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dimanche 7 mai 2023

A QUOI REVAIT CHARLES ?

Tous les yeux de la planète (enfin, presque tous) étaient tournés vers Londres (Royaume-Uni) et l’intronisation de Charles III ce samedi 6 mai. La journée a été marquée par des fastes et des traditions, des protocoles interminables, mais aussi par l’émotion du roi.

Devant 2 200 invités, des chefs d'État et de gouvernement, des monarques du monde entier, il a prêté serment sur la Bible et a reçu la couronne de Saint Édouard. La solennité du moment n’a pas empêché l’émotion de pointer le bout de son nez lorsque William, l’héritier, est venu prêter allégeance à son père.  William, le fils fidèle ! Il a pensé à Harry, le rebelle, reparti aussitôt après le couronnement pour les Etats-Unis, retrouver sa Meghan et son fils Archie, dont il devait fêter l’anniversaire.

Charles devenu Charles III, encore endeuillé du départ de sa mère, a revu son enfance, ses amours incertaines, l’inanité de son combat pour sauver la planète.

La foule l’acclamait mais il vit aussi les hostiles, les antimonarchiques qui vilipendaient le ridicule de toute cette cérémonie coûteuse.

Il sentit peser sur ses vieilles épaules le poids innommable des responsabilités. Le ciel était gris, la pluie jouait aux trouble-fête. Charles venait de sortir de Westminster avec une couronne perlée d’incertitudes. Le Monde avait changé, il ne l’avait pas vu se métamorphoser.


A quoi pensait le roi sous sa couronne dense ?

A tout ce temps perdu dans ces cours inutiles ?

Au sourire de sa mère, à Diana, son silence ?

A quoi pensait donc Charles qui ne fût pas futile ?

 

Au loin, l’homme entendit le canon résonner

Pour la gloire de son règne. Et lui revint l’Ukraine

On se battait là-bas, les obus de la haine

S’attachaient à la mort, comme une éternité.

 

Autour de lui le monde, le Gotha et les clercs

Une chorégraphie de lenteur indicible

Protocole royal de sa douce Angleterre

Dont il devait porter le sceau indélébile.

 

Réapparut le Monde, au sommeil outragé

Les plaies d’une planète, qu’une chaleur condamne

Sur ses vieilles épaules il sentit s’affaisser

Les espoirs d’un meilleur, sous la fleur qui se fane.

 

Sœur Anne, ô ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Le long déclin des flores, et la montée des eaux.

Il entendait les chœurs, clamer jusqu’au soupir !

Il ne vit qu’une foi aux sanglots vespéraux.

 

Son sceptre s’érigeait comme un feu de détresse

Il sourit tristement, son trône vacillait

Sous le poids des remords, des froids de maladresse

Qui de son fils, Harry, avaient l’âme brouillée.

 

Il revit son chemin, ses errances lointaines

L’amour de Camilla dans les bras de Diana

Il rêva d’un soleil, et de plaines lunaires

D’un champ de plénitude, en ce lieu, il rêva.

 

Tout ce faste clinquant assourdissait son cœur

N’était-il donc sur Terre que pour devenir roi ?

Dieu gardait son silence, au sein de Westminster

Il fixa les statues aux pierres de désarroi.

 

Il repartit, carrosse, sous un ciel incertain

Quelques saluts fragiles, d’un geste de la main

Pour ce peuple fidèle au grand feu monarchique

Sous sa peau frissonna l'effroi mélancolique.


vendredi 5 mai 2023

UN LIVRE CAPTIVANT

UN LIVRE CAPTIVANT (Las des pêches du Midi) Simone signe « Hauts rets » un livre contant sa vie de pêche en haute mer. Elle parle de sa sœur Sophie, des marées, des craintes de sa mère quand Mélanie doutait ! Elle évoque son enfance, la chorale du port, où sa petite sœur Brigitte faussait tandis que son cousin Charles traînait en ralentissant le tempo de la mer le long des golfs clairs. Elle s’épanche sur des détails, le collier de coquillages que sa tante Mathilde ceignait autour de son coup, les trous dans la coque du vieux flobard que son amie Élodie bouchait avec du chewing-gum ! Ce flobard que l’innovant tuera, remplacé par un grand chalutier nommé Noé, en référence à l’arche ! Très vite Noé mit merlans et autres poissons dans ses filets ! Simone détaille ses succès pélagiques, avec lesquels sa belle-sœur Caroline s’est liée ! Un livre passionnant où se mêlent gens, gars, bains d’enfance mais aussi peur des dangers car parfois brune-ocre est mer et le bateau face à la vague 🌊 dure et mont paie le grain !

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mercredi 15 mars 2023

L'INFLATION REVIENT



 L'inflation revient, elle nous rappelle les années Giscard-Barre. La sécheresse liée au réchauffement climatique, la guerre en Ukraine, et les manœuvres spéculatives de certains ont raison du porte-monnaie, principalement celui des plus pauvres.

Le conflit actuel, la grogne populaire, portent sur la réforme des retraites. Mais, dans le cortège des mécontents s'immiscent aussi les affres de la vie chère. 

La France a déjà dépensé 43 milliards d'euros en aides diverses (remise carburant, bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie, revalorisation des retraites, prestations sociales et primes de rentrée, limitation des hausses de loyer à 3,5 % maximum, prime de partage de la valeur dans les entreprises...), et ceci depuis deux ans. La question est de savoir comment juguler l'inflation en aidant les plus nécessiteux sans pour autant creuser davantage le déficit budgétaire ?

En attendant, des tractations s'exercent entre la grande distribution et les grands groupes alimentaires pour tenter de minimiser les marges. Car l'inflation la plus palpable est celle qui frappe les produits de première nécessité : les nutriments.

Dès lors, une longue cohorte de caddies sous-alimentés se pointe aux caisses des supermarchés ! Les yeux fixés sur les étiquettes, le consommateur infortuné recherche le meilleur rapport qualité-prix avec, au ventre, un je ne sais quoi de carence, d'insuffisance nutritive, qu'il partage avec ses enfants.   



S’étiolait le pouvoir d’accaparer les choses
Des chariots décharnés pleuraient leur satiété
Sous le halo froissé de nos rayons moroses
S’époumonait l’écho des flux monétisés

Bouclages en tortures des fins de mois austères
Chemin paupérisé de ruptures glacées
Abandon déchirant de plaisirs secondaires
La loi du nécessaire en stricte vérité !

On guettait l’occasion, l’éclosion des remises
Quand, du porte-monnaie, les doigts palpaient le fond
Le printemps révélait d’impécunieux bourgeons

L’achat portait sa croix d’inflation délétère
Et sur le Golgotha policé de misère
Geignait l’âme perdue des richesses promises.

mardi 17 janvier 2023

GINA DANS LA MAGIE D'ESMERALDA

 




Gina Lollobrigida est morte. La star italienne avait 95 ans. Son décès a été rapporté ce 16 janvier 2023 par l'agence de presse italienne Ansa. "L'ancienne sex-symbol avait fait une chute à son domicile romain en septembre dernier. Elle s'était cassée le col du fémur et avait été hospitalisée", souligne BFMTV. Petite biographie de cette grande figure du cinéma.

 

Gina Lollobrigida, de son vrai nom Luigia Lollobrigida est née le 4 juillet 1927 à Subiaco et a subi assauts de fées penchées sur son berceau l’incitant, déjà, à crever l’écran. Aussi, très vite, elle quitte son milieu ouvrier pour monter à Rome et devenir étudiante à l’Académie des Beaux-Arts.

Romaine, l’es-tu ? Se pose-t-elle souvent comme question. Ou va-t-elle aller ailleurs ? Elle se voit confier un rôle dans un Rome-en-photo et se fait remarquer pour sa beauté plastique. En 1947, elle termine deuxième au concours de Miss Rome et troisième à celui de Miss Italie , pays connu pour ses prix de bottées !

Durant quatre longues années (1947 à 1951), le cinéma, ne lui offre que des rôles secondaires : L’Aigle noir de Riccardo Freda, où Barbara ne figure pas au générique, « Traqué dans la ville » de Pietro Germi, et d’autres… Arrive, enfin, le film de Christian-Jaque « Fanfan la Tulipe », où elle interprète Adeline, dont tombe amoureux Fanfan, incarné par Gérard Philippe !

En 1952, elle se retrouve devant les caméras de René Clair qui lui dit : - Foncez ! Elle jouera donc dans « Les belles de nuit », rivalisant de beauté avec Martine Carol. Puis Luigi Comencini, comme en ciné ardent, la fait jouer dans « Pain, Amour et Jalousie » qui n’est que la suite de « Pain, Amour et Fantaisie », au côté de Vittorio de Sica, qu’elle envoûte !

Ces films lui donneront une stature internationale. Le Britannique Carol Reed pensera à elle pour jouer une fille de cirque dans « Trapèze » avec Burt Lancaster et Tony Curtis. Elle se répète alors, inlassablement, qu’elle est faite pour être enfant de la balle et mantra pèse !

Enfant de la balle, elle le demeure en incarnant Esmeralda, la bohémienne saltimbanque de « Notre-Dame de Paris », de Jean Delannoy. Un de ses plus grands rôles. Elle porte secours à Quasimodo, incarné par Anthony Quinn.

Elle repart aux USA, où elle crève l'écran devant les caméras de John Sturges, en 1958, dans « La proie des vautours ». Elle y côtoie Frank Sinatra et Steve MacQueen. En 1959, dans « Salomon et la Reine de Saba » de King Vidor, elle a comme partenaire Yul Brynner, moins chauve que jamais.

Au début des années 60, elle jouera dans « Vénus impériale » de Delannoy. Elle y incarnera Pauline Bonaparte avec beaucoup de ressort (oui, être en Pauline ça aide !). Elle aura notre Bebel national dans « La mer à boire » de Castellani (1963)

Privilégiant la comédie, Gina Lollobrigida paraît encore dans « Les Poupées » de Mauro Bolognini avant de retrouver Rock Hudson dans « Etranges compagnons de lit », un film de Melvin Frank (1965). 

1968 est une année charnière dans la vie de Gina qui met fin à dix-neuf années de mariage, perdant ainsi son impresario. Elle met un frein à sa carrière après le tournage de « Buona sera Madame Campbell » de Melvin Frank. Elle participe encore au western parodique « Les quatre mercenaires d’El Paso » d’Eugenio Martin, sentant que parodie n’est pas paradis, sous l’œil goguenard de paparazzi.

Alors elle devient la fée turquoise (1972) qui aide Pinocchio à devenir un petit garçon. La série de 6 épisodes, de Comencini, fait la joie des tout petits, des ménagères de +/- 50 ans et des maris honnêtes.

Après le drame « Roses rouges et Piments verts » de Francisco Rovira Beleta (1973) avec Danielle Darrieux, où elle joue le rôle d’une photographe, elle cesse de tourner pour se lancer dans une nouvelle passion : la photographie ! On croyait à la mort de sa vie artistique mais la faux cale !

Elle revient à la télévision en 1984 dans plusieurs épisodes de la série « Falcon Crest » : faut qu’on vive, se dit-elle. En 1985, elle joue dans la série « Prête-moi ta vie » en commençant à en avoir assez d’être une souris de série qui sourit.

En 1986, elle est présidente du jury du Festival international du film de Berlin et y reçoit la Caméra de la Berlinale, récompense créée et décernée aux cinéastes et aux acteurs qui ont rendu d'éminents services au festival.

Ses derniers rôles remontent à 1996 dans le feuilleton italien Una donna in fuga, et dans le film français XXL, d’Ariel Zeitoun, auprès de Gérard Depardieu et Michel Boujenah.

En 1999, Gina Lollobrigida se présente aux élections européennes numéro 2 sur la liste d'Antonio Di Pietro mais échoue pour accéder au Parlement européen, dix pieds trop loin. Elle se consacre alors à la sculpture, cet art qui éclot d’elle. Mais la photographie ne la quitte pas non plus.

Elle vient de nous quitter ce 16 janvier 2023. Mais nous reste en mémoire le merveilleux visage d’Esmeralda, la grâce infinie d’une danse voluptueuse sur le parvis de la cathédrale, et ce regard de velours d’une beauté extraordinaire.








Gina, fleur d’émotion, coquelicot de feu

Se cambre au fil des vents d’une musique folle

Son cœur d’Esmeralda, sur ce parvis s’envole

En transes volatiles, d’un astre merveilleux.

 

Hypnotique vision à damner son essence

A suffoquer d’amour dans l’intense brasier

Qu’un âtre malicieux de la concupiscence

Attise de passions, de foudres essaimées.

 

Gina, Esmeralda, volupté d’une transe

Les seins gorgés d’hymen à sublimer les cieux

Virevolte, tournoie, envoûte mille yeux

 

Flux d’ensorcellements, arabesques lascives

Une flamme charnelle à l’aura suggestive

Un mystère amoureux dans les plis d’une danse.


vendredi 6 janvier 2023

A LA MANIERE DE RAYMOND DEVOS - 1

J'entame une nouvelle rubrique "à la manière de Raymond Devos" pour honorer sa mémoire. Je ne suis pas certain d'atteindre les chevilles du maître, mais qui ne tente rien n'a rien.

Pour ce premier acte, je me retrouve à la Porte du Paradis. 

Il y a de l'anticipation dans l'air...


J'étais à peine arrivé au Paradis que St Pierre accourut, essoufflé, en me criant : - Fabiano, je suis désolé, j'ai perdu la clé !
Je lui ai dit : - Si c'est une clé de sol je connais ! Je vous la trouve ! C'est à ma portée !
Il me dit : - Non, c'est plus compliqué que ça ! Une clé de sol quand on est dans le céleste c'est comme si on subissait une peine plancher !
Je lui ai dit : - Il vous faut une clé de fa ? J'ai ça aussi ! Je maîtrise aussi les basses !
Il me rétorqua : - Ca ne servirait à rien ! Il n'y a pas de messes basses puisqu'il n'y a plus de curés ! Ici, on se fait similaires !
Je lui ai dit que 6.000 airs c'était suffisant, mais peut-être pas pour une éternité. Il n'a pas répondu, tout inquiet de sa perte : - Il faut que je retrouve cette diable de clé !
Je commençai à m'impatienter : - Dites-donc, St Pierre, tu te débrouilles, t'appelles un serrurier mais comme tu vois on est une ribambelle à attendre à la porte !
Et ça commençait à crier : - Ouvrez-nous ! OUVREZ-NOUS !
Derrière la porte on entendait St Pierre s'activer avec une vis cruciforme ! Un moment on sentit qu'il tenait là le bon outil et crut s'y fier ! Mais non ! Il jura : - nom de Dieu ! Cela faisait très mauvais effet ! St Pierre jurait comme un poissonnier !
En regardant par le judas qui fonctionnait dans les deux sens, je vis que Jésus arrivait à son secours : - St Pierre, arrête ! Tu es en train de te noyer dans un verre d'eau bénite ! L'Eden t'entend jurer, et te voir ainsi le peine ! Tu te paies ma paix quand tu lui fais un tour de vices et la gâche ! Je vais arranger ça !
D'une apposition de la main Jésus fit ouvrir la porte ! Quel cohue ! Je fus bousculé par toute une foule de ressuscités, le mors aux dents !
Jésus me dit, en me relevant : - C'est de plus en plus comme ça ! St Pierre perd la tête ! Il perd la clé régulièrement ! Je crois que je ferai désormais confiance en St Jean !
Je lui ai dit qu'en singeant il risquerait des réprobations !
Il n'a pas ri ! A se demander si l'humour vient de Dieu !

mercredi 4 janvier 2023

UNE ANNEE IMPAIRE DURANT LAQUELLE JE NE SOUHAITE PAS EN COMMETTRE



Ce blog, que je délaisse un peu, reprend du service à chaque début d'année pour annoncer les faits marquants qui se dérouleront au cours des 365 jours prévus par le calendrier.

Alors, à vos agendas.


L’année 2023 commencera par une adhésion d’un pays à la zone euro. Les Croates quitteront la Kuna lacunaire pour adopter la monnaie européenne en souhaitant qu’elle combatte l’inflation.

Le 11 janvier, ses fans pleureront Jacqueline Maillan qui aurait eu 100 ans. Pierre Palmade, Muriel Robin et Michèle Laroque achèteront un bouquet commun, en forme de pièce montée.

Le 17 janvier, François Damiens, qui n’est pas Amiénois, fêtera ses 50 ans dans une petite ville minière du Pas-de-Calais car il a Harnes à cœur.

Le 20 janvier, ce sera au tour de Benjamin Biolay de souffler 50 bougies, chez lui. Il invitera son ancienne compagne au paradis "gainsbourien" en chantant « initiales BB »        

Le 27 février, les habitants de Tréguier (Côtes-du-Nord) s’inclineront devant la maison natale d’Ernest Renan né en 1823, soit 200 ans déjà ! Laïcs, catholiques et athées cesseront leur querelle de clocher pour commémorer, en positivant, non comme chez Carrefour mais comme Auguste compte !

Le 6 mars, lecteurs et lectrices honoreront les 50 ans de la mort de l’écrivain(e) américaine Pearl Buck, prix Nobel de littérature en 1938. Une belle occasion pour réhabiliter la Chine, empêtrée dans ses innombrables problèmes de santé, cernée par les virus biologiques mais aussi martiaux, un regard menaçant porté sur Taïwan.

Le 26 mars, à Belle-Ile-en-mer, les inconditionnels de Sarah Bernhardt défileront devant sa maison de la pointe des Poulains et de façon chevaleresque. On honorera la grande comédienne pour les 100 ans de sa mort ! Ce jour là, se réveillera le coq tôt pour chanter à la gloire de ce « monstre sacré » !

Le 29 mars, des vétérans ayant connu bail de haine se souviendront, qu’il y a 50 ans, ils étaient les derniers soldats à quitter le sud-Vietnam, pour se désembourber d’un enfer sanglant ayant taché d’horribles sangs la bannière étoilée.

Le 8 avril, les admirateurs de Picasso auront une pensée pour le maître décédé il y a 50 ans. Le Maire de Mougins (Alpes-Maritimes), Richard Galy commencera son discours (exorde) par : - Respect à toi, ô grand maître, qui termina son brillant parcours sur Terre en cette ville, que tu aimas, là, gars ! Et hop, un petit verre avant la suite devant un parterre de riverains parmi lesquels un vieux guitariste, une femme qui pleure et un garçon à la pipe !

Le 10 avril, Guillaume Canet fêtera ses 50 ans en compagnie de sa gentille Marion. L’émotion fera sortir les petits mouchoirs. Marion lui offrira une copie d’un tableau de Cézanne mais lui évitera un plat de nouilles car Canet le honnit !

Le 25 mai, en se gavant de rillettes, on fêtera dûment les premiers 24 H de course automobile, apparus en 1923 (cela s'entend !). A l’époque, 33 véhicules étaient sur le départ, prêts à polluer inutilement l’air manceau, d’errements sots !

Le 27 mai, si Dieu lui prête vie, Henry Kissinger soufflera ses 100 bougies ! Un bel exploit de longévité pour ce Nobel de la Paix (en 1973) pour son action dans la résolution de la guerre du Viêt Nam. L'homme au passé mouillé de controverses aura l'occasion de parler de l'Ukraine et de la nécessité de l'intégrer à l'OTAN, autant que perce feu alors qu'il disait, quelques mois auparavant : - Ce n'était pas une politique américaine judicieuse que de tenter d'inclure l'Ukraine dans l'OTAN !

Le 29 mai, ses inconditionnels fêteront les 100 ans de la naissance de Bernard Clavel. A Lons-le-Saunier, sa ville natale, on lira à voix haute, des extraits des Fruits de l’hiver (Prix Goncourt 1968). Plus que jamais, l’auteur appelle à le lire et jamais on ne verra la cru s’tasser ! Clavel, encore hèle (Clavelle, anchorelle ?)

Le 31 mai, comme un ouragan, le vent du souvenir soufflera sur Monaco. On fêtera, en effet, les 100 ans de la naissance du Prince Rainier III, d’une grâce qu’élit son destin ! Son fils, Albert II, fera un beau discours, un peu bêlant. C’est Albert : Je ris (s’étale bergerie ?).

Le 5 juin, des économistes poussiéreux secoueront leur perruque et se découvriront devant le portrait d’Adam Smith né il y a 300 ans ! Une main invisible viendra serrer leur petite poigne toute veinée de sang libéraliste. Un grand moment d’émotion.

Le 10 juin, des pêcheurs d’Islande pleureront Pierre Loti, mort depuis 100 ans. En France aussi, on y pensera, en lisant ses mémoires, empreinte laissée aux futures générations car ce capitaine devait sceaux !           

Le 19 juin, donc le lendemain du 18 juin et de sa pelle, on aura mille pensées pour Blaise Pascal né il y a 400 ans ! Le Pape François reparlera de la possible béatification de ce mathématicien philosophe en arguant que c’est un bon calcul !

Le 2 juillet, quelques historiens farfelus lanceront des tweets pour évoquer la mémoire de Louis XI, né il y a 600 ans ! Ça fleurera le poussiéreux monarchique mais beaucoup d’historiens, longtemps, comme mon ami Charles, dans le thème errèrent !

Le 6 août, des historiens (les mêmes que ceux du 2 juillet) sortiront les mouchoirs de soie pour y déposer des larmes en souvenir de Louis VIII, couronné le 6 août 1223. Soit 800 ans ! Ce fils de Philippe Auguste n’aura régné que 3 ans et 3 mois ! Il meurt vite. Nos jours sont de durées inégales et la Camarde aura décaper siens, avec précocité.

Le 31 août, les accros du western pleureront John Ford mort depuis 50 ans. Certaines chaînes de télévision nous abreuveront de scènes mythiques, à la gloire des tuniques bleues qui n’arrivent pas à tourner l’apache !

Le 11 septembre, les Chiliens auront un souvenir néfaste du coup d’Etat militaire, instauré par Pinochet. Le commandant tortionnaire aura marqué de son empreinte sanglante la vie de son pays, à la lumière des idées libéralistes d’un certain Friedman, évoquant le « miracle chilien » !

Le 4 octobre, on rediffusera « Ben-Hur » pour commémorer les 100 ans de Charlton Eston (mort en 2008). Il n’y aura pas de surprise : à la fin Jésus ressuscite, la mère et la sœur de Ben-Hur ne sont plus lépreuses.

Le 6 octobre, on se demande dans quelles conditions seront commémorés les évènements de la guerre du Kippour (6 octobre au 24 octobre 1973). Il y a 50 ans, l’armée israélienne était ébranlée par une coalition arabe (Egypte, Syrie, Maroc, Libye,…) et cette victoire des pays arabes allait déclencher le futur choc pétrolier, le 17 octobre). Affaire à suivre…

Le 2 décembre, on honorera Maria Callas, la grande cantatrice grecque née il y a 100 ans. Des récitals remasterisés fleuriront de ci de là, cahin-caha. On louera son talent, de vers dits ! L’auréole de la diva fera encore marcher le commerce, halo paiera !

Le 27 décembre, la tour Eiffel portera le deuil. Son créateur sera mort 100 ans auparavant. La dame de fer évitera de trop pleurer pour ne pas rouiller ! Des lumières noires l’éclaireront, lui donnant des petits airs de violettes impériales dont les valeurs s’cotent haut ! Le tout étant d’aimer ces airs !

Voilà pour les principaux évènements qui attendent l’année 2023 au coin de la rue. Cette jolie rue qu’il nous faudra encore traverser pour trouver un travail et le garder suffisamment longtemps pour attendre les 65 ans, sans période de chômage, et goûter à une retraite bien méritée. Poil au nez !

 

Meilleurs vœux !


dimanche 30 octobre 2022

SOULAGES LUMINEUX MAIS DOUTE RENOIR

 

Le petit Pierre naît à Rodez la veille de Noël 1919, donc sous une bonne étoile ! Il grandit en se passionnant pour la peinture et les vieilles pierres érodées par le temps. Pensionnaire chez les Frères des Ecoles chrétiennes, il se fâche avec un professeur de musique qui veut lui enseigner le piano : Pierre ne veut jouer que sur les touches noires et récolte des mélodies de demi-tons, aux accents asiatiques. Non, il lui faut la peinture !

Il commence par peindre des paysages divers, mais surtout d’hiver. Il met tout son art à faire ressortir des branches noires sur des fonds clairs.

La nuit, durant ses nuits blanches, il songe à la célébrité puis se rendort, sous les taies noires.

Face à la mer, il plonge son imagination dans la baie noire qui s’étale de tout son long sur le blanc de la toile.

Après quelques petits jobs, au black, Pierre s’oriente vers un professorat de dessin et passe avec succès le concours d'entrée à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts. Il refuse cependant de s’y inscrire car les œuvres de Cézanne et de Picasso agissent provoquent, chez lui, un choc artistique majeur. Sans broyer du noir, mais en l’utilisant avec maîtrise, il impose progressivement sa vision du monde.

La guerre se profile. Les chemises noires sont italiennes, mais ce noir-là ne le botte pas. Il est mobilisé en 1940 et envoyé à Bordeaux en tant qu'élève officier..

En 1941, il épouse Colette, à Sète. Il se marie en noir, mais ne pousse pas le bouchon à demander qu’à la sortie de l’église on ne jette que du riz noir ! Il est suffisamment éclairé pour ne pas prendre sa vessie pour une lanterne.

Dès 1948, Soulages intègre un atelier parisien de la rue Schoelcher où il prépare des expositions à Paris et à Berlin notamment la Französische abstrakte malerei. C'est ainsi qu'il intègre le cercle des premiers peintres abstraits.

Il peint, sans relâche, en écoutant diverses musiques, jazz noir, « noir c’est noir » puisque Johnny a l’idée de reprendre un titre de Los Bravos, l’aigle noir qui lui donne envie de garder barbe à ras. Oui, la musique l’accompagne tandis que sur la toile des couches de black s’abattent !

De 1949 à 1979, il expose successivement à Paris, New York, Londres, Sao Paulo, Copenhague, Hanovre, Noir-Moutier, heu non ! Puis, le centre Georges Pompidou lui présente le tapis rouge, en 1979. Il semble faux de penser que le rouge hait le noir car c’est là où ses toiles monopigmentaires sont présentées pour la première fois ! Elles révèlent alors la puissance de ce qu’il appelle l’”outre-noir”. 

Il se moque alors de ceux qui ne croyaient pas en lui et, véritables bêtes noires, disaient : - tu n’auras pas d’ouverture, ton avenir rétrécira si ton œuvre s’étend au noir !

Cet outre-noir est en réalité une multitude de gris plus ou moins lumineux qui se modifient en fonction des déplacements et des changements d’éclairage.

Désormais, il vit comme un roi dans un palais de charbons ardents, il est homme à noircir (il est au manoir, sire !)

Également auteur de décors de théâtre et de ballets, il réalise les 104 vitraux de l'abbatiale de Conques de 1987 à 1994. Le Guggenheim Museum, le Museum of Modern Art de New York, la Tate Gallery de Londres ainsi que le musée national d'Art moderne de Paris acquièrent en outre ses œuvres dès les années 1950.

En 2014, le musée Soulages ouvre ses portes à Rodez, ville de sa naissance.

Pierre Soulages, meurt à 102 ans : sang de Zan quand l’arrêt glisse vers les ténèbres encore plus noires.



Désormais, ces œuvres ont valeur de l’or noir ! Certains seraient prêts à les acquérir contre un chèque en blanc.


mardi 13 septembre 2022

GODARD, EN SA DERNIERE SALLE OBSCURE.

 


Il n’aura pas eu le temps de filmer les obsèques de Queen Elizabeth ! Il est mort dans la foulée du trépas monarchique.

Oui, Jean-Luc Godard est mort, à bout de souffle, ce 13 septembre.

Né le 3 décembre 1930, à Paris, le petit Jean-Luc va vite se retrouver en Helvétie, à Nyon plus exactement ! Dès lors Nyon lui ouvre les yeux sur la beauté suisse. Il y fait ses études et obtient le diplôme du collège. Puis, ses parents l’envoient à Paris pour décrocher le bac ! Mais ils divorcent, débordés par le mépris ! Il se retrouve abandonné et voit son bac à ras tant les crises talent ses fruits de recherche culturelle.

Il fréquente alors les cinémas. Puis, il va s’intégrer dans l’équipe de la gazette du cinéma et publie, à 19 ans, ses premiers textes critiques qui sont, pour lui, de haut vol !

En parlant de vol, c’est un adepte de la cleptomanie. Il vole à tout va. Ainsi, en 1953, il vole dans la caisse de la télévision suisse et se tape trois nuits en prison, dans le noir du temps (segment de Ten Minutes Olders, film collectif de 2002).

Pour éviter de partir en Indochine, jouer au petit soldat, Jean-Luc opte pour la nationalité suisse, à l’âge de sa majorité.

-         Genevois que cela à faire, lance-t-il !

Il réalise un documentaire sur le chantier du barrage de la Grande-Dixence, en Valais. Un film qui ne fera pas couler beaucoup d’eau.

Il est temps de passer aux choses sérieuses : réaliser des vrais films ! Avec des acteurs ! Il va donc s’y mettre et réaliser « à bout de souffle » (déjà cité en début de ce billet) et mettre en valeur un de ses acteurs préférés : Jean-Paul Belmondo !

Puis il tourne «Le petit soldat », un vrai coup de Massu pour l’armée française qui y voit une tentative de déstabilisation pour les pauvres types envoyés en Algérie. Cette œuvre n’est pas osée vainement !

Dans ce film, brille Anna Karina, une jeune femme talentueuse qu’il aura l’occasion de faire tourner dans moult films : Une femme est une femme (1961), Vivre sa vie (1962) Pierrot le fou (1965) Alphaville (1965) Made in Usa (1966).    

 

Complètement ancré dans la nouvelle vague, avec Truffaut ou encore Chabrol, il va chercher à réinventer la forme narrative du cinéma.

Ainsi, dans « le mépris » (oui, je sais, déjà cité au début de mon récit ! C’est décousu, mais c’est comme du Godard !), le réalisateur va transformer une histoire d’amour, somme toute banale, en transformant la narration classique et hollywoodienne. Il le fera en intellectualisant la rupture amoureuse et en donnant une dimension mythologique à l’homme, et humaine aux dieux, à travers la figure de Fritz Lang, metteur en scène cherchant à adapter Ulysse et l’Odyssée !

Dans ce film, Brigitte Bardot demande à Piccoli : - et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? Phrase culte qui ne devrait pas occulter le reste des séquences de ce grand film, un des plus romanesques de Godard. Je l’ai encore redit à mon petit voisin, Ali, qui y voit un film de cul ! C’est très réducteur ! Il faut bien qu’Ali pige !

Mais brusquement son moi s’accroche à Mao et il tourne « La chinoise et le Week-end » (1967) ! Un film finalement mal perçu par les maoïstes qui se voient représentés comme de jeunes bourgeois qui jouent aux révolutionnaires. Leur colère se livre, rouge !

Cette période maoïste ne dure pas pour éviter qu’en chie noise ! Jean-Luc entame alors une période vidéo, de 1973 à 1979 ! Il fera des films pour la télévision, comme « six fois deux » où il se met en scène en tant qu’interviewer d’un paysan, d’un journaliste, ou encore d’un horloger adepte du super 8, qui lui dit que son métier est passionnant mais que la caméra aussi l’est !

En 1980, il revient à un cinéma plus grand public qui attire des acteurs de renom. Il est sélectionné au Festival de Cannes trois fois pour Sauve qui peut la vie (1980), avec Isabelle Huppert, Passion (1982), avec la même Isabelle, et Détective (1985) avec Johnny Halliday et Nathalie Baye avant qu’ils ne se séparent en 1986 ! Il obtient le Lion d'or au Festival de Venise pour Prénom Carmen (1983) un film qui trompe son monde car la bande musicale ne vient pas de Bizet mais de Beethoven !

Dans les années 90 et 2000, Godard fait un retour à l'expérimentation avec Histoire(s) du cinéma (1998) et Eloge de l'amour (2001). Dans sa perpétuelle volonté de "peindre les choses qui sont derrière les choses", Jean-Luc Godard est un véritable novateur ! Sauf pour le clergé qui y voit un hérétique de première avec la sortie du film « Je vous salue Marie » (1985) ! Il faut dire que le réalisateur a la main lourde en transformant Marie en fiancée d’un chauffeur de taxi qui ignore qu’elle est enceinte. En matière d’apparition ironique le réalisateur ne tourne pas autour du Pau.

 

En 2010, il réalise Film Socialisme, qui suit des voyageurs sur une croisière en Méditerranée. C’est plutôt « la croisière s’amuse », en lieu de consommation ! Un socialisme où le mot rose n’a plus cours.

Le réalisateur s'intéresse ensuite à la 3D ; son film Adieu au langage est auréolé du Prix de Jury au Festival de Cannes en 2014 ! On y retrouve la patte de l’auteur : mouvements de caméra, son mal synchronisé, mise en abime…  C’est l’histoire filmée en 3D d’un chien qui parle à la place de ses maîtres ! On pourrait presque y voir un clin d’œil à Devos : - Mon chien c’est quelqu’un !

Voilà, caché derrière ses lunettes noires, le trublion du 7ème art français s’en est allé, de plein gré, parce qu’épuisé. Ballotant entre le cinéma populaire, voire mineur et la recherche de l’élitisme, naviguant entre dandysme de droite et gauchisme enflammé, le réalisateur en aura désorienté plus d’un !

Il laisse une œuvre polymorphe où se mêlent poésie, absurde, cheminements ésotériques et culture des paradoxes. Ses détracteurs en retirent des positions radicales, ses admirateurs aussi. Une œuvre riche qui parle beaucoup de l’évolution du cinéma et de la force des images, dans ce qu’elles disent et dans ce qu’elles ne disent pas.

Salut l’artiste !


samedi 10 septembre 2022

LA REINE A LACHE LES RENES ! GOD SAVE THE KING ♫

 Après un long silence, actualité oblige, mon blog reprend du service.

L'évènement est de taille : la mort d'Elizabeth II à l'issue de 70 ans de règne !

Son fils, le prince Charles, est désormais le roi : Charles III. L''anciennement dénommé Plum-pudding sait que ce ne sera pas du gâteau que de succéder à sa reine, lui qui va y plonger (dans l'arène). Les antimonarchistes l'attendent de pied ferme (et biologique !).

Voici donc un résumé (aussi résumé que possible, vu la longévité du monarque) de cette grande figure politique !




Le 21 avril 1926, la foule britannique se masse devant le 17 Bruton Street, à Londres pour voir le duc et la duchesse d’York présenter une petite fille aux boucles d’or. Elle se nomme Elizabeth et ne sait pas encore le destin qui lui est réservé.

Elizabeth grandit sous l’œil bienveillant de son grand-père, le vieux roi George V. Le vieil homme joue avec sa petite-fille à cheval sur son dos, en attendant qu’elle puisse, un jour, monter, un plus bel étalon, zain de préférence.

Le 20 janvier 1936, George V s’éteint et lui succède son fils sous le nom d’Edward VIII. Mais hélas, Edward qui parfois fume le cigare (comme le chantera Nino Ferrer) aime aussi une Américaine nommée Wallis Simpson. Une femme doublement divorcée, je vous demande un peu ! O my god ! Une telle femme ne peut être reine qu’on sort ! Edward renonce à la couronne, choisit Wallis et fut tu, na !! Affaire classée ! Au suivant !

Le suivant est le frère cadet ! Le père d’Elizabeth ! Il est bègue et cela n’arrange pas les choses lors des discours et des allocutions familiales. Roi, dès 1936, il voit monter les dangers du nazisme ! La période est trouble ! Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne hitlérienne.

Elizabeth grandit dans une ambiance de menace constante de l’invasion nazie. Mais elle veut résister à sa façon, et, à 14 ans, au micro de la BBC, elle prononce son premier discours à l’attention des enfants évacués de Londres pour fuir les bombardements !

Cinq ans plus tard, en février 1945, elle s’engage dans l’armée britannique avec l’accord paternel. Elle entre dans l'Auxiliary Territorial Service avec le grade honoraire de sous-lieutenant. Elle quitte le badminton pour un autre volant : celui d’une ambulance militaire. Son engagement d’acier galvanise les troupes plombées par six années de guerre.

Le 8 mai 1945, elle apparaît en uniforme militaire aux côtés de ses parents, de sa sœur et du Premier Ministre Winston Churchill (WC pour les intimes) au balcon de Buckingham pour fêter la fin de la Seconde guerre mondiale devant une foule en liesse, en fait qu’on délivre (en féconder livres, pas encore, car la monnaie anglaise doit se refaire une santé).

En 1939, George VI et sa famille visitent le célèbre collège de la Royal Navy. Elizabeth y rencontre son cousin germain qui ne semblent pas avoir légères manies. Elle en tombe amoureux. Il s’appelle Philip et sera l’homme de sa vie. Ce n’est pas pour lui déplaire qu’une image d’amoureux des chevaux Philip, haut, campe !

Le couple s’unit sous les voutes de l’abbaye de Westminster le 20 novembre 1947. Il met peu de temps pour avoir des enfants. Le 14 novembre 1948, Elizabeth donne naissance au prince Charles. Puis viendront Anne, Andrew et Edward.

En février 1952, le couple part pour une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Alors qu’ils séjournent au beau milieu des éléphants et des rhinocéros myopes, Elizabeth et Philip apprennent la mort de George VI ! Désormais, Elizabeth est reine d’Angleterre ! Trois lions se rapprochent d’elle et la saluent.

Après une année de deuil national, vient l’heure du couronnement. Elizabeth II est sacrée reine du Royaume-Uni le 2 juin 1953. Ce couronnement est une réelle exception dans l’histoire. Et pour cause, il est entièrement retransmis en direct à la télévision dans le monde entier. La mère d’Elizabeth est furieuse de toute cette rente télévisuelle : un côté plus qu’amer a manne !

En 1977, Elizabeth II fête son jubilé d’argent. Ses 25 ans de règne sont l’occasion de festivités grandioses pour une reine qui porte le chapeau rose tandis que la population est obérée (non basque). Deux ans plus tard, Margaret Thatcher est élue au 10 Downing Street. La première femme Premier Ministre de Grande-Bretagne n’a pas un caractère facile. C’est une dame de fer qui va redresser le pays par des saignées, enseignant le néo libéralisme et la fermeture des secteurs non rentables ! La gronde sociale monte face à celle qui soutient la fermeture des mines de charbon.

Entre Elizabeth et Margaret se noue un respect réciproque mais sans plus ! La Reine, qui ne prend jamais position se contentera de dire : - Le trône m’assied et sur d’autres sujets que la dame de fer je m’étale !

Le 29 juillet 1981, le prince Charles épouse Lady Diana Spencer, une jeune aristocrate de 19 ans qui cochait toutes les cases pour devenir une reine-consort. Retransmis en direct à la télévision, il attire des millions de téléspectateurs au point d’être surnommé « le mariage du siècle ».

Charles et Diana offrent à la reine deux héritiers, William et Harry. Hélas, Charles a continué sa relation avec une certaine Camilla Parker Bowles malgré son mariage. En adulte éreintée (en adultérin t’es !) Diana ne supporte pas cette relation. Elle tombe dans une profonde dépression. Elle commence alors à révéler aux médias le naufrage de son couple ! Elizabeth en voit des vertes et des pas mûres ! Passe au rouge ! Ris jaune ! Enfin, un véritable arc-en-ciel, à l’image de ses tenues de sortie.

1992 est l’Annus horribilis. En mars, le prince Andrew divorce de Sarah Ferguson. En avril, la princesse Anne divorce de Mark Philips. Et en décembre, Charles et Diana finissent par se séparer. La reine voit alors en une seule année, le mariage de ses enfants mis à bas.

Pour comble de malheur, la même année, un incendie détruit le château de Windsor. Celui-là même qui l’avait protégée de la barbarie nazie. Le château doit alors subir d’importants travaux et la population monte au créneau pour que la Reine paye elle-même la réfection ! Dès lors, la souveraine se voit assujettie à un impôt sur le revenu ! Une réalité qui était alors un rêve nu ! Une première dans le royaume !

Diana finit par critiquer ouvertement les capacités de Charles à devenir roi. Pour elle, King Charles reste une race de chien ! C’est de trop pour Elizabeth II qui ordonne au couple de divorcer. En 1996, le gouvernement annonce le divorce du couple héritier. Diana accumule, alors, les couvertures des tabloïds, aux bras d’hommes dont elle est l’amante, avec ou sans thé.  En août 1997, en compagnie de Dodi Al Fayed, elle est victime d’un accident de la route sous le pont de l’Alma à Paris suite à une course-poursuite avec les paparazzis. La princesse rend son dernier souffle quelques heures plus tard.

A ce moment-là, la reine est à Balmoral où l’écho s’est implanté (où l’Ecosse est un plan T ?)  entourée de sa famille. Pour protéger William et Harry, elle ordonne de supprimer toutes les télévisions et les radios de la demeure. Seul le palais de Buckingham ne voit pas son drapeau en berne ! Alors s’emballe morale ! Le peuple britannique s’indigne de ne pas voir d’hommages, dommage ! Pour calmer l’ire populaire, Tony Blair, premier ministre, réussit à convaincre la reine de rentrer à Londres. Trois jours plus tard, elle fait son entrée dans la capitale. Un drapeau est alors mis en berne sur Buckingham et la reine vient rencontrer son peuple apeuré devant les grilles. Elizabeth finit de rasséréner tout son monde par un discours où elle exprime son admiration pour Diana ! Il faut sauver les meubles !

En 2002, Elizabeth fête ses 50 ans de règne. Mais sans jubiler ! Car l’âme est ternie par les morts successives de sa sœur Margaret puis de sa mère Elizabeth Bowes-Lyon. Très attristée, elle sauvegarde malgré toutes les festivités qui ont un grand succès.

Pour être proche du peuple, Elizabeth joue la modernité. Elle utilise les outils modernes ! Elle est le premier chef d’Etat à envoyer un mail ! En 2019, elle arrivera sur Instagram alors que pic épique ses collègues rament !

Pour preuve de cette modernisation, Elizabeth II accepte l’union de son petit-fils William avec Kate Middleton, une roturière. Ce qui était rature, hier,  ne l’est plus ! Et puis, elle a tellement l’éclat, Kate ! On danserait presque avec elle ! Le couple se marie le 29 avril 2011 en l’abbaye de Westminster (encore ! Ça devient une manie !!) lors d’une cérémonie somptueuse retransmise en direct à la télévision.

En 2012, Elizabeth II fête ses 60 ans de règne. Le jubilé, cette fois-ci, est de Diamant, lequel est éternel comme le précise son fidèle agent secret, un certain 007, qui ne dit pas que des conneries !   La ferveur populaire est si grande qu’elle montre de nouveau une immense popularité accordée à la souveraine. Concert géant, cérémonie religieuse et parade navale sur la Tamise rythment le cours du jubilé.

Cette année-là, Londres organise les Jeux olympiques (voir mon billet). Pour la cérémonie d’ouverture, la reine a accepté de jouer son propre rôle dans un court-métrage au côté de Daniel Craig qui joue 007 ! Ce film est devenu culte aujourd’hui.

En mai 2018, son petit-fils Harry épouse Meghan Markle, une Afro-américaine divorcée. Ce qui eût été un scandale au paravent, heu auparavant, est accueilli comme le dernier signe de modernité. Mais à la fin de l’année 2019, le couple décide de quitter le noyau de la famille royale pour fuir aux Etats-Unis, se disant incapable de vivre avec les obligations et la couverture médiatique qui sent suie à force de cheminer ! Cette crise au sein des Windsor est vécue comme un ouragan. Les antimonarchistes, eux, ricanent (Hurricane).

En 2020, le monde est frappé par une crise sanitaire inédite. Le coronavirus né en Chine tue des millions d’individus, obligeant le confinement. En Angleterre le virus assombrit les jours et la vie rose biffe !  Avec leur grand âge, Elizabeth II et Philip sont considérés comme des individus à risque. La Reine lance ce discours :

« J’espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la façon dont [le peuple britannique] a répondu à ce défi. Ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que tous. Que les attributs de l’autodiscipline, de la bonne résolution tranquille et de la camaraderie caractérisent toujours ce pays. »

Ce discours est perçu comme l’un des plus importants de son règne. Jamais un discours de la reine n’avait été aussi repris par les nations européennes. Contrecoup du virus ou pas ? Toujours est-il que le 9 avril 2021, le prince Philip meurt à l'âge de 99 ans. Elizabeth devient veuve ! L’affection de ses chiens corgis et la beauté de ses chevaux sont, alors, de précieux trésors !

Elle a de plus en plus de problèmes de santé. Peut-être la vie devient-elle trop longue ?

Le 30 août 2022, elle apprend la mort d'un autre grand de ce monde : Mickael Gorbatchev, qu'elle avait rencontré jadis ! La roue tourne, le mur de Berlin est tombé, Poutine attaque l'Ukraine ! La roue tourne, inexorablement...

Le jubilé de platine n'aura pas lieu ! Le 8 septembre, la BBC annonce vers 19h40 (heure française) le décès de la reine Elizabeth II, à l'âge de 96 ans. La souveraine a rendu son dernier souffle au château de Balmoral, en Ecosse. Le prince Charles d'Angleterre lui succède sous le nom de Charles III, soit 337 ans après la mort de Charles II.

Ainsi se tourne une page d'histoire du Royaume-Uni, mais aussi de toute la planète. Car, qu'on soit monarchiste ou pas, cet évènement marque la fin d'une époque que je me suis limité à résumer.