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dimanche 5 mars 2017

MOSSOUL ET SA TRAGIQUE ESPERANCE




Mossoul, l’ancienne Ninive de l’empire assyrien, vit depuis 2014 aux mains des djihadistes de l’Etat Islamique (Daech) qui en ont fait leur ville symbole.

Depuis le 19 février, les forces irakiennes, aidées d’une coalition internationale (soutien principalement aérien) ont lancé une vaste opération de reconquête de la partie ouest de la ville.

C’est l’ultime étape d’une opération amorcée le 17 octobre 2016 pour libérer la gigantesque agglomération.

Une ultime étape qui s’avère délicate. L’Ouest se compose de vieux quartiers entrelacés aux boyaux étroits où nul char d’assaut ne peut se mouvoir. Le bombardement de la coalition paraît tout aussi impossible sauf à provoquer des milliers de victimes civiles.

Ces dernières fuient déjà en masse de Mossoul-Ouest. Quatre mille personnes fuiraient chaque jour de cet enfer futur, de ses imminents combats de rue, maison par maison, déminage sur déminage car Daech reste un spécialiste des voitures piégées.


Un exode massif, de femmes, d’hommes et d’enfants aux regards hagards. Des fantômes d’une guerre qu’ils ont vécu dans leur chair, sous la perpétuelle menace d’exécution des hommes en noir, agonis de propagande djihadiste, privés de leur liberté et qui se demandent, à présent qu’ils l’ont retrouvée, ce qu’ils vont devenir.


Mossoul vit son ouest en tragique espérance
Liberté arrachée au fil des avancées
De soldats nationaux au chevet des souffrances
Dans les dédales étroits que le diable a piégés.

Les combats corps à corps de tireurs embusqués
La sueur au fusil, au fond des yeux la peur
Dans les veines urbaines rodent mille dangers
De suspectes voitures en fantômes tueurs

Liberté retrouvée au grand prix de l’exode
Quand tant de cœurs aimés sont resté dans l’enfer
L’islamique fléau de tensions s’accommode
Jusqu’au bout des combats en ce mortel hiver.

Les visages meurtris des survivants hagards
Se tournent obstinément sur la ville encerclée
Cliquetis de combats, impétueux brouillards
Noircis de fumées rudes dans le ciel explosé.

Les retrouveront-ils en ces jours qui s’annoncent
Comme un ballet de sang sur la scène létale ?
Seront-ils boucliers contre l’ire des semonces
Le deuil les prendra-t-il en sa course brutale ?

Mossoul vit son ouest en tragique espérance
Les démons retranchés dans l'aire propagandiste
Feront payer très cher cette luminescence
Qui refleurit à l'est en bougies pacifistes.

samedi 4 mars 2017

L'HOMME DE PLUS EN PLUS SEUL


La situation est comico-tragique. François Fillon sorti tout droit de Solesmes pense : « ils sont sots les miens ». Il parle de ceux qui lui étaient fidèles et qui quittent le bateau depuis qu’une mise en examen lui pend au nez jusqu’aux sourcils dans l’affaire Pénélope Gate.

L’homme est de plus en plus seul dans sa campagne mais dit qu’il ira jusqu’au bout. Les défections se multiplient. Le juppéiste Apparu s’en va déjà, Solère ne veut pas lui faire de l’ombre, Lecornu ne tient pas à jouer les cocus de service, le directeur de campagne Stéfanini prend la position démissionnaire et même Nadine mord anneaux olympiques de la fuite en avant.

Mais il n’y a pas de plan B et le Sarthois campe sur ses positions. Il ne cédera pas ! Il fustige une Justice que naguère il encensait en sensé sans pour autant cesser de se saucer sans souci.

Oui, François Fillon ressemble à cette vieille dame indigne du film de René Allio, sorti en 1965.

Une vieille femme, Madame Bertini, se retrouve seule à la mort de son mari. Faisant fi des héritiers, elle vend tous ses biens et s’achète une voiture pour parcourir la France en compagnie d’une serveuse de bar et d’un cordonnier libertaire.

François pourrait se retrouver tout seul à parcourir les campagnes 24 heures dûment, de formule 1 en formule 1 avec des prix d’ami consentis par son mentor, Sarkozy, désormais administrateur indépendant d’Accor.

Oui, François joue ses dernières cartes et en appelle au peuple (quel peuple ?). Il prévoit une marche de soutien, demain, dimanche 5 mars, à Paris, au Trocadéro. Les juges sont dans le collimateur.

Faut-il en pleurer, faut-il en rire ? Certains de ses proches admirent sa pugnacité (quelque peu teintée de mercantilisme* et d’égo déployé), d’autres sont prêts à le lâcher tellement il fait pitié !


Il m’est venu fatalement à l’esprit de parodier la chanson de Jean Ferrat qui fait l’ouverture de l’œuvre d’Allio.


Etats d’âmes des fillonistes désemparés

On est marri, le froid vint tant
Pour refroidir nos feux damnés
Fillon a payé femme, enfants
Indûment ; on est ajourné !
Si on va où se lave Hessel
Faudrait jouer les indignés
Mais le Sarthois bat trop de l’aile
On voudrait bien ses plaies panser

Refrain

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Fait-il envie ou bien pitié ?
On n’a pas le cœur à le dire
On ne voit que le temps passer

Le malheur de gaffer qui fume
Et qui pollue son univers
Les défections, soudain, l’embrument
Les jours s’écoulent à l’envers
A peine voit-il ses lauriers naître
Qu’il faut déjà y renoncer
Il peut s’accrocher aux fenêtres
Déjà jeux naissent à le flinguer !

Au refrain

Il a subi plus de dix manches
De casseroles attentionnées
Mais sans pleurs il se tient aux branches
Dédaignant les sales âmes en jet
Quand toute une envie se résume
A surmonter l’inquisitoire
A fustiger les juges en glumes
Épillets trop usurpatoires

Au refrain


* Fillon, en se maintenant, peut prétendre passer les 5 % au premier tour et sans crever le plafond des dépenses de campagne. Il sera alors remboursé par l'Etat de 47% de ses dépenses assurées amplement par la cagnotte des primaires (vous savez ? Les 2 € pour aller voter)

CE PETIT FILS DE POLAK QUI CONNUT SON DROIT DE RÉPONSE SUR TAPIS VERT



Ils sont trois, issus de l’immigration, qui ont marqué de leur classe le football hexagonal : Raymond Kopa, fils d’immigrés polonais, Michel Platini d’origine italienne et Zinédine Zidane au sang berbère.

Le premier vient de nous quitter à l’âge de 85 ans. Une légende s’est éteinte et pleure le monde du ballon rond.

De son vrai nom Raymond Kopaszewski, Raymond Kopa né à Nœux-les-Mines le 13 octobre 1931. Au Nord, c’est les corons et le mythique club de Lens (les sang et or). Curieusement ce n’est pas Lens qui attirera le petit prodige mais Angers, en 1949.
Deux saisons à joueur, là-bas, qui lui fera dire : avec mes talents je vins (avec métal angevin car déjà considéré comme une rock star). Mais c’est mi-figue mi-raisin qu’il quitte le vent d’Angers car il faut tourner ses pages pour un cépage bien mousseux : celui de Reims !

Et oui, le petit milieu de terrain offensif, au pied habile, se retrouve au grand stade de Reims : dur émoi !

Il y jouera de 1951 à 1956, inscrivant 54 buts et offrant des caviars à ses partenaires et jouant même la finale de la coupe d’Europe : défaite 3-4 contre le Real Madrid le 13 juin 1956. Et justement, le talent du jongleur attire l’attention des Espagnols. Le voilà recruté par le grand club des Meringues où il ne cherchera pas à faire pâtisserie, heu, tapisserie car en football, quand il reste trop sur la touche se meurt un gars !

A Madrid il explose ! Il devient le premier Français vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions en remportant le trophée en 1957. En finale, le Real Madrid bat la Fiorentina (qui pleurera de flots rances) deux buts à zéro.

L’année suivante il remet ça. Le Real, mené par Kopa, gagne la coupe d’Europe en battant en finale le Milan AC (3-2) et on aimerait que cela dure mille années !

La même année, Kopa participe à la belle aventure de l’équipe de France en Coupe du Monde, en Suède. Il met les bouchées doubles et suer doit ! Les efforts sont récompensés ! La France termine à la troisième place après avoir été battue, en demi-finale par le Brésil d’un certain Pelé (2-5 dont un triplé du maestro).

De telles prouesses lui font gagner le ballon d’or 1958, le Graal ! Kopa atteint le sommet et les vœux restent intacts : toujours faire mieux.

En 1959, Kopa gagne pour la 3ème fois consécutive, sous le maillot madrilène, la coupe d’Europe. Ironie du sort, il bat le Stade de Reims, son ancien club (2-0) à en faire pleurer l’avant-centre rémois en justes fontaines.

Pour consoler Just Fontaine, Kopa le rejoint. De 1959 à 1967 le maître à jouer retrouve la champagne qui va bientôt le remercier (l’heureux Mercier) et formera avec Just un joli tandem. Le Stade de Reims termine la saison 1962-1963 vice-champion de France derrière l'AS Monaco. Mais, la saison suivante, les choses se gâtent. En froid avec un nouvel entraîneur, Georges Verriest, Kopa fulmine et lance pour le bonheur de la presse : « les footballeurs sont des esclaves ! ». Mais le Spartacus du ballon rond en prendra pour 6 mois de suspension au fil de l’arrêt niais en cet ère où le joueur rémois lambda « laid perd » naît. Bientôt, au gré des vicissitudes, le grand club tombe en seconde division.  

Malgré des offres alléchantes qui s’étalent et chantent, Kopa reste à Reims pour aider son équipe à remonter en première division. L’objectif est atteint (et ce n’est pas de la tarte !) lors de la saison 1965-1966. Mais le glorieux club n’effectue qu’un passage éphémère parmi l'élite car il est à nouveau relégué en 1966-1967.

Kopa y achève sa carrière de haut-niveau et retirera, sans rêve-errance, les crampons en 1967 à l'âge de 35 ans.

Il continuera, dans le « civil » comme entrepreneur. Il crée le groupe Kopa en commençant modestement, au fond de son jardin avec la Kopa-Cabane A. Il y vend des équipements sportifs. L’affaire prospère (youp la boum).

On le voit aussi consultant pour France Inter lors des coupes du monde 1978 et 1982, et pour RMC en ce qui concerne celle de 1986.

Il s’entretient, joue au tennis, respecte une certaine diététique prodiguée par un professeur à thé :

-      Évite les épices Kopa, lui lance-t-il régulièrement, mauvais pour l’intestin.

Malgré tout l’homme s’en est allé ; la mort va droit au but pour éviter que trop longtemps le corps n’erre…

Il nous laisse l’image d’un héros du terrain vert, génie du ballon rond à une époque où l’argent ne sévissait pas trop encore (mais quand même un peu) dans ce milieu mercantile.

Une belle image de l’intégration à une époque où d’aucuns remettent en cause notre droit d’asile.


Comme ce vilain nœud les mine ! 

jeudi 2 mars 2017

A L'AISE THOMAS, PANSE LA VACHE


Depuis 1993 et son premier album « le bal des oiseaux », il est un incontournable représentant de la chanson française, la bonne, celle du texte.

Thomas Fersen vient de sortir son 10ème album et rouvre son bestiaire sans animosité et avec tant d’animaux cités. Une vache orne la pochette de son album ce qui est du meilleur ton en cette période de salon de l’agriculture où se pressent des gens d’une autre campagne.

Un coup de queue de vache, voilà un titre d’album qui crie au génie sémantique (aux  génisses aimant tiques ?) et qui confirme l’attachement de l’artiste pour les animaux (la chauve-souris qui aimait un parapluie, les malheurs du lion, les papillons, les mouches…)


Artiste complet, multi-instrumentiste (piano, guitare, ukulélé, banjo, flûte, guimbarde…) l’homme fait peu parler de lui mais occupe une scène bien spécifique, celle des troubadours, des fabulistes à même de redonner à la chanson française ses lettres de noblesse.


Sous les feux de la rampe
Saoulé, mu de l’art ample
Pris au bal des oiseaux
Ses mots jouent musicaux

Piano, ukulélé
Sa voix roucoule, ailée
Élan de chauve-souris
Dans le noir ébloui

A tes lèvres Louise
Ses mots sont des cerises
Aux saveurs vénitiennes

Sandra, Irène aussi
Se disent en leur tournis :
Il est homme à s’faire scène !


mercredi 1 mars 2017

NAVET NAVRANT



Le dernier court métrage de Marc Hélezespris ne dure que dix minutes est c’est déjà particulièrement pénible pour les nerfs. L’histoire est une fable qui nous transporte dans un pays fictif, avec une ribambelle d’emplois du même qualificatif et où sévit une méchante guerre civile activée par une armée de juges à la solde d’un tyran débonnaire, Seto Lande (Steve Flamby, un comédien à la retraite dont la physionomie n’est pas sans rappeler un hôte élyséen).

Cet état d’insurrection qui consiste à essuyer des tirs de casseroles cohabite avec une période électorale. Il s’agit de voter pour désigner le successeur de Mr Lande. Un candidat ultra-libéral se présente qui est particulièrement mis sur la sellette et en examen à la suite d’affaires louches.

L’homme, Ulysse Thériat (interprété par un intermittent du spectacle aux faux airs de François Fillon) se réfugie, à Meaux (aucun rapport avec la ville d’art d’Oise), chez son ami Fred Bouche (incarné par Brice Hédemaux, aux faux semblants d’un spécialiste des prix de petits pains au chocolat) après une course poursuite effrénée pour échapper à une meute de magistrats hystériques, et trop sentant cieux de la victoire !

Les deux hommes se lamentent. On leur vole l’élection ! Ulysse évoque sa femme, Pénélope, dont l’Audi s’est, d’hommes-hères, retrouvée les 4 pneus en l’air. Sa colère est froide et une stalactite surgit de sa narine droite (la gauche n’est jamais filmée) exhibant ainsi le seul effet visuel exploité dans ce navet insipide.

Fred, faute d’autres choses, propose à son ami de manger du Brie. Paradoxalement ce fromage de vache (tout autant que son propriétaire qui joue au laid cru) ne les portera pas aux sommets, il n’est que Brie anti-cimes ! La caméra filme interminablement la mastication d’Ulysse, tout à son Brie. On dirait qu’il rumine comme une vengeance.

Un procédé elliptique nous permet de nous transporter à deux jours plus tard, au sein d’un gymnase arrangé comme une sale défaite. On y voit Ulysse tenir un discours besogneux mais on comprend qu’il s’agit de son hologramme. Car le vrai Ulysse est toujours retranché dans son bastion, encerclé par les troupes de Casa Nova (Case Neuve en langage mexicain) un latino, chef du parquet et triste sire qui chante, en ré, Ferré « l’âme est moirée, l’amère ! » rien que pour énerver le duo des assiégés.

L’assaut est donné dans un désordre indescriptible, dans les affres d’une musique d’un carnaval qui rit (incarna Walkyrie ?) où même le vague n’est rien.

Le film se termine par une vision apocalyptique, sous pots catalytiques, où gisent les deux cadavres des politiciens. On cherche encore une allégorie dans tout cet amphigouri mais on ne la trouvera pas.


Encore un film qui ne restera pas dans les annales, m’a précisé un ami proctologue.


dimanche 26 février 2017

L'ALLIANCE



Le père Bayrou, maire de Pau et père de mots centristes, parfois au sang triste, ne pouvait imaginer se présenter aux Présidentielles. Il n’était pas certain d’atteindre les 5% des suffrages lui permettant de rembourser la mise !
Écœuré par le programme de Fillon, synonyme pour lui de casse sociale, le Béarnais sent en lui que Béart naît : C’est l’espérance folle qui nous console de tomber du nid ♫♫
L’espoir semblait s’être transformé en homme absurde après la chute de Juppé, celui qu’il soutenait ; qu’a mue ? Où retrouver la petite étoile qui lui ferait encore croire à l’émergence d’une troisième voie entre la gauche démantelée mais qui le dément tellement et la droite ou l’extrême droite, ces faux désopilants aux faits d’aise horripilants ?
Oui, à droite comme au FN, on traîne des casseroles. Fillon reste embourbé dans son Penelope Gate et Marine Le Pen vient de se faire épingler par l’OLAF (Office Européenne de Lutte Anti Fraude) pour avoir rémunéré des emplois fictifs de faux assistants parlementaires avec l’argent du Parlement Européen. L’enquête a été reprise, en France, par le parquet de Paris qui aussi rage et soupçonne une « escroquerie en bande organisée ».
Dans ce bayou glauque qu’allait faire Bayrou si ce n’est rajouter un air, un air d’ouverture pour opérette mal engagée ?
Oui, il restait ce petit air du « ni de gauche, ni de droite » que lui semblait un peu fredonner Emmanuel Macron de sa voix cassée dans son « c’est notre projeeeet ! ». L’Euphon de l’air effraie mais pourquoi pas soutenir cette fausse rock star, nourrie à la banque Rothschild pour devenir conseiller de Hollande puis Ministre de l’Economie avant que de claquer la porte en se lançant dans la campagne ?
Pourquoi ne pas ravaler ses paroles désobligeantes : Je suis pour la séparation de l'État et de l'argent ! Oui, il avait mal jugé le jeune prétentieux qui, à ses yeux, incarnait l'hypercapitalisme qui domine le monde !  
Mais le pragmatisme et la petite voix qui lui susurrait « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » ont fini par faire tomber harnais ! Macron, paradoxalement, ne se présente plus comme l’âpre aux vies denses, il est le sauveur, mais si !
Alors oui, Bayrou déclare solennellement qu’il soutiendra Macron ! Il pose simplement quatre conditions :
-      Une véritable alternance : le mouvement de Macron « en marche » ne doit pas voir Georges Marcher (ou son hologramme), ne doit pas se composer d’anciens routards de la politique car ils seront sortis des rangs d’honneur.
-      Une loi de moralisation de la vie publique : on imagine bien que les affaires « Fillon » et « Le Pen » ont démoralisé le Palois. Il veut donc lutter contre les conflits d’intérêt, les emplois fictifs. Il veut que la grandeur s’étale honnête.
-      Un effort pour le pouvoir d’achat ; il faut remonter ceux qui sont en bas de l’échelle et qui vivent sous les ponts, pillés.
-  Une dose de proportionnelle dans les scrutins ; every body doit être   représenté de la manière la plus juste au corps (électoral) 
Emmanuel, surpris de ce ralliement, s’en est félicité et a immédiatement accepté les quatre conditions !
Sourires, poignées de main ad libitum devant une meute de journalistes : les deux compères ont scellé leur alliance, jeudi 23 février, dans un restaurant parisien, histoire d’en faire tout en plat et de montrer qu’on reste orateur, même menu !
Une belle alliance qui fait déjà grincer des dents le père Fillon. Certains électeurs de droite sentent déjà une attirance pour le jeune Emmanuel aux dents longues. Macron bayroutisé s’élève, enfle, devient incontournable. La gauche divisée en deux clans (Hamon-Mélenchon) assiste à la montée de l’OVNI.

Jusqu’à quelle hauteur ?

jeudi 23 février 2017

L'AFFAIRE THEO


Le jeudi 2 février 2017, à Aulnay sous-bois, vers 16h53, quatre policiers contrôlent un groupe de jeunes gens parmi lesquels Théo, 22 ans, éducateur de quartier.
Le jeune homme affirme que s'approchant, il se voit intimer l'ordre de policiers venus à leur rencontre de se placer contre le mur pour une palpation. Un de ses amis s’en offusquant après s’être entendu menacé d’une amende de 450 €, reçoit une gifle d’un policier. Théo soutient  avoir pris la défense du souffleté et aurait alors été frappé et insulté, tandis qu'il se débattait.
La version du policier est, bien sûr, toute différente : par son opposition, Théo aurait facilité la fuite d’un vendeur de stupéfiants. Selon cette version des faits, l'immobilisation du jeune homme aurait eu lieu après que celui-ci aurait donné, entre autres, un coup de poing au visage de ce policier.
Le compte rendu d'exploitation par l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) des vidéos concorde temporellement avec le témoignage du policier, cependant nul ne réussit pas à distinguer qui est le déclencheur de l'altercation.
Toujours est-il que Théo est maîtrisé par trois policiers tandis qu’un quatrième tient le groupe à distance à l'aide de gaz lacrymogènes. À la suite de cette interpellation, le jeune homme souffre d'une plaie longitudinale de 10 cm du canal anal et d'une section du muscle sphinctérien ! On évoque l’insertion d'un bâton télescopique, entraînant une incapacité temporaire de travail (ITT) de 60 jours ! Vous parlez de jolies pratiques policières !
Théo soutient, par ailleurs, avoir été l'objet d'insultes racistes (notamment  « bamboula »)  et de nouveaux coups dans la voiture de police. Il affirme avoir été photographié en position humiliante par les policiers via l'application Snapchat6.
Ce triste épisode de banlieue ne fait que grossir la liste des incidents sociétaux qui enflamment les banlieues pauvres de Paris, ces zones de non-droit comme on le dit souvent, ces lieux où s’enkystent la délinquance, le trafic de drogue, le non-respect des valeurs républicaines.
Plusieurs manifestations de soutien « à Théo » se  sont déroulées depuis le 8 février, mais pas de la meilleure dignité qu’on puisse en attendre. A Bobigny (Seine St Denis) le défilé a été défiguré par l’intervention de casseurs en mal de pyromanie.
François Hollande s’est rendu au chevet de Théo. L’homme de fin de mandat a écouté le grand gaillard d’1,93 m lui dire « qu’il avait confiance en la justice » mais aussi « qu’il aimait sa ville et qu’il fallait dire stop à la guerre ». Le Président a salué un jeune «qui a toujours été connu pour son comportement exemplaire ».
L’homme d’Etat est reparti avec, sans nul doute, ce poids des responsabilités partagées depuis tant d’années, de gouvernement de gauche en politique de droite, pour tant de statu quo dans les zones d’errance où fleurit une jeunesse oisive, sans perspective d’emploi et usant son énergie à en découdre avec les symboles républicains (caillasser les voitures de pompiers, insulter les forces de l’ordre…) ou à vivre de trafics de stupéfiants.
Une jeunesse à la rencontre d’une autre, coercitive, menaçante pour cacher sa peur, celle d’une police de contrôle, de chasse au faciès, d’interpellation systématique. Les policiers parachutés dans les banlieues chaudes sont souvent inexpérimentés. On les teste mais on ne les forme pas spécifiquement. Leurs missions manquent de finalité. Ils sont finalement tout aussi paumés que les sujets à surveiller et à interpeller.
Les banlieues cristallisent le grand malaise d’une France coupée en deux. La France du Nord et de l’Est, vouée à l’industrialisation et qui connaît depuis plus de 30 ans le grand déclin des usines et la nécessité d’une reconversion, n’a souvent rien de comparable à celle du Sud et de l’Ouest, agricole, bourgeoise, et ouverte à l’embellie touristique.

La police, en ces banlieues, aime à traquer
Le délinquant juvénile tout embruni
Suspecté, trop tutoyé et matraqué
La victime expiatoire se rembrunit.

Écœuré de tant de coups de bambous, las   
Des interpellations trop systématiques
Le suspect désigné comme forban, bout, là !
Il se rebelle : guérilla symptomatique !

Le poulet tremble en ces lieux et l’âme a trac !
Il sévira pour noyer son cœur patraque
La loi de la jungle jonglant de ses instincts

Le cas de Théo, tant haut, m’a tracassé
Dit Hollande au lendemain : matraque, assez !
Car l'anus horribilis s’étend, l’atteint…


dimanche 19 février 2017

PUB 112


Si elle n'était qu'ambrée
Elle serait une bêtise
Elle crée festivités
Des braderies promises

- Buvons la bienaimée
Dans le Nord, va l'antienne
Mais soyons modérés
Que nul ne contrevienne !


mardi 7 février 2017

OPÉRATION TRANSPARENCE ET VERRE A CITER ?



La tempête Marcel n’aura pas autant soufflé dans sa tête que celle, médiatique, qu’on lui impose depuis deux semaines. François Fillon sent un vent pire, bien plus violent que celui insufflé par ce phénomène météorologique qu’on a affublé d’un nom de maillot originaire des bars d’Eure.

Oui, le Pénélope Gate pourrit la campagne du Sarthois. L’homme aux gros sourcils doit continuellement consacrer 75 % de ses meetings à parler de "l'affaire". Ça laisse peu de temps pour expliquer pédagogiquement sa future politique de casse de la Fonction Publique et de démantèlement du système de Sécurité Sociale.

Alors il a pris le bœuf que Marcel n’avait pas décorné, heu, je veux dire qu’il a pris le taureau par les cornes. Ce lundi après-midi, lors d’une conférence de presse devant un parterre de journalistes accrédités à crocs dit-on, il a brisé l’armure. Il a fait preuve de transparence, enfin presque…

Il a livré ses explications.

-  Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice, elle a ensuite été la collaboratrice de mon suppléant (...) Elle a donc occupé ce poste pendant quinze ans pour une rémunération mensuelle de 3.677 euros net. Un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres et parce que son travail était indispensable.

Faut-il préciser qu’un indice pensable bien plus qu’un essai sert ! Selon le candidat de la droite, l’épouse Pénélope a "donné les preuves de son travail". Et, comme dirait Virenque, elle n'a pas "été assistante à l'insu de son plein gré". Il est vrai, par ailleurs, que 3.677 € net par mois est totalement justifié quand on est diplômé et que le talent s’étale en droit, s’étale en vers…

François Fillon a ensuite annoncé qu'il allait publier la totalité des contrats de sa femme sur son site internet, ce lundi soir. Il s’agit de contrats synallagmatiques, à titre onéreux, intuitu personnae, ad libitum in secula seculorum, amen.

Il s’agit bien d’un contrat de collaboratrice même si Pénélope, lors d’une interview parue en 2007 dans le Sunday Telegraph (et dont la France entière dégusta la vidéo lors de l’émission « envoyé spécial ») avait déclaré :

Il m'est arrivé [de m'impliquer dans la carrière politique de François Fillon], enfin, en plus des enfants. Je l'ai toujours accompagné dans ses campagnes électorales, ses meetings, pour les dés à coudre… heu, pour l’aide à en découdre... J’aimais  me mettre au fond de la salle et écouter les commentaires que les gens font sur ce qu'il dit. C'est quelque chose que je faisais quand il était maire de Sablé, un peu catho sec. J'allais dans les associations de personnes AG (Apparemment gérontes), quelque chose comme ça, c’est très flou, mais rien de plus, rien. Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne m'occupe pas non plus de sa communication. »

En revanche, l’ex collaborateur du petit nerveux s’est bien gardé d’évoquer l’affaire « Revue des deux mondes ». Pénélope aurait réalisé deux notes (si, si) en Times New Roman, taille 11, signées sous pseudonyme, et dispensé quelques conseils stratégiques à la direction de ce journal pour un salaire mensuel de 5.000 euros brut (gardez la monnaie !). Le hic est que le directeur de l’époque, un certain Michel Crépu, risque de lui crêper le chignon car il assure n’avoir jamais vu la dame dans les locaux ou n’avoir jamais travaillé en sa compagnie.

Puis l’homme à genoux a parlé de ses enfants.

Les enfants ont aidé leur père, c’est-à-dire moi. Qui n’aime pas taire, n’ose taire la vérité. En vérité, je vous le dis, mes mioches ont touché des salaires mensuels nets de 3.000 € en moyenne pour chacun. Tous les contrats sont légaux, les sommes perçues ont été déclarées, imposées ! Alors arrêtez votre char les marris, Charles et Marie étaient des avocats en puissance ! Un peu boutonneux à l’époque mais, en puissance ! C’est beau de voir de futurs avocats qui germaient bien (qui gèrent mes biens ?)

Le Sarthois, enfin, comme s’il se confessait devant le curé de Solesmes, avoua :

Ce sont les pratiques de la vie politique, qui sont très anciennes, qui ne sont plus aujourd'hui acceptées des Français ! Suis-je poursuivi pour ces pratiques? Non. En suis-je à l'origine? Non. Doivent-elles changer ? Oui.

Ou l’art de poser des questions et d’y répondre soi-même !

Avant d’ajouter :

Ces pratiques anciennes restent légales. Je n’ai jamais enfreint la loi. J’ai juste en frein l’envie de ne pas faire plaisir à ma famille. En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. C’était une erreur. Je le regrette profondément. Je présente mes excuses aux Français !

Les Français ont donc eu droit à de magnifiques excuses sarthoises pour non infraction à la loi !

Ça sentait quand même le grand n’importe quoi !

Enfin, s’il est des crédules pour continuer à croire en son étoile et l’imaginer remonter dans les sondages, pourquoi pas ?

L’homme peut se continuer à se croire prophète en son pays. Un Elie hors loi, éludant délit, édile au deal d’élu…


Sauf qu’actuellement flots rances portent Elie !


dimanche 5 février 2017

EMMANUELLE SOUS LE REGARD DE L'AMOUR



Ce 4 février, dans la plus grande simplicité, a été enterrée Emmanuelle Riva, décédée le 27 janvier d’un cancer, à l’âge de 89 ans.

La grande comédienne a été inhumée au cimetière de Charonne (Paris 20°) en nous laissant le souvenir d’une actrice lumineuse, à la voix étrange et modulée, aux gestes simples, minimalistes mais terriblement justes.

Emmanuelle c’est d’abord cette actrice inconnue, dénommée « Elle » qui se rend à Hiroshima après le terrible cataclysme nucléaire. Elle vient d’y tourner un film pour la paix. Le film se nomme « Hiroshima mon amour » (1959) et il va lancer Alain Resnais dans l’univers cinématographique. Le scénario de Françoise Sagan et le talent de Resnais feront de cette œuvre une référence absolue. Dans ce film en noir et blanc, tout en contraste, le visage d’Emmanuelle dépeint toutes les émotions de l’existence humaine, dans une blanche sincérité. 

Emmanuelle c’est aussi Thérèse Desqueyroux dans le film éponyme de Georges Franju (1962). L’adaptation du roman de François Mauriac lui permet de montrer toutes les facettes de son talent. Pour ce rôle, elle sera consacrée à la Mostra de Venise.

Enfin, et surtout, elle est Anne, professeur de musique à la retraite et épouse de Georges (Jean Louis Trintignant) dans le film Amour de Michael Haneke (2012).

Elle interprète d’une façon éminemment émouvante une vieille dame qu’un accident vasculaire cérébral va faire glisser dans la lente dégradation physique. Elle brille de sa présence en dépit de la souffrance et de l’hémiplégie. Elle incarne la dignité face à la mort, elle resplendit d’amour au cœur même de sa souffrance. Emmanuelle obtiendra l’oscar de la meilleure actrice pour ce rôle.

Une grande dame  nous quitte, à pas feutrés, comme pour s’excuser d’être encore dans la lumière médiatique, aussi tamisée soit-elle. 

Un départ tout en retenue, empreint d'humilité et d'élégance, à l'image de ce que nous retiendrons de cette belle flamme à l'incandescence émotionnelle.

samedi 4 février 2017

DÉCRET SUR TABLEAU NOIR





De décret en décret, le nouvel occupant de la Maison Blanche, d’un élan narcissique, se met au style haut de l’hostile au monde d’avant en le rayant d’un stylo.

Donald Trump a usé sa première semaine de Président à parapher des décisions arbitraires pour détricoter l’œuvre d’Obama, son prédécesseur, et faire ce qu’il avait dit qu’il ferait.

Sur ce dernier point on ne peut lui reprocher sa rectitude : tel un bon petit soldat qui obéirait à lui-même, il s’est empressé d’appliquer une ligne de conduite qu’il avait promise à ses admirateurs. De ce point de vue, Donald peut se voir palmé au festival de canes du prix de meilleur acteur des promesses tenues. A faire mentir ceux qui se disaient « il est comme les autres, il y aura des sacrés hiatus entre son discours de candidat et les décisions qu’il prendra ensuite ».

Et oui, tout faux le pronostic ! Mais ce qui frappe davantage réside dans la rapidité des mises en application. On dirait une course contre la montre ! L’homme sort les crocs, nomme êtres à surveiller ! Le parapheur fonctionne à plein rendement. Trump en est à sa dixième cartouche d’encre pour nourrir son arme de destruction massive : son Pen à listes qui pénalise. 

Bien sûr, il y a l’Obama Care, le système de santé promu par Barack qui prend du plomb dans l’aile mais le plus dur des décrets demeure celui qui ferme les frontières des USA aux réfugiés pendant quatre mois et aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) pendant trois mois !
Les Syriens, quant à eux, font l’objet d’une interdiction indéfinie comme si la tyrannie de Bachar Al Assad ne suffisait pas à leur souffrance.

Le décret s’est traduit, le weekend dernier, par l’interpellation dans les aéroports de quelque 109 personnes résidant chez l’Oncle Sam. Des centaines d’individus se voyaient  brutalement empêchés  d’embarquer à destination des USA. Un immense vague d’effroi a déferlé du bord d’aile jusque-là  héros, gare !  

Ce décret, dès lors,  suscite l'indignation à travers le monde. Il provoque des manifestations, irrite  même Theresa May, la nouvelle dame de fer britannique, le qualifiant « d’erreur qui sème la discorde » !

Les pays visés sont outrés et crient à l’islamophobie.

Trump réplique en invoquant la guerre contre le terrorisme djihadiste et plonge dans l’amalgame comme dirait son dentiste :

-         Il veut se montrer incisif mais ils sèment de maux l’aire diplomatique !

La résistance s’organise.  Un juge fédéral de Seattle fait des rots de désapprobation et éructe son mécontentement. James Robart (c’est son nom ou JR pour les fans d’une série télévisée) a bloqué temporairement le décret anti-immigration.

Mais l’adverbe « temporairement » en dit long. L’injonction du juge est valable sur l’ensemble du territoire américain, le temps qu'une plainte déposée ce lundi 6 février par le ministre de la Justice de l'Etat de Washington, Bob Ferguson, soit examinée.


Mais c’est déjà une première victoire pour freiner le bulldozer Trump et espérer porter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême.

Il en va de l’honneur de l’Amérique, du respect de sa constitution !



De décrets en décrets
Aux crocs anachroniques
Il décroît l’aide ancrée
Et ses crues d’accrocs niquent !

Trump au stylo hostile
Paraphant, part au feu
Son âme hantée mutile
Le pays souffreteux

Son islamophobie
Nous hisse l’homme ahuri
Dans l’impasse imminente

Son décret décrépit
Le doux credo qui crie
« Liberté permanente ! »