais, là, franchement, c’eût été peu vendeur. Dans la foulée, le cynique personnage sort « les sucettes » une chanson à double sens que la plus que jamais innocente interprète comprendra comme une gentille ballade évoquant une jeune femme, Annie, qui aime les sucettes…à l’anis. France se rendra compte, mais trop tard, que Serge lui avait fait interpréter une œuvre plus qu’ambiguë.

En 1968, alors que les pavés volent bas, France a quitté Serge et enregistre des titres qui n’iront pas à la poste hériter du sésame de longévité. Cette année-là, elle devient majeure et décide de ne pas renouveler le contrat avec Philips. Elle signe avec La compagnie, une nouvelle maison de disques fondée par des artistes comme Hugues aux frais de gestion, Nicole croise-îles pour rester dans la nouvelle vague et Michel Colombier qui laisse les piges aux niais et préfère la chanson française.

Cet attelage ne fonctionnera pas bien. Et le désert avance…

Finalement, la révélation aura lieu en 1973 ! France entend Michel Berger à la radio. C’est comme un coup de foudre radiophonique.

Ce qu’il chante c’est exactement ce que je ressens, dit France, on dirait que c’est moi ! Oui, c’est vraiment moi, ça se sent, ça se sent, ça se sent que c’est moi !

France veut connaître ce Berger qui progresse sans mous tons. Les deux chanteurs se rencontrent lors d’une émission de radio. France demande à Michel :

J’aimerais avoir ton avis sur les chansons que mon producteur voudrait me faire interpréter.

Devant la moue ineffable de Michel, France comprend que « ça va pas l’faire ». Le bon Berger propose alors d’écrire pour celle qui sera sa future femme.

C’est ainsi que naît en 1974 « La déclaration d'amour", premier succès d'une longue liste. La carrière de la chanteuse sort d’une longue léthargie et prend un nouvel essor.

En 1976, 
Michel BERGER écrit une comédie musicale inspirée de La petite sirène, dont l’héroïne est, comme il se doit, France Gall. 

Les deux tourtereaux révèlent, à cette occasion, le duo mythique "Ça balance pas mal à Paris" qui n’a rien à voir avec la vague de délations que connut la capitale durant les heures sombres de l’occupation.

Un couple est formé. Le mariage est consacré et donnera naissance à  Pauline Isabelle le 14 novembre 1978  et  à Raphaël Michel  le 2 avril 1981, en plein tontonmania.

L’année suivante, France  accepte le rôle de Cristal (sans hash) dans l'opéra rock Starmania. Cette œuvre est, bien sûr, composée par son mari et écrit par le québécois Luc Plamondon qui, compte tenu du succès du spectacle, dira :

Il n’est pas si plat mon don !

En 1982, France se donne entièrement, elle donne "Tout pour la musique", et se produit au Palais des Spores de Paris (elle a par ses chants pignon sur rue). C’est un ravissement sur une scène électrisée que nourrissent des titres comme « Résiste" et "Il jouait du piano  Debout", évoquant, même si c’est un détail pour vous, l’inclination touchant  le compagnon de Chantal Goya, à ne pas s’asseoir quand il est au clavier.

Mais, bien au-delà de la musique, c’est sur le terrain humanitaire que le couple va se distinguer. Durant les années 80, France et Michel filent en tropiques pour mener des combats du même nom.

Ces implications  n’empiètent pas sur la carrière solo de France, puisqu’elle se trouve au Zénith de Paris ! Elle y interprète des titres comme « Débranche », chanson avant-gardiste traitant de la nécessité de ne pas gaspiller l’énergie électrique, ou encore « Cézanne peint » en hommage au roi du pinceau de la Sainte Victoire.

En 1987, la gorge un peu nouée, France chantera l'émouvant "Évidemment"  en hommage à Daniel Balavoine, l’ami disparu un an plus tôt dans un Paris-Dakar meurtrier. La vie ne sera plus comme avant…

Suite à cette disparition, France décide de prendre du recul. Elle ne reviendra en studio que si la démarche débouche sur un album avec Michel. Le projet aboutira. En 1992 sort l’album « double jeu », prometteur et annonciateur de futurs concerts.

Hélas, la camarde qui n’a jamais pardonné à Brassens de lui avoir semé des fleurs dans les trous de son nez, va poursuivre d’un zèle imbécile le pauvre Berger, qui trépassera d’une crise cardiaque, le 2 août 1992.

C’est un déchirement pour France. Elle perd brutalement l’amour de sa vie, son compagnon de musique, son génie créateur, le père de ses enfants.

Elle entame alors une retraite de la vie artistique juste entrecoupée de quelques passages à Bercy (1993) ou à l’Olympia (1996).

La mort de sa fille, le 15 décembre 1997, d’une mucoviscidose, ne fait qu’altérer davantage sa santé, déjà bien émoussée par un cancer qu’elle traîne depuis 1993.

Trop faible pour assister aux obsèques de Johnny, elle finira par rejoindre le rocker dans le paradis blanc, ce 7 janvier 2018, à l’âge de 70 ans.



France nous laisse l’image d’une jeune femme joyeuse et combative, le cœur sur la main. Sortie comme un produit de lessive à l’époque du yéyé flamboyant, elle aura su trouver sa véritable place dans le panthéon de la chanson française, à la faveur d’une lumineuse rencontre avec Michel, l’homme de sa vie qui savait chanter en elle et faire vibrer les mots qu’elle pensait si fort.