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samedi 23 avril 2016

DILMA QU'ON FAIT DESCENDRE SOUFFLE SES DERNIÈRES BRAISES ILIENNES





Ce n’est pas la grande forme au Brésil à quelques encablures des jeux olympiques d’été (en juin 2016).

3,5 millions de Brésiliens sont descendus dans la rue, sans chemise et samba, pour exiger la tête de leur Présidente, Dilma Rousseff. Le pays s’embrase, il y a raison de s’inquiéter !

Dimanche passé, la Chambre des députés a engagé la procédure de destitution de la dame, chère à Lula, l’ex président qu’elle cherchait à faire entrer dans son gouvernement afin qu’il échappât à la justice à la suite de louches affaires de corruption. L’homme à son pays disait d’elle : loue-la ! Désormais les deux complices sont dans le collimateur.  Les partisans de l'impeachment (mise en accusation) se sont fait des rets pour attraper, aux quatre coins de ce vaste continent, les sujets de mécontentement.  Dans la suite d’une déculottée phénoménale face à l’Allemagne en Coupe du Monde (7-2) le Brésilien l’a mauvaise ! A générer des fous de bal l’heure peu l’est !

Car Dilma Rousseff, l'actuelle présidente brésilienne ne se contente pas de se maquiller pour se faire label dans les sondages. Non, elle fait de même pour les comptes publics. C’est du moins la malversation qu’on lui colle sur le dos comme si elle se vêtait d’or sale.  La dame est soupçonnée d’avoir tenté de masquer l’ampleur de la dette de l’Etat alors qu’elle faisait campagne pour se faire réélire, en 2014.

Oui, on l’accuse d'avoir traficoté les comptes macro économiques pour assurer sa réélection, en escamotant des déficits contractés auprès des banques publiques.

Par ailleurs, elle est impliquée dans le scandale Petrobras. Là encore, on ne peut pas alléguer que sa position soit très enviable ; l’état de bas y’a !

Petrobras, du pétrole brasse mais aussi des millions, de l’oseille. Cette énorme société, lancée dans les années 50, s’enorgueillit d’être la 10ème plus grosse société pétrolière du monde qui se formate aux gros sceaux Comme à  chaque fois, le multinationalisme des firmes fleure bon le copinage avec le gouvernement en place. La corruption n’est jamais très loin au fil de paies trop liées à l’omerta de l’amer temps.

Petrobras va être liée à un vaste réseau de corruption dans lequel baigne aussi des entreprises de bâtiments et travaux publics. L’ancien président, Lula, est impliqué  tant sa barbe erra (Barbera) en ces pots de vins dans lesquels il ne peut se prétendre cas berné !

Selon des éléments d’une enquête policière, il s’avère que des pratiques au sein de Petrobras auraient profité à Lula sous des formes bien sympathiques : liasses de blé qui font tant ses reals, biens immobiliers luxueux si loin des loques à terre en favelas…

Le procureur, Dos Santos Lima, a déclaré que Lula avait reçu l’équivalent de 7 millions d’euros (30 millions de reals ou réaux murs) sous forme de dons et pour des colloques par des entreprises du BTP qu’on fait rances.
Dernièrement, Sergio Moro, un juge moral qui aime oraux, a dévoilé un enregistrement fort embarrassant pour Lula et sa petite protégée, en bas racés. On y entend que Dilma informe son prédécesseur qu’un joli fauteuil de ministre l’attend. Mais la nomination ne se fera pas et les députés sont remontés contre la femme qui joue avec les institutions avec la conscience d’un lièvre, d’une âme hase honnie.
Dans un contexte de crise économique (le PIB brésilien est en chute libre avec -3,7 % en 2015) et sanitaire (mortalité due à une épidémie de Zyka et récemment une recrudescence des ravages du virus H1N1), le Brésil, à quelques semaines de JO, se gratifie d’une superbe crise politique à se plonger dans des mares à casse
Avec 367 voix pour et 137 contre, la Chambre des députés brésilienne a engagé, dimanche passé, la procédure de destitution de Dilma Rousseff. Les élus se sont prononcés lors d’une séance volcanique où on eut droit à des coups laids de larves !

Cette procédure entrera dans sa deuxième phase autour du 11 mai avec le vote des sénateurs. Et r’tonne Sénat, lance déjà un député adepte des formules Huns tant l’envie de faire hâte il a ! Il voudrait vite en finir avec la Présidente et lance :

-         Rousseff assez !

Comme si la dame rousse s’effaçait alors qu’elle n’a nullement cette teinture. C’est vraiment tiré par les cheveux.

En attendant le Brésil va mal en raison de la chute des cours de matières premières (à gris cols d’austérité et café qui essuie des grains) et de la décélération des exportations  vers la Chine, son ex partenaire privilégié.  Les remèdes économiques sortent du classicisme : augmentation des taux d’intérêt pour limiter l’inflation par la demande  mais au risque de dissuader les entrepreneurs novateurs à emprunter afin de réaliser leur projet ! Dès lors la production stagne voire baisse et comme la consommation chute de son côté, le pays entame un cercle vicieux qui impacte l’emploi (le taux de chômage a doublé en un an).

Dans ses conditions économiques si dramatiques, le moindre soupçon de corruption ne fait qu’exposer davantage au risque de destitution !


En attendant son sort, Dilma ne peut que constater que la crise étend son empreinte, étend ça aux polos !


dimanche 17 avril 2016

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Un peu de maille au jaune
Un peu de maille au blanc
Et le tour est joué...


mardi 12 avril 2016

LA VIE COMME ELLE VIENT



La vie comme elle vient
Fait de mille coups l'oeuvre
L'antre épicurien
Comblé de chefs-d'oeuvre

La vie comme elle va
Mue gaie, de délices
Quitte les lits las
Fait jaillir des lys

La vie comme elle court
Fleurit l'aire à cistes
Comble les basse-cours
D'ailes pacifistes

La vie comme elle chante
Fait docile arrêt
Fièvre concertante
Cime, îles adorées

La vie comme elle peint
Notre amour qui bat
Surprend nos matins
De ses doux ébats

La vie comme elle vit
De danses insignes
Donne à ma jolie
La blancheur d'un cygne...




lundi 11 avril 2016

LA NUIT DEBOUT EST EN MARCHE





Lille, ma ville, à l’image de Paris, a connu sa première nuit debout, place de la République, ce samedi 9 avril 2016.

Sur le modèle parisien, les participants de ce mouvement spontané, proche de l’esprit des indignés et empreints de l’âme de Stéphane Hessel, se réapproprient l’espace public, réinventent l’agora grecque.

Sur place la ruche bourdonne. Des tonnelles sont dressées et font office de dortoirs, de centre de secours, de cantine… Des lits de fortune (pour gens d’infortune) s’alignent en ballots de paille, comme un clin d’œil aux miséreux, régulièrement sur la paille, et qui s’avouent que "c’est ballot".

Les apôtres de la décroissance, les déçus du socialisme à la sauce hollandaise, les « qui veulent avoir leur propre mai 68 » se rassemblent, spontanément.

On fustige le projet de loi El Khomri, annonciateur de déréglementation du code du travail, exécuteur de flexibilité au service du patron et d’insécurité vis-à-vis du salarié kleenex.

On refait le monde. On raille le Ministre Macron qui vient de lancer son propre mouvement  «En marche ». On glose sur ses intentions. Le jeune prétentieux issu du monde bancaire se dit de gauche mais l’annonce de son mouvement a fait sauter de joie Pierre Gattaz, le patron des patrons, qui a trouvé le concept « rafraîchissant » !

On s’attaque aux bourgeois, à la mondialisation, aux donneurs de leçon qui se font prendre la main dans le pot de confiture panaméenne ! Une ruche, je vous dis ! Mais pas encore de reine !

Le miel abonde ! Il se joue de l’état d’urgence, s’émancipe des codes de l’urbanité et regarde vers des lendemains encore flous mais qu’on veut débordant d’humanité.

Une nuit est « en marche ».

Pas sûr que Macron puisse dormir sur ses deux oreilles.




Et tandis que Macron nous abjure d’être en marche

Pour contrer son patron d’indolente démarche

Ils se lèvent, debout, dans l’éclat de la nuit

En rêvant du grand soir par l’espoir qui reluit

 

Pendant qu’Emmanuel de sa voix de banquier

Pousse la ritournelle de l’argent libéré

Ils sont la sous la pluie, sur les ballots de paille

Place de la République, hors des feux du travail

 

Le Prince de Bercy veut libérer les flots

L’énergie novatrice échappée des enclos

Mais ne voit liberté qu’en ses appâts vénaux

Eux la rêvent habillée de généreux signaux

 

L’ambitieux que la gauche n’a que très peu nourri

Rêve, tout en couleur, de jeunesses fleuries

Au printemps des Start up, de l'entrepreneuriat

Eux, caressent la nuit de dociles mantras

 

L’homme décomplexé de sa rose droitière

Veut glaner des patrons de branches ouvrières

Imaginant un monde d’opulence épanoui

Eux tournoient, folle ronde ouverte aux utopies

 

En dehors des partis, c’est du moins ce qu’il clame

Mais l’esprit envahi de pécuniaires flammes

Le marquis cravaté prône les bénéfices

Aux essences privées ; ils y voient maléfice !

 

La dérégulation coule encore en ses veines

Quand il ose avouer sans empreintes de gêne

Son amour de la rose, dans les pas de Jaurès

Eux finissent de croire,  au bout de la détresse.

 

Et la nuit les blottit dans ses bras de velours

Qu’importe les rivières de ces nuages lourds

Ils sont là, rassemblés, cœurs vaillants,  solidaires

Loin de l’état d’urgence et des peurs militaires.

 

Et la nuit les ravit de sa noire plénitude

La parole échangée brise les solitudes

Un combat qui s’ébauche, indécises esquisses

On recherche un ressort, en voix fédératrices.

 

Une nuit tient debout, en marche est le Nocturne

Sous les doigts de  Chopin, sous l’anneau de Saturne

Loin des lunes d’argent du Seigneur de la Bourse

Dans la pensée d'Hessel, au cœur de la grande Ourse... 




samedi 9 avril 2016

LE CHANT DU CYGNE CEDE CHEZ COFFE




Jean Pierre Coffe naît le 24 mars 1938 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Lune et vies l’oient grogner la nuit, dans son berceau, pestant déjà contre la rondelle de saucisson que lui a donnée sa maman entre deux tétées à tâtons tentées.
L’enfant grandit avec l’âme aux ailes, désireux de s’envoler de sa Lorraine qu’il ne trouve pas assez quiche, heu kitsch !

Il se prend de passion pour le théâtre et va suivre, très vite, des cours renommés dont se proroge échos, Simon (dont ce pro Roger Caussimon…heu, non, lui n’a rien à voir dans cette histoire).

Après la guerre d’Algérie (il est affecté à la météorologie nationale et ne cesse de tempêter d’un timbre si rauque, haut). Il revient à la vie civile pour effectuer de petits boulots un peu bâtards mais destinés à gagner une croûte et d’éviter le pétrin. Il travaille ainsi, pour des clopinettes (et blague à part) comme représentant pour la marque de papier à cigarette JOB !

Puis le voici directeur de publicité aux Editions Laffont , métier qui livre une certaine couverture médiatique dont il saura se servir par la suite.

En 1976, il ouvre le restaurant La Ciboulette, rue St Honoré et ce n’est pas du gâteau ! Il enchaîne avec « Le Modeste ». Six boulettes ça semble effectivement modeste pour un homme ayant connu des maux d’Est mais, ne vous trompez pas, la carte n’a rien de menu et l’homme régale !

Jusqu’au jour où, escroqué par un libanais habile à déboulonner son bilan ballonné, Jean Pierre déclarera son désappointement et une faillite.

Il se retrouve alors comme meneur de revue à l’Alcazar, ce qui semble mieux que d’y être vestiaire et déplorer, en lamentable brèle, voir Madame promener son cul sur les remparts de Varsovie.

En 1984, il entre à Canal+ pour assurer des chroniques en déplorant déjà que les sucreries sous les crocs niquent l’émail.

C’est le début d’une longue carrière à la télévision : France 3, puis France 2, puis Tf1 (émission bien jardiner) où il finit par se fâcher avec son producteur tant Delarue barbe !

A partir de 2003, il rejoint l’indéboulonnable Drucker à France 2 et devient le chroniqueur pas tenté  (par les saloperies gustatives) des questions culinaires. Il fustige alors la mal bouffe, le polyphosphaté, les conservateurs de tous poils y compris Laurent, veau quiet, qui, lancé falot, pâtit de ses diatribes.

Après une année d’écriture il, revient, en 2013, sur France mais déçu de voir Sophie à rames galérer dans « jusqu’ici tout va bien » il quittera le navire qui finira par couler de lui-même, tel un camembert bien fait ayant subi des bris de maux.
La vie de ce joyeux vivant ne s’arrête pas au petit écran. On le retrouve dans les grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL. Il aime visiblement la radio car on l’écoute aussi sur France Inter dans « ça s’bouffe pas ça s’mange » tous les samedis de midi à 13h (de 1998 à 2008). De sa voix inimitable, il vilipende les dérives des filières de la viande qui tournent en eau de boudin, les élevages en batterie propices à la propagation du bacille de coqs. Il rue dans les brancards en lançant son fameux « c’est de la merde !».

Pour lui, le niveau des recours aux moyens légaux est mis haut. Il revendique une cuisine saine, biologique qui reste au rang du prix abordable ! Et toque !
Ceux, qu’il agace trop, nomment son combat de réactionnaire. Peu lui chaut l’effroi qu’il assène aux vendeurs de denrées rendues rudes en durée d’urée. 

Il n’est jamais plat de résistance, d’entrée, pour s’opposer à la loi qui dessert la bienséance de la qualité gustative. Il s’afflige de voir une qualité qu’on érode par apports sales aux mets.

Comme dirait un patron de café d’Antony, versant mon rouge, sans souhaiter de mal à Coffe,  puisqu’il kiffe Coffe :

-      Le chauve aux grosses lunettes rondes il en a ! Oui, il en a pour s’attaquer aux mastodontes de la bouffe et leurs grandes combines.

Oui, et toujours avec cette verve –haine qu’il infuse délicieusement avec une dérision, tel un clown auguste, hâtif (ô gustatif !).

C’est oublier qu’il pensait faire une carrière de comédien. En réalité, il brûlera rarement les planches pour préférer y mettre du pain. On le verra quand même, en 1976, dans « le genre humain » de Jean-Edern Hallier. Il se produit aussi derrière la caméra, dans une quinzaine de films (pas obligatoirement des navets destinés à faire chou blanc), dont « Violette Nozière » de Chabrol (en 1977) où il interprète le docteur Déron.

Des ronds il s’en fera surtout en interprétant son propre rôle de pourfendeur des fast-foods, sur les plateaux de TV et par la vente de ses nombreux livres à toutes les sauces  (essais, guides de jardinage, recettes de cuisine, livres pour enfants…).

L’homme qui se voulait comédien aura finalement fait ses choux gras dans la vente de son propre personnage, peu enclin à y aller avec le dos de la cuillère à l’encontre des pseudos restaurateurs.

Hélas la camarde, elle, ne lui permettra pas de sucrer les fraises plus longtemps (il était atteint de la maladie de Parkinson). Elle met les pieds dans le plat pour la fin des haricots. Une crise cardiaque l’emporte en ce 29 mars, à Lanneray (Eure-et-Loire).

On voit ses mots finis s’taire ; les pleurs arrosent Coffe !

On n’entendra plus jamais raisonner sur les plateaux de TV le « bon sang, mais c’est de la MERDE ».


Et quelque part, c’est bien triste !

mercredi 30 mars 2016

MORT D'UNE LEGENDE



Johan Cruyff, le Hollandais volant, celui qui survolait de sa grâce les pelouses du ballon rond, s’est éteint, à Barcelone, à l’âge de 68 ans, le 24 mars 2016.

Johan Cruyff, génial dribbleur, chef d’orchestre de l’Ajax d’Amsterdam et de l’équipe des Pays-Bas aura marqué de son art le football mondial dans les années 70.

Triple ballon d’or, il aurait gagné tous les trophées et les sésames si la Coupe du Monde, en 1974, ne lui avait pas échappé. Hélas, cette année-là, c’est l’Allemagne de Beckenbauer qui devait emporter le Graal (Victoire 2-1 en finale contre les Bataves). Mais Johann voulait-il gagner ce titre qu’il convoitait tant ? Le numéro 14, le fétiche 14, s’en prend à l’arbitre et écope d’un carton jaune. L’homme perd les pédales et plonge, inexplicablement dans une sorte de syndrome d’échec.

En 1978, on l’attendait en Argentine pour la Coupe du Monde suivante. Il n’y participera pas, non en raison d’une posture politique à l’encontre des généraux qui gouvernent de mains de tortionnaires le pays organisateur mais, on le saura plus tard, pour avoir échappé à une tentative d’enlèvement, à son domicile barcelonais !

" J'ai eu un fusil pointé sur ma tête, j'ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement. Il y a des moments où d'autres valeurs priment dans la vie. Pour jouer une Coupe du monde, il faut être à 200%, dira-t-il sur les ondes.

Cette Coupe du Monde, son pays ne l’emportera pas plus qu’en 1974. Il chute en finale contre le pays de Videla. L’Argentine l’emporte 3-1 et le peuple de Buenos-Aires oublie, le temps d’une fête, le régime dictatorial, les arrestations sommaires et les interrogatoires sanguinaires.

Cruyff devient entraîneur du FC Barcelone. La Catalogne n’est pas près de l’oublier. Formé à l’école du football total (tout le monde attaque et tout le monde défend) il insufflera l’esprit du combat à l’équipe catalane en instaurant son triptyque « transmission-vitesse-inspiration ».

En 1992, il mènera son équipe jusqu’à la finale de la première Champions League. La dream team de Johann l’emporte contre Gênes, à Wembley (1-0, but de Koeman)

Avec Cruyff, Barcelone remportera quatre titres de champion d’Espagne (1991, 1992, 1993 et 1994).

Mais le 18 mai 1994, Cruyff voit son équipe se déliter totalement face au Milan AC. Un 4-0 tonitruant permet aux Italiens de l’emporter (Marcel Desailly y participera même de son petit but !) et d’emporter la Champions League.

Ce sera le début de la fin pour Johann qui ne fera plus rien gagner à son équipe. Il quitte son poste en 1996.

En 1997, il fonde la fondation Cruyff qui soutient les programmes de sport pour les enfants handicapés.

Fin 2009, il accepte de devenir le nouveau sélectionneur de l’équipe de Catalogne, équipe officieuse dont le seul mérite est d’énerver le gouvernement espagnol dès qu’on le titille avec le mot « autonomie ».

L’homme prend autant de  plaisir à coacher ses joueurs qu’à griller cigarettes sur cigarettes. Cette fâcheuse addiction au tabac le perdra.

Pendant des années, l’homme qui terrassait les défenses compactes de ses dribbles chaloupés et inattendus se battra avec un ennemi bien plus redoutable : le cancer.

Le crabe finira par l’emporter, annihilant des poumons qui s’étaient si longtemps gonflés d’air victorieux, d’odeur de victoires et de combativité.


Une légende s’est éteinte en ce 24 mars.


Mais non, une légende ne meurt jamais…


Crinière au vent, cheval fougueux
Maillot 14, captant nos yeux
Tu survolais le vert gazon
Un vent léger en tes crampons

Dribbles magiques, vive envolées
Ballon dansant au bout du pied
Génie planant sur les défenses
Fruit de menaces en permanence

Volée au prix d’une extension
Crochets mortels, déviations
Tu orchestrais en maestro
L’ultra physique concerto.

Johan, en fils de  rock en roll
Sur le gazon des courses folles
Désinvolture dans chaque feinte
Magie marquée de ton empreinte

Football comblé d’engagement
Mais condamné aux grands tourments
Finale perdue, rêve brisé
L’enfant qui casse son jouet.

Entraîneur, cœur de Catalogne
La perfection à la besogne
Le Nou Camp chante tes louanges
Un grand ballet tutoie les anges.

Soudain la chute, le vol d’Icare
Milan broyant un triste soir.
Tu vois la fin se profiler
A travers l’écran de fumées

Mille volutes ensorceleuses
En scélérates ravageuses
Auront raison de ton combat
Ton dernier sur fonds de trépas

Adieu l’artiste insaisissable
Le magicien du ballon rond
Élégance indéfinissable
Adieu beau prince du gazon…

lundi 28 mars 2016

DECAUX ENTRE DANS L'HISTOIRE MAIS N'EN EST JAMAIS SORTI



Alain Decaux est né le 23 juillet 1925 à Lille. Oui, à Lille, comme le grand Charles ou comme votre serviteur et ce n’est pas là la moindre fierté émanant d’un chauvinisme local.

Enfant, il va à l’école à Wattignies (ville natale de Monseigneur Decourtray), puis étudie dans un lycée fait d’herbes, à Lille, qui, paradoxalement ne lui donnera pas l’herbette.

Il part, un peu gauche, étudier le Droit, à Paris. Mais c’est l’Histoire qui l’attire et comme il la sort bonne, il s’y installera durablement. Cependant, il ne fréquentera pas Sup’Decaux car il pense que le mobilier urbain n’est qu’un détail de l’histoire, comme dirait un ancien d’Algérie que les souvenirs âgés gênent…

Durant la guerre il fait connaissance de Sacha Guitry. Il gardera sa maison, le temps de l’arrestation du grand maître. Lana, la dernière épouse du dramaturge, lui en sera grée, le gratifiant d’une émeraude en vert et contre eux tous (tous ces collabos de Caux à Caux).

Journaliste, en 1944, il publie ses premiers articles que chacun lit, hagard, car Decaux munit quais de communiqués. Il faut qu’il élève le niveau de sa voix (fait Rey) et, en 1946, il publie Letizia : Napoléon et sa mère. Ce livre est récompensé par le prix d’Histoire de l’Académie Française.

En 1951, il crée, pour la Radio, la Tribune de l’Histoire qui sera dix fusées jusqu’en 1997 ! Une longévité astronomique !

En 1957, il crée la caméra explore le temps qui n’a rien d’une émission météorologique même si elle a beaucoup plu.

De 1969 à 1988, ce génial conteur pour les lectrices citées (ah ben non, finalement, je ne les ai pas citées) crée pour l’ORTF, puis pour Antenne 2, Alain Decaux raconte. Les téléspectateurs sont éblouis par cet homme en costume cravate, alliant gestes et paroles énergiques, pour raconter la vie carrée de Cicéron, la fureur d’Hitler, le regard franc de Clovis, les cent heures des plantes à genets, les mises en rayon du roi Soleil ou encore les crues de l’Inde où longtemps s’étendraient castes et l’eau (qui eut crue)…

Cette démonstration scénique fera la joie d’un imitateur qui en prendra la grosse tête sans qu’il se rende compte qu’il sème honte à niais !

Cet homme extrêmement cultivé, ouvert à la vulgarisation de l’Histoire, veut de plus en plus maîtriser l’art de la communication. Comme il sent que les poids de lacune en sa matière lourds sont : Decaux l’art gaule !

Il attrape la muse littéraire et elle ne le quittera plus. Les ouvrages vont se succéder. Une bonne quarantaine de livres vont raconter la révolution française, Victor Hugo, les époux Rosenberg ou encore Raspoutine, bien avant que Boney M ne le récupérât ! De Decaux à disco, quelques années vous contemplent.

Robert Hossein n’est pas sourd à son talent. Il lui demande de collaborer même si, dans les tympans de l’illustre historien, ce verbe a quelques relents nauséeux !

Les deux hommes œuvreront ensemble pour le bonheur de grandes fresques historiques, spectacles interactifs hauts en couleurs (un homme nommé Jésus, Jules César, Jean-Paul II…).

En 1979, il est élu sous la coupole. Il reprend le fauteuil de Jean Guéhenno, un écrivain et critique littéraire non né dans le gai Hainaut (où jadis tournait en char le roi) mais à Fougères (où on célébrait un roi échouant). Le voilà immortel ! On ne verra jamais Decaux mort, lance alors un Comorien qui voit mort honnie.

Les politiques lui font aussi les yeux de Chimène ! Il est nommé ministre délégué auprès de Roland Dumas (ébloui par le livre Dumas le magnifique écrit par Alain, en 1971).C’est alors l’ère rocardienne et Mr Decaux se voit chargé de la Francophonie (1988-1991) après avoir, quelques années plus tôt, disserté sur l’Espagne et Franco « faux nid ».

Un prix Alain Decaux de la francophonie voit le jour en 1999. En 2010, à l'Unesco, Alain Decaux reçoit le prix de la Fondation Pierre-Lafue pour l'ensemble de son œuvre. Quel honneur, pour qui ne sait plus descendre, Lafue met !

En juin 2015, le biographe féru d'histoire publie un ouvrage chez Perrin intitulé Fabuleux Destins. Il laisse à un cinéaste jeunet le soin de disserter sur celui d’une certaine Amélie (croqueuse de chocolat Poulain à en déclencher des pathologies non remboursées par l’Assurance Maladie) pour s’intéresser à neuf figures historiques parmi lesquelles Churchill, les Bogdanov, heu…non, les Romanov ou encore cet homme en or, Gandhi !

Le grand homme s’éteint, en ce 27 mars 2016, à Paris.

Tu pars Alain, laisses tes fans en Bern !


Mais tu auras marqué l’Histoire pour l’avoir si brillamment racontée ! 

samedi 26 mars 2016

BRUXELLES ET SES LENDEMAINS DE CAUCHEMAR




Bruxelles, la capitale belge a été touchée, mardi 22 mars, par une série d’attaques terroristes qui ont fait au moins 31 morts et 200 blessés.

Une double explosion est survenue à l’aéroport Zaventem à 8 heures ; peu après, à 9 h 11, une troisième déflagration s’est produite dans une rame du métro bruxellois, à la station Maelbeek. 

Le Bruxelles du 22 mars 2016 ressemble au Paris de 13 novembre 2015. La mort frappe des victimes innocentes au nom d’une guerre à l’Occident et des valeurs qu’il représente.
Le scénario reste le même. Une jeunesse radicalisée, intoxiquée par des sourates sataniques, est prête à mourir en martyr mais en amenant, dans l’abîme suicidaire, le plus d’âmes possibles. Une politique de la terreur qui requiert, pour chaque pays meurtri, des énergies de lutte, des longues enquêtes et des filatures, des politiques de sécurisation flirtant parfois avec le risque liberticide.
Bruxelles broyée mais Bruxelles combative et embrassée d’attentions et de sympathie. La ville se battra, au nom de l’idéal démocratique et contre la barbarie.
La guerre sera longue. L’Europe y voit un défi à sa pérennité. Elle doit être solide et solidaire tout en se dotant d’outils communs pour éradiquer la mauvaise herbe létale.
Elle peut se réjouir des défaites militaires qu’essuie Daech, le commanditaire des attentats. L’Etat Islamique perd du terrain, au cœur de la Syrie, sous les coups de boutoir de l’armée de Bachar Al Assad (aidée de l’armée russe). Le maître de Bagdad, en parfait stratège, pourrait précipiter la chute du drapeau noir et devenir, ironie du sort, le briseur des menaces islamiques.
L’histoire regorge de dictatures s’étant momentanément légitimées pour avoir éradiquer des démons plus virulents qu’elles-mêmes.
En attendant, Bruxelles panse ses blessures et, sous une chape de menace, envisage une vie peinte aux couleurs de la fraternité et de la solidarité.

L’occasion peut-être pour mieux réconcilier l’esprit wallon et l’âme flamande ?

Bruxelles vit le présent
Dans une brume de deuil
Nimbé de sanglots longs
De douleurs en écueil
Sur la plage d’un temps
Devenu violent

La Bourse voit sa place
Inondée de bougies
D’ âmes qui se déplacent
Pour déposer la vie
Quelques mots sur un sol
Pacifiques paroles

La folie aveuglée
Aux feux d’un noir coran
Vient encore de briser
Ceux qu’elle voit mécréants
L’attentat suicidaire
Pérennise la guerre.

Le petit Manneken
Peut uriner de rage
Contre les fous d’un Dieu
Dont ils trament l’outrage
Rien ne remplacera
Cette vie qui s’en va.

Bruxelles anéantie
Au bout d’une menace
Qu’en son corps déprimé
Elle ressentait, tenace
Le terreau de la peur
Vient d’exploser d’horreur

Comme Paris broyée
Dans le treize novembre
Bruxelles en ce printemps
Panse d’onguent ses membres
Hisse au vent la bannière
Des élans solidaires

La ville cosmopolite
Aux craintives artères
Se repeint l’avenir
De timides lumières
Dans le bruit des sirènes
L’effluve anxiogène

Le Wallon s’enflammant
Contre la bête immonde
Le Flamand sans vallon
De quiétude féconde
Se sont serré la main
En regardant demain…

mardi 22 mars 2016

BRUGES S'ENDORMIT LA VEILLE...



L’ennemi public n°1, Salah Abdeslam, a été capturé, le 18 mars, à Molenbeek (Près de Bruxelles) où il vivait comme un rat traqué depuis quatre mois.

Le présumé organisateur des attentats du 13 novembre, à Paris, se retrouve dans une prison sous haute surveillance, à Bruges. Touché au genou par une balle policière, il attend son transfèrement vers cette France qu’il a tant meurtrie.

Salah se couche, en ce lundi soir, dans ce ventre carcéral qui ne saura lui ôter un sourire. Un petit sourire du coin des lèvres, dans le silence de sa retraite pénitentiaire, au nez et à la barbe de ses matons.

Un petit sourire discret, comme une délectation anticipée.

Demain, il fera jour.

Demain sera mardi.

Et Bruxelles rejoindra le Paris du 13 novembre dans l’indicible dimension de l’horreur.



Derrière les murs blanchis d’une prison modèle
Salah revoit la vie de ses mois de cavale
Au sein de Molenbeek froide résidentielle
Traqué par les chasseurs de l’état fédéral

Dehors, sur les canaux que le printemps fleurit
Glisse nonchalamment une barque à touristes
Le beffroi carillonne dans le ciel qui sourit
Aux nuages blanchis de splendeur pacifiste

La cellule se repaît de froideur militaire
Sous le joug surveillant des caméras zélées
Éradiquant l’élan de tous vols suicidaires
Salah dans ce décor attend d’être jugé.

Dehors, Bruges la belle au cœur de la grand place
Fait claquer les calèches aux sabots des chevaux
Au pied du béguinage jonquilles se prélassent
Attendant l’hirondelle de futurs renouveaux.

La geôle assombrit son genou mortifère
Aux frontières de la nuit, sous la lune moqueuse
Des pas dans le couloir, crépuscule cellulaire
Les matons qui devisent des tragédies tueuses.

Dehors les réverbères marient de leur halo
Les façades de pierre et le lit du canal
La Venise du Nord s’assoupit dans ses eaux
Ignorant de demain son tragique abyssal.

Salah sait ; il attend le goût des représailles
L’arrogante Bruxelles en versera le prix
Explosive tuerie, corps criblées de grenailles
Vies à jamais ôtées au nom de la folie...

samedi 19 mars 2016

L'HOMME EN OCCIT DENTS ET MORT VEND



Mark Van Nierop



Un chasseur de tête (car dans la tête il y a la mâchoire) l’avait fait venir dans ce coin du Morvan. Château-Chinon (Nièvre) avait besoin d’un dentiste.

Il s’y installa, lui, le batave, chirurgien-dentiste diplômé de la Haye.
Oui, Mark Van Nierop, s’installa en 2008 dans la ville dont Mitterrand fut maire de 1959 à 1981.

Il ne respectera pas l’auguste réputation du lieu. Son cabinet devint très vite un lieu de souffrances et de tortures.

L’homme avait l’âme hachoir !

Anesthésie bâclée, arrachage de dents saines, dégâts sur les gencives, une myriade d’actes dignes d’un bourreau.

Les plaintes tardent à venir car l’homme fait autorité. Puis les langues se délient sur ces délits près des langues. L’homme le sent, quitte le territoire, part pour le Canada.

Un mandat d’arrêt international le rattrape.

Lors de son arrestation, l’homme avoue avoir tué sa seconde épouse, en 2006, aux Pays-Bas. Selon lui, elle ne supportait pas de voir l’époux sédentaire.

Cela ne fait qu’aggraver son cas déjà bien alourdi de plus de 120 dossiers de plaignants.


Il finira sa vie en prison, là où il n’aura pas à ramener sa fraise.


A bonne année il n’est pas né
Nous l’eussions plutôt vu œuvrer
Comme assistant de Mengele
Au service « dentition broyée»

Château Chinon, dentier-boucher
Triste cabinet, Dante y est
Car c’est l’enfer pour les patients
Évident, vidant de vie dents.

Voient en ce lieu, tous les maux, l’aire
Pour se propager sans manières
Dent saine arrachée, geint, gît vite
Un plan d’enfer, ici, s’invite

Vils traitements excès-dentaires
Douleur incisive, sanguinaire
Soins de bourreau : en a mal gamme
De quelque deux mille huit cents âmes !

Alors les victimes se battent, hâves
Il faut sentir chez ces gens braves
Envie d’y voir émailler droit
Faire payer le monstre sans loi.

Il avait fui au Canada
Mais la police le retrouva
Nièvre, non mièvre va le juger
Les griefs gonflent les dossiers

Et c’est par hauts d’honte au logis
Carcéral qu’errera sa vie
Laissant derrière lui des sans-dents
Dans ce petit coin du Morvan…